La Troisième nuit de Walpurgis de Karl Kraus : langage, vie et politique. Avec Jacques Bouveresse à l'Université de Lausanne.


(0)
193 Vues
0 commentaire
28.05.2008

"Il y a une chose pire que le meurtre, c’est le meurtre avec mensonge ; et le pire de tout, c’est le mensonge de celui qui sait : prétexte d’une incrédulité qui ne veut pas croire au forfait mais croire le mensonge ; docilité de celui qui se fait aussi bête que le veut la violence." Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis.
Lorsqu’en 1933 Hitler devient Chancelier, le polémiste autrichien Karl Kraus dénonce dans les mois qui suivent, dans un texte de 360 pages, la mise en place de la mécanique de l’horreur nazie. S’attaquant principalement à la presse qu’il tient pour responsable de la création du national-socialisme, son texte est un cri que personne ne veut alors entendre: "Si on se bouche les oreilles on n’entend plus aucun râle" écrira-t-il.
Karl Kraus est mort en 1936. Qui l’a entendu ?

Les guerres de Karl Kraus. Avec Jacques Bouveresse au Collège de France.


(0)
261 Vues
0 commentaire
29.03.2005

Karl Kraus est le seul Autrichien de ce siècle à avoir gagné deux guerres mondiales (Hans Weigel). Il a moralement gagné la première notamment en publiant, avec Les Derniers jours de l'humanité, un des réquisitoires les plus impitoyables qui aient jamais été conçus contre elle et contre la guerre en général. Et il n'y a rien d'artificiel ou d'exagéré dans le fait de suggérer qu'il a gagné également de façon anticipée la deuxième, en écrivant, en 1933, avec la Troisième Nuit de Walpurgis, un des textes les plus perspicaces et les plus puissants qui aient été produits sur une catastrophe dont il n'a pourtant vécu que les débuts, puisqu'il est mort en 1936, avant d'avoir connu le pire.
Cette conférence est consacré à certains aspects des nombreuses guerres que Kraus a menées non seulement contre la guerre, mais également contre le mensonge, la corruption, l'inhumanité et la barbarie sous toutes leurs formes.

Remarque : la qualité de l'enregistrement est médiocre.

Georges Canguilhem, écrits de jeunesse. Avec Jacques Bouveresse et Jean-François Braunstein sur France Culture.


(0)
174 Vues
0 commentaire
27.01.2012

Pour toute une génération de normaliens, Georges Canguilhem (1904-1995), médecin et philosophe, issu d’un milieu paysan, était surnommé le "Cang".
Il nous est donné de mieux connaître aujourd’hui cette figure mythique de la philosophie française grâce à la publication de ses écrits de jeunesse (1926-1939), qui composent le premier tome des ses œuvres complètes, il y en aura six.
Quel plaisir de partir à la découverte de ce Canguilhem perdu ! Auteur d’une centaine d’articles paru dans la revue d’Alain Libres propos, d’un essai sur le fascisme et les paysans, d’un traité de logique et de morale, de discours de circonstances, ce "Canguilhem avant Canguilhem", préfigure par bien des côtés l’homme de la maturité.
La préface de Jacques Bouveresse et les présentations d’Yves Schwartz et de Jean-François Braunstein permettent d’apprécier à sa juste valeur la trajectoire du jeune et fougueux Canguilhem. Ennemi déclaré de la conception déterministe du milieu défendue par Taine (1828-1893) et Barrès (1862-1923), rétif à la psychologie, à la sociologie, à l’histoire, il fustige ceux qui se soumettent aux faits parce que "le fait traduit non pas ce qu’on fait, mais ce qu’on ne fait pas". Cet idéalisme, ou plutôt ce radicalisme, à la manière d’Alain, est tempéré par une insatiable curiosité intellectuelle, un goût prononcé pour la pédagogie, et l’activité toujours reconduite du jugement.

Emission "Les Nouveaux chemins de la connaissance", animée par Philippe Petit.

Nietzsche contre Foucault. Avec Jacques Bouveresse à la Librairie Tropiques.


(0)
517 Vues
0 commentaire
07.04.2016

Jacques Bouveresse sintéresse ici au rapport conflictuel de Nietzsche avec Michel Foucault (qui fut son prédécesseur au Collège de France après avoir été son condisciple sur les bancs de Jules Vuillemin).
L'occasion de se demander dans quelle mesure on pourrait relativiser le jugement "sévère mais juste" de Jean-Marc Mandosio quand il affirme, avec quelques solides arguments que : "Foucault applique la recette traditionnelle de l’essayisme dans le goût français : revisiter de façon "brillante" des lieux communs en faisant primer la rhétorique sur l’exactitude." Une problématique qui pourrait passer pour corporatiste et qui ne serait qu'anecdotique si ce "goût gentrifié" de nos générations successives de clercs hexagonaux n'avait produit le désert intellectuel, social et politique que doivent affronter aujourd'hui les "générations post-mitterand"...
Sur la vérité, l’objectivité, la connaissance et la science, il est trop facilement admis aujourd’hui – le plus souvent sans discussion – que Foucault aurait changé la pensée et nos catégories. Mais il y a dans ses cours trop de confusions conceptuelles entre vérité, connaissance et pouvoir, trop de questions élémentaires laissées en blanc et, tout simplement, trop de non-sens pour qu’on doive se rallier à pareille opinion.
Quant au nietzschéisme professé par Foucault, il repose sur une lecture trop étroite, qui ne résiste pas à une confrontation attentive avec les textes, notamment ceux du Nietzsche de la maturité.

Une conférence introduite par Jean-Jacques Rosat.

Robert Musil et L'homme sans qualités. Avec Jacques Bouveresse pour Citéphilo à Lille.


(0)
421 Vues
0 commentaire
17.11.2012

Dans un article intitulé "Pourquoi je suis si peu français ?", Bouveresse revient sur ses affinités avec la littérature autrichienne, et plus particulièrement avec ce grand penseur ironiste qu'est Robert Musil.
On pourrait croire que la littérature paye sa profondeur esthétique d'un manque de clarté et d'un déficit conceptuel ; pourtant, c'est bien dans l'œuvre de Musil, plus que dans celle des philosophes, que Bouveresse trouve exactitude et précision.
Là où Bouveresse avoue parfois s'identifier à l'homme sans qualités, héros du roman de Musil, il faut comprendre ce que ces références nous disent des rapports entre la philosophie et la littérature, entre la connaissance et la forme romanesque, et le pouvoir de diagnostic ou d'élucidation que peuvent posséder certaines œuvres de fiction.

Échange mené par Sophie Djigo et Gérard Engrand.

Wittgenstein, la modernité, le progrès et le déclin. Avec Jacques Bouveresse au Centre Pompidou.


(0)
448 Vues
0 commentaire
18.10.2000

Wittgenstein n’a jamais dissimulé son antipathie pour la civilisation contemporaine. Mais, à la différence de beaucoup d’autres, il n’a jamais essayé d’en tirer une philosophie. Il est difficile de trouver un philosophe qui l’ait été davantage que lui dans ses relations avec une époque que, de son propre aveu, il n’aimait pas et dans laquelle, en tout cas, il ne se sentait pas chez lui. L’attitude de Wittgenstein à l’égard du monde contemporain a consisté à éviter la perte de temps et d’énergie que représente le pathos de la protestation, de la dénonciation et de la déploration, dans lequel donnent si volontiers les intellectuels d’aujourd’hui, et à s’accommoder avec le maximum de sobriété et d’efficacité des conditions qui lui étaient imposées pour la tâche qu’il estimait avoir à remplir.

Un entretien mené par Alban Bouvier, Frédéric Nef, Ruwen Ogien et Clément Rosset dans le cadre du cycle "Réponses et objections".

Karl Kraus, combattant du verbe. Avec Jacques Bouveresse, Gérard Stieg, Jacques le Rider, Daniel Schulthess, Roger Lewinter et Vincent Grandjean sur la RTS.


(0)
663 Vues
0 commentaire
2014

Avec Karl Kraus, nous sommes à Vienne en un temps où la futilité l’emportait sur la gravité, d’abord au seuil de la Première Guerre Mondiale dont Kraus vit tout de suite qu’elle menait à la destruction de l’empire austro-hongrois, et à ce qui allait suivre plus tard avec l’avènement de nazisme et de Hitler.
Cette émission, en compagnie de nombreux invités, nous propose de revenir sur l’œuvre de l'écrivain juif autrichien Karl Kraus, et sur l'extrême lucidité dont il a fait preuve tout au long de sa vie.

Émission "Le labo", animée par David Collin.

Kurt Gödel : logique, vérité et démontrabilité. Avec Jacques Bouveresse au Collège de France.


(0)
725 Vues
0 commentaire
06.2013

Un cours de Jacques Bouveresse consacré au concept de Vérité dans le monde des mathématiques.
Où l'on en apprend plus sur les travaux du grand mathématicien autrichien, ce qui devrait logiquement nous prémunir des utilisations abusives qui ont été faites par certaines vedettes de l’intelligentsia philosophique française des théorèmes d'incomplétude...