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Notre aire culturelle est victime des méfaits d'une véritable "arme de destruction massive" : le virus de la culpabilisation collective.
Cette culpabilisation pathologique qui sape les fondements mêmes de nos sociétés ouvertes, est aux antipodes de la saine capacité à s'autocritiquer, car loin d'aider les peuples à tirer les leçons du passé, elle est fondée sur la haine de soi et attise celle de l'Autre à notre endroit.
Comment notre matrice humaniste a-t-elle pu dégénérer, en moins de trois siècles, en une logique hygiénique et mortifère ? Où faut-il trouver la raison de notre échec métapolitique ?
La survie géopolitique des nations occidentales dans le nouveau contexte multipolaire passe par leur capacité à substituer à leurs prétentions universalistes, souvent contre-productives, un recentrage stratégique et une réappropriation de leur identité propre.


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La théologie de la libération est un projet en rupture avec la tradition théologique classique vécue comme herméneutique d'interprétation. En effet, son ambition est moins de gloser sur une quelconque ontologie que de saisir le devenir pour le transformer.
Après les expériences du XXe siècle, on remarque une certaine "éclipse" post-moderne de cette théologie de la libération.
Comment comprendre cet essouflement ?


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Quand commence l’histoire de la Prusse ? Comment se forma cette entité politique qui sut croître au XVIIIe siècle pour atteindre son apogée au XIXe siècle ?
Quelle fut sa fin aussi, car l’histoire de la Prusse a une fin bien déterminée... Autant de points abordés ici avec l’historien et germaniste Jean-Paul Bled.
Emission "Un jour dans l'Histoire", menée par Christophe Dickès.




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Qu’est-ce que notre époque peut retirer des exemples et des échecs des "droites radicales" européennes d’autrefois ?
Il en subsiste le souvenir d’un élan héroïque pour s’arracher aux pesanteurs du matérialisme, aux lois de l’économie. Un élan poétique vers un horizon de grandeur et de beauté.
Cela peut subsister dans des cœurs ardents, non pour imiter ce qui ne sera plus, mais pour inspirer de nouvelles énergies.


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Bernard Friot analyse les enjeux liés à la réforme des retraites françaises et revient sur l’historique de leur réforme depuis 1987.
De son point de vue, la retraite par cotisation et répartition constitue une des plus belles conquêtes du mouvement ouvrier. En effet, on peut considérer les retraites comme un salaire continué qui permet aux personnes qui les reçoivent d'être libérées de l'institution capitaliste du marché du travail.


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Dès les débuts du cinéma, la mode occupe une place centrale dans la mesure où elle sert d'un côté d'instrument de diffusion par identification de ses propres produits, voire des marques, et de l'autre côté le cinéma l'emploie pour accroître la désirabilité des acteurs et des actrices.
Quels sont les différents types de relation entre mode et cinéma ?
Au-delà des convergences économiques, quels sont les ressorts esthétiques qui rassemblent cinéma et mode ?


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Deux flux - marchandises et services d'une part, monnaie d'autre part - circulent en sens inverse l'un de l'autre.
D'où vient la monnaie et qui la crée ? Quelles sont ses fonctions ? Est-elle neutre ou joue-t-elle un rôle actif dans les ajustements de l'économie réelle ?
Réintroduite dans les années quatre-vingt, la mondialisation financière en instaurant la libre circulation et la libre fluctuation des capitaux a fait l'objet de nombreuses controverses. Quelle est la logique du pouvoir de la sphère financière ? Et quelles en sont les conséquences sur le fonctionnement de l'économie et des sociétés contemporaines ?
Jean-Marc Daniel répond à ces questions, de son point de vue d'économiste libéral.


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Francis Wolff s'emploie ici à utiliser le Foucault "archéologue" pour essayer de mettre au jour l’épistémè des Grecs, c’est-à-dire les conditions historiques de possibilité du savoir et de la rationalité antiques au moment même de leur naissance (V-IVe siècle av. J.-C.).
Pour souligner la singularité de cette approche, il distingue minutieusement le point de vue archéologique de deux autres points de vue possibles sur l’histoire des sciences : la vision "évolutionniste" et l’ "épistémologie historique" (Thomas Kuhn).
Dans ce processus d'élévation de certaines disciplines au rang de sciences, Francis Wolff ne voit pourtant pas la substitution pure et simple d’un modèle rationnel à un modèle archaïque irrationnel, mais bien plutôt la constitution d’un nouveau modèle de type "dialogique".
Ce même modèle est également à l’œuvre aussi dans l’ordre des savoirs scientifiques : en fait, un texte "scientifique" grec s’avère être une collection d’arguments destinés à convaincre ceux qui sont sans opinion, au moyen de "preuves" techniques ou extra-techniques.
Quel est donc l’a priori historique du savoir grec que l’archéologue découvre ? Il est caractérisé par trois techniques dialogiques de vérité : la technique persuasive de la rhétorique, celle démonstrative de l’apodeixis et celle de la réfutation par contradiction de la dialectique. Ces trois techniques constituent ainsi le régime "démocratique" de vérité de l’âge classique grec : une proposition ne peut être reconnue comme vraie qu’à condition que celui auquel on l’adresse la reconnaisse comme telle.


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Rien ne serait plus périlleux, aujourd'hui, que de décrypter les tumultes qu secouent le monde arabe par le prisme de l'opposition entre démocratie et dictature. Ce sont là des catégories qui, sans être dépourvues de pertinence, ne rendent pas compte d'une réalité fondamentale : l'antagonisme immémorial des sunnites et des chiites.
Antoine Sfeir nous propose ici de remonter aux sources historiques et théologiques de cette guerre de "l'islam contre l'islam", afin d'en mieux saisir les implications géopolitiques.
De l'Iran à l'Egypte, du Qatar à la Syrie, du Maghreb à "l'Orient compliqué" –et, surtout, du prophète Mahomet aux luttes de succession ouvertes par sa mort–, il brosse une freque du monde arabe tel qu'il est, de ses "printemps" à ses éventuels automnes.
Une exploration minutieuse et pédagogique qui, en brassant un immense passé, éclaire singulièrement notre présent.


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Le marxisme traditionnel postule l'opposition entre prolétaires et capitalistes, opposition qui recoupe une opposition largement plus large entre les "grands" et le "peuple" qui se cristallise souvent sur la question de la nation pensée, à tort ou à raison, comme point de résistance à un capitalisme globalisé.
Or cette question est le point aveugle de la gauche, passée de l'internationalisme - qui suppose des nations - à un mondialisme branché parfaitement adapté à la nouvelle classe capitaliste transnationale.
Denis Collin revient aux sources en explicitant la pensée de Marx sur l'Etat et la Nation, dans le cadre historique de la lutte des classes.


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