Le Pluralisme. Avec Martin Fortier et Philippe Descola à l'Ecole Normale Supérieure.


(0)
305 Vues
0 commentaire
01.01.2025

Le récent tournant ontologique d'une partie de l'anthropologie a conduit certains à avancer qu'il existait une pluralité d'ontologies irréductible à une simple pluralité de cultures ou de représentations.
Dans un premier temps, Martin Fortier se propose d'évaluer cette rupture épistmémologique à partir de deux auteurs qui y prennent une place importante : Eduardo Viveiros de Castro et Philippe Descola.
Dans un second temps, c'est Philippe Descola lui-même qui présente ses thèses et répond à certaines des critiques qui lui sont adressées.
L'occasion de réfléchir en profondeur sur les implications conceptuelle, ethnographique et cognitive du tournant ontologique en anthropologie.

Requiem pour la French Theory. Avec Aymeric Monville au Café marxiste.


(0)
407 Vues
0 commentaire
21.09.2024

Des deux côtés de l'Atlantique, des intellectuels engagés depuis des années dans des recherches concernant la philosophie française et le marxisme en viennent à la même conclusion : la French Theory fut un échec. Elle n'a pu appréhender les forces impérialistes qui l'ont conditionnée et soutenue, ni échapper à l'emprise de la propagande anticommuniste en cultivant un minimum d'esprit critique. Loin de faire une révolution intellectuelle, elle a au contraire participé à une contre-révolution théorique - en rejetant notamment les avancées de la pensée dialectique - qui n'était que la face académique de sa contre-révolution politique.
Fruit d'un dialogue entre l'éditeur Français Aymeric Monville et le philosophe Américain Gabriel Rockhill, ancien élève de Derrida et Badiou, Requiem pour la French Theory n'en reste pourtant pas à la surface, ni au constat d'échec. Il s'agit au contraire de poser une interrogation fondamentale quant aux forces économiques, politiques et sociales à l'œuvre derrière la promotion globale de la French Theory "made in USA".
Il en ressort une réflexion sur la production et la dissémination de l'idéologie, l'histoire de la lutte des classes internationale, l'impérialisme intellectuel, le marxisme dit occidental, le fascisme, la politique identitaire, la méthodologie marxiste, le socialisme réellement existant et le développement du matérialisme historique et dialectique.
Une interrogation qui, loin de sombrer dans le défaitisme, anticipe une revitalisation de la pensée révolutionnaire dans une conjoncture historique où cette dernière est plus nécessaire que jamais.

L'ontologie à anthropologie variable. Avec Eduardo Viveiros de Castro pour le Séminaire Sophiapol.


(0)
521 Vues
0 commentaire
30.04.2014

Constatant que l'anthropologie ne peut plus simplement prétendre reconstituer aussi "objectivement" que possible les cultures étrangères, puisqu'elle rencontre des cosmologies qui précisément excluent le partage entre nature et culture, Eduardo Viveiros de Castro propose d'y voir le lieu d'une expérimentation métaphysique où les "autres" sont non pas objets mais témoins de pensées et même d'images de la pensée alternatives.
Il éclaire alors nombre d'enjeux épistémologiques qui ne deviennent compréhensibles qu'une fois replongés dans le savoir ethnologique qu'ils charrient et conclut par une relecture du structuralisme de Claude Lévi-Strauss qui dépasse l'opposition factice des pensées de la structure et de la différence, tout autant que de l'anthropologie et de la philosophie, du nous et des autres.

Structuralisme et vision du monde chez Lucien Goldmann. Avec Gérard Namer pour l'Institut de la Mémoire de l'Édition Contemporaine.


(0)
705 Vues
0 commentaire
16.09.2009

Quand Lukács, dans la Hongrie d'avant 1917, rend célèbre la notion de "vision du monde", il a le soutien d'une affectivité politique caractérisée par son radicalisme, par une culture littéraire dominante, par un refus du rationalisme scientiste commun au marxisme de la deuxième Internationale et à la bourgeoisie positiviste. En un mot la "vision du monde" est une totalité historique de représentations esthétiques, philosophiques, religieuses et autres, par laquelle une classe sociale se représente sa volonté de transformer le monde en prenant conscience de l'historicité et de l'unicité de ses représentations contre le simplisme de l'idéologie et de la psychologie de l'intérêt.

Claude Lévi-Strauss (1908-2009), l'homme en perspective. Avec Monique Lévi-Strauss, Anne-Christine Taylor, Patrice Maniglier, Françoise Zonabend et Emmanuelle Loyer sur France Culture.


(0)
893 Vues
0 commentaire
11.02.2017

Né en 1908 à Bruxelles, Claude Lévi-Strauss grandit à Paris dans une famille de peintres. Chez lui, on chante Offenbach par cœur et on va à l'opéra même quand on n'a pas beaucoup d'argent. Pendant ses vacances dans les Cévennes, il se passionne pour la géologie, la nature, le camping.
Au début des années 30, il est un jeune agrégé de philosophie, qui a lu Marx et découvert Freud. Il est envoyé en province pour enseigner, mais c'est surtout son activité de militant socialiste qui le passionne. Il ressent par ailleurs le besoin de rompre avec l'enseignement traditionnel de la philosophie tel qu'il l'a reçu à la Sorbonne. Curieux de tout, il a envie d'embrasser le monde. C’est "un dimanche de l'automne 1934, à 9h du matin, sur un coup de téléphone" que tout se décide.
Il embarque pour le Brésil, invité à devenir professeur de sociologie à l'université française de Sao Paulo. C'est là, au cours de ses congés, qu'il entreprend ses premières expéditions à la rencontre des Indiens. Cette expérience est un baptême ethnographique, qui marque le tournant de sa carrière, et lui fournit la première matière de la révolution des sciences sociales qu'il s'apprête à mener.
De retour en France, les lois raciales de Vichy le contraignent à partir aux Etats-Unis en 1941 où il rencontre l'effervescence du monde de l'exil européen à New York, entre surréalisme et naissance du structuralisme.
Après-guerre, il revient en France et entreprend l'intense travail de l'écriture. Des décennies au cours desquelles Claude Lévi-Strauss réinvente l'anthropologie, discipline désormais affirmée, grâce à lui. En 1959, il est élu au Collège de France à la chaire d'anthropologie sociale.
Il publie La pensée sauvage en 1962, qui bouleverse la pensée occidentale sur les sociétés sans écriture : la frontière entre "elles" et "nous" s'estompe. La pensée n'est pas que dans le langage et la rationalité, elle est partout à l'œuvre.
Puis de 1964 à 1971, il publie son œuvre majeure, les quatre volumes de Mythologiques, une approche structurale des mythes, qui empruntent leur forme à la musique.
Avec l'œuvre de Lévi-Strauss, c'est une révolution du regard qui s'opère, une mise en perspective de tout ce qui nous fait en tant qu'individu et en tant que société.
D'œuvre en œuvre, il élabore ce "regard éloigné" qui nous fait prendre conscience que les notions que nous croyons les plus universelles sont encore le fruit d'une vision ethnocentriste du monde. Sa lecture est une expérience de transformation de soi.
Après avoir fortement influencé la recherche dans les années 60-70, la pensée de Lévi-Strauss est redécouverte aujourd'hui et révèle toute sa pertinence et son actualité.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Irène Omélianenko.

Claude Lévi-Strauss. Avec Maurice Godelier sur France Culture.


(0)
1036 Vues
0 commentaire
20.12.2013

Maurice Godelier, au début de sa carrière, fut un temps maître-assistant auprès de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. Entretenant avec son maître un rapport critique, mais conscient de la puissance de l'œuvre, il est tout indiqué pour nous en offrir une introduction.
L'objet premier de ce voyage au cœur de l'ambition structuraliste ? Souligner la richesse du travail accompli, mettre au défi la puissance théorique (le structuralisme lui-même), tenter de dépasser apories et contradictions.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Réponse de Michel Clouscard à Claude Morilhat, par Dominique Pagani.


(0)
1753 Vues
0 commentaire
08.2019

En 1987, le philosophe Claude Morilhat publie, dans la revue Société française, éditée à l'époque par l'Institut de recherches marxistes, un long article consacré à l'œuvre de Michel Clouscard ; en particulier à 3 de ses plus récentes et consécutives parutions – Le capitalisme de la séduction, La bête sauvage, De lamodernité : Rousseau ou Sartre – celles qui, au dire même de leur auteur, constituent son propre "triptyque".
La recension de Claude Morilhat alterne éloges et critiques, conformément à l'usage, avec une honnêteté intellectuelle saluée par Clouscard, qui n'hésite pas à le remercier, pour "le très bon esprit de sa critique constructive".
On ne peut mesurer l'éclair que fut cette timide éclaircie de reconnaissance, – au sein du "caveau d'insondable tristesse" où se démenait Michel Clouscard, à la plume ou "à la hache" –, si on n'a pas eu quelque occasion de lire les rares passages où cette solitude se révèle, du fait même des immenses efforts d'éclaircissements qu'il déployait pour en sortir !
Non pas qu'il fut "seul", au sens social, voire intellectuel, du terme : outre les nombreuses et fidèles relations que lui octroyait sa généreuse et intense sociabilité, et nonobstant la reconnaissance académique accordée parfois par des étoiles à grande magnitude, Vladimir Jankélévitch ou Jean-Paul Sartre entre autres… Il savait pouvoir disposer surtout, d'un entourage amical à toute épreuve. Mais cette intense complicité de proximité elle-même, ne suffisait pas à l'arracher à la solitude politique, où l'assignait l'absence de l'unique reconnaissance qu'il n’avait jamais cessé d'appeler, en chaque mot, chaque ligne, à chaque aller-retour de la charrue dans les sillons du cahier : celle qui serait venue de chez lui.
Non, pas de Gaillac, ou de Toulouse (il savait depuis toujours que "Nul n’est prophète en son pays") mais, sinon de chez lui, du moins, de Chez soi, du Parti, celui de la résistance, de la Libération, du CNR, des camarades, soit, enfin, de "l'intellettuale organico". Autant dire que privé de ce retour, cette solitude politique, pour un veilleur d'une pareille trempe, lui devenait ontologique.
C'est ainsi que parut, dans la même revue, en retour à l'article de Claude Morilhat, la Réponse de Michel Clouscard, dont Dominique Pagani n'hésite pas à garantir qu'elle constitue, à format égal – tout juste quelques pages – le manifeste à la fois le plus dense et le plus exhaustif de l'ensemble de son propos, et qu'il n'y a pas de meilleure introduction au reste de son œuvre, laquelle y acquiert même sa vérité d'y apparaître comme une immense contribution/prolongation, au/du matérialisme historique.
"Je n’ai jamais prétendu, moi, re-lire Le Capital de telle manière qu'il soit ré-écrit en termes de philosophie. [Althusser] Tout au contraire, ma phénoménologie de la praxis ne le remet jamais en question. Je le considère comme acquis. Je ne donne dans aucun révisionnisme théorique."
L'exceptionnelle réussite synthétique de cette Réponse... sa densité et sa grande clarté, sont autant d'attributs qui en font le support idéal d'une reprise commentée, qui fait la matière de ce que nous propose ici Dominique Pagani.

Sur Michel Foucault, par Dominique Pagani.


(0)
1531 Vues
0 commentaire
05.2019

Michel Foucault représente, avec Gilles Deleuze ou encore Jacques Derrida, la quintessence du post-modernisme en pronant un anti-humanisme et un irrationalisme sous le patronnage du Nietzsche le plus détestable. Les trois cibles à abattre seront donc les suivantes : l'humanisme, le progrès et l'universel.
Sa pensée commence d'ailleurs à devenir populaire au moment même où le Capital reprend les choses en main, soit à la fin des Trente glorieuses.
Comment cette contre-révolution de la pensée a-t-elle pu s'imposer ? Et comment le libéralisme-libertaire, puisque c'est de cela dont il s'agit, s'est-il structuré, si l'on suit la logique de la pensée de Foucault ?