La gauche et l'héritage des Lumières. Avec Stéphanie Roza sur France Culture.


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06.09.2020

C'est dans les situations de chaos collectif que le besoin de penseurs calmes et rationnels se fait le plus sentir. Le problème est que c'est dans ces moments-là qu'ils se font le plus rare. Le problème en d'autres termes, c'est que la raison a besoin de la raison pour penser. Quand le monde devient fou, les tenants de la raison, les Intellectuels sont souvent les premiers à entrer dans la danse.
L'ouverture du procès des attentats de Janvier 2015 à rouvert à gauche les débats autour des caricatures et de la délicate balance entre liberté d'expression et ce que tout le monde appelle le "respect" que l'on dit dû aux minorités ; minorités qui deviennent si nombreuses avec le temps que l'on risque de se trouver vite dans la situation qui prédomine aux Etats-Unis où il devient impossible de ne pas offenser quelqu'un sitôt que l'on prend la parole.
Ce débat sur l'actualité en cache un autre, plus profond. Selon un courant de pensée de plus en plus puissant des deux côtés de l'Atlantique, c’est la philosophie occidentale des Lumières, qui permettait croyait-on la libre expression de chacun, qui serait en fait l'ultime responsable des dérives de cette même liberté. Sous couvert de liberté et d'universalisme, les Lumières auraient permis l'esclavage, la colonisation, le racisme, le capitalisme mondial et même Hitler. Etre vraiment de gauche aujourd'hui se serait donc déboulonner les statues de Voltaire et Montesquieu en plus de celles des grands navigateurs et commerçants...

Émission "Signes des temps", animée par Marc Weitzmann.

Le mythe de Prométhée. Avec Johann Chapoutot, François Jarrige et Ariane Eissen sur France Culture.


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30.05.2017

Pourquoi un mythe antique, raconté par Hésiode et transformé par Eschyle, a-t-il été, aux XIXe et au XXe siècle, réinterprété par les romantiques, les socialistes, Karl Marx, les nazis et les régimes communistes ? En quoi l'idéal du voleur de feu a-t-il justifié l'individualisme naissant, le culte du progrès et la sortie de la religion ?

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin et Victor Macé de Lépinay.

De quoi la droite et la gauche sont-elles le nom ? Avec Patrick Buisson et Jean-Pierre Le Goff sur StoriaVoce.


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02.2017

Alors que la prochaine élection présidentielle se profile, il peut être important de de prendre le temps de la réflexion en revenant sur la bipolarisation de notre vie politique française. Démarche étrange alors que parallèlement, cette scène politique semble plus que jamais éclatée voire émiettée en diverses tendances dont nous serions bien en peine d'en qualifier les subtilités intellectuelles derrière les ambitions personnelles.
De quoi la droite est-elle le nom ? La question peut surprendre, pourtant elle est essentielle alors que, depuis dix ans maintenant, la population française se tourne vers ses idées et sa culture. Comme si nous vivions une sorte de Mai 68 à rebours dont les valeurs de La manif pour tous ont été par opposition un des symboles fort du quinquennat de François Hollande. De quoi la droite est elle le nom, c’est sortir de la politique politicienne et prendre un peu de hauteur non seulement en s'aventurant dans la pensée, la philosophie politique mais aussi en voyageant dans notre histoire de la plus ancienne à la plus récente.
De quoi la gauche est-elle le nom ? La gauche comme chacun sait est née sous la révolution française en septembre 1789, au moment du vote de l'assemblée à propos du veto du roi : ceux qui étaient pour un veto absolu se sont placés à droite du président, ceux qui étaient en faveur d'un veto suspensif se sont placés à sa gauche. Nous n'allons cependant pas revenir aussi loin dans le temps mais porter un regard sur la gauche des XXe et XXIe siècles. Quels sont les thèmes qui ont structurés son identité ? Ces thèmes ont-ils évolué et se sont-ils érodés ? Quel impact cette érosion a eu sur la pensée politique ? Quelle est la place enfin de la gauche aujourd'hui dans le débat des idées politiques ?

Une émission animée par Christophe Dickès.

Comment le XIXe siècle a-t-il inventé la science ? Avec Guillaume Carnino sur RFI.


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17.04.2015

Comment la science est-elle devenue la religion de l'âge industriel ? Comment a-t-elle émergé dans la langue et les consciences de la population au XIXe siècle ? Quels ont été les vecteurs de sa diffusion et de sa vulgarisation ? A-t-elle été tributaire d'influences extérieures ? Quels ont été les liens de Pasteur avec l'industrie ? La science peut-elle être pure et désintéressée ? Comment la vérité scientifique est-elle devenue un mode de gouvernement ? Que recouvre la notion de progrès ? La Révolution française s'est-elle accomplie, un siècle plus tard, grâce à la science ?  
Aussi diverses soient-elles, ces questions ont partie liée avec l'émergence d'une force industrielle, philosophique et politique sans précédent : la science. Cette science, qui jadis était synonyme de savoir au sens générique du terme, recouvre désormais l'expérimentation et la mathématisation du réel, pour finalement désigner l'expression du vrai en toutes choses et investir l'intégralité du social.
Parallèlement à la décision démocratique, la vérité scientifique devient peu à peu un mode de gouvernement des êtres et des choses à part entière, et marque l'avènement de la civilisation des experts.
L'industrie, avec laquelle la science partage un schème fondateur - la reproductibilité -, trouve en elle le moteur à la fois matériel et idéologique de son progrès.
L'historien Guillaume Carnino analyse le lien, si étroit en France, entre autorité de la science et idée républicaine.

Émission "Autour de la question", animée par Sophie Joubert.

Qu'allons-nous faire de l'angoisse écologique ? Avec Régis Debray sur France Culture.


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25.01.2020

Diminution des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution des sols, de l'eau, de l'air, déforestation rapide, sans oublier, bien sûr, le changement climatique d'origine anthropique. En ces domaines, tous les indicateurs sont alarmants et toutes les projections sont inquiétantes.
Aujourd'hui, qu'allons nous faire de l'angoisse écologique ? Que se passe-t-il donc ? Qu'est ce qui, dans le monde d'aujourd'hui, se construit ? Qu'est ce qui s'y détruit ? Nous l'ignorons pour une grande part, mais c'est paradoxalement parce que nous avons compris quelque chose. Nous avons compris que par des boucles nouvelles et inattendues, nous allons de plus en plus dépendre de choses qui dépendent de nous.
Dès lors, comment savoir ce qui va se passer si ce qui va se passer dépend en partie de ce que nous allons faire ? Nous sommes désormais conscients que nous grignotons de plus en plus avidement le fruit terrestre de taille finie qui nous porte, mais nous ne savons pas comment enrayer cette mauvaise tendance. Alors nous pressentons que cet avenir même que nous sommes en train d'anticiper par nos actions aussi bien que par nos inactions, pourrait se révéler radicalement autre. Et au fond de nous mêmes, nous le craignons.
Régis Debray, écrivain et philosophe, nous éclaire sur le concept d'angoisse écologique, à l'occasion de la sortie de son ouvrage Le siècle vert. Un changement de civilisation (Gallimard, 2020).

Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Georges Valois et le grand empêchement contemporain. Avec Pierre Le Vigan et Guillaume Travers sur Radio Courtoisie.


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17.12.2019

Dans une première partie, le journaliste et économiste Guillaume Travers présente la réédition du livre de Georges Valois La Révolution nationale, dans lequel Valois exalte ce qui n’a pas de prix, la grandeur et l'héroïsme, contre ce qui est calculable. Un livre adressé aux hommes des grandes nations et rédigé pour lever une nouvelle élite de combattants : un livre pour notre temps.
Ensuite, le philosophe et urbaniste Pierre Le Vigan nous présente ses travaux sur la période contemporaine qui peut être caractérisée, sur le plan politique, par un "Grand Empêchement" induit par la vision libérale du monde qui lui est consubstantielle.

Émission du "Libre Journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.

Pourquoi (et comment) critiquer la technologie aujourd'hui. Avec Jean-Baptiste Fressoz, François Jarrige, Alain Gras et Paul Jorion pour Sciences Critiques.


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29.05.2019

C'est en compagnie des historiens Jean-Baptiste Fressoz et François Jarrige et des socio-anthropologues Alain Gras et Paul Jorion qu'est abordé la nécessité de faire émerger une communauté technocritique aujourd'hui, dont les armes intellectuelles doivent être renouvelées en fonction des enjeux qui sont les nôtres. Le projet politique alternatif de la décroissance, l'action directe contre les machines ou encore le retour à une véritable culture humaniste nous donnent-il un but pour lequel nous pourrions nous battre ?

Interventions :
 1. L'Anthropocène, ou les dégâts du progrès, par Jean-Baptiste Fressoz
 2. Une (brève) histoire de la technocritique, par François Jarrige
 3. Les imaginaires de l'innovation technique, par Alain Gras
 4. Les effets et les méfaits du techno-capitalisme, par Paul Jorion

Une histoire désorientée des techniques agricoles. Avec François Jarrige aux rencontres de l'Atelier Paysan.


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14.12.2019

Le concept d' "histoire désorientée" implique en miroir une histoire orientée, c'est-à-dire dont la lecture est enfermée dans l'orientation linéaire du progrès technique, marquée par le fatalisme technicien et un imaginaire modernisateur.
Étudier une histoire "désorientée" revient donc à construire un autre récit historique, adapté aux défis contemporains, qui échappe à la lecture déterministe et évolutionniste des machines.
Cela permet ensuite d'essayer de réinventer d'autres manières de penser le machinisme, d'autres machines pour d'autres objectifs.