Comprendre Machiavel. Avec Denis Collin au Cercle Res Communa.


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18.01.2019

Peu d’auteurs ont une réputation aussi exécrable que Machiavel, devenu synonyme d'intelligence perverse et calculatrice. Denis Collin montre à quel point cette interprétation est non seulement hâtive, mais fausse.
Machiavel, fonctionnaire au service du pouvoir florentin et patriote déplorant l'absence d'un État italien unifié, s'est employé à tirer les leçons de changements majeurs dans le système économique et social de son temps.
Confronté à la disparition des républiques féodales et à la montée en puissance du capitalisme, il conclut à la nécessité du volontarisme politique pour préserver la liberté de la cité et de l'individu tout au long d'une histoire qui ne sera plus qu'une crise permanente.
Il refuse l'asservissement de la politique à la morale, par lucidité et non par cynisme. Maillon important d'une tradition politique où cousineront avec lui Spinoza, Rousseau ou Gramsci, il s'impose comme un précieux antidote à l'idéologie naïve de la démocratie d'aujourd'hui.

Quel internationalisme ? Avec Frédéric Lordon et Olivier Besancenot pour la Revue Ballast à Aubervilliers.


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30.03.2017

L'Internationale, on le sait depuis la chanson, sera le genre humain. Oui, mais comment ? Et tout se gâte, sinon s'enraie, ici. Nul n'oublie, depuis la boucherie de 1914, que les prolétaires eurent pourtant une patrie : des Français et des Allemands s'entretuèrent.
Le camp de l'émancipation brandit haut l'idéal internationaliste, de l'Espagne antifasciste des années 1930 au Che lançant, du Congo à la Bolivie, que "tout être humain véritable doit sentir dans son visage le coup donné au visage d’un autre être humain".
Mais l'internationalisme induit-il le dépassement des nations ou la coopération solidaire de ces dernières ? La question fâche et charrie son lot d'injures et de malentendus.
Pour en débattre et tâcher d'en clarifier les enjeux, un débat est organisé entre le philosophe Frédéric Lordon et l'un des porte-paroles du NPA, Olivier Besancenot. Le premier jure qu'il n'est d'internationalisme que "de la contagion" et déplore l'abstraction d'une frange de la gauche radicale à ce sujet ; le second s'inquiète de la "grande régression" à laquelle nous assistons, celle de l'éloge des frontières ou de l'État, fût-ce à des fins socialistes.
Une urgence plus qu'une question, donc.

Faut-il sauver la Cour Pénale Internationale ? Avec Juan Branco à Aix-en-Provence.


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20.02.2017

En pleine crise de légitimité, la Cour Pénale Internationale est le fruit de nombreuses critiques, notamment en cause, son action se concentrant sur le continent africain alors qu’aucune enquête n’a par exemple été ouverte pour le cas de la Palestine ou de l’Afghanistan.
Au coeur des enjeux internationaux, la Cour Pénale Pnternationale peut-elle s’affranchir du jeu des grandes puissances afin d’instaurer une réelle justice pénale internationale?
Juan Branco, ancien assistant du procureur à la Cour Pénale Internationale, s’appuie sur son expérience afin de mettre en lumière les limites relatives à son fonctionnement.

Une conférence organisée par l'association Reesah - REseau d'Etudiants Spécialisés en Action Humanitaire.

Souveraineté, nation, religion. Avec Jacques Sapir et Bernard Bourdin à la Nouvelle Action royaliste.


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07.06.2017

Bernard Bourdin, théologien et philosophe, avait engagé un débat avec Jacques Sapir lorsque celui-ci avait présenté son ouvrage intitulé Souveraineté, laïcité, démocratie. Bertrand Renouvin leur avait alors proposé de poursuivre ce débat en tête-à-tête. De l’enregistrement de leurs échanges est sorti un ouvrage qui reproduit leur confrontation sur "la souveraineté, la nation et la religion". Ces questions qui sont au cœur de notre actualité se voient replacées dans leur histoire plurimillénaire.
C'est donc à une nouvelle rencontre entre ces deux protagnistes que nous avons droit, entre Jacques Sapir, économiste et théoricien de la souveraineté qui ne croit pas au Ciel et Bernard Bourdin, philosophe dominicain qui a récemment publié sa thèse sur la théologie du politique. Tous deux nous explique leur "dispute", capitale pour comprendre les enjeux de notre siècle.

La condition anarchique. Avec Frédéric Lordon à la Librairie Le Merle Moqueur.


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14.11.2018

Disons les choses d'emblée : la condition anarchique ici n'a rien à voir avec l'anarchisme qui intéresse la théorie politique. Lue étymologiquement, comme absence de fondement, an-arkhé, elle est le concept central d'une axiologie générale et critique.
Générale parce qu'elle prend au sérieux qu'on parle de "valeur" à propos de choses aussi différentes que l'économie, la morale, l'esthétique, ou toutes les formes de grandeur, et qu'elle en cherche le principe commun. Critique parce qu'elle établit l'absence de valeur des valeurs, et pose alors la question de savoir comment tient une société qui ne tient à rien.
Aux deux questions, une même réponse : les affects collectifs. Ce sont les affects qui font la valeur dans tous les ordres de valeur. Ce sont les affects qui soutiennent la valeur là où il n'y a aucun ancrage. Dans la condition anarchique, la société n'a que ses propres passions pour s'aider à méconnaître qu'elle ne vit jamais que suspendue à elle-même.

Philippe Séguin, le remords de la droite. Avec Arnaud Teyssier à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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05.06.2018

Philippe Séguin (1943-2010) a été une personnalité politique considérable dans l’histoire de la Ve République, plus par sa stature personnelle, son style et l’expression vigoureuse de ses idées que par l’abondance des responsabilités nationales exercées (deux années comme ministre des Affaires sociales en 1986-1988, quatre années comme président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1997). Les années 1990 furent sa période de plus grande notoriété, en raison de son engagement emblématique contre le traité de Maastricht (1992) et de la figure de "recours" qu’il incarna face à des orientations plus "libérales" de la droite de filiation gaullienne, dans un contexte de grande incertitude institutionnelle (cohabitations successives, passage du septennat au quinquennat, européanisation croissante des outils et des enjeux de la politique intérieure).
Il est d’usage de présenter Philippe Séguin comme une personnalité forte et respectée – on se souvient de l’ampleur de l’hommage national qui lui fut rendu, à sa mort, aux Invalides -, mais aussi atypique, turbulente, enfermée dans une vision excessivement "nationale" des questions économiques et sociales, jugée trop en marge de la politique traditionnelle et des enjeux de la mondialisation.
Au contraire, Arnaud Teyssier se propose de montrer que Philippe Séguin représentait une vision parfaitement orthodoxe et cohérente des institutions de la Ve République, que le gaullisme social, dont il était porteur, n’a jamais été qu’une composante essentielle d’une puissante tradition politique française – le gaullisme n’étant pas seulement un mouvement historique lié à la personnalité exceptionnelle du général de Gaulle, mais une étape fondamentale dans la construction laborieuse de la démocratie française : construction qui est loin d’avoir atteint sa maturité, et dont on pourrait même soupçonner qu’elle est entrée en régression avant même d’avoir été achevée, comme l’avait prophétisé Philippe Séguin...

Développement durable et gouvernance par les nombres : une approche juridique. Avec Alain Supiot pour l'Agence Française de Développement.


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09.11.2017

Alain Supiot nous présente la manière dont les objectifs du développement durable s’inscrivent dans le mouvement plus général de substitution de la gouvernance par les nombres au "régime de droit" exigé par le Préambule de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme.
Car le droit est un objet familier et mystérieux, dont l’importance est souvent sous-estimée. Il a pourtant une place centrale dans la construction de nos sociétés. Il ne sert pas seulement à voir le monde tel qu’il est, mais tel qu’il pourrait être.
Chaque époque possède sa propre représentation du monde et donc ses propres "lois". L’État social est la grande invention institutionnelle occidentale issue de la révolution industrielle. Mais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous observons le passage progressif d’un "imaginaire industriel" à un "imaginaire cybernétique" qui porte avec lui l’idéal d’une gouvernance par les nombres : l’action de l’État ne serait plus pensée en termes de législation mais en termes de programmation, les individus répondant alors à des objectifs chiffrés suivant les orientations fixées par les gouvernements.
Aujourd’hui, cet État social est déstabilisé par le contexte de la mondialisation qui remet en question la façon occidentale de penser la société. À l’opposé, la globalisation propose l’idée d’un "marché total, peuplé de particules contractantes n’ayant entre elles de relations que fondées sur le calcul d’intérêt. Ce calcul tend ainsi à occuper la place jadis dévolue à la Loi comme référence normative sous l’égide duquel on contracte".

Perspectives historiques et géopolitiques de la Grande Europe et de l'Eurasie. Avec Robert Steuckers sur Radio Courtoisie.


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03.03.2018

Au travers des trois volumes distincts que forment la triologie Europa, Robert Steuckers fournit un arsenal historique et géopolitique au travers d'un argumentaire solide et sourcé.
Ce travail salutaire est avant tout une arme de construction culturelle offrant à chacun l'occasion de se nourrir des profondeurs de notre Histoire pour mieux nous donner une projection fidèle à l’esprit et à la mesure de notre continent.

Émission du "Libre journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.