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Frédéric Lordon tire la sonnette d'alarme : quelque chose de gros se prépare du côté de la finance. Le private credit, l'intelligence artificielle et l'endettement des particuliers sont autant de foyers prêts à s'embraser, et la guerre au Moyen-Orient vient jeter de l'huile sur le feu. Jamais dans l'histoire du capitalisme une telle conjonction de forces ne s'était produite. Mais de ce choc pourrait aussi surgir une occasion historique : celle de refaire enfin de la politique anticapitaliste...
- 0'00'00 : Zapping
- 0'01'43 : Qu'est-ce que le crédit privé et quel est son rôle ?
- 0'17'17 : Le risque d'un "bank run" du crédit privé
- 0'37'40 : Les fonds de crédit privé peuvent impacter tout le système
- 0'41'08 : Les graves problèmes des autres formes de crédit
- 0'44'29 : La bulle de l'IA
- 0'55'28 : L'impact de la guerre en Iran
- 1'13'56 : L'intrication entre crise économique et financière
- 1'28'26 : L'État pourra-t-il sauver le système encore une fois ?
- 1'41'38 : Pourquoi la menace économique ne nous indigne pas plus ?
- 1'45'12 : Une occasion de se débarrasser des "collabos"
- 1'47'17 : Une société post-travail à l'ère de l'IA ?
- 1'58'42 : Question finale
Un entretien mené par Olivier Berruyer.


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Il y a quelques mois, Ethan Zuckerman, grande figure de l'Internet politique, disait à propos de la crypto monnaie : "La principale disruption produite par la crypto monnaie jusqu'à maintenant est que des gens, en général de jeunes blancs, possèdent beaucoup d'argent imaginaire. Par opposition à un monde où de vieux hommes blancs possèdent beaucoup de vrai argent. J'ai du mal à voir ça comme un progrès."
Voilà une critique abrupte et définitive des crypto. D'autant que c'est une critique qui ne vient pas du monde de l'économie orthodoxe, qui est prompte à dénoncer la volatilité du bitcoin et son opacité.
Lorsqu'on a commencé à parler du bitcoin en 2008/2009, c'était assez enthousiasmant. L'idée de monnaies qui échappent aux banques centrales, qui reposent sur des protocoles cryptographiques garantissant la décentralisation et l'anonymat, des réactions effrayées des États et de la haute finance.
15 ans après, le bilan est plus mitigé...
Émission "Le code a changé", animée par Xavier de La Porte.


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Capital marchand et capital financier sont des concepts clefs dans la description du capitalisme contemporain. Dans le livre III du Capital, Marx s'attache à exhiber leur genèse logique, c'est-à-dire la manière dont ce qui n'était, dans le livre II notamment, que des moments du cycle capitaliste s'autonomise et devient capital à part entière.
Guillaume Fondu propose une étude de cette autonomisation et de la manière dont le schéma logique qu'elle propose peut être utilisé pour penser des phénomènes contemporains.
Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".


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L'ordre financier international, issu de l'après-guerre est à l'aube de changements sans précédents. L'arrivée de nouveaux acteurs, de nouveaux intérêts et de nouvelles logiques fait trembler l'édifice des institutions financières internationales.
Ces changements doivent être pensés, compris et préparés sauf à entrer dans une logique d'affrontement et de sécession entre "l'Occident" et le "grand sud", préjudiciable pour tous.


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Lors des crises financières, la panique prend brutalement le pas sur l'euphorie. L'économie casino conduit alors à des situations a priori incohérentes. Cette exubérance des marchés n'est pourtant pas irrationnelle. Bien au contraire, elle révèle la nature autoréférentielle des anticipations sur les marchés financiers.
La prise en considération du mimétisme des comportements permet ainsi d'appréhender la déconnexion de la finance avec l'économie réelle et souligne l'impérieuse nécessité de la réguler.


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De l'Amérique latine à la Chine en passant par la Grèce, la Tunisie et l'Égypte, la dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation. Le recours à l'endettement extérieur et l'adoption du libre-échange constituent à partir du XIXe siècle un facteur fondamental de la mise sous tutelle d'économies entières par les puissances capitalistes. La Grèce des années 2010 est un exemple supplémentaire d'un pays et d'un peuple privés de liberté sous le prétexte de rembourser une dette illégitime.
Cette dictature de la dette n'est pas inéluctable. En deux siècles, plusieurs États ont annulé leurs dettes avec succès. Eric Toussaint analyse les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets. Il met en lumière et actualise la doctrine de la dette odieuse.


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Docteur en Sciences économiques, Maxime Izoulet cherche ici à démontrer que l'invention de la comptabilité en partie double, à la fin du Moyen Age en Italie, est à l'origine des systèmes monétaires actuels.
Apparue comme une invention de marchands, la comptabilité est rapidement devenue une technique de marchands-banquiers, puis de banquiers tout court, avant que les Etats, dès la Renaissance, l'utilisent à leur profit pour mieux gérer leur monnaie, leur dette publique et leurs guerres. Dès lors, une compétition entre Etats aux proportions de plus en plus immenses va peu à peu permettre la maîtrise de cet instrument de puissance économique.
De la Florence des Médicis, en passant par les Républiques de Venise ou de Gênes, des Provinces-Unies en révolte contre l'Empire mondial de l'Espagne à la lutte financière et militaire de deux siècles entre la France et l'Angleterre, jusqu'à l'émergence des Etats-Unis et à la financiarisation actuelle, il retrace l'histoire du capitalisme et de la monnaie à la lumière de cette technique comptable.
Ce voyage historique de huit siècles permet de mieux comprendre la crise actuelle du capitalisme et de la finance, et de fournir des outils de compréhension réalistes pour y faire face.


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La dette est devenue un outil de gouvernement de la démocratie. Si la crise sanitaire a ouvert une brèche dans les politiques qui lui sont liées, celle-ci risque vite de se refermer. Il est donc indispensable de s'armer pour bien argumenter face à ceux qui ne rêvent que de revenir à l'austérité.
Les institutions publiques de la dette et de la monnaie (Trésor et Banque centrale) opèrent aujourd'hui comme une usine à garantie de l'industrie financière privée. Mais émettre une dette qui puisse satisfaire l'appétit des investisseurs mondiaux n'est pas sans risque pour la démocratie et s'accompagne de contreparties sociales, économiques et politiques qui sont négociées, à l'ombre de la vie politique, sur les scènes marchandes d'attestation du crédit.
Le débat public se limite à une pédagogie rudimentaire : il faut payer la facture de la pandémie et, pour rembourser la dette, consentir à des sacrifices : travailler plus, augmenter les impôts sur la consommation (et non sur la fortune), renoncer à des services publics et des droits sociaux.
Pour les pouvoirs publics, il faut "cantonner" le potentiel subversif de cette crise sans précédent. Réduite à un événement exceptionnel et exogène au capitalisme financier, la pandémie serait une parenthèse circonscrite qu'il conviendrait de refermer au plus vite sans tirer aucune leçon structurelle, avant de "retourner à la normale" d'un marché qui sert de garde-fou aux États sociaux et discipline les peuples dépensiers.
Émission "Les Oreilles loin du Front".