Subjectivité et vérité. Avec Michel Foucault au Collège de France.


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1981

Ce cours marque une inflexion décisive dans le chemin de pensée de Michel Foucault, notamment depuis son projet d'une Histoire de la sexualité entamé en 1976. C'est le moment où les arts de vivre deviennent le foyer de sens à partir duquel pourra se déployer une pensée neuve de la subjectivité. C'est le moment aussi où Foucault problématise une conception de l'éthique comprise comme l'élaboration patiente d'un rapport de soi à soi. L'étude de l'expérience sexuelle des Anciens permet ces nouveaux déploiements conceptuels. Dans ce cadre, Foucault analyse des écrits médicaux, des traités sur le mariage, la philosophie de l'amour ou la valeur pronostique des rêves érotiques, afin d'y retrouver le témoignage d'une structuration du sujet dans son rapport aux plaisirs (aphrodisia) antérieure à la construction moderne d'une science de la sexualité, antérieure à la hantise chrétienne de la chair. L'enjeu est en effet d'établir que l'imposition d'une herméneutique patiente et interminable du désir constitue l'invention du christianisme. Mais pour cela, il importait de ressaisir la spécificité irréductible des techniques de soi antiques.
Dans cette série de leçons, qui annoncent clairement L'Usage des plaisirs et Le Souci de soi, Foucault interroge particulièrement le primat grec de l'opposition actif/passif sur les distinctions de genre, ainsi que l'élaboration par le stoïcisme impérial d'un modèle de lien conjugal prônant une fidélité sans faille, un partage des sentiments, et conduisant à la disqualification de l'homosexualité.

Cicéron et la naissance de l'Humanisme. Avec Philippe Forget au Cercle Aristote.


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25.11.2024

Le terme d' "humanisme" est aujourd'hui un mot dont on aurait du mal à préciser le sens. La main sur le cœur, bien des apôtres du système humanitaire aiment par exemple se faire acclamer comme humanistes par l'opinion médiatique.
En revenant sur l'oeuvre de Cicéron en son contexte romain, le philosophe Philippe Forget nous révèle un tout autre humanisme qui propose un progrès indéfini vers l'homme total par l'exercice harmonieux de la puissance technique, de l'intelligence politique et des vertus civiques.

La République romaine. Avec Catherine Virlouvet sur StoriaVoce.


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01.2022

C'est en 509 avant notre ère que les historiens romains situent la fin de la période monarchique et l'établissement d'un régime républicain libre (libera res publica), garant des libertés publiques et du respect des droits de tous ses citoyens. Mises en place dans un contexte de fortes tensions internes et externes, les institutions républicaines ne se stabilisèrent que vers le milieu du IVe siècle et ne subirent aucune modification avant la crise finale du Ier siècle avant notre ère et l'avènement d'Octave Auguste.
Impossible ici de retracer l'intégralité de cette histoire longue et complexe. Aussi est évoqué dans un premier temps, en compagnie de la spécialiste de l'Histoire sociale et économique romaine Catherine Virlouvet, le duel de près d'un siècle entre Rome et Carthage, lequel marque les débuts de l'impérialisme romain ; est retracé ensuite l'épisode crucial des frères Gracques, prémices d'un long temps de crise pour la République qui atteindra son apogée avec la première guerre civile et la confrontation entre Marius et Sylla.

Archéologie de la Res Publica. Avec Claudia Moatti sur France Culture.


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03.12.2019

Les Romains de la République ne savaient pas qu'ils vivaient en République. Mais ils savaient que la Res publica est "incertaine et imprécise, fluctuante et ouverte, en tant qu'elle est du ressort des citoyens" et que cette indétermination même est la "seule condition de la politique comme monde commun".
C'est en tout cas la thèse que défend Claudia Moatti, historienne en études romaines anciennes, complétée par une discussion plus générale sur les usages de l'histoire, l'art de comparer et la puissance de l'imagination politique.

Émission "Matières à penser", animée par Patrick Boucheron.

Après Jésus, l'invention du christianisme. Avec Marcel Gauchet pour la Nouvelle Action Royaliste.


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17.11.2021

Jésus n'a laissé aucun écrit, il se référait aux Ecritures juives. Il n'a institué ni religion, ni credo, ni clergé, ni rite, hormis un repas "en mémoire de lui", et une prière, le "notre Père". Comment ses disciples ont-ils donc fait pour exprimer et mettre en pratique leur foi en lui ? Comment ont-ils prié, communiqué entre eux, interagi avec les peuples qu'ils côtoyaient ? Tout cela restait à inventer...
Le tout premier christianisme était sans image, sans "Nouveau Testament", sans prêtres, sans pape... et pendant plus de deux siècles il y eut des communautés chrétiennes très diverses, voire divergentes, certaines proches du judaïsme, d'autres le rejetant absolument. Il faudra beaucoup de temps pour qu'émerge une Eglise unifiée autour d'un début d'orthodoxie. C'est alors, en 250, que les chrétiens subiront la première persécution générale dans un Empire en pleine crise.
Ce temps des commencements encore trop peu connu, ce temps tumultueux de tous les possibles est ici présenté par Marcel Gauchet de façon accessible et vivante.

Empire romain et lutte des classes. Avec Luigi-Alberto Sanchi pour le Cercle Universitaire d'Études Marxistes.


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04.02.2016

Helléniste franco-italien reconnu, Luigi-Alberto Sanchi s'échappe quelque peut de son domaine d'études pour nous présenter l'histoire romaine d'un point de vue marxiste en trois temps :
 - Origines et développement de l'antagonisme patriciens-plébéiens (v. 550-350 av. JC). Les dernier rois étrusques philo-plébéiens. La réaction oligarchique républicaine (509), hostile à la plèbe. Les luttes pour les droits et pour l’égalité.
 - Au tournant du millénaire : la crise de la République romaine et la fondation du "principat" (que nous appelons "Empire"). Les transformations sociales : ruine des citoyens-soldats agriculteurs et développement de l'économie d'esclaves. Toute-puissance du Sénat après la Seconde Guerre punique (204). L'échec des Gracques (122), Livius Drusus. La réforme de l'armée par C. Marius (107) : des généraux ambitieux entraînent des masses prolétarisées et déterminent la politique de Rome. Jules César réussit à vaincre la réaction sénatoriale et, après son assassinat, "l'Empire" inaugure un système d'exploitation du travail plus "moderne".
 - Le mode de production esclavagiste. Types d'esclaves. Les révoltes d'esclaves aux IIe et Ier siècles (en Sicile, puis Spartacus). Répressions et affranchissements d'esclaves. L'influence du christianisme. La politique monétaire et les classes moyennes avant et après Constantin. Comment dater la fin de l’Antiquité ?
Cette approche porte ses fruit et nous illustre la fécondité de l'étude de Rome du point de vue socio-économique.

La donation de Constantin. Avec Baudouin Decharneux à l'Université de Mons.


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22.10.2012

Selon le document appelé Donation de Constantin, l'Empereur Constantin aurait fait don, au IVe siècle, de l'Empire à la Papauté, établissant ainsi pour des siècles le pouvoir temporel du Pape. Pourtant, cette Donation est un faux !
Cette supercherie, révélée en son temps par le grand humaniste Lorenzo Valla (1407-1457), nous est ici contée en détails par l'historien Baudouin Decharneux.

De la Première à la Troisième Rome, ou de Joseph d'Arimathie à Dostoïevski. Avec Laurent James pour l'association France-Russie Convergences à Montpellier.


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28.06.2020

Écrivain et physicien lyonnais installé à Marseille depuis 2000, Laurent James a fondé le Comité Jean Parvulesco en 2016 à Bucarest, comité dont le projet est l'union des peuples de l'Eurasie dans la reviviscence de la foi chrétienne civilisatrice de Lisbonne à Vladivostok.
Partant du principe que l'Église est l'unique héritière de l'Empire de Rome, Laurent James s'attache à préciser l'articulation entre la légende des saints de Provence, Constantinople vécue comme deuxième capitale d'un Empire universel et les noces d'Ivan III sous l'égide de l'Aigle à deux têtes, afin de mettre en lumière les liens métaphysiques entre les peuples du continent eurasiatique.