Les lois universelles de l'humanité. Avec Bernard Lahire sur Elucid.


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04.2025

Directeur de recherche CNRS à l'École normale supérieure de Lyon, Bernard Lahire a publié une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels Les Structures fondamentales des sociétés humaines (La Découverte, 2023) et Vers une science sociale du vivant (La Découverte, 2025).
L'homme est une espèce sociale, culturelle, et historique, mais il n'est pas moins déterminé que les animaux, et Bernard Lahire nous permet de saisir à quel point notre biologie détermine nos comportements sociaux.
Comprendre nos déterminismes et leurs effets sociaux est indispensable pour comprendre le monde, et l'orienter vers plus de justice.

 - 0'00'00 : Zapping
 - 0'01'25 : Pourquoi chercher des lois générales ?
 - 0'04'06 : Les angles morts de la sociologie
 - 0'16'07 : Le rejet du déterminisme
 - 0'22'04 : L'erreur de la dichotomie nature/culture
 - 0'34'23 : Les comparaisons inter-sociétés et inter-espèces
 - 0'54'42 : La notion de nature humaine
 - 1'03'30 : Un fondement des sociétés humaines : l'altricialité secondaire
 - 1'12'42 : La domination et le magico-religieux
 - 1'27'09 : L'opposition "eux" contre "nous"
 - 1'35'59 : Comment transformer le monde ?
 - 1'39'57 : Question finale

Un entretien mené par Carla Costantini.

Attachements, enquête sur nos liens au-delà de l'humain. Avec Charles Stépanoff sur RFI.


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03.11.2024

Comment nous relions-nous à notre environnement et comment nous en détachons-nous ? Comment en sommes-nous arrivés à vivre dans des sociétés dont les rapports au milieu vivant se sont appauvris au point de menacer notre monde de devenir inhabitable ?
On a longtemps défini les humains par les liens les unissant les uns aux autres. Or ils se distinguent aussi par les relations singulières qu'ils établissent au-delà d'eux-mêmes, avec les animaux, les plantes, le cosmos. Sur tous les continents, chasseurs-cueilleurs, horticulteurs ou pasteurs nomades interagissent de mille manières avec une multitude d'autres êtres. Partout, les groupes humains s'attachent affectivement à des animaux qu'ils apprivoisent et avec lesquels ils partagent habitat, socialité et émotions. Notre ouverture à l'altérité va même plus loin. Nous établissons des relations fortes avec les esprits des montagnes et des fleuves, avec des dieux ou des ancêtres. Nous sommes étonnamment polyglottes, capables d'échanger avec un oiseau, une étoile, un esprit.
Longtemps ignorée, cette disposition apparaît fondamentale dans le rapport singulier que nous avons construit avec notre environnement au fil des millénaires.
En s'appuyant sur l'anthropologie évolutionnaire, l'archéologie, l'histoire, l'ethnographie et ses propres enquêtes de terrain menées en Sibérie et en France, Charles Stépanoff compare différents contextes anciens et actuels, proches et lointains, où les humains s'attachent d'autres espèces. Au fil d'un parcours captivant qui l'amène à repenser intégralement des phénomènes fondamentaux comme le processus de domestication, la genèse des hiérarchies ou la construction des États prémodernes, il explore cette question inédite : comment les attachements au milieu vivant transforment-ils les organisations sociales ?

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

Les 17 lois de l'humanité. Avec Bernard Lahire pour le Groupe de Recherche pour l'Éducation et la Prospective à Toulouse.


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31.01.2025

Le sociologue Bernard Lahire propose de mettre en évidence un certain nombre de lois qui président au fonctionnement des sociétés humaines. Sa démarche scientifique à la recherche de régularités cherche à faire la synthèse de 150 ans de résultats en sciences humaines en adoptant une approche résolument interdisciplinaire.
Un tel travail implique de se tourner également vers les sciences dites naturelles, de mener des comparaisons entre les sociétés humaines, mais aussi avec celles formées par les autres espèces animales, voire végétales et même bactériennes.
En effet, contrairement à une idée reçue bien tenace, l'organisation sociale n'est pas le propre des humains. L'interdépendance, qui implique à la fois coopération et concurrence, caractérise en effet l'ensemble du vivant et il importe de resituer les humains parmi les autres espèces pour saisir les contraintes particulières qui les caractérisent.
Il énonce et explicite ainsi successivement pas moins de :
 - cinq grands faits caractérisant les sociétés humaines (altricialité secondaire, séparation des sexes, grande longévité, socialité, historicité)
 - dix grandes lignes de force autour desquelles gravitent leurs différentes formes (modes de production, rapports de parenté, transmission culturelle, production d'artefacts, expressivité symbolique, etc.)
 - dix-sept grandes lois (tendances à la conservation-reproduction-extension, tendances à l'accroissement démographique et différenciation, prévalence de l'antérieur sur le postérieur, imitation, lutte entre groupes, etc.)
Sa thèse centrale est "qu'une grande partie de la structure et du développement des sociétés humaines ne peut se comprendre qu'à partir du mode de reproduction (au double sens de reproduction biologique et culturel) et de développement ontogénétique de l'espèce, et notamment de la situation d'altricialité secondaire propre à l'espèce humaine (lente croissance extra-utérine du bébé humain entraînant une très longue période de dépendance) prolongée par une altricialité tertiaire (voire d'altricialité permanente, renvoyant à des capacités d'apprentissage tout au long de la vie et à la dépendance permanente à l'égard des autres membres du groupe social et de sa culture accumulée), conjuguée avec une série d'autres propriétés partagées par de nombreux autres mammifères ou, au contraire, très spécifiques (vie terrestre, mobilité, bipédie et libération des mains, pouces opposables, plasticité cérébrale, partition des sexes et reproduction sexuée sans période de rut, viviparité, grossesse longue, uniparité, longévité, symétrie bilatérale, capacités langagières-symboliques et artefactuelles, cumulativité culturelle).

La pensée politique de Deleuze et Guattari. Avec Karim Piriou sur Politikon.


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10.2024

Pourquoi préférer la servitude à la liberté ? Telle est le grande question de la philosophie politique pour Deleuze et Guattari.
Répondre à cette question, c'est d'abord plonger dans l'Anti-Oedipe et comprendre le fonctionnement du désir, les machines désirantes et les corps sans organe. La schizophrénie comme processus et non comme maladie est alors pensée contre la psychanalyse et le capitalisme. Ensuite, il s'agit de se concentrer sur Mille Plateaux : revenir sur la notion de rhizome, puis ouvrir des espaces lisses avec la nomadologie et les machine de guerres.
Avec toujours cette question : comment résister contre la répression qui s'instaure parfois au plus profond de nous-même ? Comment combattre le fascisme en nous ?

République et démocratie. Avec Denis Collin pour le Cercle Condorcet de l'Avallonnais.


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2024

Les premières organisations politiques humaines sont, certes sous des formes diverses et limitées, démocratiques. Et même si les définitions de la démocratie sont très nombreuses, que les spécialistes de science politique ne s'accordent pas sur ce qu'elle est et que les critiques ne manquent point, la démocratie relèvent d'une exigence morale et d'une certaine conception de la dignité de l'homme.
L'idée républicaine, quant à elle, reste une idée neuve : nous sommes loin d'en avoir épuisé ou même deviné tout le potentiel. Des citoyens libres dans une république émancipée : voilà ce qui permet de redéfinir un idéal libérateur pour notre époque.
C'est dans l'articulation de ces deux idéaux - démocratie et républicannisme -, que s'entrevoit une perspective émancipatrice.

Politikon, une histoire des idées politiques occidentales. Avec Karim Piriou au Café Marcel.


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05.01.2024

Karim Piriou, auteur d'un röcent Politikon qui fait suite à son travail de vulgarisation sur sa chaîne youtube, nous partage tout ce qu'il faut savoir des idéologies qui ont façonné notre modernité politique.
L'occasion de remonte les siècles et de discuter de la formation des grands courants politiques de l'histoire des idées, de leur évolution et du regard que cela permet de porter sur notre présent.

De quoi le wokisme est-il le nom ? Avec Nathalie Heinich et Romuald Sciora à la Librairie Tropiques.


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17.01.2024

Théorie du genre, privilège blanc, intersectionnalité, écriture inclusive, cancel culture… Tous ces concepts et expressions sont régulièrement mis dans le même sac, voire moqués et caricaturés.
Mais concrètement, qu'est-ce que le wokisme ? Pour certains, rien moins qu'une censure, une idéologie (proto)totalitaire comparable aux pires dérives intellectuelles du XXe siècle. Pour les autres, c'est le devoir d'ouvrir les yeux sur les enjeux du racisme, du genre, du féminisme et de la question post-coloniale.
L'occasion était toute trouvée de débattre du sujet en compagnie de Nathalie Heinich et Romuald Sciora, en évitant les caricatures et l'hystérisation du débat.

Théorie critique et crise écologique. Avec Franck Fischbach à l'Université Paris VIII Vincennes.


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25.01.2023

La théorie critique de la société fait-elle face à la crise écologique comme à un défi qui l'oblige à se renouveler et à se transformer ? Poser la question en ces termes, c'est présumer que la théorie critique ne serait en réalité pas véritablement armée pour faire face au défi de la crise climatique et écologique, que son histoire et l'héritage qu'elle porte ne lui permettraient pas de l'affronter sans devoir subir un sévère aggiornamento. Ce jugement est aujourd'hui largement répandu, notamment au sein de l'éco-marxisme nord-américain.
Tout en reconnaissant que "l'une des contributions durables des théoriciens sociaux de l'École de Francfort, représentée en particulier par la Dialectique de la raison publiée en 1944 par Max Horkheimer et Theodor Adorno, a été le développement d'une critique philosophique de la domination de la nature", John Bellamy Foster et Brett Clark n'en estiment pas moins que, "lorsque le mouvement écologique a émergé dans les années 1960 et 1970, le marxisme occidental était, avec sa notion abstraite, philosophique de domination de la nature, mal équipé pour analyser les formes changeantes et de plus en plus périlleuses de l'interaction matérielle entre l'humanité et la nature".
Franck Fischbach se demande dans quelle mesure une telle critique de la catégorie de domination est fondée et dans quelle mesure aussi cela peut justifier de lui substituer la catégorie de "rupture métabolique". Est également posée la question de savoir si la liquidation de la catégorie de domination n'aurait pas le tort de s'accompagner de l'occultation d'un double lien auquel les théoriciens de Francfort accordaient à juste titre une importance considérable, à savoir d'une part le lien entre la domination de la nature et la domination sociale, et d'autre part (mais les deux sont inséparables) le lien entre raison et domination.

Une conférence organisée par le Centre d'études sur les médias, les technologies et l'internationalisation, dans le cadre du séminaire "Capitalisme Cognitif : communs, plateformes et crise écologique".