

(0)
Figure incontournable de la cinéphilie contemporaine, Jean-Baptiste Thoret revient sur ses différentes casquettes, de la critique proprement dite à l'éditorialisation de films dans la collection Make My Day, de l'importance des supports phyisques à son travail de réalisateur.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'28 : Le parcours de Jean-Baptiste Thoret
- 0'02'48 : Retour sur le ciné-club d'Enghien-les-bains
- 0'13'56 : Retour sur l'accompagnement en salle de THE NEON PEOPLE
- 0'35'36 : La mise en ligne de 86 PRINTEMPS (documentaire sur Jean-Luc Godard)
- 0'37'46 : La collection DVD Make My Day : comment est-elle née ?
- 0'42'36 : L'éditorialisation des films
- 0'54'44 : Le choix des films à éditer, la question des droits, la rareté, l'accès au matériel (copies restaurées)
- 1'00'21 : Le modèle économique
- 1'09'55 : Le packaging, la charte graphique de la collection
- 1'17'15 : Le marché DVD français
- 1'25'29 : Se constituer sa propre vidéothèque, c'est façonner sa propre compréhension du cinéma
- 1'30'26 : Handgun de Tony Garnett (dernière sortie Make my Day)
- 1'33'30 : Les autres titres, les double-programmes
- 1'38'33 : Le choix des intervenants pour les bonus
- 1'46'14 : Être cinéphile c'est aussi lire des livres
- 1'47'42 : La cinéphilie a-t-elle évolué depuis 2017 ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que la cinéphilie ?
- 2'02'02 : La critique cinéma sur YouTube et les podcasts
- 2'09'37 : Le cinéma dans l'espace commun
- 2'15'58 : Les séries TV ont-elles remplacé le cinéma ?
- 2'23'53 : Le cinéma de "parc d'attractions" (Marvel, Avatar 3)
- 2'30'57 : L'année cinéma 2025 : Eddington
- 2'36'43 : L'année cinéma 2025 : Une bataille après l'autre
- 2'41'46 : The Smashing Machine et autres films
- 2'45'00 : La diffusion récente de scans 35mm "vintage" sur internet


(0)
Comment les philosophes des Lumières ont-ils repensé la religion à travers la raison ?
Philosophe spécialiste des idées des Lumières et de la Révolution française, Stéphanie Roza met en évidence la spécificité et la radicalité de cette pensée à travers trois figures emblématiques : l'anti-dogmatisme anticlérical de Voltaire (avec un excursus sur la question : Voltaire était-il antisémite ou islamophobe ?), le matérialisme athée du baron d'Holbach et la critique de la religion et des inégalités avec le curé Meslier.


(0)
Penseur critique encore trop méconnu, Michel Freitag dénonce l'impasse civilisationnelle engendrée par le capitalisme et la technoscience, qui menacent l'équilibre écologique, social et culturel. Sa théorie rejette les approches purement matérialistes ou individualistes pour proposer une vision dialectique de la société, fondée sur la médiation symbolique (langage, normes, institutions).
Il distingue trois modes de reproduction sociétale : le symbolique (sociétés traditionnelles, régies par des mythes et des rites), le politico-institutionnel (État moderne, où le politique légitime les normes) et le décisionnel-opérationnel (postmodernité, où l'économie et la technocratie dissolvent le politique, réduisant la société à un "système" déshumanisant).
Pour Freitag, la postmodernité marque une rupture : l'hyper-individualisme et la logique de contrôle érodent les fondements de l' "être-ensemble". Sa sociologie dialectique, à la fois critique et normative, vise à restaurer la réflexivité collective et la solidarité, face à un monde où l'urgence écologique et sociale exige une rupture avec le modèle dominant.
Une intervention qui prend place dans le cadre du séminaire sur la théorie critique dirigé par Olivier Voirol.


(0)
Dans un monde saturé d'infox et de "vérités alternatives", la capacité à débattre de manière constructive est menacée. Pour y remédier, Gérald Bronner explore comment renforcer l'esprit critique, compétence essentielle face à l'afflux d'informations. Il analyse d'abord les raisons pour lesquelles la crédulité persiste malgré un accès inédit au savoir, soulignant l'urgence d'en faire une priorité collective.
C'est d'abord en examinant les mécanismes qui entravent notre raisonnement que la série de conférences commence, depuis les pièges intuitifs de la pensée jusqu'aux biais cognitifs récurrents, en nous invitant à prendre conscience de nos limites naturelles.
Une attention particulière est portée aux liens entre désir et jugement, révélant comment nos aspirations déforment parfois notre perception du réel (la "pensée motivée").
Enfin, Gérald Bronner décrypte les biais cognitifs les plus répandus, montrant que les connaître permet de limiter leur influence. Si le cerveau humain reste un outil puissant, ses pièges prévisibles rappellent la nécessité d'une vigilance constante pour penser de façon plus objective.


(2)
Critique, historien du cinéma et réalisateur, Jean-Baptiste Thoret est un amoureux du 7e art. Spécialiste du cinéma américain, en particulier du Nouvel Hollywood, et du cinéma italien des années 1970, il nous donne l'envie de découvrir ou redécouvrir certains films, réalisateurs voire carrément des pans entiers de l'histoire du cinéma qui ne sont plus forcément au goût du jour.
De ses premiers émois cinéphiliques aux films surcôtés, des grandes trilogies aux affiches les plus iconiques, Jean-Baptiste Thoret parvient à nous communiquer la passion qui vise à rendre compte des émotions qui nous traversent à la réception de ces images qui, quand elles sont grandes, rentrent toujours en résonnance avec une époque, un lieu, une ambition artistique, qui s'insérent, bien évidemment, dans l'histoire du cinéma en tant que discipline.


(0)
Alain Badiou, Judith Butler, Giorgio Agamben, Fredric Jameson, Wang Hui, Moishe Postone, Gayatri Spivak ou Axel Honneth, la pensée radicale est de retour. Mais quelles sont ces théories qui accompagnent l'émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient le mouvement ouvrier dans ses formes traditionnelles ?
Razmig Keucheyan rend compte de la diversité de ces nouvelles pensées : théorie queer, marxisme et postmarxisme, théorie postcoloniale, théorie de la reconnaissance, poststructuralisme, néospinozisme, etc. Il montre également l'unité qui sous-tend ces courants, tous produits des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970.
Un travail qui se veut une cartographie intellectuelle, un instrument d'orientation dans le nouveau paysage des pensées critiques, dans une perspective internationale.


(0)
Trivialement, faire une critique, c'est formuler un jugement négatif, expliquer un avis divergent, dire pourquoi l'on n'est pas d’accord. Au sens le plus immédiat, les pensées critiques, ce sont celles qui, d'une manière ou d'une autre, se montrent contestataires de l'ordre existant.
Mais, au-delà de l'étiquette, il n'est pas sûr que l'on dispose aujourd'hui d'un concept commun de ce en quoi la "critique" en question pourrait consister. A y regarder de plus près, il apparaît même que ce vocable recouvre des démarches que presque tout oppose au plan épistémologique. Alors que par exemple, pour certains courants issus de l'Ecole de Francfort, la théorie critique débouche sur la tâche de reconstruire de grands édifices moraux normatifs, Judith Butler insiste au contraire, dans le sillage de Foucault, sur la suspension des catégories du jugement comme condition même du maintien d'une attitude authentiquement critique. La critique semble alors prise dans une alternative quant à sa méthode et à son devenir : soit d'être réduite au statut de moment négatif, nécessaire mais transitoire, précédant la refondation d'une doctrine positive, soit d'être conservée, mais sous la simple forme d'une attitude ou d'une exigence subjective.
Il y a cependant, dans la longue histoire du concept de critique, une autre voie, esquissée par Marx, qui évite ce double écueil : la critique ni comme étape vers la refondation d'une doctrine morale, ni comme forme inquiète de subjectivité, mais comme médiation stratégique entre travail théorique et lutte politique. Pour saisir l'originalité de cette redéfinition, toujours actuelle, de la critique, il faut revenir sur le déplacement que Marx a fait subir à cette notion, en replaçant celle-ci dans son histoire philosophique.
(1)
Agrégé de lettres, ancien élève de l'École normale supérieure et spécialiste du XVIIe siècle, René Pommier s'est imposé comme un critique redoutable, animé par une exigence rationaliste et un goût certain pour la polémique. Ses travaux, nourris par une érudition rigoureuse, consistent à déconstruire ce qu'il considère comme des impostures intellectuelles, souvent érigées en dogmes. Son parcours universitaire classique contraste ainsi avec l'audace de ses prises de position, toujours argumentées, mais rarement consensuelles.
S'attaquant aussi bien aux penseurs religieux qu'aux figures majeures des sciences humaines, Pommier démonte avec une précision implacable les discours qu'il juge irrationnels, infondés ou mystificateurs. Il réfute ainsi l'interprétation barthésienne de Racine, qu'il juge absurde et prétentieuse, avant de s'en prendre à Pascal, dont il démonte les raisonnements apologétiques au nom d'un rationalisme rigoureux. Sa critique de Freud, qu'il accuse d'avoir bâti une œuvre relevant plus du mythe que de la science, s'inscrit dans la même logique démystificatrice. Girard, autre figure intellectuelle célébrée, est à son tour passé au crible : Pommier démonte son concept de désir mimétique et dénonce ses lectures littéraires comme profondément erronées. Enfin, son analyse des écrits de Sainte Thérèse d'Avila se veut une mise à nu d'un discours mystique qu'il lit comme une pure manifestation de folie, imperméable à toute forme de doute ou de réflexion critique.
Cette série de conférences, placée sous le signe de la rigueur et de l'irrévérence, invite à une réflexion stimulante sur les limites de la foi, de la théorie et de l'autorité intellectuelle. À travers ses lectures incisives, René Pommier nous pousse à exercer sans relâche notre esprit critique, même – et surtout – face aux figures les plus respectées du panthéon intellectuel.