Herbert Marcuse (1898-1979), une philosophie de l'espoir pour les sans espoir. Avec Gilles Châtelet, Gérard Raulet, Elisabeth Roudinesco et Katharina von Bülow sur France Culture.


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07.05.1998

Lorsqu'en mai 68, la presse associa à la révolte qui enflammait la jeunesse, le nom d'Herbert Marcuse, celui-ci était pour la plupart un inconnu. Même si la réplique de Daniel Cohn-Bendit, "Marcuse qui est-ce ?", n'était qu'une provocation, elle signe l'étrangeté de cette rencontre avec un universitaire septuagénaire, devenu à son corps défendant "philosophe de la contestation", et des contestataires qui ne l'avaient jamais lu.
Ses deux uniques livres traduits en français, Marxisme soviétique et Eros et Civilisation n'étaient objet d'intérêt que dans des cercles très restreints, sans aucune commune proportion avec l'audience de ses textes ultérieurs, dont L'homme unidimensionnel (publié après 68) où l'on allait bientôt chercher avec avidité l'explication de cette violence soudaine !
Alors que les différents groupes révolutionnaires se réclament de Trotski, Lénine, Mao ou Guevara, Marcuse développe une critique radicale de toutes les formes d'oppression quotidienne, en affirmant la nécessité d'abandonner le socialisme scientifique pour un socialisme utopique, d'unir l'art, l'imaginaire, nos désirs et nos rêves, et de croire dans les pouvoirs subversifs des marginaux, des sans-droits, des chomeurs ou des étudiants, ou de tous ceux qui refusent de pactiser avec un monde qui confond bien-être et oppression, liberté et barbarie.
Obsédé par la question de savoir quelle force pousse des individus ou les groupes à s'aliéner dans un système politique dictatorial ou technocratique, quel principe historique de mort les empêche d'assumer leur liberté, il développe une éthique du refus où l'endurance de l'espoir scrute l'horizon afin d'y détecter ce qui vient d'ailleurs. Il achève L'homme unidimentionnel par ce qui sera le leit-motiv de son œuvre, la phrase de Benjamin : "C'est par ceux qui sont sans espoir que l'espoir nous est donné".
L'itinéraire philosophique de Marcuse est l'un des plus surprenants de toute la pensée philosophique contemporaine. Né le 19 juillet 1889 à Berlin au sein d'une vieille famille juive attachée aux traditions allemandes, il adhère au SPF en 1917 pour le quitter en 1919, après l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht par le ministre social-démocrate Noske. L'avènement du national-socialisme le contraindra à l'exil, par la Suisse, Paris, puis les Etats-Unis. Il meurt en Allemange le 29 juillet 1979, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Italie pour enquêter sur Negri et les Brigades rouges : "Toute cette violence, toute cette cruauté, il faut l'analyser, l'expliquer, la désamorcer et la transcender".
Il semblerait que désormais Marcuse ne soit plus écrasé par son mythe mais enterré sous son image. Que reste-t-il de sa singulière lecture de Freud ou de Marx, de sa critique de la société de consommation, de sa conception subvertive de l'art qui ouvre à à l'histoire un autre horizon, de ce quelque chose comme un cri ?
"Reste que le cri est toujours présent dans l'œuvre d'Art, mais présent par absence. On pourrait ajouter que l'art peut être déchiré par des silences, par ce qu'il ne dit pas".

Émission "Une vie, une œuvre", produite par Catherine Paoletti et Isabelle Yhuel.

Pour un anarchisme (pro)féministe. Avec Francis Dupuis-Déri sur Radio Libertaire.


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2018

Proche des milieux libertaires, le professeur de sciences politiques Francis Dupuis-Déri est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages sur l'anarchisme et l'anti-féminisme. Il nous invite donc ici à une analyse critique des pratiques et des théories sexistes qui continuent d'exister au sein des milieux anarchistes, et ce dans l'optique de développer un anarchisme (pro)féministe.
Car l'anarcho-sexisme contemporain est bien une contradiction avec l'idéal anti-autoritaire qui anime l'anarchise. Celui-ci ce retrouvait pourtant déjà chez Proudhon, promoteur d'un socialisme misogyne et clairement anti-féministe.
Saurons-nous procéder à la déconstruction individuelle et collective des hommes en tant que dominants au sein des rapports de genre ?

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

La crise de la masculinité, autopsie d'un mythe tenace. Avec Francis Dupuis-Déri sur Radio Libertaire.


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2018

Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l'incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d'accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides.
Pourtant, l'histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l'antiquité romaine et qu'elle toucherait aujourd'hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l'Inde, Israël, le Japon et la Russie. L'homme serait-il toujours et partout en crise ?
Francis Dupuis-Déri nous propose une étonnante enquête sur ce discours de la "crise de la masculinité" dont il retrace l'histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d'hommes en cause, notamment les "hommes blancs en colère" ainsi que les Africains-Américains et les "jeunes Arabes". Il analyse l'émergence du "Mouvement des hommes" dans les années 1970 et du "Mouvement des droits des pères" dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis.
Francis Dupuis-Déri se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l'égalité entre les sexes.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Pour une théorie matérialiste du racisme. Avec Armel Campagne et Zaschia sur Radio Libertaire.


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01.2018

Le racisme, pour être bien compris, appelle une théorisation matérialiste comme fait social structurel, au-delà de l'antiracisme essentialiste du PIR et de l'antiracisme idéaliste, moral et réformiste des anti-racialisateurs (républicains de gauche et libéraux).
Le racisme peut alors être défini comme comme division inégalitaire, matérielle et idéologique de l’humanité en "races", construction sociales réellement agissantes.
Il est important également de présenter les écueils potentiels d'une telle approche : le réductionnisme idéaliste, qui absolutise "la race" comme un champ séparé du réel et comme principalement un fait de discours ; le réductionnisme économique, qui au contraire déduit "les races" des catégories du capital ; le fonctionnalisme, qui déduit les processus de racialisation par leur fonction dans la lutte des classes, oubliant complètement l'autonomie relative du racisme comme idéologie ; et enfin l'objectivisme intégral, faisant des groupes racisés des objets passifs du racisme, alors qu'il s’agit plutôt d'acteurs d’un rapport de pouvoir antagonique, éventuellement susceptibles de s'abolir en tant que "race" en abolissant le système raciste lui-même.

Émission "Sortir du capitalisme".

Les luttes et les rêves. Avec Michelle Zancarini au Festival Manufacture d'Idées à Hurigny.


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27.05.2017

1685, année terrible, est à la fois marquée par l'adoption du Code Noir, qui établit les fondements juridiques de l'esclavage "à la française", et par la révocation de l'édit de Nantes, qui donne le signal d'une répression féroce contre les protestants. Prendre cette date pour point de départ d'une histoire de la France moderne et contemporaine, c'est vouloir décentrer le regard, choisir de s'intéresser aux vies de femmes et d'hommes "sans nom", aux minorités et aux subalternes, et pas seulement aux puissants et aux vainqueurs.
C'est cette histoire de la France "d’en bas", celle des classes populaires et des opprimés de tous ordres, que retrace le livre de Michelle Zancarini, l'histoire des multiples vécus d'hommes et de femmes, celle de leurs accommodements au quotidien et, parfois, ouvertes ou cachées, de leurs résistances à l'ordre établi et aux pouvoirs dominants, l'histoire de leurs luttes et de leurs rêves.

Une rencontre animée par Emmanuel Laurentin.

Libérons-nous du féminisme ! Avec Bérénice Levet au Cercle Pol Vandromme.


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08.05.2019

La philosophe Bérénice Levet entend remettre à l'heure les pendules déréglées par le néoféminisme : non, l'homme blanc occidental hétérosexuel n'est pas l'ennemi à abattre ! Et si le féminisme, en son inspiration originelle, est un mouvement d'émancipation, il n'est plus guère aujourd'hui qu'une machine à surveiller et punir, à abêtir et infantiliser, à fabriquer des réalités et en occulter d'autres.
Criminalisation du désir masculin, guerre des sexes, néopuritanisme, épuration culturelle, politique du deux poids-deux mesures lorsque le mâle est musulman : nous libérer du féminisme constitue aujourd'hui un impératif catégorique si nous voulons être rapatriés sur terre, loin du monde fictif de l'idéologie féministe.
Bérénice Levet ne craint pas d'affirmer, et d'établir, que la cause des femmes n'est qu'un alibi : le néoféminisme travaille à la déconstruction de notre modèle de civilisation. Patrie de la galanterie, du libertinage, la France doit être le fer de lance d'une révolte contre ces Robespierre du jeu, de la séduction, de la ruse, de la légèreté !

Foucault, Bourdieu et la question néo-libérale. Avec Christian Laval pour Citéphilo à Lille.


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22.11.2018

Deux des intellectuels français parmi les plus importants de la seconde moitié du 20e siècle, Pierre Bourdieu et Michel Foucault, ont choisi de caractériser – le premier à la fin des années 1990, le second dans les années 1970 – le moment historique qu'ils traversaient par un même concept : "néolibéralisme".
Pour autant, s'ils se sont parfois croisés, leurs parcours théoriques autant que leurs styles de recherche se sont révélés très différents et, surtout, ils ont l'un et l'autre laissé inachevés leurs travaux sur cette question.
En quoi Foucault et Bourdieu éclairent-ils le projet néolibéral ? En quoi leurs analyses nous aident-elles à comprendre les nouvelles modalités de l'exercice du pouvoir et à poser une des questions centrales du XXIe siècle : quelles nouveautés faut-il inventer pour contrarier une idéologie aussi funeste ?

Soral répond sur ERFM !


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2018

Après deux ans de questions-réponses en vidéo sur ERTV, l'émission Soral répond revient sous un nouveau format sur ERFM, la radio en ligne et en continu d’Égalité & Réconciliation.
Le principe : les auditeurs qui le souhaitent posent leurs questions sur le répondeur du polémiste qui choisit ensuite les meilleures et y répond !