Pédophilie, viol et séduction. Avec Damien Viguier chez E&R à Annecy.


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01.06.2019

La pédophilie, en s'attaquant à l'innocence sans défense, est considérée – et elle doit l’être – comme l'un des pires crimes auxquels la justice a à répondre.
Perversion ou maladie mentale, où s’arrête la pédophilie ? où commence l'éphèbophilie ? Quelle différence entre l'atteinte et l'agression sexuelle ? Quand le consentement peut-il être entendu, prononcé ? quand ne peut-il jamais l’être ? Quels sont les critères à retenir ?
À travers les âges les réponses ont été variables, mettant aux prises les anomalistes et les analogistes, qui abordent selon un angle très différent la définition de la puberté, de la limite entre l'enfance et l'âge adulte, de la capacité à consentir. Âge au-dessous duquel tout acte sexuel est une agression ou un viol, majorité sexuelle et majorité civile, écart d'âge entre les protagonistes, toutes ces données concourent à complexifier un sujet délicat auquel les juges doivent, au cas par cas, trouver la juste réponse, sans parti pris.
Car souvent la victime a d'emblée les faveurs de l'opinion publique, emportée par une compassion bien compréhensible, alors que la séduction ou le mensonge ont pu se mêler au jeu subtil des relations humaines, qui entrent parfois difficilement dans le cadre rigide de définitions arbitraires. Inversement, le système répressif connaît des failles par lesquelles peuvent aisément passer certains agresseurs.
La récente loi Schiappa en voulant éclaircir les choses a embrouillé les esprits ; Damien Viguier, en puisant dans l'histoire du droit et en illustrant ses propos par des cas concrets, tente ici de les rétablir dans toutes leurs nuances et leur complexité.

La chasse aux sorcières et l'inquisition. Avec Marion Sigaut à Saint-Nicolas-du-Chardonnet.


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02.03.2015

Marion Sigaut, historienne spécialiste du siècle des lumières, parcourt la France depuis plusieurs années, donnant de nombreuses conférences et dénonçant les menteurs qui malgré l'évidence de leur imposture continuent à être cités comme références.
Elle s'évade quelque peu de son terrain de prédilection durant cette conférence en s'aventurant sur les terres du Moyen-Âge finissant et de la Renaissance pour dénoncer les mystificateurs de la chasse aux sorcières et de l'inquisition.
Une contribution importante pour ceux qui sont en recherche de vérité historique.

Le travail n'est pas une marchandise. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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22.05.2019

Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd’hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail.
Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au XXIe siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail – c'est-à-dire à l'accomplissement d'une œuvre.

L'avocat des libertés. Avec François Sureau sur KTOTV.


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21.11.2019

François Sureau est avocat auprès du Conseil d'État et de la Cour de cassation. Engagé en faveur des libertés publiques, il plaide avec autant de style que de vigueur contre l'état d'urgence et les lois qu'il estime répressives.
C'est aussi un écrivain subtil et délicat, romancier, essayiste, grand prix du roman de l’Académie française en 1991, auteur de deux récits spirituels sur la conversion d'Ignace de Loyola et sur la fin de la vie de Charles de Foucauld.
Son regard de chroniqueur sur notre système politique, la guerre et la liberté est souvent inattendu et toujours d'une saisissante acuité.

"7 conversations philosophiques" animées par François Huguenin.

Parlons travail : 1919, naissance du BIT. Avec Alain Supiot sur France Inter.


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08.07.2019

Par deux fois, à l'issue de chacune des deux guerres mondiales, un sursaut s'est produit dans les consciences. En 1919, en parallèle avec la Société des Nations, est créée à Genève une Organisation Internationale du Travail. Sans justice sociale, affirme-t-elle, pas de paix durable.
L'OIT est la seule institution du système des lendemains de la Première Guerre à avoir survécu à la Deuxième. Exilée outre-Atlantique entre 1940 et 1945, elle publie, dès le printemps 1944, avant même la création de l'ONU, une Déclaration de Philadelphie qui reprend les questions posées à sa création. Qu'est-ce qu'un régime de travail réellement humain ? Et comment peut-il s'établir à travers le monde si telle ou telle nation ne veut pas le prendre en compte ?
A l'époque du travail taylorisé, le périmètre des régulations possibles portait surtout sur le montant des salaires, le temps de travail, les accidents du travail on encore les libertés syndicales. A notre époque, les terrains qui nécessitent intervention sont beaucoup plus mouvants. Après la révolution cybernétique et numérique, la main d'œuvre devient cerveau d'œuvre : on attend que, réagissant aux multiples signaux qui lui sont envoyés, elle atteigne des objectifs chiffrés. Nous sommes au temps de la gouvernance par les nombres. Et aussi du Marché total qui engage les individus dans une compétition sans fin.
Le travailleur en réseau de l'ère numérique n'a souvent d'autre ressource que de se mettre sous la protection du plus fort en s'assurant des services du plus faible. Hommage et servage. Ce n'est pas que nous  soyons retournés au Moyen Age mais les structures féodales reviennent en force.
Le droit du travail est plus que jamais nécessaire pour conjurer la puissance mortifère de l'anarcho-capitalisme.

Émission "La Marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

GPA, PMA, destruction de la famille. Avec Damien Viguier pour E&R à Nantes.


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28.10.2017

Tout entières dirigées vers la perpétuité du clan, et cela même dans leurs exceptions et leurs assouplissements, les législations anciennes ont permis à ce qui étaient de simples dérogations de devenir de nouvelles normes, brisant dès lors l'organisation de la société en clans pour introduire le règne de la "famille bourgeoise".
Ceux qui clament "un enfant, c'est un papa et une maman", en réaction à l'instauration du "mariage pour tous" ou aux revendications de GPA et PMA "pour tous", ne réalisent pas que la révolution anthropologique qu'ils dénoncent tient moins à l'élargissement du mariage aux couples homosexuels qu'à cette révolution plus ancienne, commencée sous Justinien et fortement accélérée à la Révolution, qui initia l'émiettement des structures familiales, en vertu de l'égalité par l'indifférenciation des sexes.
C'est la promotion même du ménage formé d'un homme et d'une femme, "brique" ou "cellule fondamentale" de notre structure sociale, et au nom duquel se fait la lutte contre les dernières "avancées" sociétales, qui, en réalité, y a mené. Suite logique de l'évolution du Droit qui, en même temps qu'elle a abouti aux unions et aux filiations homosexuelles, a conduit à l'atomisation d'une société, et in fine à l'individualisme que nous connaissons aujourd’hui.

Lumières, Droit pénal et Codes napoléoniens. Avec Xavier Martin sur Radio Courtoisie.


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28.04.2018

Vulgate académique, quant à l'évolution du droit pénal français : la législation révolutionnaire (1791) se serait prévalue de l'humanisme de Voltaire et de celui du grand Italien Beccaria, l'illustre visionnaire de la refondation de ce secteur du droit, à l'inverse, les codes "criminels" napoléoniens (1808, 1810), avec leur regain de sévérité, auraient pris leurs distances avec cet humanisme.
Or cette approche "classique" est sujette à caution. Une prise en compte de la vision du temps sur l'homme relativise sensiblement un tel contraste : de Voltaire lui-même à Napoléon, sans en excepter la Révolution, elle a propension à mettre en valeur une continuité utilitariste. Et l'on se doit d'y constater que l'idéal d'humanité, omniprésent dans les paroles, a dès l'origine et continûment, difficulté à se faire autre qu'illusoire en profondeur, dans les esprits et dans les faits.
L'inconvénient d'une telle recherche, c'est que l'image convenue de l'esprit des Lumières, de la Révolution, de la phase impériale, s'en trouve au bout du compte, quant à l'orientation de son axe majeur, quelque peu écornée...

Émission du "Libre Journal de Lumière de l'espérance", animée par Philippe Pichot-Bravard.

La justice sociale internationale. Avec Alain Supiot pour la Fondation Hugot du Collège de France.


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01.01.2019

La justice sociale internationale est un domaine immense qu'il est utile de revisiter car il se présente aujourd'hui sous un jour paradoxal. D'un côté, en effet, la question de la justice sociale retrouve une brûlante actualité à l'échelle internationale, avec l'affaissement de la capacité des États à assurer le bien-être de leur population et l'explosion des inégalités de revenus. Mais dans le même temps, la question de la justice sociale a disparu des priorités politiques, tant à l'échelon des gouvernements que de l'Union européenne ou des institutions internationales.
Les ambitions dans ce domaine sont réduites à la lutte contre l'extrême pauvreté, objet de plans conduits notamment sous l'égide de la Banque mondiale dans le sillage des désastres économiques et sociaux causés par les plans d'ajustement structurels imposés par le FMI ou la Troïka. Évaluer de tels plans et programmes de restructuration à l'aune de la justice sociale supposerait toutefois d'admettre que la valeur normative de celle-ci soit unanimement reconnue. Or, quoique de nombreuses Constitutions continuent de s'y référer, la justice sociale a été dénoncée comme un "mirage" par les théoriciens du nouvel ordre économique international instauré depuis le tournant ultralibéral des années 80.
Est-ce à dire que, liée à un certain état de l'histoire, la justice sociale aurait aujourd'hui perdu de sa pertinence ? Ou bien, au contraire, doit-on considérer que le mirage est celui du règne de la catallaxie, c'est-à-dire celui d'un "ordre engendré par l'ajustement mutuel de nombreuses économies individuelles sur un marché" (Hayek) ?