Le totem de l'Etat de droit. Avec Ghislain Benhessa pour le Cercle Aristote.


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12.12.2022

"Ce qui distingue la civilisation de la barbarie, c'est l'Etat de droit !", tonne le garde des sceaux Eric Dupont-Moretti. Face aux décisions du Tribunal constitutionnel polonais, "Bruxelles ne peut plus tergiverser pour défendre les valeurs de l'Union et l'Etat de droit", affirme le journal Le Monde dans un éditorial solennel. Il ne se passe plus une journée sans que responsables politiques, journalistes ou magistrats n'invoquent l'Etat de droit comme pierre angulaire de toute vie démocratique.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et pourquoi le soudain surgissement de cette notion, alors qu'on n'a jamais entendu le général de Gaulle ou Georges Pompidou lui accorder la moindre considération ? Le docteur en droit public et avocat Ghislain Benhessa retrace l'histoire du concept d'Etat de droit et montre comment on est passé du "droit de l'Etat" à la primauté du droit sur l'Etat.
Une fois les mécanismes juridiques mis en lumière, nous comprenons pourquoi la France ne pourra pas affronter sérieusement les nombreux périls qui approchent (sécuritaires, industriels, géopolitiques ou culturels) dans une configuration où l'Etat est empêché par le Droit, et où l'émancipation de l'individu a pris place, de fait, au sommet de la hiérarchie des normes.

Michel Villey : l'antimoderne ? Avec Chantal Delsol et Thibault Mercier sur TV Libertés.


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03.2023

Michel Villey (1914-1988) est un grand historien et philosophe du droit. A l'heure où chaque minorité, voire chaque individu, exigent la reconnaissance publique et politique de ce qu'ils jugent être leurs "droits", au risque de fragmenter la nation et de détruire l'unité d'un peuple, il est venu rappeler la grande leçon juridique et philosophique des Anciens – Aristote, le droit romain, saint Thomas d'Aquin : le droit est affaire de justice, donc, de relations entre des parties, de rapports et de proportionnalité, non d'idéologies et d'abstractions universalistes.

Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.

Figures juridiques de la démocratie économique (suite). Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2018

Est-il possible de faire de l'entreprise l'un des cadres de la démocratie économique ? Jusqu'à quel point les entreprises transnationales peuvent-elles exercer un pouvoir normatif susceptible de concurrencer celui des états ?
Alain Supiot analyse les conditions de la démocratisation de l'entreprise en cherchant d'abord à saisir juridiquement la notion d'entreprise, en analysant les difficultés de sa définition, en retraçant sa généalogie institutionnelle et en revisitant les théories dont elle a fait l'objet en droit social, pour ensuite traiter des conditions d'une démocratisation de l'entreprise, en analysant la tension normative dont elle est aujourd'hui l'objet et la dynamique de son autoréglementation.

Carl Schmitt. Avec Aristide Leucate à la Nouvelle Librairie.


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08.07.2021

Qui, en France, connaît Carl Schmitt? Cette conférence a pour objectif de présenter la vie, l'oeuvre et la pensée d'un juriste hors pair, qui a pensé le droit en termes politiques et théologiques.
Né en 1888 à Plettenberg (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), où il mourra en 1985, issu d'un milieu catholique modeste, Carl Schmitt effectuera des études de droit à Berlin, Munich et Strasbourg. Influencé par les fréquentations artistiques de sa jeunesse, il publiera, en 1921, Romantisme politique, au succès fulgurant. Sa rapide et large notoriété le propulsera au sommet d'une brillante carrière scientifique et politique.
Commentateur acéré de la Constitution de Weimar, cet antilibéral forgera des concepts puissants qui lui ouvriront, en tant que juriste officiel du IIIe Reich, les portes du parti national-socialiste (il y adhérera de 1933 à 1936, avant d'en être exclu). Après-guerre, en dépit d'un non-lieu prononcé par les juges de Nuremberg, il connaîtra la disgrâce, tandis que son rayonnement outre-Rhin se poursuivra.
Dans le monde, il se publie sur Carl Schmitt, dont l'oeuvre est désormais reconnue (Théologie politique, Terre et Mer, etc.), une étude tous les dix jours environ : le "partisan", la diachronie "ami-ennemi", la "décision", le concept-limite d' "exception", sont autant de notions devenues aussi incontournables que la "plus-value" ou la "superstructure" de Karl Marx ou bien le triptyque "Ça/Moi/Surmoi" de Sigmund Freud.

Une présentation donnée dans le cadre des "Jeudis de l'Iliade".

Le droit ou l'empire du tiers. Avec François Ost à l'Université Saint-Louis - Bruxelles.


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09.11.2021

François Ost entend répondre à une question à la fois simple et fondamentale : qu'est-ce qui change quand on passe au droit, ou, à l'inverse, quand on se passe de droit ? Que gagne-t-on ? Que perd-t-on ? Que signifie l'entrée dans une relation – plus largement, une société – juridique ?
Ce qui change quand on passe au droit, c'est que, désormais, la relation sociale primaire (affective, économique, politique) s'inscrit sous l'égide du tiers institué. Le tiers : à la fois une autorité en position de "troisième personne" (juge, législateur), mais aussi une fonction tierce intériorisée par les individus devenus sujets de droit. Le social s'élève alors à la "puissance trois", celle qui noue le lien, tout en assurant l'autonomie des individus.
Faire émerger et garantir un monde social en trois dimensions, indexé sur la référence structurale au tiers, telle serait en définitive la fonction propre du droit, l'inestimable plus-value qu'il peut apporter à la vie sociale chaque fois qu'il parvient à s'arracher à la violence de l'unicité.

La révolution culturelle nazie. Avec Johann Chapoutot à la Librairie Mollat.


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20.06.2017

Pour les nazis, la "culture" était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...).
Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une "révolution culturelle", retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer.
Johann Chapoutot approfondit ici ses livres précédents en explorant par exemple la lecture du stoïcisme et de Platon sous le IIIe Reich, l'usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain. Il montre ainsi comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis.

Une rencontre conduite par Nicolas Patin.

Droit et architecture. Avec Pierre Caye pour l'Académie des sciences morales et politiques.


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07.01.2008

Il existe une gémellité entre le droit et l'architecture, en particulier entre le droit romain et l'architecture à l’antique : ces deux disciplines ont même principe et même finalité. Tous deux, savoirs de la différence et des arts de la distance, sont au service non seulement de la civilisation, de l'organisation de la cité, mais plus fondamentalement encore de l'hominisation, de l'institution de l'homme en tant qu'homme.
Citant Vitruve et son récit des origines de la société, il rappelle que le but de l'architecture consiste, non pas à rassembler les hommes mais au contraire à ménager entre eux de l'espace pour en desserrer l'étouffante promiscuité, "à créer de la distance".
Il en va de même pour le droit. Pierre Caye défend l'idée que les différentes distinctions que Kant établit de la propriété (en la justifiant par le maintient des hommes à distance "respectueuse" les uns par rapport aux autres) reprennent les différences fondamentales du droit romain. Fonction architecturale et fonction juridique assurent une certaine distance dans le tissu social.
Pierre Caye voit dans la différence que fait Vitruve entre le projet et le chantier d'une construction, une caractéristique juridique qui rappelle la différence constitutive du droit, entre le fait et le droit.

Carl Schmitt et le jeu des espaces : le nomos contre la "loi". Avec Jean-François Kervegan au Centre Jean Pépin.


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20.06.2022

La réflexion sur les enjeux de territoire et la récusation d'une unité politique du monde sont des motifs récurrents de l’œuvre de Carl Schmitt, malgré les ruptures apparentes ou réelles qu’elle comporte. Ils sont présents dans les écrits de la période décisionniste (1920-1933), où ils illustrent le fantasme d’un dépassement définitif du conflit politique.
Durant la période national-socialiste, Schmitt oppose sa théorie du "grand espace" et des Empires aux rêves mondialistes, d'autant plus dangereux qu'’ils servent les intérêts d'une puissance aspirant à l'hégémonie, les États-Unis.
Mais c'est dans les écrits postérieurs à 1945 que cette approche devient centrale, en même temps que la réflexion désabusée sur "le nouveau nomos de la terre" qui pourrait succéder au jus publicum europaeum de l'époque moderne.
En fin de compte, le rejet constant du rêve d'une unification politique illustre à la fois la conviction étatiste de Schmitt et son refus d'une philosophie rationaliste de l’histoire.