Imperium. Avec Frédéric Lordon à l'Ecole Normale Supérieure.


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06.10.2015

Que faire des idéaux que sont l'internationalisme, le dépérissement de l'Etat et l'horizontalité radicale ? Les penser. Non pas sur le mode de la psalmodie mais selon leurs conditions de possibilité.
Ou d'impossibilité ? C'est plutôt la thèse que défend Frédéric Lordon, mais sous une modalité décisive : voir l'impossible sans désarmer de désirer l'impossible. C'est-à-dire, non pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais faire obstinément du chemin. En sachant qu'on n'en verra pas le bout.
Les hommes s'assemblent sous l'effet de forces passionnelles collectives dont Spinoza donne le principe le plus général : l'imperium - "ce droit que définit la puissance de la multitude". Et Frédéric Lordon de déplier méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé. Pour établir que la servitude passionnelle, qui est notre condition, nous voue à la fragmentation du monde en ensembles finis distincts, à la verticalité d'où ils tirent le principe de leur consistance, et à la capture du pouvoir.
Il ne s'en suit nullement que l'émancipation ait à s'effacer de notre paysage mental - au contraire ! Mais elle doit y retrouver son juste statut : celui d'une idée régulatrice, dont l'horizon est le communisme de la raison.

Géopolitique, finance, terrorisme, hacking : entretien d'actualité avec Etienne Chouard pour ThinkerView.


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04.08.2017

Une longue discussion en roue libre -parfois un peu trop !- sur les thématiques favorites d'Etienne Chouard (la monnaie, le processus constituant, la dénonciation du régime représentatif, etc.) et sur des sujets d'actualité (les révoltes au Vénézuéla, le travail de la France Insoumise au parlement, etc.).

Le rôle historique des institutions dans le progrès des sciences. Avec Jacques Blamont à l'Université de Toulouse.


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03.05.1999

Jacques Blamont présente l'historique d'un mode particulier de la recherche scientifique, l'agence d'objectifs. Après en avoir donné une définition et les principales caractéristiques, il date la naissance des agences d'objectifs contemporaines -marquant le passage d'une recherche scientifique universitaire à une recherche gouvernementale- par la mise en œuvre de la recherche spatiale avec la création de la Direction des armements de la Wehrmacht en 1932, la création d'une agence américaine à la demande d'Einstein et sur l'initiative de Roosevelt en 1942, la création, la même année, du NKVD en Union soviétique. Sur le modèle américain, la France créera le Centre National des Études Spatiales et le Commissariat à l'Énergie Atomique.
Pour Jacques Blamont, l'histoire des agences d'objectifs s'enracine dans l'histoire lointaine des institutions portées par les politiques scientifiques stratégiques des gouvernements ou des "princes", dès le VIIIe siècle avant JC à Babylone et son collège des Mages, ensuite à Alexandrie avec le Musée et sa grande bibliothèque fondés par Ptolémée Sôter dont la dynastie mènera pendant plus de cent ans une politique d'investissements dans le domaine astronomique (mesures de positions stellaires) pour contribuer à la suprématie navale puis dans le domaine de la médecine.
Jacques Blamont démontre ensuite comment, du XIIIe siècle et jusqu'au XVIIe siècle, des institutions scientifiques comme les universités européennes créées à l'initiative d'Innocent III, l'observatoire danois Uraniborg (fondé par Tycho Brahé avec les subsides de Frédéric II), le Collège romain institué par le jésuite Ignace de Loyola et le Pape Grégoire XIII, la Royal Society en Angleterre et l'Académie des sciences en France, etc. ont œuvré selon les principes d'agences d'objectifs caractérisées.

La Gouvernance par les nombres. Avec Alain Supiot pour la Fondation Hugot du Collège de France.


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2017

Cet entretien, qui rend compte d'une série de deux cours prononcés au Collège de France par Alain Supiot ("Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres" et 2012 et "Les figures de l'allégeance" en 2013), nous permet d’accéder avec fluidité au déroulement d’une pensée complexe qui nous ouvre les portes de l’histoire du Droit et du mode de gouvernement des hommes. Nous découvrons comment le droit a toujours participé, avec l’art et la science, de l’imaginaire des hommes, véritable lien entre le réel et l’idéal, qui porte les civilisations.
Mais l’imaginaire industriel a fait son temps, et nous entrons aujourd’hui pleinement dans l’ère de l’imaginaire cybernétique, qui répond au vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul. Un discours qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes, ne laissant aux hommes, ou aux États, d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux, au mépris du droit social.
Véritable manifeste contre le Marché total et les usages normatifs de la quantification économique, la parole d'Alain Supiot nous permet de pénétrer dans les arcanes du droit, les dysfonctionnements qui frappent l’Europe, et de mieux comprendre les soubresauts institutionnels qui bouleversent notre époque.

Réflexions sur le dépérissement de l'Etat. Avec Alain Supiot à l'université Aristote de Thessalonique.


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03.05.2017

L'histoire juridique de l'édification de l'Etat moderne donne une idée de sa grandeur. Mais ce souverain débonnaire, tolérant la contestation et répondant du bien-être de ses sujets, semble aujourd'hui frappé de misère, comme l'illustre tristement le cas de la Grèce. Exposé par l'ouverture de ses frontières commerciales à des risques financiers systémiques, il voit ses ressources s'effriter et ses charges augmenter.
D'inquiétants docteurs se pressent à son chevet. Certains lui prescrivent saignée sur saignée, tandis que d'autres dressent déjà son acte de décès.
Plutôt que de cette médecine létale, c'est d'un diagnostic précis dont nous avons besoin afin de comprendre les causes profondes du dépérissement de l'Etat.

Ce discours est prononcée par Alain Supiot, Professeur au Collège de France, à l'occasion du titre de docteur honoris causa de l'université Aristote de Thessalonique qui lui est décerné.

Faut-il sauver la Cour Pénale Internationale ? Avec Juan Branco à Aix-en-Provence.


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20.02.2017

En pleine crise de légitimité, la Cour Pénale Internationale est le fruit de nombreuses critiques, notamment en cause, son action se concentrant sur le continent africain alors qu’aucune enquête n’a par exemple été ouverte pour le cas de la Palestine ou de l’Afghanistan.
Au coeur des enjeux internationaux, la Cour Pénale Pnternationale peut-elle s’affranchir du jeu des grandes puissances afin d’instaurer une réelle justice pénale internationale?
Juan Branco, ancien assistant du procureur à la Cour Pénale Internationale, s’appuie sur son expérience afin de mettre en lumière les limites relatives à son fonctionnement.

Une conférence organisée par l'association Reesah - REseau d'Etudiants Spécialisés en Action Humanitaire.

L'école selon la conception française : analyse des vices originels d'un échec prévisible. Avec Yves Morel chez David Mascré sur Radio Courtoisie.


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17.02.2012

La crise de l'Education Nationale révèle aujourd'hui les limites de l'organisation par l'Etat républicain des écoles, collèges, lycées et universités.
Mais cette crise est-elle le fruit d'une infidélité à l'esprit des pères fondateurs du système scolaire français, ou l'aboutissement de principes idéologiques et politiques surgis après la destruction en France de l'enseignement traditionnel confessionnel et décentralisé ? La formation des maîtres, l'établissement des programmes et des méthodes pédagogiques ne sont-ils pas confisqués par les tenants syndicaux d'une nomenclature savamment cooptée ?
L'abrutissement des nouvelles générations, le développement de l'illettrisme, l'échec scolaire et l'inaptitude du système à préparer à la vie professionnelle le doivent-ils aux principes de l'Ecole mixte laïque, gratuite et obligatoire qui régissent l'instruction publique, en particulier depuis Jules Ferry ?

Emission du "Libre Journal des sciences", animée par David Mascré.

La République peut-elle créer de la légitimité ? Avec Vincent Coussedière sur Radio Courtoisie.


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21.06.2017

Les élections présidentielles passent mais se ressemblent étrangement. À chaque fois, et il faut avoir la mémoire bien courte pour l'oublier, on assiste à une dramatisation croissante de l'enjeu, dramatisation qui cherche à masquer le doute sur l'utilité de l'élection et à remobiliser le peuple autour de son échéance. Chacun sent pourtant obscurément que ce dispositif fonctionne de moins en moins et qu'on n'y adhère plus guère, alors que les moyens de mise en scène n'ont jamais été aussi développés et sophistiqués. Ni l'invention des primaires, ni les pseudo rebondissements liés aux "affaires", ni l'enthousiasme de commande des commentateurs, ni les meetings des candidats rivalisant de professionnalisme spectaculaire, ne parviennent à masquer le problème fondamental posé par cette élection : en quelque quarante ans elle s'est montrée de moins en moins capable d'amener au pouvoir des hommes ou des femmes aptes à gouverner la France.
Aussi les électeurs s'en détournent-ils progressivement et opposent-ils une résistance sourde à l'adhésion qu'on cherche à leur extorquer par tous les moyens. On en appelle alors au "populisme" pour stigmatiser cette montée de l'indifférence, pouvant prendre aussi la forme d'une révolte, à l'égard d'une élection dont on pouvait penser autrefois qu'elle constituait le coeur battant de la vie politique française, et dont on s'aperçoit aujourd'hui qu'elle l'asphyxie et la détruit.
Vincent Coussedière se propose de revenir sur la responsabilité du système partisan français dans l'autodestruction de cette institution centrale de la République voulue par le général de Gaulle en 1962. Il montre comment les partis, que de Gaulle voulait écarter d'une élection conçue comme un système de sélection démocratique des grands hommes, ont repris la main sur celle-ci pour la détourner de son but. S'étant avérés des acteurs-clefs, en lien avec les médias, pour organiser l'élection, ils n'ont pas pour autant su accoucher de grands hommes. Tout au plus de dirigeants qui, à défaut de savoir gouverner la France, ont su la rendre ingouvernable.
Nous vivons la "fin de partie" du système partisan français

Emission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.