George Orwell (1903-1950) ou la common decency. Avec Juan Asensio, Phil Casoar, Thierry Beauchamp, Yolène Dilas-Rocherieux, Alain Finkielkraut et Alain Besançon sur France Culture.


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30.06.2002

À travers une succession de témoignages, c'est la figure du romancier et essayiste George Orwell qu'on fait ici revivre. On y découvre son enfance dans une école stricte jusqu'à la rédaction de son livre 1984 publié quelques mois avant sa mort, en passant par son expérience fondatrice dans la police coloniale en Birmanie et son engagement aux côtés des milices du POUM pendant la guerre d'Espagne.
Du point de vue littéraire, on peut l'inscrire dans la tradition de l'humour anglais, de l'humour subversif, quand il écrit La Ferme des animaux. Contrairement aux intellectuels et écrivains de son temps, il se met en danger en acceptant d'avoir des opinions différentes de celles de ses semblables.
En consacrant son écriture à une dystopie (1984) dans laquelle il annonce une société basée sur le scientisme, il veut nous faire traverser le mur de l'idéologie. Le langage, chez George Orwell, est d'ailleurs un enjeu central : toujours dans 1984, il invente le novlangue, qui est un appauvrissement du langage dans une société totalitaire, ayant pour fonction de réduire les réalités pensables auxquelles son vocabulaire renvoie.
Une leçon d'intégrité intellectuelle et de courage politique.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Philippe Barthelet.

Penser les élites culturelles et politiques françaises. Avec Pierre Mari pour l'Université Réelle à Montpellier.


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15.06.2019

"Élites" : le mot n'a que trop servi, et pourtant ce sont bien elles qui sont encore censées présider aux destinées de notre pays.
Dans le sillage de L'Etrange défaite de Marc Bloch, l'écrivain Pierre Mari dresse le portrait d'une caste au pouvoir qui a perdu le sens des réalités en abandonnant ce qui faisait pourtant sa substance, à savoir le lien particulier qu'elle entretenait avec la littérature, avec son histoire et avec la langue française.
Dans ces conditions, le face à face vindicatif des "élites" et du "peuple", illustré récemment par l'irruption de la crise des Gilets jaunes, ne peut qu'aller en s'exacerbant.

Le temps des livres est passé. Avec Juan Asensio sur Radio Libertés.


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07.05.2019

C'est en compagnie du critique littéraire Juan Asensio que l'appauvrissement des langues et l'avènement de la novlangue managériale sont disséqués.
Ces phénomènes sont d'ailleurs longuement évoqués dans son dernier ouvrage Le temps des livres est passé (Ovadia, 2019), rassemblant le meilleur de ses études littéraires des cinq dernières années, de Max Picard à Robert Penn Warenn en passant par Ernesto Sabato, Joseph Conrad ou encore László Krasznahorkai.

Émission "Culture en Libertés", animée par Anne Brassié.

Qu'appelle-t-on panser ? Avec Bernard Stiegler et Charles Melman à l'Association Lacanienne Internationale.


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25.01.2019

Quelle "nouvelle économie psychique" émerge des mutations économiques, politiques, sociales, induites par le développement des technologies numériques ?
Quels enseignements tirer aujourd'hui des avancées de Freud dans Massenpsychologie und Ich-Analyse, publié en 1921 ?
La gouvernementalité algorithmique ne propose-t-elle pas, en effet, par le biais aussi des réseaux sociaux, un "nous" imaginaire et narcissique, un "nous" du resssentiment plus que civilisationnel, projeté sur des identifications d'autant plus radicalisées qu'elles ont perdu la références aux savoirs et à la mémoire collective, ainsi qu'un ancrage symbolique ?
Comment contrer la fabrication, par un capitalisme appuyé sur la troisième révolution industrielle, la révolution numérique, d'un "homme sans gravité", atopique et hors discours ? Que faire de la "disruption" au XXIe siècle ?
Le philosophe, directeur de l'institut de recherche du centre Georges Pompidou et créateur et président du groupe Ars Industrialis Bernard Stiegler poursuit un dialogue engagé depuis quelques temps avec le psychanalyste Charles Melman sur ces questions de la plus haute importance.

Une conférence modérée par Esther Tellermann.

Les fondements des mathématiques. Avec Jean-Yves Girard à l'Université de tous les savoirs.


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17.06.2000

En mathématiques, la "crise des fondements" s'ouvre en 1897 avec le paradoxe de Burali-Forti, une contradiction dans la toute jeune théorie des Ensembles. Parmi les solutions proposées, le "Programme de Hilbert" (~1925) accorde un rôle privilégié à la non-contradiction formelle.
Le théorème d'incomplétude de Gödel (1931), qui réfute le programme de Hilbert, a fait le désespoir de tous ceux qui cherchaient une réponse définitive à leurs angoisses fondationnelles. Il a aussi gêné ceux qui cherchaient plus simplement à comprendre la nature des objets mathématiques.
Ce n'est qu'avec le développement de l'informatique qu'ont pu se dégager de nouveaux axes de lecture, en rupture de plus en plus nette avec le réductionnisme Hilbertien.

Diversité des langues et humanisations. Avec Claude Hagège au Collège de France.


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28.04.2011

L’humanité semble issue de deux processus apparemment contraires : l'hominisation (évolution biologique) résulterait de l'émergence d'une seule espèce humaine ; en revanche l'humanisation (évolution sociale et culturelle) s'est faite par la diversification des cultures et l'émergence d'une normativité propre à chaque groupe humain.
On pourrait penser que les deux processus doivent être étudiés séparément car ils ne relèvent ni de la même échelle de temps, ni des mêmes critères. Et pourtant, l'humanité s’est faite par interaction : bien que les facultés intellectuelles (sociales et morales) ne soient pas propres à l'homme, elles limitent chez lui l'influence de la sélection naturelle. D'ailleurs le langage articulé, qui est rendu possible par l'évolution biologique, favorise la diversification des cultures.
De l'hominisation à l'humanisation, la tension entre le relatif et l'universel semble suggérer un universalisme pluriel, mais sans dire comment le mettre en pratique.
Le linguiste Claude Hagège nous invite à prendre un recul dans le temps et l'espace pour penser conjointement le développement des fonctions cognitives de l'homme et la diversité des langues dans le processus d'humanisation.

L'éveil des consciences. Avec Frédéric Delavier pour E&R à Mulhouse.


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27.10.2018

Pour comprendre le monde et devenir un homme libre, il faut, avec pragmatisme, se détacher de son animalité. En se détachant de ses passions humaines qui ne sont que des pulsions animales, sous couvert de sentiments humains, et ne garder que deux paradigmes permettant d’avoir une vision claire, nette et précise de ce que nous sommes réellement et du fonctionnement du monde.
Premièrement : il faut toujours concevoir le monde comme un ensemble de flux énergétiques, de prédation et d’échanges caloriques entre les êtres. Chaque être ou entité organique, que ce soit l’individu ou le groupe, ayant pour fonction de prendre la calorie et de la conserver pour rester en vie et la transmettre avant de mourir.
Secondement : il faut avoir à l’esprit que dans un groupe, tout caractère physique ou tout comportement qui se conserve au cours du temps a toujours une fonction positive pour ce groupe, même si ce caractère paraît inutile ou ce comportement paraît stupide, car dans la nature tout ce qui n’est pas positif pour le groupe finit fatalement à plus ou moins long terme par être éliminé.
En comprenant que toutes nos relations et comportements ne sont que des relations énergétiques, et que ce qui perdure dans une communauté organique de l’ordre du caractère physique, comportemental ou culturel, a toujours une valeur positive pour le groupe, on devient un être éveillé, détaché spirituellement de ses passions, capable enfin de raisonner avec sagesse.
Quand nous aurons intégré cela, nous rechercherons instinctivement pourquoi des comportements paraissant si stupides, cruels ou primitifs perdurent, et quelles causes énergétiques se cachent derrière les luttes entre États, des conflits religieux, des haines entre individus ou des rapprochements amoureux.
Cette façon de penser le monde peut être intégrée dans tous les domaines de la vie organique, de la cellule à la civilisation, en passant par l’individu et la communauté et fera de nous des hommes capables de diriger notre vie en choisissant notre avenir en pleine conscience.
Nous serons alors des surhommes, nous serons alors des hommes libres.

Violence et religion. Avec Claude Hagège à Marseille.


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23.10.2017

Habité depuis l’enfance par une folle passion des langues, Claude Hagège est logiquement devenu un linguiste professionnel. Mais un autre questionnement l'habite depuis longtemps : d’où vient donc le besoin qu'ont les humains de croire en un dieu ?
Pourquoi l’histoire des religions est-elle hérissée de tant de violences, alors que, suscitées par les interrogations et les angoisses humaines face à un monde encore largement inexpliqué, elles auraient dû avoir pour vocation de réunir toute l’humanité ? En effet, elles proposent quelques explications, certes différentes, mais qui ont pour point commun de rassurer.
Telles sont les considérations qui le conduisent à proposer ses réflexions sur les problèmes universels que soulève l'étude des religions.

Une conférence qui s'inscrit dans la saison IX de la "Semaine de la Pop Philosophie" organisée au théâtre national La Criée.