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C'est assez méconnu mais l'écologie est une vieille préoccupation des extrêmes droites, du nazisme à diverses variétés du néofascisme contemporain. Et aujourd'hui, en concurrence avec le greenwashing néolibéral d'un Macron, cherchant à "verdir" le capitalisme et voyant dans le marché la solution au changement climatique, on trouve un greenwashing néofasciste, qui prétend que le salut viendrait de la fermeture des frontières et qui repeint en vert la xénophobie.
Sont explorés, en compagnie de Paul Guillibert et Pierre Madelin, la manière dont les fascistes pensent l'environnement, s'approprient la question du climat, élaborent des arguments et popularisent des solutions (qui n'en sont pas). On l'on voit également comment l'écologie est le terrain d'une refondation intellectuelle et politique du racisme et de l'extrême droite.
Quelles sont donc les moyens de s'opposer aux politiques écofascistes et, dans une perspective émancipatrice, de quelle écologie nous avons réellement besoin ? À rebours des logiques xénophobes et racistes, il s'agirit plutôt d'oeuvrer à une refondation internationaliste de l'écologie qui allie solidarité avec les exilés et attention portée aux territoires.
Émission "Minuit dans le siècle".
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Alors que Donald Trump s'apprête à reprendre ses fonctions de président des États-Unis d'Amérique, l'américaniste et historienne Sylvie Laurent, dont le livre Capital et race. Histoire d'une hydre moderne vient de paraître, nous aide à lire les événements de ces dernières semaines, les nominations qui annoncent la couleur pour les quatre années à venir, autant que le temps long et les mythes qui structurent cette extrême-droite contemporaine, dont le succès n'est en rien dû au hasard.
À nos yeux d'Européens, la rhétorique trumpiste peut sembler seulement relever de la folie et de la réaction ; mais le travail de l'historienne, qui démontre qu'en réalité elle puise dans les inconscients les plus structurants de la société états-uniennes, nous invite à prendre au sérieux cette nouvelle frange du capitalisme arrivée au pouvoir.
Une émission menée par David Dufresne.


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Quelles sont les causes profondes du vote RN et d'extrême droite en général ? Qui sont les électeurs, quelles sont leurs motivations, leurs peurs, leurs attentes ?
Le sociologue et politiste Félicien Faury travaille sur l'extrême droite. Il est l'auteur de Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l'extrême droite, un ouvrage basé sur une enquête de terrain de six ans, qui analyse l'implantation électorale et partisane du Front national, puis du Rassemblement national, dans un territoire du sud-est de la France.
- 0'00'00 : Réflexion sur la montée de l'extrême droite
- 0'13'08 : Méthode d'enquête terrain et représentativité
- 0'19'45 : Impact des transformations économiques sur le vote RN
- 0'34'49 : Causes sociales et processus de racialisation
- 0'40'42 : Vote RN comme instrument d'intégration
- 0'45'24 : Menace sur la norme et le mode de vie
- 0'49'21 : Inégalités sociales et territoriales en PACA
- 0'54'08 : Politisation de l'immigration vs inégalités économiques
- 0'55'18 : Hiérarchisation des Français et question d'identité
- 0'59'49 : La préférence nationale et l'immigration
- 1'05'25 : La vision des problèmes de la société par le RN
- 1'11'55 : L'islamophobie et la stratégie du RN
- 1'17'47 : Les perceptions concrètes du discours politique
- 1'27'26 : Le pouvoir des médias et des électeurs
- 1'36'20 : L'implantation locale et la solidification de l'électorat
- 1'42'56 : Les réactions face aux discours de disqualification
- 1'47'19 : Compétence versus amateurisme: un argument clivant




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Jean-Marie Le Pen, figure emblématique de l'extrême droite française pendant cinquante ans, est décédé le 07 janvier 2025 à l'âge de 96 ans. D'abord député sous la 4e République et alors partisan de l'Algérie française, le "Menhir" poursuit ensuite sa carrière politique sous la 5e en fondant le Front national.
La place qu'occupe aujourd'hui les thématiques portées par Jean-Marie Le Pen dans la politique française (critique de l'immigration, des élites et de l'Union européenne) en font un précurseur du populisme de droite. Pour autant, peut-on le ranger dans la catégorie des souverainistes ?


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Y a-t-il un "style de droite" ? Le "style" n'appartient-il qu'à la droite ? Le style est-il une invention réac ?
Pour répondre à ces questions, Vincent Berthelier, maître de conférences en littérature française et auteur du livre Le style réactionnaire - De Maurras à Houellebecq (éditions Amsterdam), nous fait traverser plus d'un siècle de littérature très à droite pour interroger les rapports entre les choix esthétiques, la manière d'écrire d'auteurs comme Bernanos, Jouhandeau, Aymé, Morand, Cioran… et leurs idées politiques.
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L'extrême droite a construit un imaginaire, une esthétique de la réaction à travers une importante tradition littéraire et artistique depuis la révolution française. Encore aujourd'hui, les formes modernes, politiques ou culturelles de la réaction sont imprégnées de cette longue et diverse tradition.
Isabelle d'Artagnan et Vincent Berthelier décortiquent les différents points saillants de cet univers de l'imaginaire de l'extrême droite, de son esthétique, à la fois de ce qu'on peut en dire du point de vue de l'observateur extérieur, de celui du militant antifasciste mais aussi comme elle se voit elle-même.
Il s'agit notamment de revenir sur les traditions littéraires de l'extrême droite à travers son rapport au style, à l'écriture, à la forme roman elle-même, et de s'intéresser aux thèmes récurrents de cet imaginaire.


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Essayiste, journaliste et traducteur, principal introducteur de la pensée de Julius Evola dans l'aire francophone, Philippe Baillet s'autorise enfin, après une vie dédiée au militantisme et à la pensée, à faire le bilan.
Ces entretiens permettent de revenir sur des thèmes qui lui sont chers et qu'il a traités dans plusieurs essais : la question du rapport à l'Autre à l'extrême-droite avec L'autre tiers-mondisme, des origines à l'islamisme radical, l'écologie dans Piété pour le Cosmos et les milieux militants avec De la Confrérie des Bons Aryens à la Nef des fous.
Des constats sans concessions qui ne laisseront personne indifférent.



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Trentenaire, jolie, bourgeoise, macroniste jusqu’au bout des ongles, Marie-Chantal incarne à merveille l’élite actuelle, à la fois obsédée et effrayée par l'extrême droite.
Frédéric Saint Clair l'interroge : c'est quoi, l'extrême droite ? Elle peine à répondre. Un dialogue s’engage, au fil des rencontres : discrimination, grand remplacement, dictature, remigration, coup d'État… ou comment repenser la notion d'ennemi à l'heure du choc des civilisations ?
À la fin de l’histoire : elle sait ce que ça coûte politiquement d'être cosmopolite à la manière de Kant et de n'avoir pas lu Carl Schmitt. Et qu’est-ce que ça change ? Absolument tout !