Otto Weininger et la question du génie. Avec Jacques-Antoine Malarewicz chez Etienne Klein sur France Culture.


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18.02.2017

Le 3 octobre 1903, un tout jeune philosophe, Otto Weininger, se suicida à Vienne d’une balle en plein cœur, dans une chambre qu’il avait louée dans l’immeuble où Beethoven était mort trois quart de siècle plus tôt. Il n’avait que 23 ans. Il venait tout juste de faire paraître un ouvrage étrange, inclassable, provocateur et même scandaleux, intitulé Geschlecht und Charakter, autrement dit, Sexe et Caractère.
Il y parlait de presque tout, du génie, de la "génialité", de la musique, du sentiment de décadence, de la haine de soi, de la sexualité de l’homme et surtout de celle de la femme. Ce livre marqua les plus grands esprits et ne laissa presque personne indifférent. Il connut de très nombreuses rééditions – trente-six jusqu’en 1925 – et également de très nombreuses traductions. Il faut dire qu’à côté des outrances, des contradictions, des aphorismes bizarres et des théories bancales qui y foisonnent, il est parsemé de constats sur la société moderne qui continuent de nous percuter.
Sigmund Freud considérait qu’Otto Weininger était un pur génie, Ludwig Wittgenstein le tenait en grande estime, tout comme Karl Kraus, Stefan Zweig, Robert Musil, James Joyce, Franz Kafka, Georges Bataille ou encore Emil Cioran. Mais d’autres considérèrent que ce chaman de l’intelligence n’avait été qu’un enragé victime de ses problèmes, un aliéné, un individu possédé par des forces qui le débordent.
D’où la question : qu’est-ce que le génie ? Quel lien a-t-il (ou n’a-t-il pas) avec la folie ? Ceux qui pensent ce que les autres ne pensent pas, ou qui voient au-delà des réalités empiriques, seraient-ils condamnés à éprouver l’angoisse d’un exilé chez les araignées, la pulsion irrépressible de plier bagage, un désir fou d’errance définitive ?

Emission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Entre crise et guerre : philosopher ? Avec Dominique Pagani à la Commune libre d'Aligre à Paris.


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2015

Plutôt qu’une reconstitution linéaire de l’histoire de la philosophie, l’intervention portera surtout sur ce qui, à la faveur de la crise en cours, fait surgir la spécificité de l’interrogation philosophique en général, via ses concepts les plus récurrents.
La référence aux auteurs servira à illustrer les problématiques ainsi dégagées, autant que leurs effets transversaux dans les champs concernés : du poétique au politique, en passant par le religieux ou le scientifique.

Serions-nous en train de perdre la raison ? Avec Bernard Stiegler chez Etienne Klein sur France Culture.


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25.06.2016

Si on fait un tour dans une librairie pour lire les quatrièmes de couverture des livres qui s’y trouvent, on ne tarde pas à reconnaître l’air du temps : ce n’est pas la joie dans les rayons. Les réflexions sur la catastrophe sont devenues un genre littéraire à part entière. L’actualité y aide en pourvoyant au renouvellement des exemples. Le monde ne nous lâche plus. Il déferle en funestes accélérations qui défient toute maîtrise. Chaque jour, le présent projette ses terreurs sur l’avenir, et remet ainsi une couche supplémentaire de noir sur l’obscurité générale. On dirait du Soulages, en continu et à tous les étages.
Mais on voit quand même resurgir çà et là l’hypothèse – ou la conviction – qu’un salut est possible. Preuve que les temps mauvais donnent du bon temps à la fois aux Apocalypses et aux Annonciations, même si c’est en proportions inégales. Et c’est ainsi que nous nous retrouvons ballottés entre discours pessimistes et discours optimistes, tous débités sur un ton d’oracle, alors même qu’ils ne sont peut-être que des états d’âme.
Devons-nous conclure que nous ne serions plus capables d'espérer ? Convenons de définir l'espérance comme "ce sentiment humain qui règle notre relation avec l'avenir". Les sombres perspectives écologiques, les limites de la croissance, la crainte du chômage, l'accroissement des inégalités ou encore la crise des solidarités illustrent notre sentiment de malaise face à l'avenir. Elles traduisent également la mauvaise relation que nous entretenons avec un futur appréhendé non plus comme le lieu d'une configuration possible, mais comme une réalité qui pose des problèmes de plus en plus difficiles à résorber.
La question qui se pose est la suivante : quelle est la part et le rôle de la technique dans la fabrication de cette situation ?

Emission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Accélération technologique : comment ne pas devenir fou ? Avec Bernard Stiegler à la Bambouseraie d'Anduze.


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15.07.2016

Parmi les différents axes de recherche du philosophe Bernard Stiegler, le numérique et l'automatisation mondiale du travail ont pris une part importante dans sa réflexion sur l'avenir de la société.
Dans les 20 prochaines années, des millions d'emplois salariés auront irréversiblement disparu au profit de la robotisation des tâches, qu'elles soient manuelles ou administratives. Cannibalisés par les technologies capitalistiques, médusés par l'accélération phénoménale de l'innovation technologique et la puissance totalement inédite qu'elle engendre (5 milliards de smartphones, 1 milliard de sites internet), nous nous trouvons dans l'incapacité de nous y adapter, parce que le temps des savoirs de l'homme est infiniment plus lent que le temps du numérique. C'est la disruption.
Cela fait obligation de reconsidérer à nouveaux frais la question du travail, des savoirs, de leur transmission, de l'avenir, de féconder par de nouvelles idées et de nouveaux rêves une autre réalité individuelle et collective, pour que le raz-de-marée de technologies conçues à des fins d'assujettissement ne nous entraîne pas dans la désertion de soi, l'abstention politique, la radicalisation des croyances et la violence. Dans une folie massifiée.

Une soirée organisée par la librairie La porte des mots.

Dans la disruption. Avec Bernard Stiegler sur France Culture.


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10.06.2016

Depuis le 11 Septembre, les actes de folie barbare ne cessent de se multiplier. Pourquoi ?
Pour Bernard Stiegler, c'est un symptôme de notre époque, qui réalise le rêve de la modernité. À travers la conquête du monde s'opère une désinhibition.
Alors, comment en sortir ? La réponse se trouve ici.

Émission "Les Nouveaux chemins de la connaissance", animée par Géraldine Mosna-Savoye.

Le sujet contemporain entre fétichisme de la marchandise et pulsion de mort. Séminaire d'Anselm Jappe au Collège international de philosophie.


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2015

La société contemporaine apparaît dominée par ce que Marx a appelé le "fétichisme de la marchandise". Mais on y observe aussi une montée du narcissisme au sens de Freud : les individus ne connaissent qu’eux-mêmes et nient la réalité extérieure. Y a-t-il un lien entre ces deux phénomènes ?
En quoi l’inconscient explique-t-il l’omniprésence de formes fétichistes de socialisation tout au long de l’histoire ? Peut-on imaginer un dépassement du "malaise dans la civilisation" en rompant avec le travail, la famille patriarcale et les structures autoritaires, comme le proposait Herbert Marcuse, ou risquet-on de cette manière de remplacer les formes œdipiennes-autoritaires par des formes narcissiques et "liquides" qui ne nous rapprochent pas davantage de l’émancipation ? Vaut-il alors mieux se référer à Christopher Lasch et juger les différentes cultures sur leur capacité d’apporter des solutions "évolutives" – plutôt que "régressives" – à l’angoisse originaire de la séparation et à d’autres données inconscientes ? En quoi cette approche permet-elle de critiquer efficacement de nombreux traits de la société contemporaine "liquide" ? Le sujet narcissique contemporain constitue-t-il une rupture avec le sujet "classique", "fort", "œdipien", ou en est-il plutôt la continuation ? Et quel est le lien entre néo-libéralisme économique et diffusion de comportements narcissiques, en tant qu’exaspération de la mentalité de concurrence ? Faut-il revenir au sujet "autonome", "kantien", et à l’État régulateur ? Est-ce souhaitable ?
Dans ce séminaire, qui fait suite aux cours déjà proférés à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Anselm Jappe approfondira le lien entre la théorie freudienne et la critique du fétichisme de la marchandise. L’arrière-plan théorique est constitué par la "critique de la valeur", un courant international de critique sociale basé sur une relecture original de l’œuvre de Marx. Elle fut élaborée notamment par Robert Kurz en Allemagne et Moishe Postone aux États-Unis.

De Foucault à Cologne, l'Europe face au féminisme et à l'antiracisme. Avec François Bousquet et David L'Epée sur Méridien Zéro.


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12.02.2016

Méridien Zéro nous propose de revenir sur le drame de Cologne, à savoir les agressions sexuelles et physiques nombreuses commises par des migrants originaires d'Afrique du Nord et du Proche-Orient lors de la nuit de la Saint-Sylvestre de l'année passée.
Pour comprendre les réactions stupéfiantes d'aveuglement des milieux féministes, nous reviendrons sur la généalogie idéologique de ces mouvements à travers la figure de Michel Foucault, icône de la gauche française et européenne. 

À la barre et à la technique, Wilsdorf et Jean-Louis Roumégace.

L'Abécédaire de Gilles Deleuze, sur Arte.


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1988

Le 4 novembre 1995 disparaissait Gilles Deleuze, l’un des philosophes les plus marquants de son temps.
Il n’existe aucun film qui lui soit consacré et il a toujours refusé de participer à une émission de télévision. Il était pourtant, de son vivant déjà, une sorte de star, par l’éblouissement qu’il provoquait chez tous ceux qui assistaient à ses cours et par la gloire que lui ont valu ses livres.
Cet abécédaire nous montre l’expérience d’une pensée à l’œuvre, d’une parole qui fit dire à Michel Foucault : "Une fulguration s’est produite, qui portera le nom de Deleuze… Un jour, peut-être, le siècle sera Deleuzien."
Si pour Gilles Deleuze, faire de la philosophie, c’est créer des concepts, il y a bien aussi une vie propre du philosophe, qui se croise et se mêle à ses idées.

L'entretien est mené par Claire Parnet.