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Critique, historien du cinéma et réalisateur, Jean-Baptiste Thoret est un amoureux du 7e art. Spécialiste du cinéma américain, en particulier du Nouvel Hollywood, et du cinéma italien des années 1970, il nous donne l'envie de découvrir ou redécouvrir certains films, réalisateurs voire carrément des pans entiers de l'histoire du cinéma qui ne sont plus forcément au goût du jour.
De ses premiers émois cinéphiliques aux films surcôtés, des grandes trilogies aux affiches les plus iconiques, Jean-Baptiste Thoret parvient à nous communiquer la passion qui vise à rendre compte des émotions qui nous traversent à la réception de ces images qui, quand elles sont grandes, rentrent toujours en résonnance avec une époque, un lieu, une ambition artistique, qui s'insérent, bien évidemment, dans l'histoire du cinéma en tant que discipline.


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La prolifération des images a pris des proportions si extravagantes que le monde est devenu, pour ainsi dire, un mur d'images qui capte notre regard et l'obnubile. Ce règne des images, qui a pour corollaire le désintérêt à l'égard du monde tel qu'il nous est donné, est aux antipodes de l'enseignement biblique. Le déluge d'images qui s'abat aujourd'hui sur nous n'a plus rien de chrétien.
Pourtant, pareil déluge n'aurait pu advenir sans le statut accordé par le christianisme à l'image. Conjoncture étrange, dont seule une enquête généalogique est à même de révéler les tenants et les aboutissants.
Le propos d'Olivier Rey est, en mettant au jour certains fils enterrés, de comprendre comment a pu s'effectuer le passage entre l'image chrétienne et le raz-de-marée imagier contemporain.
Émission du "Libre Journal de Midi", animé par Aude de Kerros.


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L'hellénisme et le christianisme se disputent l'âme de l'Occident depuis deux mille ans. Une lutte féconde, mais jamais achevée, puisqu'elle oppose deux idées contraires : d'un côté la primauté de la raison gréco-romaine, de l'autre la primauté de la révélation judéo-chrétienne. La Cité des hommes contre la Cité de Dieu, selon le point de vue chrétien. Le Moyen Âge nous apparaît comme le triomphe du christianisme, et la Renaissance comme celui de l'hellénisme.
En analysant les entrelacements historiques de ces deux courants qui irriguent notre civilisation, nous pourrons savoir qui nous sommes, d’où nous venons et où nous pouvons aller.


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La notion de "beaux-arts", apparue entre le XVIᵉ siècle et la fin du XVIIIᵉ siècle, marque une rupture dans l'histoire de l'art : le beau devient une finalité. Cette notion nouvelle pose les bases d'une réflexion esthétique : qu'est-ce qui est beau ou laid dans l'art ? Et comment en juger ?
S'ensuit une autre rupture esthétique dans l'histoire de l'art, l'apparition du mouvement romantique au XIXᵉ siècle qui opère une "désesthétisation" de l'art : le beau comme valeur artistique suprême est alors contesté.
Au XXᵉ siècle, les frontières de l'art deviennent floues, s'élargissent, on utilise de nouveaux matériaux de nouvelles techniques ou des formes nouvelles comme la performance. Si le beau ne disparaît pas du champ artistique, quelle place a-t-il désormais ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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On a parfois reproché au philosophe sa méconnaissance de l'art et de son histoire. On peut également reprocher à l'histoire de l'art de ne pas avoir mesuré que l'art n'est pas seulement constitué d'oeuvres mais aussi de mots pour les dire, de concepts pour les catégoriser, de théories pour les penser. Car si la philosophie de l'art sans histoire de l'art est vide, l'histoire de l'art sans philosophie de l'art est aveugle.
C'est à partir de ce double constat que Carole Talon-Hugon a entrepris d'élaborer une histoire philosophique de l'art occidental, depuis l'Antiquité grecque jusqu'à nos jours : autrement dit d'étudier le développement des arts et la succession des styles en relation avec l'atmosphère théorique où ils se sont produits, et de dessiner les contours des grands paradigmes artistiques qui se sont succédé.


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La figuration n'est pas tout entière livrée à la fantaisie expressive de ceux qui font des images. On ne figure que ce que l'on perçoit ou imagine, et l'on n’imagine et ne perçoit que ce que l'habitude nous a enseigné à discerner. Le chemin visuel que nous traçons spontanément dans les plis du monde dépend de notre appartenance à l'une des quatre régions de l'archipel ontologique : animisme, naturalisme, totémisme ou analogisme. Chacune de ces régions correspond à une façon de concevoir l'ossature et le mobilier du monde, d'en percevoir les continuités et les discontinuités, notamment les diverses lignes de partage entre humains et non-humains.
Masque yup’ik d’Alaska, peinture sur écorce aborigène, paysage miniature de la dynastie des Song, tableau d'intérieur hollandais du XVIIe siècle : par ce qu'elle montre ou omet de montrer, une image révèle un schème figuratif particulier, repérable par les moyens formels dont elle use, et par le dispositif grâce auquel elle pourra libérer sa puissance d'agir. Elle nous permet d'accéder, parfois mieux que par des mots, à ce qui distingue les manières contrastées de vivre la condition humaine.
Par un travail de comparaison d'images d'une étourdissante diversité, Philippe Descola pose magistralement les bases théoriques d'une anthropologie de la figuration.
Séminaire Matières de l'architecture au sein du département AAP de l'école nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais.


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Professeur émérite, Gérard Conio est spécialiste de littérature russe. Ses inlassables efforts de traduction, d'édition et son implication dans l'organisation de nombreuses expositions ont permit au public francophone de mieux comprendre la production artistique et littéraire en Russie et sous le régime soviétique, notamment le mouvement nihiliste qui joua un grand rôle dans l'évolution intellectuelle de ce pays et dont les soubassement philosophiques résonnent beaucoup avec notre époque contemporaine.
Émission du "Libre Journal d'Aude de Kerros".


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L'histoire de l'image ne peut être dissociée de l'Histoire de l'Église car à travers les siècles, les artistes y ont principalement célébré le mystère de l'Incarnation.
Le philosophe Olivier Rey analyse cette histoire et s'interroge sur la profusion actuelle d'images qui, au lieu de pointer vers le divin, tendent désormais à faire écran avec les réalités qui nous sont les plus immédiates.
Émission "Dialogue", animée par Sarah Brunel.