Le nazisme : crime et philosophie. Avec Frédéric Rouvillois et Johann Chapoutot chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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24.01.2015

La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, mais elle promettait l'épanouissement d'un peuple élu.
Sinon, comment expliquer l'engouement des allemands pour un projet aussi monstrueux ? Comment de nombreux soldats ont-ils pu combattre, planifier, conquérir et tuer autant en aussi peu de temps ?
Les deux invités de cette émission se proposent de renouveler notre compréhension du nazisme. Frédéric Rouvillois envisage le nazisme sous l'angle de l'utopie et Johann Chapoutot revient sur ses fondements normatifs qui, jusqu'ici, avaient été peu étudiés.
Une réflexion salutaire qui permet de sortir de traditionnel procès en irrationalité et de la réduction psychologique.

Le lobbying en France : enjeux politiques et actualité. Avec Grégory Houillon pour l'Université Réelle à Montpellier.


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09.06.2018

Mal-aimé de la vie publique, le lobbying est souvent perçu comme corrupteur et contraire à l’intérêt général. Pourtant il est partout et constitue désormais un acteur à part entière de la démocratie française. Il est indispensable pour aider les décideurs publics à se faire un avis sur des sujets complexes. D’où vient alors notre rejet d’une pratique bien courante chez nos voisins, notamment aux États-Unis et dans l’Union européenne ? Comment expliquer ce rapport répulsion/attraction pour la plaidoirie des intérêts particuliers ? Plus encore, quand il s’agit désormais de se battre à armes égales sur la scène internationale, la France peut-elle à ce point être dans le déni ?
Grégory houillon s'interroge sur cette "névrose française" qui consiste à refuser le lobbying au nom d’un intérêt général sublimé. Il nous propose une perception nouvelle des règles s’appliquant désormais aux métiers et pratiques de l’influence. Face à l’incohérence des comportements des représentants de l’État et à la crise de confiance des citoyens dans leurs rapports avec leurs élus, il plaide surtout pour que la réforme du lobbying initiée en 2016 relève un défi : celui de l’art de convaincre, et non de contraindre, pour une démocratie renforcée.
Et si le lobbying était le dernier atout des individus comme des entreprises pour faire bouger un État indolent ?

La pensée du politique : histoire et perspectives. Avec Claude Lefort au Collège de France.


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16.04.2008

Claude Lefort se propose d’éclairer la nature de la démocratie moderne à travers la distinction entre la politique (essentiellement tournée vers la considération du régime) et le politique, qui veut en penser les conditions sociales.
La science politique méconnaît la nature profonde de la démocratie parce qu’elle laisse dans l’ombre la société dans laquelle elle s’est formée.
La démocratie n’est pas localisable dans la société : elle est une forme de société. Dans l’Ancien Régime, le pouvoir monarchique était incorporé dans la personne du prince. La démocratie introduit dans cette perspective un bouleversement : le pouvoir n’est plus incorporé, c’est un lieu vide.
Le conflit est alors institutionnalisé, le pouvoir dans une démocratie ne peut exister qu’en quête de sa légitimité. La démocratie n’est pas réductible à un certain nombre d’institutions.

La conférence est suivie d'une session de questions posées par Pierre Rosanvallon auxquelles Claude Lefort répond.

Les croyances collectives. Avec Raymond Boudon à l'Université de tous les savoirs.


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29.11.2001

On prend ici le mot croyance dans le sens le plus large (le fait de croire à une proposition, à une théorie, etc.). L'analyse des croyances collectives est un des sujets essentiels de la sociologie. Elle pose une question fondamentale : par quels mécanismes des individus appartenant à un groupe (au sens le plus large de ce mot) croient-ils la même chose ?
S'agissant de croyances scientifiques, on n'a guère de peine à discerner ces mécanismes. L'explication peut ne pas être immédiate et impliquer de laborieuses recherches mais, s'agissant des croyances scientifiques, celles-ci peuvent être vues comme le résultat d'une discussion rationnelle. Qu'en est-il lorsqu'il s'agit de croyances qui paraissent infondées (comme les croyances en des relations de causalité imaginaires qui définissent la magie) ou de croyances qui, par principe, ne paraissent pas pouvoir être fondées, comme les croyances prescriptives : celles qui traitent, non de l'être, mais du devoir-être ? La coupure entre les croyances scientifiques et les autres types de croyances est peut-être moins nette qu'on ne le croit : il n'est pas plus facile d'expliquer pourquoi Descartes croyait que la nature a horreur du vide que d'expliquer les croyances magiques.
Une première ligne de pensée répond à ces questions, en évoquant l'existence de forces psychologiques ou culturelles qui feraient que, dans telle culture, dans tel groupe ou tel ensemble d'individus, l'esprit humain obéirait à des règles d'inférence particulières, serait affecté par des biais, fonctionnerait dans des cadres mentaux invalides. Cette hypothèse a été mise sur le marché par Lévy-Bruhl ; elle est toujours présente dans les sciences sociales. L'autre ligne de pensée, inaugurée par Durkheim est également très présente dans les sciences sociales contemporaines. Elle paraît devoir l'emporter en raison de son efficacité scientifique. Elle consiste à admettre que les croyances ordinaires se forment selon des mécanismes fondamentalement identiques à ceux qui expliquent la cristallisation des croyances scientifiques. Des exemples démontrant son efficacité peuvent être facilement empruntés aux sciences sociales classiques et contemporaines. La même ligne de pensée apparaît comme très prometteuse s'agissant de l'explication des croyances prescriptives : des études portant sur divers sujets et notamment sur les sentiments de justice le suggèrent.

Des valeurs, une approche sociologique. Avec Nathalie Heinich au Centre de Recherches sur les arts et le langage.


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06.03.2017

"Valeurs" : jamais ce terme n’a été aussi fréquemment invoqué, alors même qu’il est peu ou mal défini. Plutôt que de contourner ou de disqualifier la question, Nathalie Heinich l’aborde avec sérieux, au moyen des outils des sciences sociales, en adoptant une approche descriptive, compréhensive et résolument neutre.
Elle montre ainsi que les valeurs ne sont ni des réalités ni des illusions, mais des représentations collectives cohérentes et agissantes.
Contrairement à la philosophie morale, qui prétend dire ce que seraient de "vraies" valeurs, la "sociologie axiologique" s’attache à ce que sont les valeurs pour les acteurs : comment ils évaluent, opinent, pétitionnent, expertisent ; comment ils attribuent de "la" valeur, en un premier sens, par le prix, le jugement ou l’attachement ; comment les différents objets valorisés (choses, personnes, actions, états du monde) deviennent des "valeurs" en un deuxième sens (la paix, le travail, la famille) ; et comment ces processus d’attribution de valeur reposent sur des "valeurs" en un troisième sens, c’est-à-dire des principes largement partagés (la vérité, la bonté, la beauté), mais diversement mis en œuvre en fonction des sujets qui évaluent, des objets évalués et des contextes de l’évaluation.
L’analyse pragmatique des jugements produits en situation réelle de controverse, de différend impossible à clore permet à Nathalie Heinich de mettre en évidence la culture des valeurs que partagent les membres d’une même société. On découvre ainsi que, contrairement à quelques idées reçues, l’opinion n’est pas réductible à l’opinion publique, pas plus que la valeur ne l’est au prix, ni les valeurs à la morale ; que les valeurs ne sont ni de droite ni de gauche ; et qu’elles ne sont ni des entités métaphysiques existant "en soi", ni des constructions arbitraires ou des dissimulations d’intérêts cachés.

Une analyse du Politiquement Correct. Avec Henri Hude au Collège des Bernardins.


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04.11.2009

Henri Hude, professeur à l'Ecole Saint-Cyr Coëtquidan, nous propose une analyse du politiquement correct considéré comme un fait universel de la pression sociale. Celui-ci se caractérise par une pression à la fois contrôlable et excessive, tendant à inculquer des conceptions en parties utopiques et aboutissat à un déni de soi-même.
Il convient de voir alors comment fonctionne le politiquement correct et le principe d’autonomie ainsi que sa relation avec le libéralisme.

Politeia : introduction à la philosophie politique. Avec Eric Guéguen pour le Bréviaire des Patriotes.


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2017

Ces émissions constituent une très bonne introduction aux grandes problèmatiques politiques. Politique est ici à prendre au sens où l'entendaient les anciencs, soit l'art d'accorder l'individu (l'un) et la communauté (le multiple). 
L'approche thèmatique nous montre comment l'aspect politique des problèmes auxquels nous sommes confrontés est aujourd'hui réduit à la portion congrue. Mais pouvons-nous espérer résoudre les grandes questions de notre temps sans agir politiquement ?

Les intellectuels français, une histoire à écrire. Avec Shlomo Sand sur France Culture.


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04.2016

L'historien israélien Shlomo Sand esquisse une petite histoire des intellectuels français, de Voltaire à Michel Onfray.
Depuis le mouvement des Lumières jusqu'aux philosophes médiatiques que nous connaissons et en passant par l'affaire Dreyfus qui a vu naître ce terme, c'est le rapport particulier que notre société française entretient avec les intellectuels qu'il est intéressant de questionner.
Car si les engagements furent par exemple assez différents face aux deux grandes idéologies du XXe siècle (le communisme et le fascisme), les positions sont également partagées devant les obsessions identitaires de notre temps.
Une réflexion qui devrait nous obliger à prendre du recul devant les déclarations des clercs qui ne sont que le reflet de l'air du temps.