L'éthique des croyances religieuses. Avec Roger Pouivet à la Bibliothèque nationale de France.


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24.01.2024

A-t-on le droit de croire en l'existence de Dieu ? Non, répondent ceux qui veulent des preuves. Oui, affirme Roger Pouivet, car nous avons le droit de croire même sans justification épistémologique. Cela n'a rien d'intellectuellement honteux, contrairement à ce que disent certains philosophes, en parlant d'une "éthique des croyances".
Une nouvelle question se pose alors : a-t-on le droit de croire avoir reçu une révélation et prétendre connaître ainsi la vérité ? Non, répondent ceux pour lesquels la vérité ne peut pas être donnée par Dieu dans la Bible. Oui, affirme toujours Roger Pouivet, et, qui plus est, une épistémologie peut défendre la rationalité de notre croyance à la révélation.
Dès lors, peut-on faire "comme si" les affirmations du "Credo" étaient des fictions ? Est-il vrai que la religion est avant tout une affaire pratique et une forme de vie ? Non, répond enfin Roger Pouivet : les arguments en faveur d'une conception non réaliste de la religion sont faibles en revanche, le réalisme théologique peut être défendu.

Les croyances : entre causes et raisons. Avec Pascal Engel à la Bibliothèque nationale de France.


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20.03.2024

La croyance est un concept complexe qui touche à la psychologie, la philosophie, la logique et la sociologie. Le philosophe Pascal Engel en propose une analyse minutieuse en soulignant qu'elle est généralement un état passif de l'esprit, susceptible de degrés tout en manifestant une certaine cohérence rationnelle.
Critiquant les approches purement causales qui réduisent les croyances à des dispositions ou des informations encapsulées ou les théories qui considèrent les croyances comme de simples illusions ou des engagements sociaux, Pascal Engel rappelle que certaines croyances peuvent avoir des effets concrets sur les comportements et défend une conception rationaliste des croyances, où la raison et la délibération jouent un rôle central, et dans laquelle l'éducation est d'une extrême importance.

Les algorithmes et la bêtise artificielle. Avec Bernard Stiegler à la Bibliothèque nationale de France.


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10.11.2018

Les algorithmes, suites d'instructions élémentaires, existent depuis l'Antiquité. Ces "savoir-faire" n'ont cessé depuis de se perfectionner et sont appliqués à de nombreux domaines. C'est aux ordinateurs que l'on doit leur pénétration massive dans les sciences contemporaines.
Ces algorithmes informatiques ont évolué vers de nouvelles formes, comme le Deep Learning, et sont passés du statut d'outils développés par les chercheurs au rang d'acteurs de la recherche. S'achemine-t-on vers la disparition du chercheur humain et son remplacement par des robots ?
Le philosophe Bernard Stiegler apporte un éclairage sur cette transformation algorithmique qui concerne tant la science fondamentale que la société, propose des exemples de ses applications dans plusieurs champs scientifiques et s'interroge sur les enjeux actuels pour la société.

Une conférence qui s'inscrit dans la 16e rencontre "Physique et interrogations fondamentales",

La culture contre la barbarie. Avec George Steiner à la Bibliothèque nationale de France.


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08.06.2006

Connaissons-nous George Steiner ? L'arpenteur de toutes nos cultures, présentes et passées, le philosophe qui nous convainc que penser c'est aussi dialoguer avec d'autres langues, d'autres cultures. Car pour Steiner, le don des langues dont il est doté c'est la jubilation de communiquer le savoir le plus érudit mais c'est aussi le talent sans égal de raconter la pensée, de la mettre en scène, d'en faire un événement.
Il est l'homme aussi bien de l'essai, du récit, de la critique que du roman - pour ce qui relève de la forme - ; quant à son "matériau", en définir les contours reviendrait à défier la Culture même.
Pour celui qui "a commis l'indiscrétion d'être juif", le cour de l'oeuvre est habité par "la volonté d'être présent", dans tous les sens du terme, "après la Shoah". Est-ce à cet héritage talmudique que nous lui devons ce statut de maître de lecture ? Un maître qui nous fait la courte échelle pour gravir des sommets autrement inaccessibles.

Une échange avec Pierre-Emmanuel Dauzat, modéré par Valérie Marin La Meslée.

Réception de la légende arthurienne au Moyen-Âge. Avec Michel Pastoureau à la Bibliothèque nationale de France.


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17.11.2009

Toute littérature est le reflet et le modèle de la société qui la produit. Les romans de la Table Ronde, écrits et lus dans toute l’Europe des XIIe et XIIIe siècles, n’échappent pas à cette règle. En racontant les aventures merveilleuses du roi Arthur et de ses chevaliers, ils mettent en scène une société imaginaire qui est à la fois un miroir - déformé mais grossissant - de la société féodale alors en train de se réorganiser, et un idéal propre à influencer les comportements de leur public jusque fort avant dans le Moyen Âge finissant.
Transposant dans l’univers littéraire les codes et les usages de l’aristocratie, ils les modifient et proposent en retour, à une large partie de la société, de nouveaux systèmes de valeurs et de nouveaux modes de sensibilité.

Cours méthodiques et populaires de physique. Avec Etienne Klein à la Bibliothèque nationale de France.


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2018

Parce que la science se comprend comme le fruit d'un débat public et d'expériences controlées, et parce qu'elle se veut également méthodique - elle tient tout entière dans la démarche qu'elle met en œuvre pour forger son questionnement -, elle est aussi en constant renouvellement.
Etienne Klein, physicien, professeur à l'Ecole centrale à Paris et directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au Commissariat d'Energie Atomique, docteur en philosophie des sciences, est tout indiqué pour nous exposer les conquêtes récentes et les problématiques de la physique contemporaine.
C'est une démarche de vulgarisation qui fait entrer en résonance physique et philosophie à vocation populaire parce que l'exercice de la raison qui nous est demandé s'adresse à tous.
Ces "cours méthodiques et populaires" doivent donc permettre à un large public de se familiariser avec la physique, ses grands noms et ses thématiques incontournables.

Les bibliothèques sous l'Occupation et le cas Bernard Faÿ. Avec Antoine Compagnon et Martine Poulain à la Bibliothèque nationale de France.


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18.01.2010

Retour sur une époque tragique à travers le troublant portrait de Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque nationale sous l'Occupation, avec deux spécialistes : Martine Poulain, conservatrice des bibliothèques, auteur des Livres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation paru en 2008, et Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, auteur du Cas Bernard Faÿ, du Collège de France à l’indignité nationale (2009).
Universitaire et écrivain français, Bernard Faÿ fut condamné à l'emprisonnement à perpétuité en 1945 pour collaboration avec la police et la SS ainsi que pour son rôle dans la répression et la délation de la franc-maçonnerie.
Quels démons ont pu pousser cet américaniste éclairé, ouvert au monde moderne, familier de Gide, Cocteau, Crevel et Picasso, intime de Gertrude Stein, aux engagements les plus funestes auprès des autorités d'occupation et de leurs complices français ?

Une rencontre animée par Pascal Ory.

La société du spectacle. Avec Patrick Marcolini à la Bibliothèque nationale de France.


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13.04.2013

Le concept de "société du spectacle" est le plus souvent mal compris et ne rend pas justice de la puissance de l'analyse développée au sein du mouvement situationniste en général, et par Guy Debord en particulier.
C'est bien l'analyse du spectacle comme modalité de l'aliénation qui est originellement visée, et la dénonciation d'un rapport social où l'identification psychologique des masses s'accorde aux représentations de la vie qui leur sont données à voir. La conséquence n'étant autre que leur maintient dans un état de passivité quant à leur vie réelle.
Avec Patrick Marcolini, retour sur la genèse de ce concept qui trouve ses racines dans la critique que Bertolt Brecht fait du théâtre.