Le travail entre aliénation et émancipation. Avec Christophe Dejours pour le Groupe vaudois de Philosophie à Lausanne.


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05.05.2018

Aliénation, suicide : on sait que le travail peut produire le pire. Mais qu'il puisse aussi générer le meilleur, qu'il puisse être facteur d'accomplissement de soi et d'émancipation, une majorité de gens en doutent encore. C'est pourtant la voie explorée par Christophe Dejours qui nous propose, grâce à une nouvelle théorie du travail, de penser politiquement l'organisation de celui-ci.
Il nous montre que le travail de production est une épreuve pour la subjectivité tout entière d'où peuvent émerger de nouvelles habiletés, à la condition toutefois que cette épreuve soit relayée par un deuxième travail, de soi sur soi, ou de transformation de soi.
Mais l'organisation du travail a aussi des incidences qui vont bien au-delà du seul monde du travail. Au travail, on peut en effet apprendre le respect de l'autre, la prévenance, la solidarité, la délibération, les principes de la démocratie. On peut aussi y apprendre l'instrumentalisation de l'autre, la duplicité, la déloyauté, le chacun-pour-soi, la lâcheté, le mutisme.
De sorte que l'organisation du travail s'offre toujours comme un lieu d'apprentissage de l'implication ou de la désertion des espaces politiques...

En quoi la révolution est-elle encore d'actualité ? Avec Frédéric Lordon et Bernard Friot à la faculté de Tolbiac.


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03.04.2018

Bernard Friot, économiste et sociologue, et Frédéric Lordon, économiste et philosophe, reviennent sur l'histoire récente des mobilisations et tentent de répondre à la question suivante : malgré deux décennies d'échecs, se pourrait-il que la révolution soit toujours d’actualité ?
Alors que le 50e anniversaire de mai 68 se profile à l'horizon, le bilan est plus que nécessaire pour préparer les combats à venir.

Au-delà de la démocratie directe, pour une critique libertaire du démocratisme. Avec Léon de Mattis sur Radio Libertaire.


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2017

La "démocratie représentative", c’est-à-dire l’État capitaliste parlementaire bourgeois, n’a plus de légitimité chez une part grandissante des gens, d’où un engouement toujours plus fort des déçus pour un mot d’ordre, celui de "démocratie directe".
Si la "démocratie directe" peut être effectivement une étape vers une critique émancipatrice des hiérarchies et de l’État, et témoigne assez souvent d’une authentique volonté d’égalité réelle, on peut cependant se demander si elle est réellement anti-étatiste, libertaire et anti-capitaliste.
Est-elle vraiment l’unique moyen d’organisation d’une lutte ? Est-elle seulement un bon moyen de lutte ? Est-elle un horizon souhaitable ?

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Pour sortir de notre impuissance politique. Avec Frédéric Lordon et Ivan Segré à Sciences-Po Paris.


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26.09.2017

Pouvons-nous imaginer une société sans Etat, libérée de toute verticalité ou sommes-nous condamnés à passer "d’une police à une autre" ? Les subjectivités victorieuses en mesure de nous émanciper de l’Etat ont-elles nécessairement à se deployer dans un cadre local voire national ou peuvent-elles encore prétendre à un internationalisme ? La révolution est-elle au fond un "horizon indépassable de la politique" ? Les luttes et la sédition doivent-elles être construites sur un travail de la raison ou sur une "sensibilisation" des affects ?
C’est à toutes ces questions que tenteront de répondre Frédéric Lordon et Ivan Segré, en apportant deux perspectives originales sur notre situation politique : l’un souhaite proposer un "structuralisme des passions" hérité de la tradition spinoziste, l’autre revisite la tradition juive à la lumière de Spinoza pour faire émerger de la lettre hébraïque une véritable pensée de l’émancipation.

Une rencontre organisée par le journal "La Gazelle".

Murray Bookchin, pour une écologie libertaire anti-capitaliste. Avec Floréal Romero sur Radio Libertaire.


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2016

C'est en compagnie de Floréal Romero, auteur de Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale (Le passager clandestin, 2014) que nous partons à la découverte des thèses de Murray Bookchin en faveur d’une écologie libertaire, anti-capitaliste, anti-réactionnaire.
La discussion permet d'en constater les forces (écologie considérant qu’il y a des racines sociales aux problèmes environnementaux, critique du capitalisme et de l’Etat, techno-critique sans être techno-réactionnaire, écologie anti-réactionnaires) et les faiblesses (une critique insuffisante du capitalisme comme système du travail et de la valeur, un "municipalisme libertaire" potentiellement récupérable par des logiques politiciennes et sans danger du point de vue de l’État s'il n'est pas un minimum antagonique avec celui-ci).
Enfin, l'émission se termine par une analyse critique de l’altercapitalisme écolo-citoyenniste (Podemos, écolo-démocratisme, décroissance) et ses pratiques (permaculture, jardins partagés, villes en transition).

Emission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Petit cours d'autodéfense intellectuelle. Avec Normand Baillargeon à la Librairie Tropiques.


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04.03.2011

Normand Baillargeon défend, avec une conviction toute libertaire, le scepticisme éclairé et les philosophies analytique et critique à l'appui des outils efficaces qu'il a publié ou auxquels il a contribué.
Une leçon d'émancipation intellectuelle.

Imperium. Avec Frédéric Lordon à l'Ecole Normale Supérieure.


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06.10.2015

Que faire des idéaux que sont l'internationalisme, le dépérissement de l'Etat et l'horizontalité radicale ? Les penser. Non pas sur le mode de la psalmodie mais selon leurs conditions de possibilité.
Ou d'impossibilité ? C'est plutôt la thèse que défend Frédéric Lordon, mais sous une modalité décisive : voir l'impossible sans désarmer de désirer l'impossible. C'est-à-dire, non pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais faire obstinément du chemin. En sachant qu'on n'en verra pas le bout.
Les hommes s'assemblent sous l'effet de forces passionnelles collectives dont Spinoza donne le principe le plus général : l'imperium - "ce droit que définit la puissance de la multitude". Et Frédéric Lordon de déplier méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé. Pour établir que la servitude passionnelle, qui est notre condition, nous voue à la fragmentation du monde en ensembles finis distincts, à la verticalité d'où ils tirent le principe de leur consistance, et à la capture du pouvoir.
Il ne s'en suit nullement que l'émancipation ait à s'effacer de notre paysage mental - au contraire ! Mais elle doit y retrouver son juste statut : celui d'une idée régulatrice, dont l'horizon est le communisme de la raison.

Le capitalisme et sa dynamique de destruction écologique. Avec Armel Campagne pour Nuit Debout à Paris.


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27.05.2016

Depuis quelques années, la catastrophe climatique annoncée occupe le premier plan des discussions. Exception faite de la baisse intervenue durant l’année de récession 2009, l’émission mondiale de CO2 continue d’augmenter inexorablement.
Et si le débat public dans les centres capitalistes interprète la crise économique, en dépit de sa persistance, comme un phénomène purement passager, il perçoit en revanche parfaitement que la crise écologique procède des fondements mêmes du mode de vie moderne.
La contradiction n’est en effet que trop manifeste entre, d’un côté, les impératifs économiques de la croissance et, de l’autre, la finitude des ressources matérielles et de la capacité du milieu naturel à absorber les déchets produits par la civilisation.
Il est donc impératif de penser la dynamique de destruction écologique par le "fait social total" (Marcel Mauss) que constitue le capitalisme.