Se réjouir de l'exquis présent de la vie : éléments pour un anarchisme illichien. Avec Renaud Garcia à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.


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30.11.2012

Renaud Garcia s'intéresse ici à une perspective sur l'oeuvre d'Illich rarement traitée d'une façon systématique : celle qui y voit une contribution notable à l'anarchisme, à la fois comme théorie et comme pratique.
Deux interprétations réductrices doivent être réfutées de prime abord : l'une qui voudrait qu'en raison de son enracinement chrétien, la pensée d'Illich ne puisse être associée à l'anarchisme ; l'autre qui accepte des accointances entre Illich et l'anarchisme, mais pour les limiter au seul écho rencontré par le pamphlet Une société sans école, dans la lignée des pédagogies libertaires.
Au-delà de ces interprétations, il semble possible de considérer aussi bien la critique de la contreproductivité industrielle que l'archéologie de l'âge des systèmes comme des jalons importants faisant le lien entre un anarchisme classique (Proudhon, Bakounine, Kropotkine) et la critique de la domination effectuée par un anarchisme plus contemporain. En ce sens l'oeuvre d'Illich se présente comme un prolongement des travaux de son ami et inspirateur anarchiste Paul Goodman (1911-1972).
Ces trois champs sont balisés en creusant cette filiation : tout d'abord les analyses critiques de la société industrielle, insistant sur l'équilibre humain pour faire obstacle à l'intériorisation de la dépossession par les services ; ensuite l'étude détaillée du domaine vernaculaire, ayant pour but d'établir l'archéologie des représentations contemporaines du corps, du sexe, des besoins, du travail, qui toutes rivent l'individu à une servitude négatrice de sa singularité ; enfin la réponse d'ordre moral et existentiel qu'Illich a adressée aux professions mutilantes ainsi qu'à l'abstraction de l'âge des systèmes : le choix de la non-puissance, un art de vivre épiméthéen qui se réjouit de l'exquis présent de l'existence, en lieu et place de la planification prométhéenne d'une action collective à grande échelle.

Le maniement des hommes. Avec Thibault Le Texier à Des mots de minuit sur France 2.


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26.05.2016

Thibault Le Texier, chercheur en sciences humaines, déconstruit quelques poncifs contemporains liés au management : l'efficacité, le contrôle et l'organisation ne sont pas directement liés à la logique marchande, mais constituent le soubassement de la rationalité managériale, pivots du contrôle des hommes ou des femmes, de l'entreprise à la cuisine !
Et dire qu'à l'origine le verbe "manager" voulait dire "prendre soin, s'occuper de", s'agissant d'un enfant, d'un malade ou d'un animal de ferme. Mais Monsieur Taylor est passé par là avec son regard d'ingénieur. L'histoire en a été changée.

Les principes du vivant comme source d'inspiration de nos modes de vie. Avec Gauthier Chapelle à l'Université Intégrale.


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23.06.2009

Des millions d'années avant l'apparition de l'homme, la vie avait déjà inventé la roue, le moteur atomique, le sonar, le vol stationnaire, la capture de l'énergie solaire, l'éclairage électrique, le GPS et des myriades de techniques qui nous dépassent encore complètement : cicatrisation, reproduction, congélation suivie de réanimation, et des cerveaux dont chacun des milliards de neurones est un univers informatique. Pour le comprendre, il a fallu attendre que nos propres technologies atteignent les profondeurs moléculaires du vivant, nous révélant que les inventions de la nature étaient infiniment plus complexes que les nôtres.
"Le service Recherche et Développement de la nature a 3,8 milliards d'années d'avance sur ceux de nos entreprises", aime dire Janine Benyus, la naturaliste américaine qui a inventé le concept de biomimétisme. "Il s'agit de nous en inspirer pour pousser plus loin nos propres inventions, mais surtout pour corriger le tir de ces dernières, qui nous ont conduits dans les impasses écologiques que l on sait."
Il existe trois niveaux de biomimétisme. Le premier consiste à imiter les formes de la nature. Le second, de plus en plus prisé des industriels, repose sur l'imitation des matériaux et des processus naturels. La vraie révolution repose cependant sur le troisième niveau, qui consiste à imiter les stratégies du vivant, sa philosophie. Ce troisième niveau a des implications fascinantes. Ainsi, contrairement à l'image que nous nous faisons de la "loi de la jungle", la nature ne pratique la compétition que dans 10% des rapports entre organismes. Les 90% restants sont fondés sur la coexistence, le mutualisme, la coopération, le commensalisme, le parasitisme et la symbiose. À imiter absolument !

L'Anthropocène est-il la fin du progrès ? Avec Christophe Bonneuil au Conservatoire National des Arts et Métiers à Nantes.


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21.04.2016

Les scientifiques nous l’annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque. Bien plus qu’une crise environnementale, l’Anthropocène signale une bifurcation de la trajectoire géologique de la Terre.
Habiter de façon plus sobre, plus équitable et moins barbare la Terre est l’enjeu de demain. L'Anthropocène, littéralement "nouvel âge de l’Homme", est le signe de notre puissance, mais aussi de notre impuissance.
Il ouvre une nouvelle condition humaine et balaye bien des ontologies et certitudes de la modernité. Est-ce la fin du progrès ?

Actualité de la manipulation de l'humain. Avec Lucien Cerise pour Factuelle 66 à Ille-Sur-Têt.


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25.02.2016

Comment devenir les maîtres du monde ? En centralisant l'ordre et le pouvoir autour d'une minorité et en semant le désordre dans le peuple, ramené au niveau de pantins paniqués.
La méthode ? L'ingénierie sociale : infiltration des esprits, analyse de nos moindres faits et gestes, contrôle des comportements à distance, marketing de l'intime et autres réjouissances qui font de nous de bons consommateurs.
Entre stratégie de la tension et délires transhumanistes, Lucien Cerise nous plonge au sein de la guerre du sens que les élites ont déclarée au peuple.

Jacques Ellul et l'autonomie de la technique. Avec Daniel Cérézuelle au séminaire PHITECO.


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19.01.2016

Jacques Ellul a laissé une œuvre qui a profondément marqué le débat sur le rôle social de la technique. De même que Marx pensait qu’à partir du XVIIIe siècle le Capital était devenu une force de transformation sociale qui impose sa loi à la société industrielle, Ellul soutient qu’à partir du XXe siècle, la Technique est devenu une force dominante qui échappe largement aux diverses tentatives de contrôle moral et politique.
Dans La technique ou l’enjeu du Siècle (1954), il cherche à montrer que dans la société contemporaine qui est désormais devenue "technicienne" elle tend à se développer de manière autonome. Dans Le système technicien (1977) il considère que cette autonomie est renforcée par la tendance à l’intégration systémique des diverses techniques qui finissent par constituer un milieu englobant sur lequel nous n’avons qu’une faible prise.
Toutefois seule une lecture superficielle de ses ouvrages conduit à ranger Ellul parmi les tenants d’un déterminisme technologique aveugle sur lequel l’homme ne pourrait rien. Pour Ellul l’autonomie de la technique est relative et le passage à une civilisation nouvelle dans laquelle la technique serait non plus déterminante mais dominée et réencastrée dans le social reste possible, mais difficile.

Cybernétique et Management. Avec Baptiste Rappin pour le Cercle Kritik.


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02.2016

Le Cercle Kritik s'entretient avec Baptiste Rappin pour parler de deux courants de pensée dont les enjeux sont hautement actuels : le management, la cybernétique.
Au passage, il relève également un intérêt méconnu mais certain du philosophe Martin Heidegger pour la cybernétique, inquiet de la montée en puissance de cette pensée de "l'âge atomique"...

L'Europe et son destin. Avec Gabriele Adinolfi pour Zenit Belgique.


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05.2015

Gabriele Adinolfi nous expose sa vision de l'Europe.
Partant du constat que dans le monde globalisé actuel les nations européennes ne peuvent plus, seules, avoir la force nécessaire pour faire face aux blocs (USA, Chine, Inde, pays émergents...), celles-ci risquent d'être amenées à disparaître de la compétition internationale.
Seule la création d'une Europe forte et unie, reposant sur la défense de ses identités nationales et régionales, peut inverser les choses.
C'est ce à quoi Gabriele Adinolfi nous invite à réfléchir.