Ce qu'exige le vivre-ensemble des hommes et des femmes. Avec Jean-Pierre Lebrun à Clermont-Ferrand.


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20.10.2017

Le monde change : personne n’en doute plus, même si tout le monde est loin de partager l’idée d’une mutation anthropologique.
C’est l’articulation du singulier et du commun qui s’en trouve ébranlée. C’est, sous la houlette des avancées de la science – et des techniques qu’elle rend possibles -, la nouvelle donne du lien social, d’une "société des individus" qu’il s’agit de penser.
Il est possible d’éclairer ce trajet de mille et une façons mais pour "penser", ce sera toujours une position de recul qu’il faudra prendre et celle-ci risque aujourd’hui d’être aussitôt interprétée comme se voulant de surplomb, et donc réintroduisant une verticalité dont le nouveau monde ne veut plus !
Que peut alors la psychanalyse ? Pourquoi encore se référer à cette discipline née il y a maintenant plus d’un siècle ? Peut-être simplement, parce qu’elle a depuis sa naissance, et d’une manière inédite, tenté d’éclairer ce qui faisait l’humanité de l’humain, y compris de l’inhumain qui l’habite. Et qu’à ce titre, elle reste un appui incontournable pour penser le monde.

Un conférence qui s'inscrit dans le colloque "Le singulier, le commun : quel lien social ?" de l'association "Médecine et Psychanalyse dans la Cité".

Sortir la sociologie de sa préhistoire. Avec Nathalie Heinich à l'Université de Montréal.


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08.07.2016

La sociologie se trouve aujourd'hui éclatée entre une multitude de propositions hétérogènes. Deux grandes lignes de clivages se dégagent cependant : d'une part, la tension entre une "sociologie du social", d'un haut degré de généralité mais peu ancrée dans l'empirie, et une "sociologie de l'expérience", basée sur l'enquête mais d'ambition souvent restreinte ; et, d'autre part, la tension entre une sociologie à visée normative, ancrée sur le politique, et une sociologie à visée analytico-descriptive, ancrée sur la production de savoir.
Du point de vue de Nathalie Heinich, une sociologie non empirique, de même qu’une sociologie normative, appartiennent à la préhistoire de la discipline. Elle plaide donc pour une sociologie d'enquête mais lestée d'une ambition théorique lui permettant des modélisations transposables à différents domaines et objets de recherche ; et pour une sociologie enfin débarrassée de la tentation de se substituer au militantisme, même si l'utilisation pratique des savoirs produits est toujours souhaitable.
Considérer le savoir comme une fin en soi, refuser de l'inféoder à des objectifs autres qu'épistémiques, et en respecter la spécificité : voilà qui devrait permettre d'éviter les réductions démagogiques de la connaissance à l'opinion commune, autant que l'extension du domaine de l'égalité au monde scientifique, lequel n'a rien à voir avec la démocratie. Enfin délivrés de la régression post-moderne, il sera enfin possible d'entrer, tous ensembles, dans l'histoire de la sociologie.

Quand le monde s'est fait nombre. Avec Olivier Rey à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.


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01.02.2018

La statistique est aujourd’hui un fait social total : elle règne sur la société, régente les institutions et domine la politique. Un vêtement de courbes, d’indices, de graphiques, de taux recouvre l’ensemble de la vie. L’éducation disparaît derrière les enquêtes PISA, l’université derrière le classement de Shanghai, les chômeurs derrière la courbe du chômage...
La statistique devait refléter l’état du monde, le monde est devenu un reflet de la statistique.

Une conférence du séminaire "Formes symboliques" organisée par le laboratoire "Linguistique, Anthropologique, Sociolinguistique" de l'équipe de recherche de l'Institut Marcel Mauss.

Mai 68, dernier inventaire avant liquidation. Avec François Bousquet et Louis Alexandre à Bordeaux.


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10.02.2018

Pourquoi cet épisode de l'histoire contemporaine se rappelle-t-il si souvent à notre mémoire ? Et alors que certains s'y opposent franchement, d'autres le commémorent : pourquoi ? Il en va probablement de l'identité et de l'avenir de l'être collectif qui s'identifie à cette séquence historique, comme modèle ou comme repoussoir.
Sur le plan historique il s'agira donc d'évoquer la signification et les causes de "l'évènement Mai 68", sa portée au présent et de "tirer des leçons de l’histoire". Or, l'histoire de Mai 68 n'a pas encore été réellement écrite. Le serait-elle dans sa véracité qu'elle en plongerait plus d'un dans un abîme de perplexité, notre époque ayant porté au sommet d'un art majeur la pratique de l'occultation et de la manipulation.
Néanmoins des voix discordantes commencent à se faire entendre à contre-courant des versions officielles...

Une conférence conjointement organisée par la Revue Eléments, la Revue Rébellion et le Cercle Politeia.

Ou en sommes-nous ? Une esquisse de l'histoire humaine. Avec Emmanuel Todd à la Librairie Dialogues à Brest.


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22.09.2017

Pour comprendre le monde d'aujourd’hui, Emmanuel Todd mobilise dans son dernier livre le produit de 45 ans de recherches sur la famille, la religion, et l'idéologie. C'est, en effet, dans les profondeurs les moins conscientes de la vie sociale, celles auxquelles Emmanuel Todd a consacré sa vie de chercheur, que gît, affirme-t-il, l'explication de ce qui nous apparaît comme le grand désordre du monde.
Fondamentalement tourné vers l'intelligence de notre actualité, son dernier livre ne prend donc son ancrage dans l'émergence d'homo sapiens que pour mieux comprendre homo americanus et le phénomène Trump, la politique de puissance sans compromis de la Russie, la paralysie d'une Europe désormais dominée par l'Allemagne, la désintégration religieuse et étatique du Moyen-Orient.
Il propose, en bref, une revisitation complète de l'histoire de l'humanité pour apercevoir ce qui nous attend demain.

Réseaux et communication. Avec Pierre Musso au Centre Pompidou.


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04.12.2015

Une nouvelle divinité s'installe, une divinité technicienne dont Internet n'est qu'une des lumineuses apparitions : le Réseau. Partout la figure du réseau s'impose pour réenchanter la vie quotidienne et réinterpréter le monde contemporain. Objet fétiche pour le culte contemporain du mouvement, du passage et de la connexion, le réseau relie le présent et l'avenir.
L'exposé de Pierre Musso permet de suivre le travail de formalisation du réseau, considéré comme une forme artificielle, celle du filet et du tissu, jusqu'à aujourd'hui où il est devenu le mode de représentation principal de l'ensemble de la société.
L'invention du réseau introduit à la recherche de structures réticulées observées ou imaginées, pour expliquer le corps humain, notamment le cerveau, éclairer la nature, ou analyser la société.

Idéaux d'autonomie, santé mentale, psychologie. Avec Alain Ehrenberg pour l'Association des Conseillers d'Orientation Psychologues de France.


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20.09.2017

La création du corps unique des psychologues de l’Éducation Nationale s’inscrit dans la dynamique d’ascension des questions qu’on appelle de "santé mentale". Celles-ci ne relèvent plus seulement de la psychopathologie des maladies mentales, elles se sont élargies à des enjeux de socialisation, donc de désocialisation, et traversent de part en part la vie sociale, dont l’école.
La conférence d'Alain Ehrenberg porte sur le grand changement sociologique qui en constitue le contexte moral et social : nous sommes passés, entre les années 1970 et le tournant du 21e siècle, d’une société où l’on protégeait par des statuts à une société où il s’agit de sécuriser des parcours de vie en les accompagnant.
Cela tient à ce que nous vivons désormais dans un individualisme de capacité imprégné par les idées et valeurs de l’autonomie.

Une conférence qui se tient lors des 66èmes journées nationales d’étude à Lyon.

La pensée du politique : histoire et perspectives. Avec Claude Lefort au Collège de France.


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16.04.2008

Claude Lefort se propose d’éclairer la nature de la démocratie moderne à travers la distinction entre la politique (essentiellement tournée vers la considération du régime) et le politique, qui veut en penser les conditions sociales.
La science politique méconnaît la nature profonde de la démocratie parce qu’elle laisse dans l’ombre la société dans laquelle elle s’est formée.
La démocratie n’est pas localisable dans la société : elle est une forme de société. Dans l’Ancien Régime, le pouvoir monarchique était incorporé dans la personne du prince. La démocratie introduit dans cette perspective un bouleversement : le pouvoir n’est plus incorporé, c’est un lieu vide.
Le conflit est alors institutionnalisé, le pouvoir dans une démocratie ne peut exister qu’en quête de sa légitimité. La démocratie n’est pas réductible à un certain nombre d’institutions.

La conférence est suivie d'une session de questions posées par Pierre Rosanvallon auxquelles Claude Lefort répond.