L'Empire n'a jamais pris fin. Avec Pacôme Thiellement sur Blast.


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2026

Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.

Comment se construit un Etat ? Avec Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade sur StoriaVoce.


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01.2023

Les 335 années qui séparent l'arrivée au pouvoir de Charles VI en 1380 de la mort du roi-soleil en 1715 ont été des périodes de bouillonnement politique, militaire, religieux, administratif et artistique dans le royaume de France. La pérennité de la guerre marque cette longue évolution où les périodes de paix demeurent très incertaines et de courte durée ; guerres de toutes sortes, religieuses, civiles étrangères où les ennemis furent tour à tour Anglais, Espagnols, Impériaux ou protestants et le plus souvent dans la parentèle proche des rois.
L'omniprésence de la guerre a été, sans aucun doute, un des éléments fondamentaux de la naissance et du développement de l'état monarchique mais dans le même temps la naissance de l'état monarchique a été le terreau de la guerre. Les deux grands piliers de la construction, justice et finances, les acteurs de celle-ci mais aussi les contestations et les révoltes contre cette montée en puissance tissent la trame de fond de cette construction et affirmation de la monarchie française pendant ces quatre siècles.
Si la figure royale s'impose, un gouvernement se structure progressivement au cours de la période considérée et une forme de bureaucratie permet de professionnaliser l'exercice du pouvoir et le gouvernement du royaume. Le roi n'exerce pas le pouvoir de manière solitaire et si les figures féminines s'effacent progressivement, les reines s'affirment dans les périodes de régences.
Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade abordent les grands traits de la construction de l'État, tout en questionnant le processus politique à l'œuvre sur la longue durée.

Théologie et philosophie médiévales. Avec Olivier Boulnois et Cyrille Michon sur Radio Courtoisie.


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1995

Qu'est-ce que la toute-puissance ? Dieu peut-il vraiment tout ? Peut-il marcher, mentir, faire le mal ? Peut-il faire que ce qui a été n'ait pas été ? Ou, au contraire, ne peut-il faire que le meilleur et le plus rationnel ? Peut-il faire autre chose que ce qu'il fait ? Créer d'autres mondes ?
Autant de questions qui ébranlent les limites du possible et du pensable, qui organisent le partage entre la puissance et son ombre, cette obscure limite qui lui permet d'exister, entre la contingence et la nécessité, la liberté et la bonté, le pouvoir absolu et l'ordre du monde, construisant le cadre conceptuel des débats de l'âge classique.
Olivier Boulnois et Cyrille Michon nous présentent une spéculation continue sur la toute-puissance divine sur plus de trois siècles, qui forme une sorte d'introduction à la philosophie médiévale : Pierre Lombard, évêque de Paris vers 1150, auteur des Sentences, maître livre qui a donné lieu à plus de mille quatre cents commentaires théologiques, puis ceux qui l'ont repris et discuté, notamment Albert le Grand, Bonaventure, Thomas d'Aquin, Duns Scot, Ockham et Luther.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

L'homme arc-en-ciel. Avec Michel Pastoureau sur France Culture.


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06.2023

Michel Pastoureau est une star dans son domaine : ses livres sont des best-sellers traduits dans une trentaine de langues, il est invité partout à faire des conférences, il est même devenu une sorte de gourou de la mode, ami de grands stylistes et conseiller "tendances".
Michel Pastoureau est un "homme arc-en-ciel" pour plusieurs raisons : son nom est certes indissociable de l'histoire des couleurs auxquelles il a consacré une série de livres publiés sur vingt ans aux éditions du Seuil, mais la diversité de ses recherches et de ses approches est grande, puisqu'il aussi connu du grand public comme l'auteur de livres sur les animaux dont il a retracé les histoires, que ce soit l'ours, le loup, le cochon ou le corbeau.
L'historien est également un pionnier dans son domaine : outre l'histoire des couleurs et des animaux qui n'étaient pas à la mode académique et publique à ses débuts dans les années 1970-80, pendant une première période de recherche, il s'est passionné pour les blasons, les emblèmes, les armoiries, autrement dit l'héraldique, qu'il a aussi contribué à sortir du mépris et à en faire une science historique à part entière.
Comme universitaire, Michel Pastoureau a occupé la chaire d'histoire de la symbolique médiévale à l'Ecole pratique des hautes études de 1982 à 2016, et il a été directeur d'études associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de 1986 à 2006. Il fut aussi Conseiller historique sur les films d'Eric Rohmer et Jean-Jacques Annaud Perceval le Gallois (1978) et Le Nom de la rose (1986).
C'est un grand timide, mais un auteur prolifique de quelque 86 livres, et un chercheur qui se dit "heureux", ce qui n'est pas si fréquent !

Émission "À voix nue", produite par Caroline Broué.

Tradition et civilisation helléno-chrétienne. Avec Laurent Guyenot pour E&R à Lille.


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18.01.2025

L'hellénisme et le christianisme se disputent l'âme de l'Occident depuis deux mille ans. Une lutte féconde, mais jamais achevée, puisqu'elle oppose deux idées contraires : d'un côté la primauté de la raison gréco-romaine, de l'autre la primauté de la révélation judéo-chrétienne. La Cité des hommes contre la Cité de Dieu, selon le point de vue chrétien. Le Moyen Âge nous apparaît comme le triomphe du christianisme, et la Renaissance comme celui de l'hellénisme.
En analysant les entrelacements historiques de ces deux courants qui irriguent notre civilisation, nous pourrons savoir qui nous sommes, d’où nous venons et où nous pouvons aller.

La transition du féodalisme au capitalisme en France. Avec Armel Campagne à l'Ecole Normale Supérieure.


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08.01.2024

La transition du féodalisme au capitalisme est l'un des débats historiographiques qui a fait couler le plus d'encre, tant en raison de ses implications théoriques que politiques. Néanmoins, force est de constater qu'il y a longtemps eu un consensus entre libéraux et marxistes sur l'essentiel, à savoir que le capitalisme serait progressivement né en Europe occidentale dans les interstices du féodalisme, porté par une bourgeoisie urbaine qui aurait finalement triomphé de l'aristocratie féodale dans une série de "révolutions bourgeoises".
Inspirés par Hegel et les historiens libéraux français de la Restauration, Marx et Engels ont eux aussi initialement adopté une vision de l'histoire comme progressant téléologiquement de stade en stade vers le capitalisme (puis, a contrario des libéraux, vers le socialisme et le communisme). Le marxisme fit ainsi de la bourgeoisie et du développement des forces productives les moteurs de l'histoire. De ce fait, le capitalisme fut pensé comme déjà présent de manière embryonnaire dans les villes d'Europe occidentale, n'attendant que le triomphe politique de la bourgeoisie pour se déchaîner.
Pour le cas français, l’affaire semblait ainsi entendue parmi les historiens marxistes : le capitalisme, né dans les interstices du féodalisme et de l'absolutisme, aurait finalement triomphé avec la révolution bourgeoise de 1789. Le débat portait de ce fait essentiellement sur la nature de l'absolutisme français, parfois vu comme un instrument de l'aristocratie féodale, quelquefois comme une phase de transition nécessaire à l'émergence du capitalisme, voire comme déjà capitaliste.
Mais les historiens du long Moyen-Âge et de l'économie d'Ancien Régime, en montrant la compatibilité du féodalisme et de l'absolutisme avec une économie marchande et monétarisée, les historiens révisionnistes, en indiquant la nature non-capitaliste de l'économie d'Ancien Régime et de la bourgeoisie révolutionnaire, et les marxistes politiques, en démontrant la nature non-capitaliste de l'industrie française jusqu'aux années 1860 et de l'agriculture française jusqu'aux années 1960, sont venus bousculer ces certitudes communes aux libéraux et aux marxistes. Partant de ces travaux, c'est à une reconstruction schématique d'inspiration marxiste politique de ce qu'a été la transition du féodalisme au capitalisme en France qu'Armel Campagne s'attelle ici.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

Le Moyen Âge et la pop culture. Avec William Blanc sur Nota Bene.


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13.10.2020

Le Moyen Âge c'est sale, c'est brutal, ça pardonne pas. C'est en tout cas l'image que l'on en a, notamment via la pop culture.
Mais qu'en est-il vraiment ? Comment ce Moyen Âge nous est présenté dans les livres, les jeux ou au cinéma ? Comme cette période inspire-t-elle tout un pan de la pop culture ? 
C'est en compagnie de William Blanc, spécialiste du médiévalisme (la représentation du Moyen Âge), que nous nous penchons sur les liens qui unissent la Pop Culture et le Moyen Âge.

Au Moyen Âge, croyait-on que la Terre était plate ? Avec Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony sur France Culture.


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02.12.2021

Pendant longtemps, les humains étaient persuadés que la Terre était plate. Depuis quand a-t-on dépassé ce préjugé, qui apparaissait comme du "bon sens", pour prouver que la Terre était ronde comme une orange ?
Disons-le tout de suite, c'est un lieu commun et même un mythe, que de penser que le Moyen Âge a cru que la Terre était plate.
Cette idée est non seulement historiquement fausse, mais relève même d'une manipulation de l'histoire des sciences, et surtout des consciences. De l'Antiquité grecque à la Renaissance européenne, on n'a pratiquement jamais défendu et encore moins enseigné, en Occident, que la Terre était plate. Pour Platon, par exemple, la Terre est "enroulée autour de l'axe qui traverse le tout", affirme-t-il dans Le Timée. Chez Aristote également, les arguments qui démontrent la sphéricité de la Terre sont bien présent, et se situent dans son traité Du ciel. Par conséquent, si philosophes comme géographes de l'Antiquité, tels qu'Anaximandre de Milet ou Strabon, ont découvert que la terre était ronde, comment passe-t-on à la conception de la Terre plate au Moyen Âge ? Est-ce une question de croyances religieuses et d'ignorance en matière scientifique ?
Bien que c'est au XIXe siècle que s'est ancrée le préjugé selon lequel  le Moyen Âge croyait la Terre plate, cette légende est plus ancienne puisqu'elle apparaît dès les XVIIe et XVIIIe siècles. Les raisons qui expliquent le succès de la légende de la Terre plate sont multiples et parfois même souterraines. Parmi ces raisons, on compte la lutte contre le cléricalisme de la part de la jeune République, qui tend à se démarquer ainsi de l'obscurantisme de l'Eglise au Moyen Âge. Il y a aussi la glorification de l'idée de Renaissance, qui a du coup désigné le Moyen Âge comme le temps de la barbarie, des "Goths", comme dirait Rabelais. Il y a enfin l'historiographie qui cultivait le goût des grands hommes et des grands récits plutôt que de la vérité des sources…

Émission "Sans oser le demander", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.