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Polytechnicien engagé dans l'industrie, taylorien fervent, Jean Coutrot est un des patrons ingénieurs les plus originaux de l'entre-deux-guerres, soucieux, à travers ses activités d'ingénieur-conseil et ses écrits, de rénover le fonctionnement des entreprises et de transformer les relations sociales : son objectif est de substituer au capitalisme d'alors un humanisme économique. Jean Coutrot est aussi un agitateur d'idées et un publiciste en vue.
Fer de lance du groupe X-Crise, et du groupe du 9 juillet 1934, il fréquente des figures de proue de la mouvance non-conformiste, de Georges Valois à l'Ordre Nouveau. Maître d'oeuvre des entretiens de Pontigny, il lance, avec le patronage d'Aldous Huxley et d'Alexis Carrel, un Centre d'études des problèmes humains. Cette création illustre le passage de Jean Coutrot du statut d'ingénieur à celui du prophète soucieux de régénérer une humanité jugée sclérosée et de bâtir, sur un soubassement rationaliste, un homme nouveau.
Loin d'oeuvrer au service d'une prétendue synarchie, Jean Coutrot professe ses idées au grand jour et espère les voir mises en oeuvre en 1936-1937, lorsqu'il conseille Charles Spinasse, le ministre de l'économie nationale du front populaire.
L'échec de Coutrot ne saurait faire oublier l'importance du personnage, qui ne tient pas tant à son individualité qu'au carrefour que représentent les groupements qu'il anime et qui permet de revisiter, sur un mode inédit, les novations intellectuelles des années trente.


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Le transhumanisme est un courant de pensée animé par l'ambition centrale d'augmenter, grâce aux nouvelles technologies, l'être humain et ses performances intellectuelles, physiques et émotionnelles en vue d'accéder ni plus ni moins qu'à un nouveau stade de l'évolution. Porté par une diversité d'acteurs (ingénieurs, entrepreneurs, philosophes, bioéthiciens, etc.) et appuyé par de grandes entreprises, le transhumanisme connaît aujourd'hui un rayonnement international en même temps qu'il nourrit de nombreux débats et controverses.
Faut-il condamner le transhumanisme au prétexte que la réalisation de ses idées mettrait en péril la nature même de l'être humain, comme le font valoir certains de ses opposants ? Faut-il au contraire envisager de l'encadrer en régulant les développements technologiques dont il se réclame, qui constituent aux yeux de beaucoup une révolution de toute façon inéluctable ? Et si le débat était ailleurs ?
À partir d'un regard sociologique critique, Nicolas Le Devedec invite à prendre du recul sur ce mouvement de pensée, en le resituant dans son contexte social et historique et en éclairant les enjeux sociaux, politiques et écologiques trop souvent invisibilisés qu'il soulève.
Une conférence organisée par le Collectif Société.


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Né en Russie au tout début du XXe siècle, le mouvement cosmiste rêvait de ressusciter les ancêtres par la science, croyait en une fraternité universelle et en la possibilité pour l'espèce humaine de coloniser l'espace.
Quels liens peuvent être établis avec le mouvement transhumaniste ? Des ponts ont-ils existés entre ces deux galaxies intellectuelles ?
Rudolph BIerent discute des implications philosophiques et scientifiques de ces idées, en comparant les approches cosmistes et transhumanistes. Il évoque aussi les défis de la démocratie face à l'intelligence artificielle, la place de l'homme dans l'univers et les enjeux de la conquête spatiale.
Un entretien mené par Gaëtan Selle et Didier Coeurnelle.


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L'humanité doit aller dans l’espace, comme les poissons ont dû sortir hors de l’eau. Dans un passé très reculé, cet impératif fut exprimé par un discours religieux. À l'aube du XIXe siècle, alors que la connaissance scientifique et les moyens techniques explosent, cet impératif n'est plus seulement prophétique, mais exige une réalisation ici et maintenant. C’est tout du moins ce que certains intellectuels pensèrent dans la Russie tsariste. Enjeux religieux, politiques et techniques se croisent sur ce territoire, qui hésite encore entre l'industrialisme occidental et la recherche d'une voie propre, eurasiatique.
Avec Rudolph Bierent, nous nous plongeons dans les enjeux religieux, politique et techniques de la Russie tsariste et son avant-garde cosmiste !
- 0'05'15 : Qu’est-ce que la philosophie cosmiste ?
- 0'13'00 : Pourquoi ce courant de pensée est-il né en Russie ?
- 0'18'00 : Pourquoi avons nous un impératif cosmique ?
- 0'25'00 : Les racines Zoroastriennes dans le cosmisme
- 0'31'30 : Allons nous exploiter et polluer les autres planetes colonisées
- 0'45'40 : Que signifie la fraternité planétaire dont parle le cosmisme ?
- 1'13'00 : Quelles sont les étapes du cosmismes ?
- 1'22'00 : Est ce que le cosmisme se rapproche du transhumanisme sur certains points ?
- 2'14'00 : Que reste-t-il du cosmisme original du XIXe aujourd'hui en Russie ?
- 2'25'00 : Quel futur pour l'exploration spatiale ?
- 2'47'00 : Quel est ta vision du futur ?
- 2'50'00 : Un mot sur la collapsologie
Un entretien mené par Gaëtan Selle.


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Janvier 2025 : Donald Trump fait son retour à la Maison Blanche, plus brutal que jamais, Elon Musk dans ses valises. Et si l'homme le plus riche de la planète préfigurait l'exercice du pouvoir tel que le fantasme un secteur technologique de plus en plus réactionnaire ?
Nourris par d'obscurs penseurs étourdis de rêves fascistes ou monarchiques, des milliardaires influents prophétisent la mort des démocraties. Leur horizon politique : la sécession. Car la fin d'un monde, c'est surtout le commencement du leur.
L'objectif de ces nerds de l'Apocalypse ? La mort de l'Etat-nation, et l'avènement de “network states”, des enclaves libertariennes autonomes dirigées comme des entreprises par des techno-oligarques libérés de tout contrôle.
Bienvenue dans le Moyen-Age du futur.
Un entretien mené par Cyrille Chaudoit et Mick Levy.


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Depuis vingt ans, Pièces et main d'œuvre (PMO) ont publié une quinzaine de livres. Pour tout écologiste attaché à la nature et à la liberté, leur travail est aussi important que passionnant.
Pour PMO "la technocratie est la classe du savoir, de l'avoir et du pouvoir produite par le capitalisme industriel pour révolutionner constamment les produits, services et moyens de la puissance". Et "le transhumanisme est l'idéologie de la technocratie à l'ère des technologies convergentes, et à l'avènement du règne machinal".
Mais pour bien comprendre tout cela, il faut du temps. Au cours de 19 épisodes, nous faisons connaissance avec PMO, avec leur méthode de travail. Nous faisons également plusieurs voyages dans le temps, dans l'histoire de l'industrialisation de Grenoble, celle de la volonté de puissance, de l'eugénisme, du transhumanisme, de "l'emballement des technologies convergentes nous mènant au règne machinal et à l'incarcération de l'homme-machine dans le monde-machine".
Prenons notre temps, il y a beaucoup à explorer ensemble.


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Philosophe, journaliste et essayiste, Giorgio Locchi (1923-1992) fut l'une des figures tutélaires de la Nouvelle Droite, tutélaires mais lointaines, effet du temps. Raison pour laquelle il fallait le remettre à l'honneur !
C'est l'objet de cette émission où son fils Pierluigi Locchi, accompagné d'Antoine Dresse, nous présentent les grandes lignes de force de sa pensée, en revenant notamment sur le mythe surhumaniste et sa philosophie de l'histoire.
L'occasion de renouer avec un auteur fascinant qui fut un réel maître à penser.
Émission "La Méridienne", animée par Wilsdorf et Jean-Louis Roumégace.


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Mathématicien et philosophe, Olivier Rey analyse dans ses essais le rôle crucial de la taille dans la dynamique des sociétés humaines, jusqu'aux éventuels effondrements qui peuvent s'en suivre. Il explore également les limites du progrès technique et les dérives d’une humanité dépassée par ses propres créations technologiques.
Dans cet entretien, il nous offre des pistes de réflexion pour comprendre pourquoi l'humanité est arrivée à un point critique de son évolution, notamment en raison de sa capacité d'innovation technique, et nous invite à changer de trajectoire pour nous en remettre à d'autres formes de sagesse.
Un point de vue indispensable pour saisir les enjeux de notre époque et les limites d'une modernité démesurée.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'00'56 : Les ressorts de la crise politique actuelle
- 0'08'55 : L'absence de sens dans la société de consommation
- 0'10'39 : L'humanité face au franchissement des seuils
- 0'29'21 : Le règne des mathématiques
- 0'37'05 : Du silex à la centrale nucléaire, l'homme écrasé par la technique
- 0'44'00 : Quand la technologie devient contreproductive
- 0'49'45 : La faillite de la politique face au devenir technique du monde
- 0'56'53 : Tik Tok et la revanche de la Chine
- 1'05'00 : La facture écologique et énergétique de la technologie
- 1'07'44 : L'impasse de la géoingénierie
- 1'12'15 : Tainter et la fragilité des sociétés complexes
- 1'14'19 : Misère du transhumanisme
- 1'23'08 : Renoncer à la démesure
Un entretien mené par Thomas Arrighi.