André Chénier (1762-1794). Avec Arlette Farge, Raymond Jean, Daniel Arasse et Françoise Kermina sur France Culture.


(0)
97 Vues
0 commentaire
09.06.1994

Dans un XVIIIe siècle qui ne s'est généralement pas illustré par ses dons poétiques, André Chénier, à la suite des nouveaux élégiaques dont particulièrement Évariste de Parny, est celui qui marque de la façon la plus éclatante la renaissance de la tradition poétique française. Largement inspiré de la poésie ancienne et surtout de l'antique poésie grecque, André Chénier sait en renouveler largement les thèmes dans le même temps qu'il y introduit un sens du rythme de la musique qui rendent vite son oeuvre incomparable.
Contrairement à son image de légende, Chénier ne s'est pourtant pas contenté de révinventer la poésie bucolique et sentimentale. Plongé dans l'histoire de son temps, il prend très vite parti en faveur de la Révolution française. Acteur de celle-ci, fervent Républicain, il condamne pourtant les excès de la terreur et se range délibérément du côté des Républicains modérés. C'est ainsi qu'il écrit une ode à Charlotte Corday après l'assassinat de Marat, le chef des enragés, et qu'il se retrouve en prison, appelé à comparaître devant le tribunal révolutionnaire qui le condamne à mort. Chénier sera guillotiné deux jours à peine avant la chute de Robespierre.
Il reste aujourd'hui une oeuvre qui demeure en grande partie à redécouvrir, particulièrement sa poésie révolutionnaire qui, au-delà de la Jeune captive, développe dans les "Iambes" les thèmes de la fraternité et de la tolérance universelle...

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Marie-Christine Navarro.

Camus et Heidegger, les noces avec le monde. Avec Jean-François Mattéi à l'ENS Paris.


(0)
651 Vues
0 commentaire
29.03.2007

La condamnation par Sartre de "l'incompétence philosophique" de Camus manifeste son incompréhension d'une éthique où la générosité s'exprime au sens cartésien du terme, celui de l'estime de soi-même.
Camus ne se comprend en effet que par ce fragile équilibre entre la vertu d'une volonté juste et le bonheur de l'estime de soi.
Paradoxalement, on retrouve Camus lecteur de Hölderlin dans des œuvres philosophiques comme L'Envers et l'endroit, L'Homme révolté, Le Mythe de Sisyphe, tandis que des œuvres lyriques comme Noces à Tipasa sont influencées par sa lecture de Heidegger.
Les deux approches fusionnent dans le sacré privé de joie de L'Eté.

Allen Ginsberg, l'incantation du souffle. Avec Jean-Jacques Lebel, Yves Le Pellec, Alain Dister, Brice Matthieusant, Christian Bourgois, Hawe Silverblat et Bob Rosenthal sur France Culture.


(0)
77 Vues
0 commentaire
11.06.1998

Mort en 1997, celui qui est sans doute le plus grand poète de ce que l'on appela la Beat Generation, fut sans conteste le leader chamarismatique du mouvement, "la voix qui crie dans le désert". Et cependant, est-ce le sort réservé à la poésie ?
Il demeure pour le public français largement méconnu, si on le compare à Kerouac , le compagnon de route dont les romans furent traduits et lus en France dès les années 60. Pourtant, celui qui écrivit en 1955 son premier recueil de poésies Howl, qui était aussi un cri de protestation et un hymne au sacré des choses, recueil dont la lecture est encore aujourd'hui interdite à la radio publique aux USA, celui qui fut hanté toute sa vie par la folie de sa mère Naomi, qui, sous peyotl, expérimenta le "dérèglement systématique et raisonné de tous les sens", demeure la figure la plus flamboyante d'un mouvement hétérogène et passionné qui contesta durablement l'establishment américain.
Juif, homosexuel, converti au bouddhisme, il fut de tous les combats qui ébranlèrent l'Amérique des années 60, et il sut admirablement -paradoxe apparent ?- se servir des médias pour servir le poème et ce qui dans le poème, dans la grande tradition des vaticineurs anglo-saxons, de Blake à Whitman, en demeure le coeur inviolable et sacré : le verbe. Ginsberg croyait en la puissance du verbe, au langage du souffle -ses lectures publiques des heures durant sont demeurées célèbres-, à la vision créatrice de la poésie.
Grand voyageur, de New York à Paris, en passant par San Francisco, grand amateur de jazz et explorateur des espaces du dedans, Ginsberg demeure une "figure" incontournable des sixties. Il faut réentendre sa voix.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Michel Cazenave.

Poésie et inspiration. Avec Simon Liberati et Pacôme Thiellement sur France Culture.


(0)
65 Vues
0 commentaire
01.09.2017

Qu'est-ce que l'inspiration, cette impulsion extérieure?
Dans Les rameaux noirs, l'écrivain Simon Liberati met de l'ordre dans la sienne, à l'ombre de son père, le poète André Liberati.
L'essayiste et écrivain Pacôme Thiellement, quant à lui, revient sur la nature divine de ce mouvement mystérieux dans La victoire des sans rois. Entre Mnemosyne et anamnèse, essai dans lequel il propose une relecture de l'histoire de la chute de l'Occident et un retour à l'histoire de la gnose.

Paul Claudel, ou la vocation poétique. Avec Maurice Attias, Marianne Epin, Jean Guitton, Maurice Schumann, Gérard Antoine et Xavier Tilliette sur France Culture.


(0)
74 Vues
0 commentaire
16.04.1987

L'œuvre de Paul Claudel (1868-1955) offre l'exemple de la littérature devenue moyen de salut. L'originalité de l'acte Claudien c'est d'affirmer, par l'écriture, sa position d'homme dans le monde "envisagé dans tout son ensemble" pour embrasser "l'immense octave de la Création".
Pour ce poète, paysan et diplomate, enraciné et voyageur, le monde est une somptueuse matière qui attend le poète pour en dégager le sens et le transformer en action de grâces.
Admirateur d'Eschyle et de Virgile, c'est un poète qui a choisi de planter sa tente sur les cimes. Héritier de Mallarmé et de Rimbaud il a pour mission de retrouver les harmonies oubliées, les correspondances secrètes, et de maintenir l'équilibre entre le visible et l'Invisible.
Dante du XXe siècle, Claudel a l'âme d'un bâtisseur de cathédrale, d'un conquérant qui ne cesse de s'étonner de la beauté du monde : il faut boire le vin comme on étreint la femme et comme on est possédé par la mort.
Mais de l'Art Poétique aux derniers commentaires bibliques, s'affirme la même volonté de monter vers l'essentiel qui est de réconcilier l'homme avec le surnaturel, avec Dieu perceptible aux Sens, grâce à une langue dont Claudel semble avoir élargi les pouvoirs : "Ce sont les mots de tous les jours et ce ne sont pas les mêmes".

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Marie-France Azar et Evelyne Frémy.

L'Odyssée du philosophe : d'Ulysse à Dédale. De la répétition à la libération ? Avec Dominique Pagani au centre d'animation René Goscinny.


(0)
211 Vues
0 commentaire
2017

Plutôt qu'une reconstitution linéaire de l'histoire de la philosophie, les interventions de Dominique Pagani portent surtout sur ce qui, à la faveur de la crise en cours, fait surgir la spécificité de l'interrogation philosophique en général, via ses concepts les plus récurrents.
La référence aux auteurs sert à illustrer les problématiques ainsi dégagées, autant que leurs effets transversaux dans les champs concernés : du poétique au politique, en passant par le religieux ou le scientifique.
Et alors que le séminaire en est à sa 3e année d'existence, l'intitulé de l'atelier, censé fixer le cap auquel il faut revenir par-delà chaque détour, subit une évolution. Celle-ci affecte moins son contenu que sa formulation : au lieu de la résonance historique du titre précédent ("Entre crise et guerre : philosopher ?"), il sera essayé d'affronter les mêmes périls selon une connotation plus mythologique...

La Vérité captive : un nouveau système de la philosophie. Avec Maxence Caron chez l'abbé Guillaume de Tanouarn sur Radio Courtoisie.


(0)
689 Vues
0 commentaire
2009

Système nouveau de la philosophie et de son histoire passée, présente et à venir, La Vérité captive De la philosophie est une œuvre neuve, en son contenu comme en sa langue : La Vérité captive construit un édifice de Sens, et abolit, par voie de Pensée, toute distinction artificielle entre la foi et la raison, entre la littérature et la philosophie.
L'ouvrage de Maxence Caron propose une relecture intégrale de l'histoire autour d'une ontologie trinitaire, tout en soulignant avec lucidité l'âge critique de l' "outre-modernité" dans lequel l'humanité s'est enfoncée à force de donner créance à "l'immanentisme".
Aspirant la totalité de la pensée en un fort mouvement apocalyptique et messianique, Maxence Caron entend mettre en évidence les raisons profondes d'une conflagration historique dont l'originalité et l'ampleur n'ont pas été soulignées, et ne suscitent çà et là que plaintes réactionnaires alors qu'elle mérite d'être pensée en son fond et sa source.
Prenant appui sur l'ère même qu'inaugure ce livre, la pensée est dite désormais indéfectiblement ouverte, depuis son intériorité même et par sa logique intrinsèque, à la Révélation du Principe. S'initiant d'un trait d'apocalypse et s'achevant sur un poème mystique, La Vérité captive expose le Système et le regarde simultanément jaillir de l'histoire de la philosophie.
L'oeuvre de Maxence Caron souffle du fond des ères et, remontant à l'origine apodictiquement transcendante de tout acte de l'esprit, ouvre de mettre fin aux errances de la pensée.

Emission "Le libre journal de Catherine Rouvier".

Agrippa d'Aubigné (1552-1630). Avec Gilbert Schrenck, Gisèle Mathieu-Castellan, Franck Lestrigant, Gilles Jallet, Henri Weber et Dominique Grandmont sur France Culture.


(0)
112 Vues
0 commentaire
21.07.1988

Agrippa d'Aubigné est né en 1551 près de Pons en Saintonge. La voix de Jean-Paul Zehnacker, père protestant, lui donne une éducation humaniste et le plonge aussi à 8 ans dans la guerre civile.
Il rejoint les armées protestantes à 19 ans et commence à écrire Les tragiques sous le choc des massacres de la St Barthélemy. Il est ensuite aux côtés de Henri de Navarre dans la lutte de celui-ci pour l'accession au trône.
Après l'abjuration de celui-ci, il donnera une suite au combat par la plume en rédigeant une Histoire Universelle et des satires religieuses et sociales. Il finit ses jours en exil à Genève en 1630.
Ses œuvres majeures sont Le Printemps, poèmes de jeunesse, à la violence pour la combattre et inverse le mouvement de la mort pour celui de la vie, entourée par les sentiments de la pitié et de l'amour.
Cette émission tente de restituer la figure complexe de l'homme et l'élan irrésistible qui traverse et emporte son auteur au-dessus des désastres de la guerre afin de rejoindre le Plan de Dieu. Est-ce seulement du Dieu protestant ?

Émission "Une Vie, une Œuvre", animée par Marc Floriot.