Solidarnosc, entre mécontentement populaire réel et jeu géopolitique international. Avec Bruno Drweski au Cercle Aristote.


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27.07.2020

Les ouvriers polonais souhaitaient en août 1980 élargir les conquêtes sociales de la Pologne populaire et créer un syndicat garantissant la formation d'un socialisme autogestionnaire correspondant au niveau d'éducation atteint par la société. Mais les intellectuels révisionnistes, qui avaient auparavant développé des contacts étroits avec les élites occidentales, ont réussi à profiter de l'inexpérience politique des grévistes pour acquérir une influence sur la direction de Solidarnosc et devenir les intermédiaires obligés du pouvoir. Lequel pouvoir tentait de rétablir un minimum de confiance et d'ordre pour négocier avec les puissances capitalistes. Puissances qui ponctionnaient les richesses de la Pologne, tombée alors dans la spirale de l'endettement, tandis que les cercles réactionnaires occidentaux profitaient de la tension pour tenter de délégitimer le marxisme avec l'appui des gauches anticommunistes.
Ces objectifs contradictoires firent tomber le pays dans une instabilité pour laquelle la direction de Solidarnosc porte une grande responsabilité, ce qui a entraîné la proclamation de la loi martiale et cassé le syndicat en perte de légitimité. Sous couvert d'aide au syndicat réprimé, les partisans de la guerre froide ont pu financer et récupérer les structures résiduelles de Solidarnosc et ses dirigeants se sont alignés sur la logique néolibérale au moment où la nomenklatura postcommuniste envisageait de stabiliser sa domination en intégrant les réseaux de pouvoir mondialisés, ce qui déboucha sur les accords de la "table ronde" qui ont fait basculer la Pologne dans le capitalisme...

La gauche révisionniste. Avec Thierry Wolton sur Radio Courtoisie.


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02.06.2019

Nier l'existence des crimes contre l'humanité, en minimiser les faits ou les déformer est du négationnisme. Sont des négationnistes ceux qui doutent de la réalité des camps d'extermination nazis, qui remettent en cause l'unicité de la Shoah. Refuser de reconnaître ou relativiser le génocide arménien et le massacre des Tutsis est aussi du négationnisme.
En revanche, minimiser le nombre des victimes du communisme, dénier aux régimes communistes leur caractère totalitaire, continuer à présenter l'enfer vécu par ceux qui l'ont connu comme une nostalgie, n'est pas considéré comme une négation de l'histoire du XXe siècle.
Pourquoi ne parle-t-on pas de négationnisme de gauche, d'où vient ce blocage, quels sont ceux qui le pratiquent, que cachent-ils, quelles conséquences cet escamotage du passé a-t-il sur notre monde actuel qui en est l'héritage ?
Thierry Wolton décrit les mécanismes de cette résistance aux vérités dérangeantes, et analyse la manière dont cet aveuglement historique conditionne les enjeux actuels : terrorisme islamique, montée du populisme, renouveau du nationalisme, retour de l'antisémitisme.
Regarder l'histoire en face, sans mensonge ni omission, est une nécessité pour se garder de ce que la nature humaine est toujours capable de reproduire. Dénoncer le négationnisme de gauche au même titre que les autres négationnismes n'est pas seulement une affaire de morale, c'est aussi une question de sauvegarde.

Émission du "Libre Journal des amitiés françaises", animée par Thierry Delcourt.

Pourquoi le capital n'est-il pas immortel ? Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


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16.02.2020

"Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapport soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que les probèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir." Critique de l'économie politique, Préface, Karl Marx

Solidarnosc, la Pologne et nous. Avec Bruno Drweski au Librairie Tropiques.


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10.2019

Les ouvriers polonais souhaitaient en août 1980 élargir les conquêtes sociales de la Pologne populaire et créer un syndicat garantissant la formation d'un socialisme autogestionnaire correspondant au niveau d'éducation atteint par la société. Mais les intellectuels révisionnistes, qui avaient auparavant développé des contacts étroits avec les élites occidentales, ont réussi à profiter de l'inexpérience politique des grévistes pour acquérir une influence sur la direction de Solidarnosc et devenir les intermédiaires obligés du pouvoir. Lequel pouvoir tentait de rétablir un minimum de confiance et d'ordre pour négocier avec les puissances capitalistes. Puissances qui ponctionnaient les richesses de la Pologne, tombée alors dans la spirale de l'endettement, tandis que les cercles réactionnaires occidentaux profitaient de la tension pour tenter de délégitimer le marxisme avec l'appui des gauches anticommunistes.
Ces objectifs contradictoires firent tomber le pays dans une instabilité pour laquelle la direction de Solidarnosc porte une grande responsabilité, ce qui a entraîné la proclamation de la loi martiale et cassé le syndicat en perte de légitimité. Sous couvert d'aide au syndicat réprimé, les partisans de la guerre froide ont pu financer et récupérer les structures résiduelles de Solidarnosc et ses dirigeants se sont alignés sur la logique néolibérale au moment où la nomenklatura postcommuniste envisageait de stabiliser sa domination en intégrant les réseaux de pouvoir mondialisés, ce qui déboucha sur les accords de la "table ronde" qui ont fait basculer la Pologne dans le capitalisme...

Esthétique rouge en Russie soviétique (1917-1953) : de l'art comme pratique collective au kitsch d'Etat. Avec Marie-Christine Lasnier sur Radio Courtoisie.


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06.06.2019

Savions-nous que les débuts du communisme en URSS ont donné lieu à une véritable révolution artistique ? Car si en 1917, la révolution d'Octobre fait naître l'espoir d'une société nouvelle, celui-ci fut rapidement contrarié par l'exercice réel du pouvoir et l'arrivée de Staline, quelques années plus tard, à la tête du parti.
Les œuvres de Rodtchenko, Malevitch ou encore Klutsis relatent les tensions, les innovations plastiques et les contraintes idéologiques de cette époque...

Émission "Les histoires de l'art", animée par Marie-Thérèse Hablot.

Introduction au Communisme. Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


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12.2019

"Le communisme, abolition positive de l'appropriation privative (elle-même aliénation humaine de soi) et par conséquent appropriation réelle de l'essence humaine par l'homme et pour l'homme ; donc retour total de l'homme pour soi en tant qu'homme social, c'est-à-dire humain, retour conscient et qui s'est opéré en conservant toute la richesse du développement antérieur. Ce communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme, en tant qu'huma­nis­me achevé = naturalisme ; il est la vraie solution de l'antagonisme entre l'homme et la nature, entre l'homme et l'homme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberté et nécessité, entre individu et genre. Il est l'énigme résolue de l'histoire et il se connaît comme cette solution.
Le mouvement entier de l'histoire est donc, d'une part, l'acte de procréation réel de ce communisme – l'acte de naissance de l'existence de son expérience  – et, d’autre part, il est pour sa conscience pensante, le mouvement compris et connu de son devenir." Karl Marx, Manuscrits de 1844
Retour, en compagnie de Francis Cousin et à partir de Karl Marx, sur les origines, l'actualité et le devenir du communisme, ce "mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses".

Croatie : il y a trente ans, la chute du Mur. Avec Tomislav Sunic sur TV Libertés.


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04.11.2019

L'effondrement du bloc de l'Est a entraîné dans son sillage celui de la Yougoslavie, pays socialiste non-aligné sur Moscou, et fait également resurgir les antagonismes des peuples de la République fédérative socialiste de Yougoslavie.
Tomislav Sunić, universitaire croate, écrivain, traducteur et opposant au régime communiste yougoslave, a ensuite été diplomate pour l'État croate dans les années 1990. Répondant aux questions de Raoul Weiss, il revient sur les causes du changement de régime, mais aussi sur les limites du nationalisme qui a conduit à la guerre de Yougoslavie.
Car au-delà des apparences du changement de régime, le changement de système reste encore à faire...

Vassili Grossman, les manuscrits ne brûlent pas. Avec Luba Jurgenson, Alexis Berelowitch, François Bonnet, Pierre Daix et Tzvetan Todorov sur France Culture.


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16.09.2001

"Pour qu'existe le socialisme dans un seul pays, il fallait priver les paysans du droit de semer et de vendre librement, et Staline n'hésita pas : il liquida des millions de paysans. Notre Hitler s'aperçut que des ennemis entravaient la marche de notre mouvement national et socialiste, et il décida de liquider des millions de Juifs."
Ce passage du roman Vie et destin de Vassili Grossman stupéfie les censeurs soviétiques de 1960. Rapporter les propos d'un dignitaire nazi qui démontre à un responsable bolchévique la gémellité de leurs régimes respectifs, cela dépasse l'entendement... Ce roman, s'il doit être édité un jour, ne le sera que dans 300 ans - tel est le verdict des plus hautes autorités qui ordonnent la confiscation du manuscrit. Une affaire insensée dont s'est rendu coupable un auteur considéré, jusque-là, comme un écrivain responsable !
Quel rapport y a-t-il en effet entre le Vassili Grossman auteur de Vie et destin et le Vassili Grossamn né en 1905, ancien ingénieur dans une mine puis dans une usine de crayons, bon écrivain soviétique, béni par Gorki, capable depuis 1934 de réussites dans des genres aussi différents que les récits sur la guerre civile, les romans "industriels", l'épopée ouvriériste, le théâtre, les reportages de guerre et même la fresque historique sur la bataille de Stalingrad intitulée Pour une juste cause ?
Vassili Grossman est un "cas". Vingt ans après, Vie et destin, le roman maudit conçu comme la deuxième partie de Pour une juste cause, passe clandestinement en occident pour être publié en russe, en 1980, à Lausanne, à l'Age d'Homme. Très peu de temps après, il paraît en français, devient un best-seller international avant d'être édité en 1988, en URSS, en plein Pérestroïka. Belle revanche pour un auteur mort désespéré en 1964. Une fois de plus c'est Mikhaïl Boulgakov qui a raison : "les manuscrits ne brûlent pas". En Russie du moins.
La vie et l'oeuvre de cet "écrivain russe du destin juif", selon la belle expression de Simon Markish, permettront encore longtemps de comprendre le XXe siècle et ses horreurs. Mais sa "leçon des ténèbres" n'est pas qu'un chant funèbre comme en témoignent les carnets d'Ikonnikov de Vie et destin, le roman posthume Tout passe ou la nouvelle La Madonne sixtine... Autant que la beauté qui, selon Dostoïevski, devait sauver le monde, la bonté, nous dit Grossman, peut elle aussi accomplir ce miracle...

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Michel Parfenov.