Nationalismes d'Europe : loin en arrière. Avec Anne-Marie Thiesse sur France Culture.


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20.10.2018

Alors que l'Europe semble à nouveau sensible aux nationalismes, il est utile de faire la généalogie de ce concept en remontant jusqu'aux origines de son émergence, au temps où s'affirmèrent les ressorts de sa future extension. Autrement dit jusqu'au XIXe siècle qui, dans la suite de la Grande Révolution française, fut celui de la remise en cause des hiérarchies politiques traditionnelles, ces hiérarchies que, dans l'Ancien régime, les souverains tout à la fois surplombaient et incarnaient.
Comme toujours les mots ont leur charge d'ambiguïté. Fait national, nationalités, identités nationales, patriotisme : dans ce champ on glisse aisément d'un comportement à un autre, d'une fierté portant une morale universelle au repli sur soi et à des ambitions expansionnistes, parfois racistes. L'ambivalence du terme d' "identité" éclaire cela spécialement.
C'est donc de définitions qu'il va donc falloir d'abord se préoccuper pour savoir de quoi l'on parle, en bonne ou en mauvaise part. Avant d'évoquer, sous cette lumière spécifique, quelques-uns des grands mouvements de l'histoire européenne jusqu'après la Première guerre mondiale.
Anne-Marie Thiesse, spécialiste d'histoire culturelle, s'est penchée de longue date sur ces questions intellectuellement complexes et civiquement capitales. Avec elle, nous allons tâcher de démêler dans la durée quelques-uns de ces fils entrelacés.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Histoire de la philosophie. Avec Henri Blocher à l'Institut Biblique de Nogent.


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2008

Henri Blocher, professeur de théologie systématique à la faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, est l'un des théologiens protestants français actuels les plus éminents.
Cette série de cours qu'il a donnée pendant plusieurs dizaines d'années à pour ambition de balayer l'histoire de la philosophie occidentale et de passer ses différents courants spirituels-intellectuels au crible d'une critique théologique solide tout en en restitutant fidèlement le contenu.
Comprendre les tendances qui orientent les pensées alentour et les mesurer à l'aune de la Parole de Dieu, voilà ce dont nous devrions être capable après avoir suivi ces enseignements.

Il était une fois le dernier homme. Avec Dany-Robert Dufour à l'École supérieure des beaux-arts d'Angers.


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13.04.2016

Les individus doivent mourir pour que l'espèce vive. Cette simple équation a toujours beaucoup contrarié le genre humain. C'est pourquoi toutes les civilisations se sont appliquées à la résoudre. Dans la nôtre, il en est sorti un traitement narratif et symbolique. Sa forme générale est celle du déni : "Je meurs, mais quand même, je vais revivre autrement". Les Grecs ont proposé à cet endroit la théorie de la métempsychose : après la mort, les âmes migrent vers un nouveau corps.
Quant au grand récit monothéiste, s'il a provoqué tant d'adhésions béates depuis deux millénaires, c'est parce qu'il disait aux êtres humains, mortels, ce qu'ils voulaient entendre : "Certes, vous allez mourir, mais… Mais, si vous vous conduisez dans votre vie en suivant quelques préceptes, vous gagnerez la vie éternelle". Tout le monde ou presque y a cru d'autant que, personne, à notre connaissance, n'est revenu après sa mort pour dire aux encore vivants : "Ce sont des balivernes. Y'a rien". C'est seulement au commencement de la fin de la modernité que quelqu'un a écrit une pièce de théâtre, intitulée En attendant Godot, pour dire : "Il ne viendra pas vous sauver". Ça a fait date. Beckett en fut gratifié du prix Nobel.
Aujourd'hui, d'aucuns se mettent à penser que ce problème ne peut pas être résolu par un traitement symbolique, mais par un traitement réel. Le transhumanisme propose de traiter la mort comme une maladie que l'on doit guérir. Il ne peut s'ensuivre que des bouleversements considérables dans toutes les formes de pensée et d'être au monde.
C'est de cette mutation dont nous parle le philosophe Dany-Robert Dufour.

Le patriarcat, un avenir souhaitable ? Avec Sylvain Durain au Cercle d'Artagnan à Lille.


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17.09.2018

Sylvain Durain, cinéaste et essayiste, s'interroge sur le déclin visible du rôle du père et s'inquiète de l'avenir du patriarcat dans une société en voie de féminisation.
Il revient longuement sur les différents systèmes anthropologiques ayant existés dans l'histoire, des communautés primitives à nos jours, en montrant les enjeux structurant d'une lutte entre un matriarcat sacrificiel et le patriarcat catholique.

Un été avec Homère. Avec Sylvain Tesson sur France Inter.


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2018

L'Iliade et l'Odyssée d'Homère nous est ici contée par l'aventurier Sylvain Tesson. Un voyage entre la mythologie et le monde d'aujourd'hui, érudit, épique, drolatique, époustouflant.
L'Iliade est le récit de la guerre de Troie. L'Odyssée raconte le retour d'Ulysse en son royaume d'Ithaque. L'un décrit la guerre, l'autre la restauration de l'ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. À Troie, c'est la ruée des masses enragées, manipulées par les dieux. Dans l'Odyssée on découvre Ulysse, circulant entre les îles, et découvrant soudain la possibilité d'échapper à la prédestination. Entre les deux poèmes se joue ainsi une très violente oscillation : malédiction de la guerre ici, possibilité d'une île là-bas, temps des héros de côté-là, aventure intérieure de ce côté-ci.
Ces textes ont cristallisé des mythes qui se répandaient par le truchement des aèdes dans les populations des royaumes mycéniens et de la Grèce archaïque il y a 2500 ans. Ils nous semblent étranges, parfois monstrueux. Ils sont peuplés de créatures hideuses, de magiciennes belles comme la mort, d'armées en déroute, d'amis intransigeants, d'épouses sacrificielles et de guerriers furieux. Les tempêtes se lèvent, les murailles s'écroulent, les dieux font l'amour, les reines sanglotent, les soldats sèchent leurs larmes sur des tuniques en sang, les hommes s'étripent et une scène tendre interrompt le massacre pour nous rappeler que les caresses arrêtent la vengeance.
Préparons nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille, nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l'assemblée des dieux, nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, nous serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs. Parfois, des hommes mordront la poussière, à mort. D'autres seront sauvés. Toujours les dieux veilleront. Et toujours le soleil ruissellera et révèlera la beauté mêlée à la tragédie. Des hommes se démèneront pour mener leurs entreprises mais derrière chacun d'eux, un dieu veillera et jouera son jeu. L'Homme sera-t-il libre de ses choix ou devra-t-il obéir à son destin ? Est-il un pauvre pion ou une créature souveraine ?
Les poèmes auront pour décor des îles, des caps et des royaumes dont un géographe, Victor Bérard, effectua dans les années 1920 une très précise localisation. La Mare Nostrum est ce haut lieu d'où a jailli l'une des sources de notre Europe, qui est la fille d'Athènes autant que de Jérusalem.
Mais une question nous taraude. D'où viennent exactement ces chants, surgis des profondeurs, explosant dans l'éternité ? Et pourquoi conservent-ils à nos oreilles cette incomparable familiarité ? Comment expliquer qu'un récit de 2500 ans d'âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf, un pétillement aussi frais que le ressac d'une calanque ? Pourquoi ces vers paraissent-ils avoir été écrits pas plus tard qu'aujourd'hui, par un très vieux poète à la jeunesse immortelle, pour nous apprendre de quoi seront fait nos lendemains ? En termes moins lyriques (Homère est le seul maître en la matière) d'où provient la fraîcheur de ce texte ? Pourquoi ces dieux et ces héros semblent malgré la terreur qu'ils inspirent et le mystère qui les nimbe, des êtres si amicaux ?

L'ours européen : une histoire culturelle. Avec Michel Pastoureau au Muséum national d'Histoire naturelle.


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17.10.2016

Longtemps en Europe, le roi des animaux ne fut pas le lion mais l’ours admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l’homme. Les cultes dont il a fait l’objet des dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l’imaginaire et les mythologies jusqu’au cœur du Moyen Age chrétien, et parfois, bien au-delà.

La personnalité et l'oeuvre de Georges Dumezil. Avec Jean Haudry et Xavier Delamarre chez Alain de Benoist sur TV Libertés.


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03.2018

Le philosophe Alain de Benoist, dans ce nouveau numéro des "Idées à l’endroit", nous invite à nous pencher sur la question indo-européenne en compagnie de ses invités Jean Haudry et Xavier Delamarre.
L'occasion d'évoquer en détails la personnalité et l'œuvre du célèbre linguiste et anthropologue Georges Dumézil, spécialiste du sujet.

La pensée de Jean-François Mattéi. Avec Baptiste Rappin sur Radio Courtoisie.


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22.05.2016

La Rame à l'épaule est une expression que le devin Tirésias utilise pour signifier à Ulysse que ce dernier devra repartir, une fois de plus, après l'épisode du massacre des prétendants. Tout comme l'exil crée la nécessité du retour, le retour appelle inéluctablement un nouvel exil, de telle sorte que le pas de deux de l'éternel retour caractéristique la vision authentiquement grecque du monde.
Par cet emprunt à la mythologie, Baptiste Rappin qualifie l'Odyssée philosophique du penseur Jean-François Mattéi (1941-2014) qui, grand spécialiste de Platon dont il renouvela profondément l'interprétation, fut l'héritier d'un hellénisme qu'il porta, par sa maîtrise et son génie, à sa pleine incandescence.
Baptiste Rappin pointe vers le centre de la pensée de Mattéi pour surprendre le surgissement de la mythologie au sein même de la philosophie, et détecter la secrète présente du symbole au coeur de la raison. S'ouvre alors un renouvellement de la compréhension de l'histoire de la philosophie dont la trame s'entrelace infatigablement, par le jeu du retour et de la répétition, dans la chaîne de l'Être pour tisser les motifs du monde.

Émission du "Libre journal des auditeurs", animée par Didier Rochard.