Il était une fois le dernier homme. Avec Dany-Robert Dufour à l'École supérieure des beaux-arts d'Angers.


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13.04.2016

Les individus doivent mourir pour que l'espèce vive. Cette simple équation a toujours beaucoup contrarié le genre humain. C'est pourquoi toutes les civilisations se sont appliquées à la résoudre. Dans la nôtre, il en est sorti un traitement narratif et symbolique. Sa forme générale est celle du déni : "Je meurs, mais quand même, je vais revivre autrement". Les Grecs ont proposé à cet endroit la théorie de la métempsychose : après la mort, les âmes migrent vers un nouveau corps.
Quant au grand récit monothéiste, s'il a provoqué tant d'adhésions béates depuis deux millénaires, c'est parce qu'il disait aux êtres humains, mortels, ce qu'ils voulaient entendre : "Certes, vous allez mourir, mais… Mais, si vous vous conduisez dans votre vie en suivant quelques préceptes, vous gagnerez la vie éternelle". Tout le monde ou presque y a cru d'autant que, personne, à notre connaissance, n'est revenu après sa mort pour dire aux encore vivants : "Ce sont des balivernes. Y'a rien". C'est seulement au commencement de la fin de la modernité que quelqu'un a écrit une pièce de théâtre, intitulée En attendant Godot, pour dire : "Il ne viendra pas vous sauver". Ça a fait date. Beckett en fut gratifié du prix Nobel.
Aujourd'hui, d'aucuns se mettent à penser que ce problème ne peut pas être résolu par un traitement symbolique, mais par un traitement réel. Le transhumanisme propose de traiter la mort comme une maladie que l'on doit guérir. Il ne peut s'ensuivre que des bouleversements considérables dans toutes les formes de pensée et d'être au monde.
C'est de cette mutation dont nous parle le philosophe Dany-Robert Dufour.

L'esprit pervers du capitalisme : théologie et anthropologie libérale. Avec Dany-Robert Dufour pour l'atelier de recherche Iqbal.


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07.05.2018

Depuis cent ans, c’est-à-dire depuis Max Weber et son livre majeur, L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, on a tendance à voir le capitalisme comme ascétique, rigoriste, autoritaire, puritain et patriarcal. Or, la compréhension de ce régime qui gouverne aujourd’hui le monde entier peut être remise en question via la lecture du médecin, philosophe et écrivain néerlandais Bernard de Mandeville (1670-1733), et notamment de sa Fable des Abeilles, intitulée à l’origine La Ruche mécontente ou les Coquins devenus honnêtes, publiée en 1714, puis 1723.
C'est ce que nous démontre le philosophe et professeur en sciences de l’éducation Dany-Robert Dufour, dont le travail consiste précisement à définir une anthropologie critique du libéralisme.
Après avoir étudié la déconstruction de la société (néo)libérale, il entreprend désormais un travail constructif, à la recherche des nouveaux axiomes possibles pour une véritable politique de civilisation.

Un entretien mené par Reda Benkirane.

Bambi, le symptôme (sur Michael Jackson). Avec Dany-Robert Dufour à l'Université fédérale de Rio de Janeiro.


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01.01.2009

Un milliard : c'est le nombre de personnes qui ont suivi, à la télévision, la cérémonie d'hommage à Michael Jackson une semaine après sa mort, le 25 juin 2009. Du jamais vu. De l'Allemagne au Japon, en passant par le Chili : partout, sur tous les continents, les foules se sont réunies pour pleurer leur idole, leur roi, leur Bambi, leur Peter Pan, puisque c'étaient les surnoms de la star.
Bambi, c’est le gai "bambin", celui qui, quoique marqué par le malheur dans ses premières années, jouit, dans la forêt, loin du monde des hommes, d'une parfaite liberté avec tous ses petits amis.
Michael Jackson était le cas le plus flagrant produit par notre post-modernité. Refusant la maturité, l'éternel enfant ne connaît pas la castration, donc toutes les contraintes, les responsabilités, les choix nécessaires pour devenir adulte. Resté au stade de la surpuissance infantile, il peut tout, il est tout.
Si Michael Jackson n'a jamais pu aller au bout de sa logique, il a mis à mal toutes les lois de la nature et des hommes en étant à la fois jeune et vieux, enfant et adulte, homme et femme, noir et blanc, et même ange ou démon. C'est ce que développe ici le philosophe Dany-Robert Dufour.
Et si Michael Jackson ne connaissant aucune limite, comment pourrait-il connaître la plus grande d'entre elles, la mort ? Voilà aussi pourquoi Michael Jackson est encore si vivant parmi nous : parce que, plus qu’un fou, il était un visionnaire, il nous a donné à voir ce que nous sommes en train de devenir. Des individus qui, pris dans une époque où les limites générationnelles et sexuelles sont devenues flottantes et où le "non du père" fait de moins en moins loi, veulent tout, toujours plus. Et sans fin.

Télévision : subjectivation, socialisation. Avec Dany-Robert Dufour pour la Fédération Nationale des Associations des Rééducateurs de l'Education Nationale.


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27.06.2015

La multiplication des images produit-elle des problèmes dans l'accès à la symbolisation ?
Nous vivons en effet dans un monde de plus en plus saturé d'écrans et d'images : ceux du cinéma, de la télévision, du téléphone portable, de l'ordinateur, des jeux vidéos... Ces modifications sont de deux ordres. Bien utilisées, ces techniques peuvent multiplier les possiblités d'expression, d'information et de création. Utilisées sans discernement, elles sont susceptibles d'altérer gravement l'accès à la symbolisation. Ce qui n'est pas sans conséquences tant au plan du développement personnel qu'au plan du lien social car cet accès permet en principe à l'individu de se soustraire au fonctionnement pulsionnel et aux rapports de force et d'entrer dans des rapports de sens.
Or, le déveoppement de ces techniques obéit beaucoup moins à des considérations philanthropiques qu'à des impératifs marchands, ce qui occasionne des pathologies nouvelles qui vont des psychonévroses narcissiques à différentes formes de désymbolisation, voire même d'addications, qui sont ici examinées.

L'anthropologie libérale et ses conséquences. Avec Dany-Robert Dufour pour le journal Kairos.


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26.06.2017

Si comprendre la situation présente implique nécessairement de sortir de l'instant, de se poser, s'extraire de l'empressement moderne, du cycle court et répétitif bagnole-boulot-dodo-vacances, et de réfléchir, c'est avec des penseurs comme Dany-Robert Dufour que nous pouvons le faire et avancer dans notre analyse du monde et la compréhension de nous-mêmes.
Philosophe, auteur de nombreux ouvrages, son anthropologie du libéralisme nous éclaire face au vide sidéral de la sphère médiatico-politique.

Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne. Avec Dany-Robert Dufour à la Librairie Quilombo.


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18.02.2015

Et si la raison occidentale était devenue délirante ? Si tel était le cas, alors il faudrait entreprendre séance tenante une "psychanalyse" de ce délire occidental.
Dany-Robert Dufour s'en donne les moyens. Il part de ce que Descartes proposait dans Le discours de la méthode, fondement de la raison moderne : que les hommes "se rendent comme maîtres et possesseurs de la nature". Un tournant dans l'aventure humaine qui a entraîné le développement progressif du machinisme et du productivisme, jusqu'à l'inflation technologique actuelle affirmée comme valeur suprême.
Si ce délire occidental fait aujourd'hui problème, c'est qu'il a gagné le monde (la mondialisation néolibérale qui exploite tout, hommes et environnement, à outrance) et qu'il est appelé, comme tout délire, à se fracasser contre le réel. D'une part, parce que la toute-puissance et l'illimitation des prétentions humaines qu'il contient ne peuvent que rencontrer l'obstacle : notre terre réagit déjà vigoureusement aux différents saccages en cours. D'autre part, parce que ce délire altère considérablement les trois sphères fondamentales de la vie humaine que sont le travail, le loisir et l'amour en les vidant de tout sens.
Mais tout n'est pas perdu : c'est à une nouvelle raison délivrée de ce délire que Dany-Robert Dufour en appelle pour une refondation de la civilisation occidentale, dont il esquisse les possibles contours.

Libéralisme et pornographie : naissance du pervers-puritain. Avec Dany-Robert Dufour sur France Culture.


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05.11.2013

Dans les études sur les origines du libéralisme, il manquait un maillon, celui de la pornographie.
Dany-Robert Dufour nous conte l'étrange histoire de la libération des passions en commençant avec Pascal, poursuivant avec Bernard de Mandeville (1670-1733), le Marquis de Sade, et quelques autres. 
Il entend démontrer comment la libération des passions (l'égoïsme, l'impératif de jouissance, le besoin de domination) ont transformé toutes les économies où interagissent les hommes : l'économie marchande, politique, esthétique et symbolique.
Le libéralisme, selon Dufour, possèderait au moins deux faces : l'une puritaine, représentée par Adam Smith, et l'autre perverse, représentée par Sade. L'unique commandement restant se résume donc en un mot : jouir !

Emission "La fabrique de l'humain", animée par Philippe Petit.

Le convivialisme. Avec Dany-Robert Dufour pour Rencontres et Débats Autrement.


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02.11.2016

Dany-Robert Dufour revient sur son parcours et donne sa vision du convivialisme, cet essai de conceptualisation d'une philosophie politique minimale commune.
Celle-ci aura la lourde tâche de dire comment les hommes peuvent vivre ensemble en s'opposant sans se massacrer, et de faire reposer l'adhésion à la démocratie sur autre chose que la perspective d'une croissance indéfinie.
Un témoignage captivant.