La domestication de l'être. Avec Peter Sloterdijk au Centre Pompidou.


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03.2000

En juillet 1999, en prononçant un discours sur Heidegger et sa Lettre sur l’humanisme, Peter Sloterdijk déclenche une vive polémique. Quel est l’objet du scandale ? Son constat : l’humanisme est mort en 1945. Si une nation ne repose plus sur une fiction politique, d’inspiration humaniste, pour souder ses citoyens, quelle gestion des hommes ? D’ailleurs, note le philosophe, la "domestication de l’être humain constitue le grand impensé face auquel l’humanisme a détourné les yeux depuis l’Antiquité" ; "le simple fait de s’en apercevoir suffit à se retrouver en eau profonde".
Peter Sloterdijk incite à penser la condition humaine qui vient avec l’anthropotechnologie et poursuit ici sa réflexion sur les conditions et le mystère de l’irruption de l’humanité, et la voie que celle-ci peut suivre vers un apprivoisement d’elle-même.

Philosophie et Histoire. Avec Raymond Aron à la Sorbonne.


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1964

La vérité scientifique se détache de la conscience qui l'a élaborée puisque, à un certain degré d'approximation, elle vaut éternellement. En va-t-il de même pour la reconstitution historique ? L'historien ne s'exprime-t-il pas, lui-même et son époque, dans sa vision du passé ? Est-ce l'homme d'un temps ou un moi transcendantal qui est le sujet de cette science ? Cette dernière est-elle séparable de toute philosophie ? N'est-elle pas solidaire du présent historique et condamnée à changer avec lui ? En d'autres termes la science historique, comme les sciences de la nature, se développe-t-elle selon un rythme d'accumulation et de progrès ou, au contraire, chaque société récrit-elle son histoire parce qu'elle se choisit et recrée son passé ?
Cette analyse devenue classique de l'historicité conduit Raymond Aron à une philosophie historique qui, s'opposant aux synthèses spéculatives en même temps qu'au positivisme, est aussi une philosophie de l'histoire. La philosophie de l'histoire, dit-il, est une partie essentielle de la philosophie, elle en est à la fois l'introduction et la conclusion. Introduction, puisqu'il faut comprendre l'histoire pour penser la destinée humaine, d'un temps et de toujours, conclusion, puisqu'il n'y a pas de compréhension du devenir humain sans une doctrine de l'homme.
Double caractère qui serait contradictoire si l'on se représentait la philosophie selon le schéma des théories déductives, mais qui devient intelligible dès qu'on la rattache à la dialectique de la vie et de l'esprit, qui s'achève dans la conscience de soi de l'être qui se situe dans l'histoire et se mesure à la vérité.

Heidegger, Lukacs : quelle ontologie ? Avec Nicolas Tertulian au séminaire "Marx au XXIème siècle".


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28.03.2009

Nicolas Tertulian a abordé à plusieurs reprises le sujet d'une confrontation entre les pensées de Heidegger et de Lukacs. Il est parti de l'idée qu'il existe des motifs communs entre les deux pensées, par exemple le thème de l'aliénation et celui de la réification.
Cette conférence poursuit un objectif plus ambitieux, car il se propose de remonter aux fondements ontologiques des deux pensées et confronter Heidegger et Lukacs à partir de leur opposition sur pluseurs questions philosophiques cruciales : l'autonomie ontologique du monde extérieur, la définition du concept de "monde", la "subjectivité du sujet" et la humanitas de l'homo humanus, la critique lukacsienne du concept heideggérien d' "être-jeté..." (Geworfenheit), la problématique de la finitude et de l'infini, etc.
La thèse centrale est l'occultation par Heidegger du travail comme "phénomène originaire" de l'existence humaine et sa substitution par une catégorie affective : le "Souci" (die Sorge), tandis que Lukacs a construit son ontologie de l'être social, en suivant Hegel et Marx, sur l'idée du travail comme pivot de l'existence humaine.
Enfin, il désigne plusieurs motifs de la pensée heideggérienne (la critique de la pensée sécurisante, par ex.) qui préfigurent l'adhésion du philosophe à l'extrême-droite de l'époque, ce qui confirme la thèse de Lukacs formulée dans son livre La Destruction de la Raison sur le caractère "pré-fasciste" de certaines orientations de la philosophie heideggérienne à l'époque qui a succédé à son livre fameux Être et Temps.

Paul Ricoeur : l'agir au coeur de la modernité. Avec François Dosse au Forum Universitaire De l'Ouest Parisien.


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04.05.1999

Paul Ricœur marque de sa présence philosophique tout son siècle.
Maître à penser plus que maître penseur, il aura répondu à tous les défis de son temps, n’hésitant pas à sortir du corpus proprement philosophique pour se laisser interpeller par les grands enjeux de l’actualité. Philosophe de tous les dialogues, il aura ouvert l’interrogation philosophique à la littérature et aux sciences humaines.
Son parcours, qui débute dans les années 1930, aura sans cesse été animé par une quête résolue du sens qui motive ses interventions au cœur des problèmes traversés par la Cité.
Il nous laisse une œuvre immense et sans frontières, qui se révèle une incroyable mine d’inspiration pour éviter les prêts-à-penser, les faux dilemmes et les réductionnismes. Elle est aussi une leçon de sagesse pour définir une éthique adaptée à la modernité et à ses défis. Sa pensée est enfin une leçon de courage contre toutes les formes de replis sceptiques ou nihilistes car il permet de ré-ouvrir chaque fois les voies d’une espérance exigeante privilégiant la puissance d’être.

La French Theory et ses critiques : l'exemple de Michel Clouscard. Avec Aymeric Monville à Lisbonne.


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09.05.2014

Qu'a été la fameuse (fumeuse?) "French theory" ? Quel rôle objectif ce mouvement intellectuel a-t-il tenu et pourquoi son succès est arrivé à ce moment-là ?
Bien que ce courant de pensée puisse être considéré comme une résistance de la philosophie continentale contre la double déferlante analytique et "nouvelle philosophie", il n'en reste pas moins que le dénominateur commun de ses penseurs est le rejet de la séquence Hegel-Marx pour la réhabilitation du duo Nietzche-Heidegger.
La liquidation du marxisme en a été la conséquence logique...

Sören Kierkegaard. Avec Frédéric Rognon à la médiathèque d'Alès.


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13.01.2012

L'oeuvre du penseur danois Sören Kierkegaard (1813-1855) a souffert d'innombrables préjugés et malentendus.
Elle a pourtant influencé toute la philosophie (à commencer par les existentialistes) et toute la théologie du XXe siècle, et elle connaît aujourd'hui un vif regain d'intérêt.
Frédéric Rognon nous emmène à la rencontre de cet homme dont la vie a été tout sauf ordinaire, et de sa pensée si suggestive, incisive et décapante, pour les hommes d'hier et d'aujourd'hui, et notamment pour la vie chrétienne.

André Gorz et la dynamique du capitalisme. Avec Carlo Vercellone à Lyon.


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17.06.2009

André Gorz a opéré dès les années soixante une critique du capitalisme cognitif, en focalisant son analyse, comme les marxistes, sur le travail, comme le foyer de nouvelles contradictions et de nouvelles formes de dépassement.
Dénonçant l’imminence d’une crise irréversible et radicale des sociétés contemporaines, Gorz explore les carences du travail, à travers ce paradoxe par lequel le développement capitaliste a annihilé la société du travail en poussant à l’extrême la hausse de sa productivité, faisant du rapport entre l’individu et ses compétences, le moteur central de l’économie.
Partant, la réhabilitation du sens du travail, passe préalablement par le non-travail.
Ce sont ces pistes que cette discussion, qui se déroule à la Maison des Passages à Lyon, se propose d’explorer.

Raison critique et raison dialectique. À propos de "Histoire et dialectique de la violence". Avec Philippe Raynaud à l'ENS Paris.


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26.11.2005

Philippe Raynaud rappelle d'abord les rapports entre Satre et Aron pour ensuite présenter la grande critique formulée par Aron à l'encontre de la philosophie de Sartre.
C'est en partant d'une analyse de la "Critique de la Raison dialectique" qu'Aron interprète la philosophie de l'histoire et la politique de Sartre, pour en dégager les erreurs ou les postulats injustifiés qui amènent Sartre à devenir apôtre de la violence.
La conférence est prononcée dans le cadre du colloque "Raymond Aron : genèse et actualité d’une pensée politique."