Le défi populiste. Avec Chantal Mouffe à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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12.12.2017

Le professeur de science politique Chantal Mouffe examine les raisons pour lesquelles nous assistons aujourd'hui à un "moment populiste" avec l'émergence de mouvements qui construisent la frontière politique sur le mode d'une opposition entre "le peuple" et "l’establishment".
Elle défend l'idée qu'il s’agit d'une forme de résistance à la "post-démocratie" qui est la conséquence de l'hégémonie néo-libérale. Ces résistances peuvent être articulées à travers des vocabulaires très différents et c'est là que se situe la différence entre le populisme de droite et le populisme de gauche.

La droitisation du monde, toujours en marche ? Avec François Cusset à l'Université Populaire d'Amiens.


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29.01.2018

Cynisme économique, normalisation sociale, conservatisme moral, crispation sécuritaire, recul de la démocratie, et, en réaction, replis nationaux ou folies théocratiques... Toutes ces facettes de notre présent ne seraient-elles pas l'effet d'un unique phénomène, celui d'une droitisation du monde depuis près de 40 ans ?
En effet, on pourrait repérer trois phases majeures de ce tournant à droite : la première, dans les années 80, réussit à faire de la vision néo-libérale prônant dérégulation et concurrence l'opinion dominante, en un véritable coup de force idéologique renversant tous les idéaux collectifs des années 60-70 ; la deuxième, dans les années 90 entre la chute du mur de Berlin et les attentats du 11 septembre, sous couvert de retour au réel et de "fin des idéologies", financiarise allègrement l'économie mondiale en la soumettant aux actionnaires ; et la troisième, dans les années 2000, correspond au tournant sécuritaire qui, au prétexte  d'une "guerre de civilisation", autorise une alliance inédite entre ultralibéraux et néoconservateurs et instaure dans tout le monde occidental l'État policier austéritaire au service des marchés.
Or le régime néo-libéral sécuritaire qui découle de cette triple contrerévolution n'a rien à voir avec le laisser-faire de l'idéal libéral classique, mais constitue un régime normatif et biopolitique qui s'accapare les vies individuelles en régissant les esprits et les corps, aussi bien par l'usage qu'il impose de l'Internet et du téléphone mobile que par ses injonctions à la santé comme à la performance sportive ou sexuelle. Tout contribue ainsi à atomiser les rapports sociaux et à rendre aujourd'hui impensable l'idée de conflit social.
Cependant, un tel tournant à droite est-il fatal et irréversible ? S'intensifie- t-il, ou bien s'infléchit-il ? Ne finira-t-il pas par atteindre un point de non-retour impliquant son implosion ? Et de nouveaux mouvements émancipateurs, aussi diverses que soient leurs formes, n'émergent-ils pas progressivement partout dans le monde pour inverser la trajectoire ?

Macron, l'incarnation du bloc bourgeois. Avec Bruno Amable sur Le Média.


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06.2019

Comment En Marche a capté l'électorat du bloc bourgeois ? Quelle stratégie opposer face à ce bloc, entre populisme, souverainisme, ou plutôt retour à une union de la gauche, façon programme commun ? Les gilets jaunes sont-ils l'expression de l'anti bloc bourgeois qui pourrait naître de la recomposition politique en cours ?
Pour tenter de répondre à ces questions, Théophile Kouamouo reçoit Bruno Amable, co-auteur avec Stefano Palombarini de L'illusion du bloc bourgeois.

Critiquer Foucault. Avec Daniel Zamora sur Radio Campus Bruxelles.


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07.01.2015

Lorsque Michel Foucault décède en 1984, c’est également le monde de l'après guerre, ses institutions et ses espoirs de transformation sociale, qui s'éteint avec lui. Les décennies qui suivront seront indéniablement celles du triomphe du néolibéralisme et des attaques contre les droits sociaux. Si Michel Foucault n'en a pas été le témoin direct, son oeuvre dans ce domaine apparaît néanmoins visionnaire. La question du libéralisme occupe en effet une place importante dans ses derniers écrits. Depuis sa disparition, l’appareil de pensée foucaldien a, en outre, acquis une place centrale, pour ne pas dire dominante, au sein d’un large pan du monde intellectuel de gauche.
Pourtant, l'attitude du philosophe face au néolibéralisme fut pour le moins équivoque. Loin de mener une lutte intellectuelle résolue contre la doxa du libre marché, Michel Foucault semble, sur bien des points, y adhérer. Comment en effet interpréter sa critique radicale de la sécurité sociale, qualifiée d'instrument d'accomplissement du "biopouvoir" ? Ou son soutien aux "nouveaux philosophes" ?
Foucault aurait-il été séduit par le néolibéralisme ? Cette question, loin d’incarner simplement les évolutions d'un intellectuel, interroge plus généralement les mutations d'une certaine gauche de l'après-mai 68, les désillusions à venir et les transformations profondes du champ intellectuel français au cours des trente dernières années. Comprendre les années 1980 et le triomphe néolibéral, c'est également explorer les recoins les plus ambigus de la gauche intellectuelle à travers une de ses plus importantes figures.

Apprendre, éduquer, transmettre. Avec Barbara Stiegler à Cap-Ferret.


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08.06.2019

La philosophe Barbara Stiegler vient de publier "Il faut s'adapter" : Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 2019), dans lequel elle se penche sur les sources biologiques du néolibéralisme.
Car cette idéologie est beaucoup plus structurée, politique et hégémonique que l'affiliation à une simple théorie économique pourrait le laisser penser. C'est avec elle que les catégories empruntées à la biologie que sont l' "évolution", la "sélection", l' "adaptation" et la "compétition" se sont mises à dominer l'ensemble du champ politique contemporain, particulièrement dans les domaines du droit, de l'éducation et de la santé.
Barbara Stiegler, dont les travaux sont à situer dans la lignée de ceux entamés par Michel Foucault, réinstruit le procès du néolibéralisme.

Entretien mené par Sylvie Hazebroucq dans le cadre des 8e rencontres "Cap Philo".

Happycratie. Avec Eva Illouz à la Librairie Mollat.


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15.05.2019

L'industrie du bonheur et du développement personnel prétend que le bonheur se construit, s'enseigne et s'apprend : telle est en tout cas l'idée à laquelle la psychologie positive, née au tournant du siècle, s'attache à conférer une légitimité scientifique. Les individus doivent pouvoir se reprogrammer en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ? Et si la dite "science du bonheur" visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?
Eva Illouz explore les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle, dans la droite ligne de ses précédent travaux qui montraient comment les marchandises et les émotions étaient désormais coproduites au point de se confondre dans nos modes de vies actuels.

Figures juridiques de la démocratie économique. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2017

Quels sont les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie ? Comment la démocratie pose-t-elle la règle de la répartition des richesses ? Comment le droit social peut-il être ancré dans une représentation partagée de la justice ? Quels sont les dispositifs qui ont pu exprimer l'idée de démocratie économique à l'âge industriel ? Et comment cette démocratie économique a-t-elle finalement reflué sous l'effet du tournant néolibéral ?
Après avoir montré les effets du recul du gouvernement par les lois et la résurgence de nouvelles figures de l'allégeance au sein de l'ordre juridique, le juriste Alain Supiot entend mener une réflexion sur le concept, l'histoire et la pratique de la démocratie économique entendue comme l'ancrage du droit social dans une représentation partagée de la justice.
Car le problème principal qui se pose aujourd'hui est de ré-encastrer (Karl Polanyi) les marchés dans la société et de cesser de réduire la vie humaine à la vie économique, et la vie économique à l'économie de marché...

La rente au coeur du système politico-économique. Avec Bernard Conte à Talence.


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19.09.2017

La rente économique est un profit additionnel qui excède le profit correspondant à un rendement "normal" sur le capital investi. Elle émane d'une rareté naturelle ou le plus souvent artificielle d'une ressource. La rente est liée à la "propriété" et peut être foncière ou financière, généralement générée par une position dominante.
Bernar Conte nous montre que le façonnage de la rente et sa distribution, théorisée au XVIIIe siècle, sont malheureusement toujours au cœur du fonctionnement du système politico-économique...