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Nous sommes les dupes du langage. Jamais le décalage entre le discours et les faits n'a été aussi impressionnant. Jamais les mots n'ont autant joué avec les choses. À l'évidence, il existe un piège caché dans le langage qu'il est urgent de conjurer. Depuis Platon, Machiavel, Hobbes et Rousseau, nous savions que toute théorie du Pouvoir est, à la fois, une théorie de l'homme, une théorie politique et une théorie de l'histoire. Avec Arnaud-Aaron Upinsky elle devient essentiellement une théorie du langage, une grille de lecture universelle.
Toute l'histoire de l'Humanité n'apparaît plus que comme la guerre sans merci de deux langages ennemis : le Réalisme et le Nominalisme. Les réalistes sont ceux qui croient à la vérité des mots ; les nominalistes, ceux qui croient au pouvoir des mots. D'un côté, la thèse nominaliste du Bon sauvage conduit à l'optimisme politique, mais aussi à l'impasse de la philosophie de l'absurde. De l'autre côté, la thèse réaliste du Naturel cannibale implique une théorie pessimiste de la politique mais, en revanche, une philosophie significative de la vie.
Aujourd'hui la thèse nominaliste domine dans le langage prédateur de la rhétorique politique qui constitue la plus grande mystification intellectuelle de tous les temps. Ressort de la mutilation du pouvoir, ce langage, tartuffe souriant, mène la danse sous le masque de la philanthropie. C'est en coupant la parole qu'il fait tomber les têtes, c'est en castrant le savoir qu'il rend l'esprit impuissant, c'est en se faisant double-langage qu'il se maintient au pouvoir.
Conjurer cette perversion du langage, pour renverser la phrase politique, remettre le langage sur ses pieds, est devenu aujourd'hui une question de survie spirituelle sinon physique : l'urgence de notre temps.
Émission du "Libre journal de la plus grande France", animée par Philippe Pichot-Bravard.


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Heinz Wismann est un Allemand qui non seulement écrit en français mais vit et enseigne en France. Il est à la fois l'un des meilleurs hellénistes spécialistes de la philosophie grecque, et notamment des penseurs présocratiques, et un des meilleurs connaisseurs de l'herméneutique allemande des XIXe et XXe siècles.
Penser entre les langues veut donc dire ici à la fois entre la France et l'Allemagne – ce qui pour quelqu'un né en 1935 n'est pas une situation anodine – et entre ces deux langues et le grec (ainsi que le latin). Il nous offre l'exemple très rare d'une pensée aussi exigeante que souriante, incisive que dénuée de toute vanité, éclairante que stimulante.
Émission "Midi Magazine", animée par Clarisse Herrenschmidt.


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"En ce début du XXI° siècle, lit-on dans le dernier rapport de l'Académie Française, tous les pays du monde et en particulier la France et les autres pays entièrement ou en partie de langue française connaissent une évolution rapide et générale de la place qu'occupent les femmes dans la société de la carrière professionnelle qui s'ouvre à elles, des métiers et des fonctions auxquelles elles accèdent sans que l'appellation correspondant à leur activité et leur rôle réponde pleinement à cette situation nouvelle. Il en résulte une attente de la part d'un certain nombre croissant de femmes qui souhaite voir nommées au féminin la profession ou la charge qu'elles exercent et qui aspirent à voir combler ce qu'elles ressentent comme une lacune de la langue."
Mais le jumelage systématique du genre grammatical avec le sexe est-il une victoire pour les femmes et pour la langue ? Cet aggiornamento tardif réjouit en tout cas le linguiste Bernard Cerquiglini autant qu'il attriste la philosophe Bérénice Levet qui, tous deux, expliquent leurs positionnements.


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L'Académie française a récemment accusé l'écriture inclusive de "prétendre s'imposer comme norme" et, contre celle-ci, s'est posée en "garante de l'avenir".
C'est pourtant cette même Académie française, institution du pouvoir absolutiste et du patriarcat des lettrés créée au XVIIe siècle, qui a érigé comme norme des règles grammaticales profondément sexistes et opéré une transformation masculiniste de la langue française.
Est-ce que l'écriture inclusive pourrait, elle, permettre un avenir non-sexiste dans l'expression de la langue ?
Émission "Sortir du capitalisme".


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Alors que le dernier numéro de la revue Perspectives Libres est consacré à la francophonie, son rédacteur en chef Pierre-Yves Rougeyron, également président du Cercle Aristote, nous introduit à ce sujet.
La francophonie peut-elle revêtir une dimension économique ? Comment en faire un levier de puissance ? Et quelle représentation du monde induit-elle ?
Autant de questions auxquelles des réponses claires son apportées.


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Quand il regarde au loin, le citoyen français a tendance à de rien voir au-delà de l'Union (Soviétique) européenne et de l'ONU, sorte de proto-gouvernement mondial-mafieux. Et si l'avenir était à la culture latine, sorte d'union qui regrouperait l'Hispanidad, la Lusophonie et la Francophonie ?
Ce sont de ces réalités bien vivantes dont nous parle l'hispanisant Nicolas Klein.
Au lieu de rester enfermé dans de vieux schéma déjà condamnés par l'histoire, sachons regarder en avant et prendre le grand large !


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Rencontre en cinq actes avec un acteur rare, libre, iconoclaste, qui depuis son premier rôle dans Le genou de Claire de Rohmer il y a quarante-cinq ans, trouve aujourd’hui encore le moyen de nous emmener là où il en a envie, c'est-à-dire du côté de la langue.
Car elle est là, sa passion : distiller des mots, jouer avec eux, extraire des textes le génie de l’auteur pour nous rappeler que Molière, La Fontaine, Céline, Rimbaud, Flaubert ou Murray, n'existe au fond que pour nous enflammer. Jouir oui, mais avec la langue et en la sublimant.
Fabrice Luchini n'est pas seulement un artiste mystérieux mais le chantre d'un monde désenchanté qui ne peut pas s'empêcher de provoquer. Ecoutons-le...
Une émission animée par Jean-Michel Djian.


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La double passion pour la langue française et la pensée du comédien Fabrice Luchini l'a conduit à dire sur scène Céline, La Fontaine, Nietzsche, Valéry, Proust, Claudel ou encore Le Bateau ivre de Rimbaud. Il revient avec un nouveau spectacle sur l'argent.
Pourquoi ce thème ? Et pourquoi solliciter les écrivains à l'heure où ce sont les économistes qui font la loi ?