Le capitalisme à l'allemande, une alternative possible ? Avec Patricia Commun à l'Université Ouverte de Cergy-Pontoise.


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02.03.2017

La réussite commerciale de l’Allemagne qui ne se dément pas, sa capacité d’accueil des réfugiés qui semble sans limites, sa relative paix sociale sont-elles éternelles ?
Dans quelle mesure est-elle portée par un capitalisme différent du "capitalisme anglo-saxon" ou du "capitalisme d’État" à la française ? En quoi l’Allemagne marque-t-elle une rupture dans l’ordre économique ? Assume-t-elle vraiment son rôle de leader économique européen ?
Patricia Commun, professeure d’études germaniques à l’université de Cergy-Pontoise, tente de répondre à ces questions en présentant également la naissance de ce modèle allemand. Elle pose la question de la pérennité de ce dernier dans une Europe en constante recherche de repères.

Les ordolibéraux. Avec Patricia Commun pour l'ALEPS à Paris.


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29.06.2016

Récente "crise grecque", prospérité qui ne se dément pas outre-Rhin, orientations économiques de Bruxelles : sans cesse l'actualité rappelle l'influence toujours agissante, louée ou critiquée, des ordolibéraux allemands. La conférence de Patricia Commun vient donc à son heure pour faire un point sur le sujet, au-delà des clichés et polémiques habituels.
Patricia Commun ne se contente pas de revenir sur l'histoire intellectuelle et politique de l'Allemagne des années 1930-1960 pour contextualiser l'itinéraire de ces économistes et sociologues antinazis (Walter Eucken, Wilhelm Röpke, le futur Chancelier Ludwig Erhard en particulier) à l'origine de la pensée ordolibérale, elle expose ce que sont les piliers doctrinaux de l' "économie sociale de marché" qui en découle : ancrage dans un ordre (d'où le terme "ordo") juridique du respect des règles assurant la libre concurrence sur fond de liberté des prix et des échanges, de stabilité monétaire, d'équilibre budgétaire et d'une fiscalité modérée. Et souligne ses heureux effets : cogestion pragmatique permettant d'éviter les pièges d'un État-providence, cohésion sociale arrimée à un tissu de PME créatives.
La conférencière montre enfin en quoi ce libéralisme pratique, consensuel et original à l'allemande qui répudie aussi bien le dirigisme et le "constructivisme" que le laissez-faire a profondément renouvelé la pensée libérale classique et refondé son assise épistémologique.

Une conférence organisée par l'Association pour la liberté économique et le progrès social.

Le nationalisme économique américain. Avec Christian Harbulot sur Méridien Zéro.


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12.05.2017

Cette émission animée par Jean-Louis Roumégace nous propose un entretien avec Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de Guerre Economique (EGE), sur la question du nationalisme économique américain, ce spectre qui hante l’Europe depuis des décennies et que nos dirigeants ignorent pourtant avec une constance étonnante.
Car si le nationalisme économique était considéré encore récemment comme une pensée archaïque en voie de disparition, Donald Trump aux commandes des Etats-Unis a relancé le débat en dénonçant les excès commis par des pays concurrents comme la Chine, le Japon ou l'Allemagne. Le Président des Etats-Unis prône un recours au protectionnisme pour protéger le maintien de l'emploi sur le territoire américain. La remise en cause des traités commerciaux ouvre une nouvelle ère de la mondialisation des échanges. La guerre économique n'est donc plus à exclure dans les confrontations économiques du XXIe siècle.
Afin de mieux cerner ce renversement de situation, Christian Harbulot retrace pour nous le cheminement de la pratique du nationalisme économique dans l'Histoire de la nation américaine. Il apparaît clairement que le libéralisme est d'abord un discours et non une ligne de conduite permanente qui différencie les partisans du libre-échange des souverainistes de tout bord. Les pouvoirs exécutifs qui se sont succédés à la Mainson Blanche ont eu comme priorité absolue de bâtir une économie en adéquation avec leur recherche de puissance sur la scène internationale.
Cette approche est une véritable grille de lecture des décisions politiques prises par les Etats-Unis dans l'optique d'un accroissement de leur puissance par le biais économique.

Histoire Mondiale de la guerre économique. Avec Ali Laïdi à l'Institut d'Administration des Entreprises de Paris.


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16.12.2016

La guerre économique est une vieille histoire. Elle est à l'économie ce que la science de la guerre est à la politique : un affrontement pour capter les ressources.
Dès la préhistoire, les hommes s'affrontent pour conquérir les meilleurs territoires de chasse et de cueillette, tandis que Phéniciens, Egyptiens, Romains et Chinois de l'Antiquité sécurisent leurs routes commerciales pour éliminer la concurrence. Au Moyen Age, les marchands allemands regroupés au sein de la Hanse mènent des guerres, déclenchent des blocus économiques, le tout au nom de la défense de leurs intérêts commerciaux. Avec les grandes découvertes, les Etats prennent les rênes : Portugais, Espagnols, Hollandais, Anglais et Français se livrent de terribles batailles pour s'emparer des épices des nouveaux mondes. Lors du premier conflit mondial, détruire le potentiel commercial de l'adversaire est un des buts de guerre affichés, tandis qu'aujourd'hui les multinationales affrontent l'hyperconcurrence avec leurs propres armes, lesquelles n'ont souvent rien à envier à celles des services de renseignements et de sécurité des Etats.
Ali Laïdi nous offre la première synthèse jamais effectuée sur la guerre économique. Il démontre l'enracinement des conflits de ce type dans l'histoire et l'on comprend, à l'écouter, pourquoi le mythe libéral du "doux commerce" a toujours nié cette évidence : la politique n'a pas le monopole de la violence, mais le partage avec l'économie.

Une conférence organisée par le Club Intelligence Economique et Stratégique et le réseau Inter-Ligere Paris.

Le néolibéralisme, genèse revisitée et étrange postérité. Avec François Denord, Jean Solchany et Thibaut Rioufreyt au séminaire de l'histoire sociale des idées politiques à Sciences-Po Paris.


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15.03.2016

Ce séminaire est organisé autour de deux communication qui sont ensuite discutées par François Denord :

 - Jean Solchany, d'abord, vient nous parler de Wilhelm Röpke (1899-1966), l'un des grands fondateurs du néolibéralisme. Il nous propose une lecture orginale d'un phénomène trop souvent réduit à ses manifestations les plus contemporaines et les plus anglo-saxonnes, alors qu'il plonge ses racines dans la crise des années 1930 et prend forme en Suisse au lendemain immédiat de la Seconde Guerre mondiale. Il entend ainsi redonner son importance à une figure étonnamment délaissée par les chercheurs. Incontournable en Suisse et en Allemagne, très lié aux nouveaux conservateurs américains, pourfendeur du "collectivisme" sous toutes ses formes, préoccupé du sort de l'Amérique latine et de l'Afrique, publiant dans toutes les langues, Wilhelm Röpke a incarné la variante néolibérale de l'intellectuel engagé. Au-delà de la dénonciation du keynésianisme, de l'interventionnisme et de l'Etat-providence, ses écrits et ses réseaux permettent de cerner le néolibéralisme comme un regard global sur le monde, comme une philosophie politique et sociale ambivalente dans son rapport à la modernité, comme une mobilisation de combat et d'influence à l'échelle occidentale. L'écho rencontré par Wilhelm Röpke illustre la renaissance des idées libérales et conservatrices dans la seconde moitié du XXe siècle et le rôle majeur joué dans leur fermentation et leur diffusion par les intellectuels émigrés d'origine germanique.

 - Thibaut Rioufreyt, ensuite, nous présente ses travaux qui permettent de mieux comprendre le virage social-libéral engagé par le Parti Socialiste, mais aussi de savoir où il va. Il retrace la relation ambigüe des socialistes français à la "Troisième voie" britannique dont Tony Blair fut le promoteur dans les années 1990-2000.

Démondialiser. Avec Aurélien Bernier aux Conférences Utopia.


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10.01.2017

Comment ne pas voir que toutes les "crises" économiques, environnementales et démocratiques, ainsi que les dérives identitaires –du terrorisme à l’extrême-droite–, ne sont que le résultat d’un seul et même processus : celui de la mondialisation et de la financiarisation de l’économie, provoquant un désastre économique, social, culturel et verrouillant l’ordre international ?
Partout dans le monde, les luttes sociales se heurtent au libre-échange, au chantage aux délocalisations et à la fuite de capitaux. En l’absence de perspective de sortie "par la gauche" de cet engrenage, les nombreuses victimes de cette mondialisation se résignent ou choisissent la stratégie du pire.
Pour ne pas sombrer petit à petit dans le chaos et redonner de l’espoir, il faut démondialiser. Non pas pour défendre un capitalisme national, mais pour mettre en œuvre un projet politique de rupture qui repose sur trois piliers : la démondialisation pour rompre avec le capitalisme, la décroissance pour répondre aux crises environnementales et la coopération internationale pour renouer avec l’idée de justice sociale au sens le plus global.
Le travail d'Aurélien Bernier contribue à engager une nouvelle bataille des idées pour lutter contre l’extrême-droite et le terrorisme, mais aussi pour combattre le fatalisme qui conduit à la soumission, à l’abstention et au désengagement. Il vise également à dépasser le débat opposant à gauche nation et internationalisme.

Après l'intervention principale, les discutants David Cayla et Dany Lang, économistes et membres du collectif des Économistes atterrés, répondent aux thèses avancées.

Le retour de la guerre économique. Avec Christian Harbulot, Jean-François Gayraud, David Simonnet et Olivier Zajec à Grenoble.


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10.03.2012

Cette rencontre fait intervenir quatre professionnels qui exposent comment l'économie française, et plus largement européenne, peut être victime de certaines pratiques de prédation économique, légales ou criminelles.
Jean-François Gayraud, criminologue, évoque le développement du crime organisé venu des pays émergents. Christian Harbulot, quant à lui directeur de l’Ecole de Guerre économique, nous parle du détournement des technologies. L'industriel David Simonnet, président d’Axyntis, une entreprise de taille intermédiaire spécialisée dans la chimie fine, aborde la problématique des contrefaçons et de la qualité des produits mis sur le marché. Finalement, Olivier Zajec, expert en matières premières, met en lumière le monopole chinois sur les "terres rares" et les enjeux géopolitiques liés au contrôle de cette ressource.

Une table ronde organisée pendant le festival de géopolitique et de géoéconomie de l'Ecole de Management de Grenoble.

Naissance de la biopolitique : contextes, lectures, réceptions, disputes. Avec Christian Laval au Centre Culturel International de Cerisy.


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16.06.2015

Le cours de Michel Foucault de l’année 78-79 (qui se déroule en fait de janvier à avril 79) est l’un des plus lus, et aussi l’un des plus controversés. Il sert d’appui à tous ceux qui, pour des raisons variées, entendent faire de Michel Foucault, sinon un théoricien néolibéral avoué, du moins un sympathisant plus ou moins honteux du néolibéralisme.
Christian Laval voudrait d’abord montrer que le double contexte de production de ce cours, son actualité politique et sa place dans la recherche de Foucault, permet de faire un sort à ces imputations. Il voudrait ensuite faire voir que le cours, aussi zigzaguant soit-il, donne du néolibéralisme comme art de gouverner une cohérence originale qui sera largement validée par son extension ultérieure. Enfin, il voudrait interroger les effets paradoxaux d’une publication qui vient, trente ans plus tard, heurter un certain sens critique qui avait tendance à faire du néolibéralisme ce que Foucault considérait comme la plus grande erreur, à savoir une simple répétition du libéralisme classique.

Une conférence donnée dans le cadre du colloque "Foucault au Collège de France : une aventure intellectuelle et éditoriale".