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Que pensaient les premiers Homo sapiens de la mort ? Quelles croyances avaient-ils à propos de l'au-delà ? Des questions existentielles qui agitaient nos ancêtres de la préhistoire.
Julien d'Huy utilise une approche scientifique novatrice, la phylomythologie, pour remonter le temps afin de reconstruire la mythologie des temps passés.
Où l'on apprend que certains mythes étaient largement partagés à la surface du globe et ont laissé une trace, une influence, dans des récits bien postérieurs, y compris dans les grands textes religieux.


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On sait peu de choses sur la façon dont nos ancêtres préhistoriques concevaient la mort. Si l'archéologie nous offre quelques pistes de réflexion, comment dépasser ses limites pour appréhender les croyances de nos prédécesseurs ?
Julien d'Huy, après avoir conçu la méthode phylomythologique visant à reconstituer les mythes du passé en retraçant la généalogie de ceux qui nous sont connus, s'attelle désormais à répondre à des questions fondamentales : à quoi les premiers Homo sapiens attribuaient-ils leur finitude ? Dans leur esprit, les humains étaient-ils mortels de toute éternité et, sinon, comment l'étaient-ils devenus ? Sous quelles formes se figuraient-ils leur dernière demeure et le chemin qui y menait ? Croyaient-ils en une vie après la mort et à la possibilité de revenir de l'autre monde ? Comment envisageaient-ils les relations entre les morts et les vivants ?
À la lumière de l'archéologie de la psyché qu'il développe, on découvre combien certains mythes hérités de nos lointains devanciers continuent de nous influencer dans l'art, la philosophie, la religion, voire la science, sécrétant toujours un puissant imaginaire autour de notre questionnement ultime.


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Depuis le début de la crise du Covid, le statisticien Pierre Chaillot a collecté scrupuleusement toutes les semaines l'intégralité des données officielles et des différents ministères. Mortalité, occupation des lits, positivité des tests, âges, etc…Plusieurs années d'un travail méticuleux qui lui ont fait constater de gigantesques anomalies.En France comme dans tous les autres pays européens, la mortalité de l'année 2020 standardisée (c'est-à-dire étudiée par tranches d'âges et non pas en données brutes) est au niveau de celle de l'année 2015 soit la septième année la moins mortelle de toute l'histoire de France. Quant à la mortalité de l'année 2021, elle au niveau de celle de 2018, la troisième la moins mortelle de toute l'histoire de France.Les chiffres présentés par les médias et les organes publics sont partiels et tronqués, aussi bien en ce qui concerne la mortalité que l'activité hospitalière ou l'efficacité vaccinale.Il expose dans cette conférence la teneur de ses recherches pour qu'enfin un débat scientifique serein puisse avoir lieu sur cette crise dont les conséquences sont loin d'être derrière nous.


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La détection algorithmique des relations subtiles, évolutives en "temps réel" entre des données numériques disparates disponibles en quantité massive produit un tout nouveau type de modélisation, exploitable dans une multitude de domaines comme le marketing, la prévention des délits et des crimes, l'optimisation du déploiement des forces de l'ordre ou la détection anticipative des foyers épidémiques.
Ces nouvelles pratiques de détection, de classification et d'évaluation anticipative constituent de nouveaux modes de production du "savoir", de nouvelles modalités d'exercice du "pouvoir", et de nouveaux modes de "subjectivation", bref, une nouvelle gouvernementalité algorithmique, succédant, en quelque sorte, sans pour autant les remplacer complètement, aux régimes de pouvoir - souveraineté (droit de laisser vivre et de faire mourir), régime disciplinaire (réforme des psychismes individuels par intériorisation des normes, que les individus disciplines "incarnent" d'eux-même) et biopouvoir (droit de faire vivre ou de laisser mourir) - mis en lumière par Michel Foucault.


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Spécialiste de l'opinion et directeur au sein de l'Institut IFOP, Jérôme Fourquet est l'un des plus fins politologues français. Connu du grand public pour son ouvrage à succès L'Archipel français, il revient avec un livre tout aussi important La France d'après aux éditions du seuil.
Dans cet échange, il revient en profondeur sur l'état des statistiques indiquant les bouleversements politique en France : l'impact du vote musulman, le recul du catholicisme, les ressorts du vote pour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, mais également la résurgence des thématiques sécuritaires et migratoires dans l'opinion.
Un entretien dense et profond.


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Les humains ne sont pas des robots. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Et pourtant, on peut utiliser des nombres pour comprendre les comportements humains. Ceci, dans les domaines les plus divers, qu'il s'agisse des intentions de ventes, du taux de criminalité, ou de la propagation des épidémies.
Peut-on dès lors en déduire des lois qui permettent des prédictions ? Et de là, en tirer des décisions politiques ? Certains scientifiques le pensent.
Les mathématiques sont parfois utiles, mais où commence leur usage abusif ? Peut-on mettre l'humanité dans un logiciel informatique ? La société se laisse-t-elle mettre en équations ?
Émission "Autour de la question".


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Des années durant, l'écrivain Yves Pagès a glané toutes sortes de statistiques, notant dans un carnet des centaines de pourcentages. De ce vertigineux inventaire, il a fait un livre étrange qui, entre jeu littéraire à la Raymond Queneau et réflexions philosophiques à la Theodor Adorno, reconstitue par fragments le tableau d'une société infestée par une vision comptable du monde.
Difficile de rompre la glace du monstre statistique, d'échapper à ses ordres de grandeur qui prétendent tout recenser de nos faits et gestes, quantifier nos opinions, mettre en coupe réglée nos vies matérielles. Sous emprise comptable, chacun se sent casé d'office, sondé de bas en haut, pris au piège.
Mais alors, comment nous soustraire au grand dénombrement ? Un OVNI littéraire, aussi malicieux que réjouissant, que nous présente son écrivain.
Une rencontre animée par Sophie Joubert.




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Auteur d'une œuvre originale d'anthropologie historique, Emmanuel Todd est un des intellectuels français les plus brillants, les plus controversés aussi. Ses thèses ne passent jamais inaperçues et rencontrent l'intérêt d'un large public.
Dans son dernier essai, Emmanuel Todd évoque cette page nouvelle de l'histoire de France ouverte par Emmanuel Macron et les gilets jaunes, qui mêle "retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l'euro, regain démocratique et menace autoritaire."
Il examine l'évolution de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide… Et il dresse le tableau d'une France du XXIe siècle paralysée mais vivante, "où se côtoient et s'affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l'individu-roi, avant l'inéluctable retour de la lutte des classes."
Une conférence menée par Régis Pénalva et qui s'inscrit dans "Les Mardis d'Ô".