Réponse de Michel Clouscard à Claude Morilhat, par Dominique Pagani.


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08.2019

En 1987, le philosophe Claude Morilhat publie, dans la revue Société française, éditée à l'époque par l'Institut de recherches marxistes, un long article consacré à l'œuvre de Michel Clouscard ; en particulier à 3 de ses plus récentes et consécutives parutions – Le capitalisme de la séduction, La bête sauvage, De lamodernité : Rousseau ou Sartre – celles qui, au dire même de leur auteur, constituent son propre "triptyque".
La recension de Claude Morilhat alterne éloges et critiques, conformément à l'usage, avec une honnêteté intellectuelle saluée par Clouscard, qui n'hésite pas à le remercier, pour "le très bon esprit de sa critique constructive".
On ne peut mesurer l'éclair que fut cette timide éclaircie de reconnaissance, – au sein du "caveau d'insondable tristesse" où se démenait Michel Clouscard, à la plume ou "à la hache" –, si on n'a pas eu quelque occasion de lire les rares passages où cette solitude se révèle, du fait même des immenses efforts d'éclaircissements qu'il déployait pour en sortir !
Non pas qu'il fut "seul", au sens social, voire intellectuel, du terme : outre les nombreuses et fidèles relations que lui octroyait sa généreuse et intense sociabilité, et nonobstant la reconnaissance académique accordée parfois par des étoiles à grande magnitude, Vladimir Jankélévitch ou Jean-Paul Sartre entre autres… Il savait pouvoir disposer surtout, d'un entourage amical à toute épreuve. Mais cette intense complicité de proximité elle-même, ne suffisait pas à l'arracher à la solitude politique, où l'assignait l'absence de l'unique reconnaissance qu'il n’avait jamais cessé d'appeler, en chaque mot, chaque ligne, à chaque aller-retour de la charrue dans les sillons du cahier : celle qui serait venue de chez lui.
Non, pas de Gaillac, ou de Toulouse (il savait depuis toujours que "Nul n’est prophète en son pays") mais, sinon de chez lui, du moins, de Chez soi, du Parti, celui de la résistance, de la Libération, du CNR, des camarades, soit, enfin, de "l'intellettuale organico". Autant dire que privé de ce retour, cette solitude politique, pour un veilleur d'une pareille trempe, lui devenait ontologique.
C'est ainsi que parut, dans la même revue, en retour à l'article de Claude Morilhat, la Réponse de Michel Clouscard, dont Dominique Pagani n'hésite pas à garantir qu'elle constitue, à format égal – tout juste quelques pages – le manifeste à la fois le plus dense et le plus exhaustif de l'ensemble de son propos, et qu'il n'y a pas de meilleure introduction au reste de son œuvre, laquelle y acquiert même sa vérité d'y apparaître comme une immense contribution/prolongation, au/du matérialisme historique.
"Je n’ai jamais prétendu, moi, re-lire Le Capital de telle manière qu'il soit ré-écrit en termes de philosophie. [Althusser] Tout au contraire, ma phénoménologie de la praxis ne le remet jamais en question. Je le considère comme acquis. Je ne donne dans aucun révisionnisme théorique."
L'exceptionnelle réussite synthétique de cette Réponse... sa densité et sa grande clarté, sont autant d'attributs qui en font le support idéal d'une reprise commentée, qui fait la matière de ce que nous propose ici Dominique Pagani.

L'Odyssée du philosophe : "Angélique", de Nerval. Avec Dominique Pagani au centre d'animation René Goscinny.


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2018

Dominique Pagani nous propose de poursuivre l'Odyssée du philosophe en s'appuyant cette fois sur la lecture d'un seul et même texte, Angélique de Gérard de Nerval, faisant partie des Filles du feu.
Cette nouvelle, étudiée selon la "Méthode du Griot", est riche à plus d'un titre :
 - en ayant comme problématique générale la question de l'écriture et de la résistance
 - en posant les questions philosophiques du hasard (dans ses deux acceptions de privation d'une cause et de négation d'une fin) et de la téléologique dans le champ de l'imaginaire et de l'ordre symbolique en général
 - l'on y observe la récurrence de diverses problématiques philosophiques comme les illusions et vérités de l'esthétique (symbole et surface) et la destinalité politique de la poésie "moderne"
Un séminaire fouillé et passionnant, duquel la philosophie, la littérature et la poésie sortent grandies.

Les aventures d'une pensée. Avec George Steiner sur la RTS.


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1998

Critique, philosophe, professeur de littérature anglaise et comparée à Genève, écrivain, interprète de l'art et questionneur de la civilisation occidentale finissante, George Steiner se définit avant tout comme un "maître à lire".
Dans cette série de treize entretiens menée par Guillaume Chenevière, cet intellectuel érudit évoque ses thèmes de prédilection : le langage, la tragédie, la pensée et le pouvoir, le silence après la barbarie de la Shoah et le monde futur.

Libérons-nous du féminisme ! Avec Bérénice Levet sur RFI.


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25.11.2018

La philosophe Bérénice Levet entend remettre à l'heure les pendules déréglées par le néoféminisme : non, l'homme blanc occidental hétérosexuel n'est pas l'ennemi à abattre ! Et si le féminisme, en son inspiration originelle, est un mouvement d'émancipation, il n'est plus guère aujourd'hui qu'une machine à surveiller et punir, à abêtir et infantiliser, à fabriquer des réalités et en occulter d'autres.
Criminalisation du désir masculin, guerre des sexes, néopuritanisme, épuration culturelle, politique du deux poids-deux mesures lorsque le mâle est musulman : nous libérer du féminisme constitue aujourd'hui un impératif catégorique si nous voulons être rapatriés sur terre, loin du monde fictif de l'idéologie féministe.
Bérénice Levet ne craint pas d'affirmer, et d'établir, que la cause des femmes n'est qu'un alibi : le néoféminisme travaille à la déconstruction de notre modèle de civilisation. Patrie de la galanterie, du libertinage, la France doit être le fer de lance d'une révolte contre ces Robespierre du jeu, de la séduction, de la ruse, de la légèreté.

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

George Orwell (1903-1950) ou la common decency. Avec Juan Asensio, Phil Casoar, Thierry Beauchamp, Yolène Dilas-Rocherieux, Alain Finkielkraut et Alain Besançon sur France Culture.


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30.06.2002

À travers une succession de témoignages, c'est la figure du romancier et essayiste George Orwell qu'on fait ici revivre. On y découvre son enfance dans une école stricte jusqu'à la rédaction de son livre 1984 publié quelques mois avant sa mort, en passant par son expérience fondatrice dans la police coloniale en Birmanie et son engagement aux côtés des milices du POUM pendant la guerre d'Espagne.
Du point de vue littéraire, on peut l'inscrire dans la tradition de l'humour anglais, de l'humour subversif, quand il écrit La Ferme des animaux. Contrairement aux intellectuels et écrivains de son temps, il se met en danger en acceptant d'avoir des opinions différentes de celles de ses semblables.
En consacrant son écriture à une dystopie (1984) dans laquelle il annonce une société basée sur le scientisme, il veut nous faire traverser le mur de l'idéologie. Le langage, chez George Orwell, est d'ailleurs un enjeu central : toujours dans 1984, il invente le novlangue, qui est un appauvrissement du langage dans une société totalitaire, ayant pour fonction de réduire les réalités pensables auxquelles son vocabulaire renvoie.
Une leçon d'intégrité intellectuelle et de courage politique.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Philippe Barthelet.

Penser les élites culturelles et politiques françaises. Avec Pierre Mari pour l'Université Réelle à Montpellier.


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15.06.2019

"Élites" : le mot n'a que trop servi, et pourtant ce sont bien elles qui sont encore censées présider aux destinées de notre pays.
Dans le sillage de L'Etrange défaite de Marc Bloch, l'écrivain Pierre Mari dresse le portrait d'une caste au pouvoir qui a perdu le sens des réalités en abandonnant ce qui faisait pourtant sa substance, à savoir le lien particulier qu'elle entretenait avec la littérature, avec son histoire et avec la langue française.
Dans ces conditions, le face à face vindicatif des "élites" et du "peuple", illustré récemment par l'irruption de la crise des Gilets jaunes, ne peut qu'aller en s'exacerbant.

Le temps des livres est passé. Avec Juan Asensio sur Radio Libertés.


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07.05.2019

C'est en compagnie du critique littéraire Juan Asensio que l'appauvrissement des langues et l'avènement de la novlangue managériale sont disséqués.
Ces phénomènes sont d'ailleurs longuement évoqués dans son dernier ouvrage Le temps des livres est passé (Ovadia, 2019), rassemblant le meilleur de ses études littéraires des cinq dernières années, de Max Picard à Robert Penn Warenn en passant par Ernesto Sabato, Joseph Conrad ou encore László Krasznahorkai.

Émission "Culture en Libertés", animée par Anne Brassié.

Qu'appelle-t-on panser ? Avec Bernard Stiegler et Charles Melman à l'Association Lacanienne Internationale.


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25.01.2019

Quelle "nouvelle économie psychique" émerge des mutations économiques, politiques, sociales, induites par le développement des technologies numériques ?
Quels enseignements tirer aujourd'hui des avancées de Freud dans Massenpsychologie und Ich-Analyse, publié en 1921 ?
La gouvernementalité algorithmique ne propose-t-elle pas, en effet, par le biais aussi des réseaux sociaux, un "nous" imaginaire et narcissique, un "nous" du resssentiment plus que civilisationnel, projeté sur des identifications d'autant plus radicalisées qu'elles ont perdu la références aux savoirs et à la mémoire collective, ainsi qu'un ancrage symbolique ?
Comment contrer la fabrication, par un capitalisme appuyé sur la troisième révolution industrielle, la révolution numérique, d'un "homme sans gravité", atopique et hors discours ? Que faire de la "disruption" au XXIe siècle ?
Le philosophe, directeur de l'institut de recherche du centre Georges Pompidou et créateur et président du groupe Ars Industrialis Bernard Stiegler poursuit un dialogue engagé depuis quelques temps avec le psychanalyste Charles Melman sur ces questions de la plus haute importance.

Une conférence modérée par Esther Tellermann.