Des algorithmes à l'art de gouverner les hommes. Débat entre Philippe Vion-Dury et Tristan Nitot pour Le Mouton Numérique à l'Institut Européen de Journalisme de Paris.


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21.03.2017

À la recherche du "bonheur statistique des masses". La formule est une réponse du Dominique Dubarle à Norbert Wiener, mathématicien et père de la cybernétique, cette science des "mécanismes autogouvernés et du contrôle". Des algorithmes à l'art de gouverner les hommes, il n’y a en effet qu’un pas, pas que n’hésitent pas à franchir les géants de la Silicon Valley, de leurs aveux-mêmes.
Si les nouvelles technologies sont réellement portées par ces projets de contrôle des masses, quelle marge de manoeuvre nous reste-t-il ? Quelle responsabilité avons-nous encore face aux méandres algorithmiques ?
L’enjeu est de taille, et c'est précisément pour cette raison que Tristan Nitot, cofondateur de Mozilla Europe, et Philippe Vion-Dury, journaliste, sont invités à en débattre.

Serions-nous en train de perdre la raison ? Avec Bernard Stiegler chez Etienne Klein sur France Culture.


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25.06.2016

Si on fait un tour dans une librairie pour lire les quatrièmes de couverture des livres qui s’y trouvent, on ne tarde pas à reconnaître l’air du temps : ce n’est pas la joie dans les rayons. Les réflexions sur la catastrophe sont devenues un genre littéraire à part entière. L’actualité y aide en pourvoyant au renouvellement des exemples. Le monde ne nous lâche plus. Il déferle en funestes accélérations qui défient toute maîtrise. Chaque jour, le présent projette ses terreurs sur l’avenir, et remet ainsi une couche supplémentaire de noir sur l’obscurité générale. On dirait du Soulages, en continu et à tous les étages.
Mais on voit quand même resurgir çà et là l’hypothèse – ou la conviction – qu’un salut est possible. Preuve que les temps mauvais donnent du bon temps à la fois aux Apocalypses et aux Annonciations, même si c’est en proportions inégales. Et c’est ainsi que nous nous retrouvons ballottés entre discours pessimistes et discours optimistes, tous débités sur un ton d’oracle, alors même qu’ils ne sont peut-être que des états d’âme.
Devons-nous conclure que nous ne serions plus capables d'espérer ? Convenons de définir l'espérance comme "ce sentiment humain qui règle notre relation avec l'avenir". Les sombres perspectives écologiques, les limites de la croissance, la crainte du chômage, l'accroissement des inégalités ou encore la crise des solidarités illustrent notre sentiment de malaise face à l'avenir. Elles traduisent également la mauvaise relation que nous entretenons avec un futur appréhendé non plus comme le lieu d'une configuration possible, mais comme une réalité qui pose des problèmes de plus en plus difficiles à résorber.
La question qui se pose est la suivante : quelle est la part et le rôle de la technique dans la fabrication de cette situation ?

Emission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Démocratie et Internet. Avec Alban Dousset à Égliseneuve-près-Billom.


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12.06.2015

Cette conférence vise d'abord à rappeler la typologie des différents systèmes politiques qui ont structuré le monde occidental, d'en rappeler le sens par leur étymologie et d'en donner quelques exemples historiques.
Dans un second temps, une brève histoire des médias tentera de comprendre comment l'évolution des moyens de communication appelle des changements organisationnels au sein des sociétés.
Enfin, l'on pourra se demander si la diffusion massive d'Internet pourrait nous permettre de nous ré-approprier une forme politique démocratique par la possibilité offerte d'une parole partagée par tous.

Ecrans ou interfaces ? Voir et percevoir à l'ère numérique. Avec Bernard Stiegler à l'Université Lyon 3.


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03.09.2014

Les écrans sont devenus aujourd'hui, de manière plus ou moins consciente, notre dispositif optique de référence ainsi que l'interface habituelle de nos rapports au monde, aux autres, à nous-mêmes.
Comprendre notre expérience présente des écrans pourra donc nous aider à comprendre non seulement notre expérience présente du voir, mais aussi notre manière de penser et de désirer aujourd'hui.

La ville intelligente. Avec Claude Rochet à l'Université Réelle à Montpellier.


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29.11.2015

Les villes intelligentes représentent un marché évalué à 350'000 milliards de dollars US pour les trente décennies à venir (250 en infrastructure et 100 en usage), à modèle économique, technologique et social inchangé, c’est-à-dire concernant la réhabilitation des tissus urbains existants et la construction de nouvelles villes.
Ce modèle économique n’est pas durable en ce sens qu’il reproduira les dysfonctionnalités des villes actuelles avec des émissions croissantes de CO2, de production de déchets et de nuisances urbaines. Et les scénarios plus agressifs intégrant des technologies et artefacts nouveaux pour maîtriser les émissions polluantes et améliorer l’efficacité énergétique estiment le volume de dépenses à 450'000 milliards USD.
Cet enjeu de marché s’inscrit dans un ensemble d’enjeux plus vastes : problèmes démographiques et économiques, géopolitiques, question de l'innovation et transformation des modèles d'affaires des firmes et de l'action publique.
Après un exposé de ces enjeux, Claude Rochet nous propose des pistes d’action pour une stratégie française des villes intelligentes.

Émergence et situation du numérique. Avec Clarisse Herrenschmidt à la Maison européenne des sciences de l'homme et de la société à Lille.


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08.03.2010

L’écriture, celle des ordinateurs et des réseaux, est fondée sur le code (dont le plus connu est ASCII). Il permet de transformer de très diverses données en passage ou absence de passage du courant électrique dans la machine, passage/non passage que nous symbolisons par deux chiffres : 1 et 0.
Désormais, les textes, les nombres, les calculs mathématiques, mais aussi les arts et pratiques de l’image, les sons de la musique, la et les monnaies, qui utilisaient des supports différents, se voient tous rapportés au même procédé d’écriture qui encode les données entrées dans l’ordinateur en nombres binaires - puisque la machine ne connaît que deux signaux "passage" et "non passage" du courant.
En créant ainsi un nouvel univers sémiologique, l’écriture informatique a bouleversé nos pratiques et pourrait bien avoir modifié notre rapport au monde et au savoir, en déterminant nos façons de penser.
Ce sont ces rapports entre écritures et pensée qu’exposent ici Clarisse Herrenschmidt.

L'analyse sociologique des algorithmes du Web : pour quoi faire ? Avec Dominique Cardon au BlendWebMix à Lyon.


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10.2015

Avec cette conférence, Dominique Cardon nous propose une réflexion sur le rôle joué par les algorithmes du web dans la construction de l’espace public numérique.
Comment les calculateurs produisent-ils de la visibilité ? A partir de quels principes le PageRank de Google, les métriques du web social ou les outils de recommandation décident-ils de donner la prééminence à telle information plutôt qu’à une autre ?
Le web que nous connaissons ne serait pas le même s’il n’avait pas été profondément nourri, domestiqué et organisé par l’algorithme qui le classe, le PageRank de Google. En mesurant l’autorité du lien sur la toile, un principe original de classement de l’information s’est inventé dans le monde numérique.
Cependant, d’autres métriques de l’information se sont aujourd’hui généralisées avec les compteurs du web social et les techniques de recommandation personnalisées.
Ces différentes familles de calcul cherchent à mesurer et à valoriser des principes différents : la popularité, l’autorité, la réputation et la prédiction efficace. Le déploiement des calculateurs dans les services numériques se réalise à la faveur de transformations des épistémologies statistiques mises en œuvre par les algorithmes avec la généralisation des techniques d’apprentissage (machine learning).
L’approche sociologique proposée par Dominique Cardon cherche à comprendre de l’intérieur ce que "veulent" faire les algorithmes. Elle soutient que les manières de calculer enferment des représentations particulières des individus et de leur place dans nos sociétés.
Comprendre les algorithmes c’est aussi un moyen de redonner du pouvoir aux utilisateurs et de favoriser une critique éclairée de la manière dont le calcul s’introduit de plus en plus dans nos vies numériques.

Accélération technologique : comment ne pas devenir fou ? Avec Bernard Stiegler à la Bambouseraie d'Anduze.


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15.07.2016

Parmi les différents axes de recherche du philosophe Bernard Stiegler, le numérique et l'automatisation mondiale du travail ont pris une part importante dans sa réflexion sur l'avenir de la société.
Dans les 20 prochaines années, des millions d'emplois salariés auront irréversiblement disparu au profit de la robotisation des tâches, qu'elles soient manuelles ou administratives. Cannibalisés par les technologies capitalistiques, médusés par l'accélération phénoménale de l'innovation technologique et la puissance totalement inédite qu'elle engendre (5 milliards de smartphones, 1 milliard de sites internet), nous nous trouvons dans l'incapacité de nous y adapter, parce que le temps des savoirs de l'homme est infiniment plus lent que le temps du numérique. C'est la disruption.
Cela fait obligation de reconsidérer à nouveaux frais la question du travail, des savoirs, de leur transmission, de l'avenir, de féconder par de nouvelles idées et de nouveaux rêves une autre réalité individuelle et collective, pour que le raz-de-marée de technologies conçues à des fins d'assujettissement ne nous entraîne pas dans la désertion de soi, l'abstention politique, la radicalisation des croyances et la violence. Dans une folie massifiée.

Une soirée organisée par la librairie La porte des mots.