L'avènement de l'être humaine. Avec Camille Froidevaux-Metterie pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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13.04.2016

On ne mesure pas bien la fulgurance du mouvement d'émancipation des femmes, ni toujours la profondeur des transformations à l'œuvre. En quelques décennies, sur fond de disparition du partage privé-féminin/public-masculin, nous avons assisté à l'enracinement d'une condition féminine totalement inédite. Être une femme aujourd'hui, c'est être à la fois un individu de droits pleinement légitime dans la sphère sociale et un sujet de sexe féminin toujours requis dans l'espace intime des relations affectives et familiales.
C'est cette dualité qu'il s'agit de penser, en saisissant ce que recouvre la dimension incarnée de l'existence féminine par-delà la stigmatisation séculaire du corps des femmes.
Et Camille Froidevaux-Metterie de nous proposer ainsi une approche féministe renouvelée qui intègre les transformations de la condition masculine et qui repère la contribution décisive de celle qu'il convient d'appeler l'être humaine.

L'Apocalypse Joyeuse : une histoire du risque technologique. Avec Jean-Baptiste Fressoz à Montpellier.


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03.04.2013

Un chiasme curieux caractérise notre société libérale et technologique : d’un côté nous transformons radicalement la nature quand de l’autre nous proclamons l’impossibilité de modifier la société. Le libéralisme combine une acceptation supposément réaliste des buts humains et de l’organisation sociale tels qu’ils sont, avec un projet utopique de maîtrise et de transformation du monde.
Lorsqu’en 1992, au Sommet de la terre de Rio, George Bush père déclarait : "le mode de vie américain n’est pas négociable", cela impliquait que la nature et sa préservation l’étaient.
Comment ce chiasme destructeur s’est-il établi à partir de la fin du XVIIIe ? "Le siècle du progrès" n’a jamais été simplement technophile. L’histoire du risque technologique qu’il présente n’est pas l’histoire d’une prise de conscience, mais l’histoire de la production scientifique et politique d’une certaine inconscience modernisatrice.

Du refus des machines à la contestation des technosciences. Avec François Jarrige à Montpellier.


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25.03.2015

Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ?
Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets.
L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être, ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.
Contre l’immense condescendance de la postérité, il s’agira d’explorer ces discours et luttes foisonnantes et multiformes pour mieux comprendre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.

Au fondement des sociétes humaines : la politique et le sacré. Avec Maurice Godelier à Montpellier.


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24.03.2010

Au fondement des sociétés humaines, il y a du sacré. Autant le savoir, et apprendre le secret de fabrique de ce qu'en Occident on appelle le "politico-religieux", en ces temps où le lien social se distend, où la logique communautariste et identitaire semble l'emporter sur ce qui rassemble.
Cette conférence est le fruit de quarante années de recherche, par l'anthropologue français le plus discuté à l'étranger après Claude Lévi-Strauss, et dont le parcours a été marqué par quatre étapes majeures sur le chemin de cette conclusion fondamentale, chacune d'elles faisant l'objet d'une démonstration particulière : il est des choses que l'on donne, des choses que l'on vend, et d'autres qu'il ne faut ni vendre ni donner mais garder pour les transmettre ; nulle société n'a jamais été fondée sur la famille ou la parenté ; il faut toujours plus qu'un homme et une femme pour faire un enfant ; la sexualité humaine est fondamentalement asociale.

Automatismes et désautomatisations. Avec Bernard Stiegler à Montpellier.


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18.02.2015

Avec la numérisation totale qui installe la société automatique et l’automatisation intégrale et généralisée (c’est à dire la destruction de l’emploi dans tous les secteurs de l’économie), il y a désintégration des sociétés industrielles issues de l’Aufklärung par les sociétés hyperindustrielles parce que celle-ci constituent le troisième stade de la prolétarisation. Après la perte des savoir-faire au XIXe siècle, puis des savoir-vivre au XXe siècle, le temps vient au XXIe siècle de la perte des savoirs théoriques comme si la sidération était provoquée par un devenir absolument impensable.
La fin de l’emploi, qui est promise par l'automatisation intégrale, nécessite de généraliser le statut des intermittents du spectacle sous la forme d’un revenu contributif soutenant un vaste processus de déprolétarisation de la société. Cela permettra à tout un chacun de profiter des automates en ayant acquis des capacités de les désautomatiser, de produire de la néguentropie contre l’entropie qu’autrement ils généraliseraient - et en fin de compte, de réinventer le travail libéré de l'emploi.

Demain, toujours plus de catastrophes ? Avec Jean-Pierre Dupuy à Montpellier.


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13.06.2012

Nucléaire civil, nucléaire militaire, climat, crise financière : voilà bien quatre domaines qui semblent confirmer une fréquence accrue des événements extrêmes. De Tchernobyl à Fukushima, à peine trente-cinq ans.
"La tragédie japonaise a ceci de fascinant qu’elle mêle inextricablement trois types de catastrophes que l’analyse traditionnelle distingue soigneusement : la catastrophe naturelle, la catastrophe industrielle et technologique, la catastrophe morale. Ou encore le tsunami, Tchernobyl et Hiroshima."
La panique, les événements extrêmes, la théorie du catastrophisme éclairé sont depuis de nombreuses années déjà au centre de la réflexion de celui qui fut en France l’introducteur des oeuvres de Günther Anders et d’Ivan Illich : nul meilleur guide, et mieux informé que lui, afin de comprendre ce qui, demain, pourrait arriver, et comment, peut-être, l’éviter.

La crise du capitalisme financier. Avec Paul Jorion à Montpellier.


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16.05.2012

Où en sommes-nous ? Alors que la crise née en février 2007 entre dans sa cinquième année, que sommes-nous aujourd'hui en mesure de craindre et d'espérer ?
Les États ont été entraînés dans l'abysse par un secteur bancaire mortellement blessé par des dizaines d'années de crédit excessif - le crédit ayant remplacé les salaires. Aucune des demi-mesures prises n'ayant eu le moindre effet, sommes nous entrés dans le temps des mesures radicales ?
La conférence est introduite par Jean-Claude Michéa.

Cette étrange idée de beau, l'esthétique à l'épreuve de la Chine. Avec François Jullien à Montpellier.


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30.03.2011

Au fil des siècles, nous n'avons cessé de remettre en question l'idée que nous nous faisons du beau, les définitions que nous en donnons, les critères selon lesquels nous le définissons.
Mais nous sommes-nous jamais interrogés sur l'idée même du beau, cette idée dont la métaphysique occidentale a fait un absolu, qu'elle a extraite et élevée au-dessus de la diversité du sensible et de ses formes ?
Alors que nos dieux sont morts, le beau reste notre seul salut.
Or la pensée chinoise n'a pas isolé -abstrait- "le beau". Pour les Chinois, cette idée même de beau paraît profondément étrange.
Faire jouer cet écart, l'interroger, permet de dégager d'autres possibles esthétiques qui ne se rangent pas sous la monopolisation du beau, de comprendre mieux certaines aventures de l'art contemporain. De quoi du moins sortir le beau des lieux communs qui l'épuisent : pour le rendre à son étrangeté.