En finir avec le concept de totalitarisme. Avec Sophie Wahnich et Johann Chapoutot pour Le Vent Se Lève.


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26.04.2024

Trois décennies après la fin de la Guerre froide, la popularité du concept de totalitarisme n’a pas faibli. Au cœur des programmes scolaires, et fréquemment employée dans le débat public, la notion est pourtant ignorée voire rejetée par une grande partie des historiens actuels. Ils reprochent au "totalitarisme" d'être une abstraction ne décrivant que superficiellement le nazisme, le stalinisme ou la Révolution française – dont une historiographie très diffusée en a fait la matrice du totalitarisme.
Comment alors comprendre l'omniprésence d'un concept faisant ombre à des clés de compréhension historique plus pertinentes ? L'histoire du terme de totalitarisme nous apprend qu'il est une catégorie plus polémique que scientifique. S'il s'agissait pendant la Guerre froide d'assimiler l'adversaire soviétique au nazisme, c'est-à-dire au dernier degré du mal, le "totalitarisme" sert désormais à disqualifier tout projet ambitieux d'émancipation collective. En expliquant avant tout les crimes des régimes totalitaires par la volonté de transformer le monde d'après un idéal, le concept de totalitarisme insuffle dans la société l'idée insidieuse qu' "il n'y a pas d'alternative" puisque toute alternative à notre monde au nom de l'égalité contiendrait la potentialité d'un crime de masse.
Pour discuter de ces enjeux, Le Vent Se Lève recevait à la Sorbonne le 26 avril dernier, deux spécialistes de la question : Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme ayant mis en évidence certains traits contre-intuitifs du IIIe Reich :  sa « normalité » dans l’Occident du début du XXe siècle, sa « rationalité », ainsi que  son caractère anti-étatiste. Ce dernier trait infirme la vision d’un nazisme « totalitaire », compris comme voulant instaurer la suprématie d’un État tout-puissant sur tous les aspects de la vie.
Sophie Wahnich, historienne de la Révolution française. À rebours des analyses faisant de l’épisode de la Terreur la « matrice des totalitarismes », Sophie Wahnich s’intéresse à la violence politique révolutionnaire, non pour la vilipender mais pour l’analyser et la comprendre. Elle souligne la dimension rituelle – destinée à satisfaire un besoin de vengeance populaire par le spectacle – , sacrificielle et paradoxalement émancipatrice – la liberté se fondant sur le sang des aristocrates – de la violence révolutionnaire, elle aussi, irréductible à un quelconque « projet totalitaire ».

Les socialistes et la 1e Guerre Mondiale. Avec Jean-Numa Ducange pour Le Temps des Ruptures.


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09.05.2022

La Grande Guerre a mis à bas la conviction que les socialistes pouvaient empêcher un tel conflit qui aura vu, majoritairement, des prolétaires tuer d'autres prolétaires.
Cependant, Jean-Numa Ducange remet en question la présentation souvent bien trop simpliste des positions tenues par les socialistes européens face à la Première Guerre mondiale.
Retour sur une histoire tragique qui aura vu l'espérance révolutionnaire se briser contre la force des nationalismes d'Europe.

Les grandes philosophies. Avec Charles Robin sur Le Précepteur.


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2024

Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.

Le bon plaisir. Avec François Furet sur France Culture.


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21.11.1992

C'est au travers des témoignages des historiens Mona Ozouf, Pierre Nora, Emmanuel Leroy-Ladurie et Pierre Rosanvallon, des avocats Georges Kiejman et Jean-Denis Bredin, du journaliste et résistant Gilles Martinet et aussi Daniel Bensaïd et Jean d'Ormesson, que se dessine le portrait de François Furet.
Enregistrée en partie à Sofia, en Bulgarie, l'émission retrace ses années d'appartenance au Parti Communiste, les raisons de sa rupture avec celui-ci et celles qui avaient guidées ensuite sa démarche intellectuelle et ses positions politiques. L'occasion également de découvrir l'intérêt tout particulier qu'il portait au Judaïsme et à Israël, et d'apprendre que l'enseignement l'ennuyait !
Une émission qui, au-delà de l'historien, révélait un homme très cher à ses amis, qui aimait la vie et qui aimait les femmes. Un intellectuel de premier plan qui, d'une mauvaise chute, devait mourir à 70 ans.

Boris Souvarine, le dernier des Mohicans. Avec Dominique Péju sur France Culture.


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25.01.1985

Souvarine : ce nom évoque Germinal. Un jeune militant pacifiste et socialiste -Boris Lifschitz- l'emprunte en 1916 à Emile Zola. Devenu Boris Souvarine, il est l'un des principaux acteurs de la fondation du Parti communiste en France (1920). Lénine lui accorde sa confiance et, malgré son "indiscipline", le hisse aux plus hautes instances de l'Internationale communiste.
Pourtant ce jeune révolutionnaire, passionné de culture, est l'un des tout premiers à rompre -en 1924- avec Moscou. Alors commence pour lui une lutte incessante contre la dégénérescence du bolchevisme, le mensonge et l'impérialisme soviétique.
Premier biographe du maître du Kremlin - Staline, aperçu historique du bolchevisme (1935), un ouvrage capital -, il est conduit par son intrépide critique de l'expérience russe à retrouver les fondements moraux de l'action politique.
D'un courage hors du commun, à contre-courant de tous les terrorismes intellectuels, il n'a jamais abdiqué, même face à Trotski qu'il admirait. Ami de Simone Weil qu'il influença, profondément attaché au peuple russe, Boris Souvarine, témoin essentiel dans un siècle marqué par le complicité des totalitarismes nazi et soviétique, a combattu pendant cinquante ans pour une seule cause : la vérité en politique.

Souvarine, cauchemar en URSS. Avec Charles Jacquier sur Radio Libertaire.


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06.2022

Boris Souvarine a pris une part active, dans l'entre-deux-guerres, dans le groupe des "Amis de la Vérité sur l'URSS", qui se proposait "de recueillir et de répondre à l'intention des gens de bonne foi, une information exacte et valable sur les réalités "soviétiques", [...] accomplissant ce devoir hors de toute considération politique ou tactique, avec l'unique préoccupation de réagir contre le parti pris et contre l'ignorance".
C'est après la parution de son Staline (1935), que Boris Souvarine publie un long article sur les deux premiers procès de Moscou (août 1936 et janvier 1937) où il s'interroge sur la logique de cette tragédie pseudo-judiciaire où les accusés s'accablent de tous les maux avant leur mise à mort.
Au-delà de la mise en scène spectaculaire de ces procès et du sacrifice de personnalités connues, c'est bien l'ampleur de la répression dans toutes les strates de la société soviétique que symbolisent ces purges au sommet de l'État-Parti. À mesure que s'enchaînent les condamnations, Souvarine établit que le mensonge, aussi déconcertant soit-il, constitue dorénavant le fondement d'un univers politique où 2+2 n'est plus égal à 4.

Émission "Offensive Sonore".

La Paix et les Années folles. Avec Olivier Dard et François Cochet sur Radio Courtoisie.


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01.12.2021

Les sorties de guerre font aujourd'hui l’objet de réflexions fécondes, notamment en France. Dans la cas de la Première Guerre mondiale, afin d'appréhender le phénomène historique dans toute sa complexité et dans une perspective résolument européenne, une approche globale s'imposait.
Les limites chronologiques - janvier 1918 à la fin de l'année 1925 – permettent, elles, de montrer les scansions fondamentales qui rythment ce laps de temps où les peuples croient en finir avec la guerre, quand celle-ci se prolonge et se transforme.
L'année 1918 doit être étudiée pour elle-même : en un an, les visages de la guerre évoluent par le retour de la guerre de mouvement. L'année 1919 est déterminante, alors que les démobilisations militaires se font et que les sociétés commencent à revivre. Les années 1920 à 1925 voient enfin les prémices du fascisme italien, du nazisme allemand et l'extension de la révolution bolchevique, tandis que le démantèlement des empires centraux se poursuit par de nombreuses guerres civiles.
La sortie de guerre se fait donc singulièrement attendre dans de nombreux secteurs de l'Europe traumatisée par la Grande Guerre.

Introduction à la pensée de Georg Lukács. Avec Victor Sarkis au Café marxiste.


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20.11.2022

Comment devient-on communiste dans un monde non-communiste ? Ou plus précisément : comment des valeurs collectivistes peuvent-elles sans cesse réapparaître, et de façon nécessaire, à la fois dans la vie personnelle des individus et dans les grands mouvements de masse, dans un monde qui semble être l'incarnation parfaite de l'antithèse de ces valeurs ?
Cette question fut le fil conducteur de la vie et l'œuvre de Georg Lukács (1885-1971), militant communiste indéfectible et immense intellectuel marxiste, parfois qualifié de "plus grand philosophe marxiste après Marx", tant sa contribution a paru incontournable à ses contemporains. Pourtant, Lukács reste, particulièrement en France où l'université s'est acharnée à faire disparaître tout marxiste attaché au socialisme réel, un grand inconnu.
A l'heure où l'urgence d'amener au communisme des masses d’hommes qui ne sont pas communistes se fait de plus en plus pressante et vitale, il ne paraît pas inutile de (re)découvrir la pensée de celui qui a montré à quel point le marxisme était une solution efficace aux impasses de la modernité capitaliste.