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Notre époque, de toutes les manières possibles, se veut progressiste. Le progressisme, en fait, y passe pour l'autre nom du bien. Ce terme est à ce point jugé positivement que tous s'en réclament et espèrent se grandir en en brandissant l'étendard.
Et pourtant, le progressisme ne va peut-être pas de soi. Dès lors qu'on cherche à le définir, il semble nous échapper, ou encore s'effilocher. Et depuis peu, à la surprise de ses thuriféraires, on entend même des voix le critiquer ouvertement et remettre en question ce qu'il signifie.
La philosophe Bérénice Levet est une de ces voix qui, dans l'un de ses livres les plus récents, Le crépuscule des idoles progressistes, entreprend de décrypter et de critiquer ce concept.
Émission "Les idées mènent le monde", animée par Mathieu Bock-Côté.


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L'homme moderne ne se pense plus comme un héritier. Délié de tout ancrage et extrait de toute communauté, il entend se délivrer du donné et juge le passé avec sévérité. Le changement n'est plus dès lors un arrachement à la tradition, il est la tradition même.
Ce culte du mouvement et de l'innovation permanente, conjugué à la volonté moderne d'extirper la nostalgie du cœur des hommes, rend-il l'individu plus autonome et plus humain ou le soumet-il simplement à la force des choses ? Peut-on concevoir une démocratie post-nationale ? L'Union européenne, qui s'est construite comme un espace juridique et économique, n'est-elle pas minée de l'intérieur par son refus de concevoir l'Europe comme une civilisation singulière ?
C'est le philosophe et académicien Alain Finkielkraut, préoccupé par la modernité comme question philosophique, qui vient débattre et répondre à ces questions.
Une conférence organisée par l'association "Critique de la Raison Européenne".


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La révolution galiléenne a révolutionné le visage de l'humanité. En prouvant par la raison une vérité universelle qui ignore la théologie pour être validée, Galilée achève la chrétienté historique sur le plan épistémologique.
Les nouvelles découvertes sont catastrophiques pour l'ordre traditionnel : s'il s'était trompé sur la nature du cosmos, alors il pouvait être trompeur sur tous les champs du savoir. Avec l'apparition du paradigme scientifique, le catholicisme cesse d'être universel. La tradition ne fait donc plus autorité, l'axiomatique de la connaissance passe de la théologie à la philosophie et à la science. La mesure exacte des faits et leur langage mathématique prime sur les normes théologiques et eschatologiques.
L'Eglise, avant, affirmait ce qu'était la terre et les cieux et comment aller au ciel, désormais il ne lui restait plus que le chemin du ciel. La tradition et son autorité aillant failli aux yeux des esprits critiques, l'histoire providentielle du salut ne donne plus sens à l'existence humaine. La tache historique des lumières sera de répondre à cette perte du sens commun.
Dans cette conférence, Phillipe Forget se fixe pour objectif, non pas de juger les lumières selon des critères rétrospectifs, mais de comprendre ses penseurs comme ils se sont eux-mêmes compris. Une mise au point salutaire sur ce courant majeur de la pensée occidentale, pour en dissiper les contre-sens dont il fait l'objet par ses ennemis comme par ses partisans.


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Les nanotechnologies recouvrent désormais un spectre très large d'activités fort différentes qui vont de l'électronique dernier cri aux nouvelles biotechnologies en passant par la conception de matériaux dits "intelligents".
Elles bénéficient depuis quelques années de crédits massifs et, comme elles concerneront sans doute tous les secteurs industriels, les plus classiques comme les plus high-tech, on les associe même à une véritable "révolution de civilisation" qui pourrait modifier spectaculairement nos façons de vivre, de travailler, de communiquer, de produire, de consommer, de contrôler, de surveiller.
Dès lors, elles s'arriment à la question des valeurs, que celles-ci soient morales ou spirituelles, et interrogent l'idée que l'on se fait de la société, de ce qu'elle devrait être ou ne devrait jamais devenir.
Etienne Klein nous propose une réflexion sur la science et la technique dans la société au plus près des progrès récents.


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Le transhumanisme est un projet de prise en main de l'Evolution par les ingénieurs. Son objectif : substituer aux humains une espèce "augmentée", fruit du progrès technologique et d'une volonté de maîtrise totale.
Quels sont les ressorts et les moyens de cette idéologie ? S'agit-il d'un délire scientiste ou d'une menace réelle ? Et nous, voulons-nous devenir des hommes-machines ?


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Alors qu'Emmanuel Macron et son mouvement "En Marche" incarnent le progressisme jusqu'à la caricature, la sortie récente du Dictionnaire du conservatisme arrive à point nommé pour organiser la résistance.
Car le conservatisme, qui évoque des hommes comme des valeurs, des moments historiques comme des institutions, des perspectives futures comme des mythes, est divers mais cohérent : à la fois éternel et actuel, pensée qui structure face au monde de l'éphémère et du relatif, opposant d'indispensables certitudes à la désagrégation moderne.


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Le professeur au Collège de France Henry Laurens, titulaire de la Chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, nous expose les différentes acceptions du terme 'barbarie' dans l'histoire.
C'est toute la culture occidentale qui est hantée par ce terme : les "invasions barbares" étant à l'origine de la fondation de l'Europe, une ambivalence fondatrice existe là, entre valorisation des barbares et apologie de l'Antiquité.
Une conférence importante car, comme le disait l'intellectuel Tzvetan Todorov, "on ne peut avancer dans la voie de la civilisation sans avoir reconnu au préalable la pluralité des cultures".


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Comprendre et accompagner la transformation numérique des institutions de soin implique un questionnement éthique portant tout autant sur les usages de ces nouveaux dispositifs techniques que sur la signification culturelle et anthropologique que le numérique produit dans notre façon de penser la santé.
Autrement dit, il serait très réducteur de considérer que l'évolution numérique de la santé n'est qu'une option de plus dans ce que l'on appelle classiquement le "progrès scientifique et technique". Car si la santé numérique peut offrir des "opportunités", elle est aussi le miroir d'une société qui peine à dessiner un horizon de sens partagé.
La réflexion que développe le philosophe Mark Hunyadi apporte d'indispensables éclaircissements ainsi que les repères nécessaires.
Une intervention tirée de l'Université d'été 2017 "Éthique, Alzheimer et maladies neurodégénératives".