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Le matérialisme est sans doute le courant philosophique qui a suscité le plus de controverses, ce qui lui a valu d'être malmené et caricaturé à de nombreuses reprises. Guillaume Deloison se propose de montrer le contenu réel de ses concepts, d'en fournir une définition nouvelle et de le relier à ses racines historiques et sociales. Dans chaque période, il est au cœur d'enjeux idéologiques de premier plan parce qu'il est à l'intersection des progrès de la connaissance et des préoccupations métaphysiques.
Ce courant de pensée, bien qu'il ait joué un rôle fondamental dans la vie scientifique et culturelle du monde occidental, n'a pourtant été que très peu étudié. L'exposé qu'en donne Guillaume Deloison se veut le panorama d'un champ conceptuel en constante agitation, uni par l'idée que les mythes et le sacré ne sont pas les seuls horizons pour penser la place de l'homme dans l'Univers.
D'Épicure aux matérialistes contemporains anticréationnistes en passant par Marx, une même exigence émancipatrice traverse l'œuvre de ces penseurs. Il s'agit d'en rendre compte tout en indiquant où passent les lignes de fracture. L'enseignement de l'histoire des idées en France néglige cet héritage intellectuel, en le confinant à un cercle restreint de spécialistes, alors que les interrogations soulevées par le matérialisme s'adressent à tous. Il est en effet indispensable que cette philosophie soit mieux représentée dans les programmes et les manuels, qui semblent oublier qu'une part importante de la population ne se réfère pas à la transcendance pour donner un sens au monde.
L'histoire du matérialisme est également incontournable pour saisir les enjeux du travail des sciences de notre temps. En dévoilant comment les savoirs d'aujourd’hui sont les fruits de luttes contre des traditions conservatrices, elle invite à ne verser ni dans un positivisme naïf, ni dans une défiance figée à l'égard des résultats scientifiques.
Être matérialiste consiste moins à désenchanter le monde qu'à en restituer le libre cours.


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Le politologue et essayiste Rachid Achachi explore l'histoire longue de la pensée politique depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine, en mettant en tension deux approches majeures : l'idéalisme moral, souvent issu des traditions religieuses ou philosophiques (de Platon à l'universalisme libéral), et le réalisme politique, qui privilégie la logique des rapports de force. À travers des références à Platon, Aristote, Machiavel, Carl Schmitt, Ibn Khaldoun ou encore René Girard, est analysée la manière dont la morale a été successivement intégrée, marginalisée ou instrumentalisée par les pouvoirs politiques au fil de l’histoire.
- 0'00'00 : Annonces et lancement de la page Patreon de Youssef Hindi
- 0'01'40 : La répression envers les écrivains, les intellectuels et les militants
- 0'04'38 : Introduction historique et conceptuelle du réalisme politique
- 0'25'25 : Le retour de la morale en politique et de la guerre juste au XXe siècle
- 0'44'30 : Les similitudes entre les nomades et les puissances maritimes
- 0'49'50 : Géopolitique et religion sécularisée
- 0'51'20 : Les trumpistes versus les globalistes/néoconservateurs
- 0'54'04 : Le retour brutal du réalisme politique
- 0'56'58 : L'influence idéologique russo-chinoise sur la classe dirigeante américaine
- 0'59'25 : Le soft power russe sur son étranger proche
- 1'02'00 : L'attractivité économique, supérieure au soft power conservateur ?
- 1'06'05 : Les USA encore de beaux jours devant lui
- 1'06'55 : La Russie n'exploite pas au maximum ses capacités économiques
- 1'11'45 : Le réalisme politique porte des meilleurs fruits que les idéologies
- 1'17'40 : L'instrumentalisation du religieux par le politique dans le monde musulman
- 1'19'45 : Maroc et Israël, les conséquences de la normalisation
- 1'38'40 : Comment concilier les principes islamiques et le réalisme politique ?
- 1'47'42 : La démission des intellectuels marocains
- 1'49'25 : L'État, un monstre froid et une machine
- 1'51'42 : L'exemple de Al Khidr
- 1'53'23 : Exemples de réalisme politique violant les principes islamiques
- 1'54'10 : L'antisionisme verbale d’Erdogan
- 1'55'55 : S'abonner à ODC TV
Émission "Les Chroniques de Youssef Hindi".


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Philosophe controversé, Giovanni Gentile est probablement l'intellectuel le plus représentatif de la pensée fasciste italienne. Théoricien de l'idéalisme actuel (actualisme), il a cherché à concilier métaphysique et action politique, tout en marquant l'histoire de l'éducation italienne par ses réformes.
L'occasion de revenir sur son parcours intellectuel, ses engagements, ses débats avec Antonio Labriola et Benedetto Croce et l'héritage complexe qu'il laisse derrière lui. Une plongée dans les tensions entre philosophie et idéologie au cœur du XXe siècle.
Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Christine Goémé.




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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.


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C'est en compagnie de Victor Sarkis et après sa contribution (lien vers l'article ci-dessous) que Dominique Pagani engage la discussion sur les problématiques inhérentes au rapport Hegel/Marx.
D'un côté, il est absolument évident que Marx doit énormément à Hegel quand de l'autre, il est tout aussi indéniable que dès sa jeunesse et jusqu’à sa mort, Marx n'a cessé de proclamer sa "rupture"avec Hegel. Alors : rupture ou continuité ?
Un problème à dominante philosophique mais dont les retombées sont immédiatement politiques, tant la dissociation de Marx à Hegel, dans son interprétation dominante, est historiquement corrélée à des périodes de recul de la classe ouvrière.
Un échange modéré par Étienne Burle.


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Le philosophe Benoit Bohy-Bunel nous propose une analyse critique suivie de la grande oeuvre de Kant, la Critique de la raison pure. Il s'agit d'une approche matérialiste, qui n'est pas économiciste, mais qui définit la matière comme rapports sociaux concrets entre corporéités agissantes.
La démarche idéologique kantienne s'inscrit dans une dépossession du travail manuel par le travail intellectuel. Dès lors, les facultés transcendantales de Kant perdent leur universalité et retrouvent leur perspective située : c'est le sujet masculin blanc et bourgeois qui s'arroge l'universalité, pour mieux assigner les individus minorisés qui sont considérés comme étant hors culture.
La chose en soi est définissable : elle est la souffrance des individus réifiés, que Kant ne veut pas (ou ne peut pas) thématiser. La dialectique transcendantale prend alors une tout autre signification, ainsi que tout le projet critique kantien.


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Benedetto Croce est un philosophe, historien, écrivain et homme politique italien, fondateur du Parti libéral italien. Continuateur de la pensée de Hegel, influencé par Antonio Labriola, mais proche également de Giambattista Vico et de Wilhelm von Humboldt, il s'opposa au fascisme et à l'engagement de son ancien collaborateur Giovanni Gentile. Son opposition opiniâtre au naturalisme et au scientisme positiviste l'amena très tôt à condamner la pensée raciale et les différentes formes du racisme. Les thèmes principaux de son œuvre sont l'esthétique et la philosophie de l'histoire (dite aussi historicisme). Il rapprocha l'esthétique de la philosophie du langage.
En politique, Benedetto Croce fut ministre de l'Instruction publique en 1920-21 dans le cabinet du libéral Giovanni Giolitti, ministre sans portefeuille des gouvernements du CLN et, devenu président du Parti libéral italien par lui fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il fut élu à l'Assemblée constituante de la République italienne (25 juin 1946 - 31 janvier 1948).
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Pascale Lismonde.


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Né en 1859 dans l’actuelle république Tchèque et mort en 1938 en Allemagne, Edmund Husserl est l'un des plus grands penseurs du XXe siècle, père de la phénoménologie. Son projet philosophique ? Refonder la métaphysique en repensant la façon dont l'Homme saisit l'essence des choses. Ses outils ? Les mathématiques et la logique.
Mais comment revenir au monde ? Et surtout, pourquoi et comment en sommes-nous partis ? La phénoménologie cesse de s'intéresser sur le "quoi" du monde pour s'intéresser au "comment". Pour Husserl, le monde est l'horizon de notre expérience. Mais alors, comment le monde se donne-t-il ? Quel est son mode d'expérience ? Et de quel monde parle-t-on ? Vit-on chacun dans son monde ? Et comment saisir l'expérience de la conscience ? Comment la temporaliser ? Et quelle est la nature de la conscience ?
Autant de questions auxquelles il faut bien répondre, tant la méthode philosophique d'Edmund Husserl est sans précédent et engendra une vaste postérité.
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.