

(0)
Poétesse, essayiste, critique, pamphlétaire, Annie Le Brun est insaisissable comme une ombre qui se déplace à toute vitesse. Adolescente, elle plonge dans les écrits d'André Breton qui répondent à ses préoccupations. À vingt ans, l'écrivain l'invite à rejoindre, à Paris, le groupe surréaliste. Annie Le Brun découvre aux côtés de Radovan Ivšić, Toyen, Jean Benoît, une famille iconoclaste. En 1967, elle fait paraître son premier recueil de poésie, Sur le champ, aux Éditions surréalistes, puis participe à la création des éditions Maintenant où elle publie plusieurs textes poétiques.
Annie Le Brun abandonne ensuite la forme poétique pour l'essai. Le brûlot Lâchez tout, publié en 1977, est une charge cinglante contre ce qu'elle appelle "l'idéologie néo-féministe". Elle fait ensuite une rencontre décisive avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert qui lui propose d'écrire une préface pour les Œuvres complètes de Sade, un auteur qu'elle avait approché dans son étude du roman noir (Les Châteaux de la subversion, 1982). Annie Le Brun entretient des compagnonnages artistiques avec une myriade d'artistes (Jarry, Hugo, Roussel, Césaire...) travaillés par l'obscur, la révolte, la liberté.
Pour Annie Le Brun, il s'agit toujours de redonner du sens à un monde qui n'en a plus, chargé par une surcharge de réalité (Du trop de réalité, 2000). Entre critique de l'art contemporain (Ce qui n'a pas de prix, 2018) et critique des images (Ceci tuera cela, 2021), Annie Le Brun continue de saisir à vif un monde qui met l'imagination en danger.
Émission "Affaires culturelles", animée par Arnaud Laporte.


(0)
Poète, essayiste, spécialiste de l'œuvre du Marquis de Sade et de Victor Hugo, Annie Le Brun a accepté, depuis son appartement débordant de livres, de parler de lectures qui l'ont marqué avec, en filigrane, toujours, le désir comme force motrice de la vie.
Dans cette première bibliothèque construite avec son mari, le poète croate Radovan Ivsic, les livres sont une présence protectrice. Dans les caisses à fruits, puis dans celles de vin, se tiennent sur deux épaisseurs des ouvrages dans lesquels elle se repère sans mal. Rares sont les personnes qui parlent de la lecture avec tant de réel impact sur l'existence.
Les textes qu'elle a choisit racontent, sans détour, sa conscience poétique, son appétit de gaité et de lyrisme, son désir de savoir toujours accroché au désir tout court.
Émission "Le Book Club", animée par Marie Richeux.


(0)
Dans un dialogue avec Jean-Jacques Pauvert, Alain Bernardin et Jean Benoît, mêlant érotisme, surréalisme et combats politiques, Annie Le Brun livre son propre auto-portrait littéraire et philosophique pour qui la poésie est au coeur de la vie, révolte qu'elle est contre cette condition humaine incapable de répondre à l'infinie du désir qui nous habite.Héritière de Breton, dotée d’une intelligence rare, elle célèbre l'œuvre méconnue d'Alfred Jarry, critique le féminisme "totalitaire" qui n'a plus pour unique ambition que de neutraliser le désir.
Fidèle au surréalisme, qu'elle voit comme une "révolte sensible" contre le monde, elle rejette sa récupération culturelle. Sade, enfin, incarne une "révolution épistémologique" : en démasquant les justifications sociales du désir, il révèle sa vérité crue.
Une voix libre, entre poésie, désir et subversion.
Une émission produite par Christine Goémé


(1)
Nous voici entrés dans une nouvelle ère sadique. Où la brutalisation des relations sociales, politiques et internationales n'est même plus dissimulée par ses promoteurs.
Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut en revenir à Sade, lorsque le "divin Marquis" a révélé aux hommes, en plein Siècle des lumières, la part d'ombre indissociable de leur nature.
Partant des espaces clos - ces phantasmatiques châteaux des supplices de jadis -, Dany-Robert Dufour examine comment cette "passion sadique" s'est progressivement déployée au fil de l'histoire récente : hier dans l'État total nazi, aujourd'hui dans le Marché absolu.
Il montre combien trois facteurs contribuent désormais à une sadisation en profondeur des relations entre individus : les réseaux dits sociaux, qui fonctionnent en fait à la haine de l'autre ; l'emprise de plus en plus dévorante des technologies ; les pratiques prédatrices de l'hyper-classe financière. Manquait à cette nouvelle ère un couronnement. Le voici, avec l'intronisation de Donald Trump II en bouffon tyrannique fulminant.Nul doute que Sade jubile : c'est désormais la pérennité du genre humain qui se trouve menacée.


(0)
La perversion peut être comprise comme une transgression des normes. Cette déviation peut-elle trouver une explication dans le fonctionnement de notre psychisme ? Pour Sigmund Freud, la transgression a un rapport avec la recherche du plaisir qui nous anime dès l'enfance. Ainsi, "la perversion pour Freud fait partie d'un développement que l'on pourrait dire 'normal' ", explique Isabelle Alfandary, "elle n'est pas forcément un vice". Autrement dit, "la grande découverte freudienne va avec l'idée qu'on ne devient pas pervers, on le reste". Qu'est-ce qui caractérise donc la perversion adulte ?
Il est également possible de tenter de comprendre la perversion d'un point de vue politique et social. Observe-t-on une perversion sociale ou au contraire assiste-t-on à un plus grand durcissement des mœurs ? Pour Dany-Robert Dufour, "nous sommes passés d'un système théologico-politique à un autre" : "nous étions dans un système répressif, avec donc l'idée de l'amour de Dieu qui était au centre de ce système, et maintenant, nous sommes dans un système incitatif", dans lequel il serait possible "de satisfaire toutes nos appétences".
La systématisation de la transgression ne serait-elle pas une inclination perverse ? Peut-elle se manifester dans une lutte contre une société pervertie ? Dans quelle mesure le "capitalisme de consommation" serait la cause de cette perversion ?
Émission "Avec philosophie", animée par Géraldine Muhlmann.


(0)
Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? C'est la question fatidique que nous devons nous poser en constatant l'influence du divin marquis sur les grands auteurs et penseurs du siècle dernier.
Des auteurs comme Michel Foucault, Maurice Blanchot, Georges Bataille ou Pier Paolo Pasolini, pour n'en nommer que quelques uns, ont analysé l'oeuvre de Sade. La littérature contemporaine, la psychanalyse également prennent l'auteur Sade comme sujet d'étude : il ne laisse personne indifférent.
Retour sur celui par qui le scandale est nous seulement arrivé, mais perdure également.
Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.


(0)
Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? Cette question a la force de l'évidence. Elle n'a pourtant jamais été posée assez clairement et ouvertement.
C'est à l'exploration de l'un des fétiches culturels, philosophiques et politiques majeurs de la séquence moderne que se consacrent Eric Marty et Philippe Roger, dont les acteurs sont ici Adorno, Klossowski, Bataille, Blanchot, Foucault, Lacan, Deleuze, Sollers, Barthes… ou encore Pasolini avec son terrible et magnifique Salò ou les 120 journées de Sodome.
Chacun de ces penseurs, écrivains ou artistes a fait de Sade un personnage fondamental de son aventure intellectuelle qui fut aussi une aventure personnelle.
Le temps est venu d'interroger cette fascination ambiguë qui nous concerne profondément, et peut-être plus que jamais.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


(0)
De Pasolini, les Français ont surtout retenu son oeuvre cinématographique. Mais en Italie, c'est le Pasolini poète qui est célébré. Poète, mais aussi romancier, critique d'art, engagé politique, Pasolini est extrême, excessif, scandaleux, mais jamais provocateur. Gare aux âmes sensibles !
En quatre temps, ces émissions nous emmènent aux limites du figurable avec le film Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pasolini, dans sa poésie, ses écrits autobiographiques, et enfin sa pensée philosophique.
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.