Des choses cachées depuis la fondation du monde. Avec René Girard sur France Culture.


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12.1978

En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.

Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.

René Pommier, pourfendeur de fariboles. Avec Henri de Monvallier à l'Université Populaire d'Issy-les-Moulineaux.


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2021

Agrégé de lettres, ancien élève de l'École normale supérieure et spécialiste du XVIIe siècle, René Pommier s'est imposé comme un critique redoutable, animé par une exigence rationaliste et un goût certain pour la polémique. Ses travaux, nourris par une érudition rigoureuse, consistent à déconstruire ce qu'il considère comme des impostures intellectuelles, souvent érigées en dogmes. Son parcours universitaire classique contraste ainsi avec l'audace de ses prises de position, toujours argumentées, mais rarement consensuelles.
S'attaquant aussi bien aux penseurs religieux qu'aux figures majeures des sciences humaines, Pommier démonte avec une précision implacable les discours qu'il juge irrationnels, infondés ou mystificateurs. Il réfute ainsi l'interprétation barthésienne de Racine, qu'il juge absurde et prétentieuse, avant de s'en prendre à Pascal, dont il démonte les raisonnements apologétiques au nom d'un rationalisme rigoureux. Sa critique de Freud, qu'il accuse d'avoir bâti une œuvre relevant plus du mythe que de la science, s'inscrit dans la même logique démystificatrice. Girard, autre figure intellectuelle célébrée, est à son tour passé au crible : Pommier démonte son concept de désir mimétique et dénonce ses lectures littéraires comme profondément erronées. Enfin, son analyse des écrits de Sainte Thérèse d'Avila se veut une mise à nu d'un discours mystique qu'il lit comme une pure manifestation de folie, imperméable à toute forme de doute ou de réflexion critique.
Cette série de conférences, placée sous le signe de la rigueur et de l'irrévérence, invite à une réflexion stimulante sur les limites de la foi, de la théorie et de l'autorité intellectuelle. À travers ses lectures incisives, René Pommier nous pousse à exercer sans relâche notre esprit critique, même – et surtout – face aux figures les plus respectées du panthéon intellectuel.

La psychanalyse à l'école de la littérature ? Avec Eric Marty sur France Culture.


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29.03.2018

La littérature ne serait-elle pas la meilleure voie pour entrer dans le discours si tortueux de Lacan, un discours qui se tient toujours aux marges de la Chose et ne touche au réel que par le détour des jeux de mots ? Elle serait justement la voie par laquelle les concepts lacaniens s'avèrent tributaires de l'imaginaire, d'une mythologie personnelle que Lacan doit, par exemple, à Sade, lorsqu'il fait s'originer son éthique dans une expérience du tragique qui reçoit le nom de "seconde mort".
L'écrivain Eric Marty de nous raconter Lacan en lecteur qui sait ne pas se laisser prendre au piège de la lettre...

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

De la transgression à la perversion. Avec Dany-Robert Dufour et Isabelle Alfandary sur France Culture.


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10.01.2024

La perversion peut être comprise comme une transgression des normes. Cette déviation peut-elle trouver une explication dans le fonctionnement de notre psychisme ? Pour Sigmund Freud, la transgression a un rapport avec la recherche du plaisir qui nous anime dès l'enfance. Ainsi, "la perversion pour Freud fait partie d'un développement que l'on pourrait dire 'normal' ", explique Isabelle Alfandary, "elle n'est pas forcément un vice". Autrement dit, "la grande découverte freudienne va avec l'idée qu'on ne devient pas pervers, on le reste". Qu'est-ce qui caractérise donc la perversion adulte ?
Il est également possible de tenter de comprendre la perversion d'un point de vue politique et social. Observe-t-on une perversion sociale ou au contraire assiste-t-on à un plus grand durcissement des mœurs ? Pour Dany-Robert Dufour, "nous sommes passés d'un système théologico-politique à un autre" : "nous étions dans un système répressif, avec donc l'idée de l'amour de Dieu qui était au centre de ce système, et maintenant, nous sommes dans un système incitatif", dans lequel il serait possible "de satisfaire toutes nos appétences".
La systématisation de la transgression ne serait-elle pas une inclination perverse ? Peut-elle se manifester dans une lutte contre une société pervertie ? Dans quelle mesure le "capitalisme de consommation" serait la cause de cette perversion ? 

Émission "Avec philosophie", animée par Géraldine Muhlmann.

D'une théorie psychanalytique spinoziste. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert à l'Université Paris VIII Vincennes.


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06.03.2025

Que le spinozisme et la psychanalyse aient des affinités a priori, le fait n'a pas manqué d'être remarqué de longue date. La causalité insue, la critique du libre-arbitre, celle de l'ego substantiel : autant de lieux partagés. Étonnamment, la discussion n'est pas allée beaucoup plus loin que leur repérage, celui des lieux de frictions également, mais sans conduire à quelque mouvement de fertilisation croisée. Il y a pourtant matière.
Le livre présenté ici (Pulsion, La Découverte, 2025) est parti de l'idée que chacun avait à gagner de l'autre. La philosophie spinoziste vient résoudre des difficultés théoriques de la psychanalyse restées pendantes quasiment depuis sa fondation. La psychanalyse vient, elle, attirer l'attention du spinozisme sur un événement de l'existence humaine qu'il a étrangement ignoré – et sur l'ampleur de ses conséquences : nous sommes nés !
C'est cependant une jonction asymétrique qui se trouve ici proposée puisqu'il s'agit de couler les grandes intuitions de la psychanalyse dans le cadre théorique du spinozisme, d'où sont réengendrés à nouveaux frais ses concepts fondamentaux : pulsion, jouissance, "manque" et désir, inconscient, symbolique, etc. Avec pour intention de montrer qu'une lecture "plate" de l'Éthique manque quelque chose : la violence de certains emparements, qui sont le propre de la vie psychique. Et qu'une théorie de la vie passionnelle doit nécessairement être une théorie de la vie pulsionnelle.

La psychanalyse après son naufrage réactionnaire. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert pour Le Média.


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02.2025

Si la psychanalyse s'est invisibilisée dans le champ des sciences sociales au cours des dernières décennies alors qu'elle avait offert des outils de compréhension importants jusque dans les années 1970 et si, depuis, de multiples dérives réactionnaires l'ont largement discréditée, c'est, écrivent Frédéric Lordon et Sandra Lucbert, parce qu' "elle a seulement fait la théorie psychique d'un lieu et d'un temps" tout en se prétendant catégoriquement "science générale". Ce "général", soulignent-ils, "transpirait l'Occident patriarcal"...
Pour autant, l'engagement des forces pulsionnelles de la psyché dans les rapports sociaux demeure un élément structurant de la politique ; la compréhension du régime capitaliste, y compris et surtout des dynamiques néofascistes actuelles, ne saurait en faire l'économie.
Auteurs d'un livre ambitieux intitulé Pulsion. Capitalisme, fascisme et pulsionnalité, Frédéric Lordon et Sandra Lucbert reviennent sur les raisons pour lesquelles ils ont entrepris de "reprendre tout l'appareil conceptuel" de la psychanalyse "pour le brancher sur la variabilité des mondes collectifs" et en faire à nouveau un instrument de compréhension opératoire.

Émission "On s'autorise à penser", animée par Julien Théry.

Pulsion. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert au Centre National de la Danse à Pantin.


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17.01.2025

On fait – mais on ne sait pas ce qu'on fait. On parle – on ne sait pas ce qu'on dit. Pas davantage à qui. On défère, on ignore à quoi. On accumule des biens, mais sans idée de ce qu'on cherche.
Double-fond des actions individuelles. Et double-fond des rapports sociaux. Qui, à leur logique propre, ajoutent celle, le plus souvent inaperçue, de l'investissement pulsionnel.
C'est la psychanalyse qui a ouvert cette perspective, et c'est elle qui l'a refermée. Ouverture : les concepts du double-fond – pulsion, inconscient, jouissance, fantasme, refoulement. Fermeture : LePhallus, LaCastration, LaLoi – soit la transfiguration à majuscules d'un ordre social-historique contingent en éternité du Symbolique. La psychanalyse s'est voulue science générale, elle a seulement fait la théorie psychique d'un lieu et d'un temps. Son "général" transpirait l'Occident patriarcal.
Alors, reprendre tout l'appareil conceptuel – pour le brancher sur la variabilité des mondes collectifs.
Avec l'oubli – le discrédit – de la psychanalyse, la pulsion s'était absentée du discours. En réalité, elle n'a jamais cessé d'irriguer les formations sociales et leurs rapports. Entre capitalisme devenu forcené et fascisme de retour, la voilà même qui sature à nouveau le paysage politique – pas pour le meilleur. Déterminante d'autant plus qu'invisible. Il était temps de s'en occuper à nouveau.

La pensée politique de Deleuze et Guattari. Avec Karim Piriou sur Politikon.


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10.2024

Pourquoi préférer la servitude à la liberté ? Telle est le grande question de la philosophie politique pour Deleuze et Guattari.
Répondre à cette question, c'est d'abord plonger dans l'Anti-Oedipe et comprendre le fonctionnement du désir, les machines désirantes et les corps sans organe. La schizophrénie comme processus et non comme maladie est alors pensée contre la psychanalyse et le capitalisme. Ensuite, il s'agit de se concentrer sur Mille Plateaux : revenir sur la notion de rhizome, puis ouvrir des espaces lisses avec la nomadologie et les machine de guerres.
Avec toujours cette question : comment résister contre la répression qui s'instaure parfois au plus profond de nous-même ? Comment combattre le fascisme en nous ?