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Les cinq penseurs présentés par Patrick Chastenet partagent le même amour de la liberté et de la nature. Trois se réclament de l'anarchisme, deux en sont proches, tous ont profondément enrichi le terreau libertaire de l'écologie politique.
Patrick Chastenent lui-même s'est lié d'amitié avec Jacques Ellul, dont il est un spécialiste reconnu. Il a sympathisé avec Ivan Illich et Bernard Charbonneau avant de découvrir les œuvres d'Élisée Reclus et de Murray Bookchin.
Son travail de présentation, rigoureux et vivant, nous introduit aux pensées de ces précurseurs encore trop méconnus mais dont l'actualité n'a pas fini de nous étonner.


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La civilisation industrielle ne s'est pas imposée sans résistances. De grands esprits critiques se sont toujours levés contre la liquidation des artisans et des paysans, contre la destruction de l'environnement et le bouleversement des modes de vie, contre l'emprise du marché et des machines sur les individus. La contestation de l'idéologie du Progrès que porte aujourd'hui le courant de la décroissance se situe dans cette longue filiation.
Parmi ces illustres devanciers, de nombreux penseurs ont de quoi alimenter les réflexions actuelles de tous ceux qui aspirent à une société centrée sur l'humain, et non plus soumise à la mégamachine. Leurs pensées, profondes, intemporelles et clairvoyantes, remettent radicalement en cause le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise... Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.


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Après deux ans de questions-réponses en vidéo sur ERTV, l'émission Soral répond revient sous un nouveau format sur ERFM, la radio en ligne et en continu d'Égalité & Réconciliation.
Le principe : les auditeurs qui le souhaitent posent leurs questions sur le répondeur du polémiste qui choisit ensuite les meilleures et y répond.


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Partisan dès les années 1930 d'une limitation volontaire de la croissance économique, Bernard Charbonneau (1910-1996) voulait faire du "sentiment de la nature" au sein du personnalisme ce qu'avait été la conscience de classe pour le socialisme. Selon lui, l'homme a autant besoin de nature que de liberté, mais la civilisation techno-industrielle menace les deux.
Dans ses nombreux livres, il fustige la standardisation des goûts et les méfaits d'une agro-industrie provoquant la triple éradication des paysans, des paysages et des nourritures savoureuses. Il souligne le paradoxe du tourisme de masse qui correspond à un désir authentique d'échapper à l'enfer urbain, mais qui saccage les espaces découverts par les pionniers et entraîne ce à quoi le touriste voulait échapper : la promiscuité, le béton et la réglementation.
Dans ces longs entretiens réalisés quelques mois avant sa mort, Bernard Charbonneau -et sa femme Henriette- nous racontent son parcours. Il fut celui de l'un des premiers qui, en France, développa une pensée écologiste, mais aussi profondément humaniste et ironique, constituant toujours aujourd'hui une joyeuse invitation à la réflexion et à l'action.
Un entretien mené par Michel Bergès et Daniel Cérézuelle.


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Et si christianisme et anarchisme étaient deux manières d'être au monde présentant de nombreuses affinités ?
Militant anarchiste communiste depuis 1975, Bernard Appy se convertir au christianisme (dans son acception protestante) pendant le cours des années 80. Il explicite ici la logique de son parcours politique et spirituel, dans lequel il voit une évidente continuité, en s'appuyant notamment sur les écrits de Jacques Ellul.


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Le penseur inclassable qu'est Jacques Ellul nous laisse des réflexions qui éclairent la condition de l'homme moderne. Soumission à la technique, illusion politique, idéologie du progrès et du développement, subversion du christianisme : autant de thèmes qu'il aborde ici et qui laissent deviner la figure d'un Homme divisé à laquelle il oppose la figure de l'Homme entier.
Une parole forte qui résonne encore aujourd'hui.


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Depuis plusieurs décennies, Jacques Ellul, dont la notoriété est plus grande à l'étranger qu’en France, poursuit une œuvre de théologien et de sociologue. Dans Trahison de l'Occident, il s'interroge sur les rancoeurs à l'égard de l'Occident. Esclavage, impérialisme, colonialisme ont suscité la haine et le rejet et ses propres enfants le couvrent de sarcasmes et d'insultes.
Se gardant de toute apologie ou autosatisfaction, Jacques Ellul s'attache aussi à montrer tout ce que l'Occident a apporté, en particulier les idées de liberté et d'individualisme. Un argumentaire puissant et pugnace qui donne à réfléchir sur nos rancoeurs naturelles à l'égard de cet Occident qui nous a pourtant tout donné, y compris la faculté de le critiquer
Émission "Questionnaire", animée par Jean-Louis Servan-Schreiber.


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Pour le sens commun, le progrès technique est indiscutable : ses bienfaits s'étendent à tous les domaines et ne font pas question. Pourtant, depuis au moins deux siècles, l'accélération, la sophistication et la généralisation des techniques se sont accompagnées de fortes critiques décrivant une dépossession croissante de l'existence par une innovation technologique que plus personne ne contrôle. Elle prétend régler les problèmes qu'elle a elle-même provoqués, nous entraînant dans un emballement qui semble sans limite et dont la face obscure et grandissante est déniée, accusant toute interrogation d'arriération et d'obscurantisme.
C'est en philosophe de la technique que Daniel Cérézuelle, dans la lignée des penseurs technocritiques comme Jaques Ellul ou Bernard Charbonneau, produit des travaux cherchant à cerner cette idéologie omniprésente qui voudrait faire croire que l'histoire des sociétés obéit à un "développement" sur lequel les humains n'auraient aucune prise.