Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme. Avec Pierre-Ulysse Barranque sur Radio Libertaire.


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01.01.2018

À l’occasion du cinquantenaire de Mai 1968, Pierre-Ulysse Barranque nous propose une présentation et une discussion critique du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967) et de De la grève sauvage à l’autogestion généralisée (UGE 10/18, 1974) de Raoul Vaneigem.
Car le Traité -et alors que beaucoup l'ont oublié- était un véritable best-seller en 1968 et a puissemment contribué à inspirer la révolte du mois de Mai. On y retrouve une critique profonde du capitalisme et un appel à son dépassement révolutionnaire, deux axes ayant gardé toutes leurs pertinences.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

La société autophage. Avec Anselm Jappe à la Librairie Quilombo.


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04.10.2017

Dans La société autophage, le philosophe allemand Anselm Jappe livre une proposition théorique originale et très radicale du capitalisme ainsi qu’une analyse des formes de violence extrêmes. En s’intéressant au sujet narcissique-fétichiste, qu’il identifie comme la subjectivité propre au capitalisme de crise, la "critique de la valeur" élargit ici son discours à la sphère des structures psychiques, à la recherche du sujet même de la fétichisation de la marchandise. Ce travail s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la "pulsion de mort" de la société actuelle et qui pensent qu’elle est le résultat d’une véritable crise de civilisation.   
Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la "critique de la valeur" – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait, l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le "sujet" est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la "pulsion de mort du capitalisme" : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres "gratuits" qui précipite le monde des hommes vers sa chute.
Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable "mutation anthropologique" ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

Pourquoi le christianisme n'est pas un humanisme. Avec Laurent Fourquet au Cercle Aristote.


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17.09.2018

L'humanisme est aujourd'hui, en Occident, la figure obligée du bien, la carte qu'il faut savoir sortir si l'on veut attester de l'honorabilité et de l'élévation d'une pensée, au point que, périodiquement, certains se croient tenus de sauver le christianisme en faisant de celui-ci tantôt un rameau, tantôt la matrice de l'humanisme occidental.
Mais s'il n'y avait rien à sauver ? Si l'humanisme et le christianisme étaient deux voies qui, d'entrée, ont divergé parce qu'elles s'excluent mutuellement et si le christianisme contemporain étouffait précisément d'être confondu avec un humanisme ?
Pour peu que l'on prenne au sérieux ces questions, des horizons nouveaux et dérangeants émergent soudain. Toutes les figures de l'humanisme occidental - la volonté de détermination systématique des choses, la croyance en l'infini pouvoir du sujet, la recherche constante de l'intérêt, le culte du contrat -, loin d'être signes de ce progrès dont on voudrait tellement nous convaincre, ne sont plus que les vecteurs d'un nihilisme qui, en apparence doux et bénin, assèche pourtant chaque jour plus impitoyablement notre monde.
Et c'est bien parce que, seul, il persiste à opposer la parole de vie à cet univers de choses gelées, que le christianisme suscite aujourd'hui, en Occident, tant de hargne et tant de prophéties intéressées sur son dépérissement prétendument inéluctable...
Laurent Fourquet passe au crible les présupposés cachés de nos valeurs apparemment les plus insoupçonnables pour éclairer ce conflit qui, entre l'humanisme et la Croix, ne passe pas, ne passera jamais, et nous oblige ainsi à choisir entre l'un et l'autre.

Qu'est-ce que la vie de l'esprit ? Avec Pascal Engel et Barbara Carnevali au Centre de Recherches sur les arts et le langage.


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01.02.2016

Les mots clefs du programme du dernier Foucault sont : subjectivité et vérité. La subjectivité, le souci de soi, priment sur la vérité. Le souci de soi n’est pas la recherche d’une connaissance de soi, de l’intériorité, c’est une recherche des manières de maitriser son corps, ses désirs, de parvenir à une hygiène de vie et à la sagesse, que Foucault appelle aussi une "spiritualité".
Foucault a souvent insisté sur la séparation, à l’âge moderne, de la vie de l’esprit comme recherche de la vérité et entreprise de connaissance, et de la vie éthique, au sens d’une recherche de la sagesse. La vie de l’esprit a été opposée, dans la tradition chrétienne, à la vie du corps. A l’âge moderne, quand s’est formée l’image de la science, l’opposition s’est accrue entre la poursuite de la vérité et celle de la sagesse, entre connaissance et éthique.
Le "retour aux Grecs" de Michel Foucault est en grande partie une archéologie de cette opposition, et une tentative pour renouer les liens entre vérité et subjectivité, entre connaissance et éthique.
Dans L’usage des plaisirs et dans les autres textes de cette période de son œuvre, Foucault essaie de dépasser l’opposition vérité/subjectivité et objectif/subjectif. Mais cela passe par une conception non aléthique de la subjectivité, par une théorie sceptique ou nihiliste de la vérité, intenable à la fois en elle-même et du point de vue historique. Cela passe aussi par une conception de l’authenticité et de la subjectivité très biaisée. On le voit par exemple dans la manière dont Foucault traite de la curiosité, désir épistémique.
Pascal Engel lui oppose une autre conception de la vie de l’esprit, classique et néo-aristotélicienne, selon laquelle la vérité est le but de la connaissance, laquelle est coextensive à l’eudaimonia, et selon laquelle le vrai a une valeur intrinsèque. Une autre conception de la curiosité est requise, et une autre conception de la généalogie des valeurs et des vertus de vérité est également requise. Elle constituera les prémisses d’une conception anti-foucaldienne de la vérité, de la subjectivité et de la généalogie, et du slogan "vitam impendere vero".

La psychanalyse va-t-elle disparaître ? Avec Rémi Soulié sur Radio Courtoisie.


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12.02.2018

Le discours dominant prétend que la psychanalyse est périmée. En réalité, elle doit s'adapter. Le monde d'aujourd'hui n'est plus celui de Freud ni de Lacan. Une société nouvelle entraîne de nouveaux comportements et de nouveaux malaises.
"Dépoussiérer" la psychanalyse, la confronter au contemporain implique de réfléchir à ces symptômes, à la frontière entre le pathologique et le social, en repensant le cadre de la cure, à l'heure des consultations via Skype.
Comment la psychanalyse peut-elle trouver sa place dans un monde dominé par la culture du résultat, de l'efficacité et de la réussite ? Dans un monde où le temps n'a plus de valeur et où l'évaluation chiffrée est permanente ?
Ce sont les questions que se pose Elsa Godart dans son dernier livre La psychanalyse va-t-elle disparaître ? que présente ici Rémi Soulié.

Émission "Le Monde de la philosophie".

Télévision : subjectivation, socialisation. Avec Dany-Robert Dufour pour la Fédération Nationale des Associations des Rééducateurs de l'Education Nationale.


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27.06.2015

La multiplication des images produit-elle des problèmes dans l'accès à la symbolisation ?
Nous vivons en effet dans un monde de plus en plus saturé d'écrans et d'images : ceux du cinéma, de la télévision, du téléphone portable, de l'ordinateur, des jeux vidéos... Ces modifications sont de deux ordres. Bien utilisées, ces techniques peuvent multiplier les possiblités d'expression, d'information et de création. Utilisées sans discernement, elles sont susceptibles d'altérer gravement l'accès à la symbolisation. Ce qui n'est pas sans conséquences tant au plan du développement personnel qu'au plan du lien social car cet accès permet en principe à l'individu de se soustraire au fonctionnement pulsionnel et aux rapports de force et d'entrer dans des rapports de sens.
Or, le déveoppement de ces techniques obéit beaucoup moins à des considérations philanthropiques qu'à des impératifs marchands, ce qui occasionne des pathologies nouvelles qui vont des psychonévroses narcissiques à différentes formes de désymbolisation, voire même d'addications, qui sont ici examinées.

L'ontogénèse chez Michel Clouscard. Avec Sylvain Bourgois aux ateliers de la praxis.


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2016

Une épistémologie matérialiste du corps est possible, afin de comprendre comment le corps devient subjectivité.
Le corps-sujet doit être constitué en son mode de production, au double sens du terme. Le corps-sujet est une historicité spécifique dans un mode de production donné : il est la rencontre de l’histoire macro-sociale (la logique de la production, le mode de production, le moment du mode de production) et de l’histoire propre à cette organicité qu’est le corps. L’ordre du travail est aussi constituant que l’appareil physiologique du corps.
L'entreprise de Michel Clouscard n’est autre que la constitution du système de médiations qui permet cette généalogie réciproque : généalogie du macro-social par la force productive du corps, généalogie du désir par les rapports de production.
Une contribution épistémologique de la plus haute importance.

L'éthique de la praxis et les relations dialectiques de l'homme originel et de l'homme naturel. Avec Sylvain Bourgois aux ateliers de la praxis.


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26.03.2016

Pourquoi étudier l'étymologie de la praxis, le commencement du genre humain ?  Pour le plaisir de savoir ou pour que la connaissance transforme la conscience de soi et la raison pratique ?
Rien n’est gratuit dans la recherche de Michel Clouscard, qui articule la modélisation théorique des ensembles logico-historique (moments de l'histoire) et la recherche d'une connaissance déterminante pour sortir du système du “non-dit” et du “non-su” conditionné par l'histoire des modes de production et la lutte des classes, par le codage néo-kantien. Et il est plus facile de suivre les développement de Michel Clouscard lorsqu'on comprend globalement la visée théorique qui conduit à articuler les moments dialectiques du passage de l'ontologie à l'anthropologie, de la logique du genre à la phénoménologie du genre, de la phénoménologie du genre à la critique de la culture idéaliste, néo-kantienne, bourgeoise.
Face à l'immoralisme immanent véhiculé par la culture mondaine du libéralisme-libertaire et les idéologues, une "refondation progressiste" est nécessaire. Pas une restauration métaphysique naïve, empirique, stalinienne ou fascisante, mais une réflexion profonde sur les dynamiques anthropologiques qui travaillent la société.
Produire pour consommer, consommer sans produire : l'énoncé est simple, le système des médiations et des déterminations réelles est plus complexe...