Une crise d'hégémonie ? Gramsci et la crise du capitalisme. Avec Razmig Keucheyan pour le séminaire Pensées critiques contemporaines.


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01.04.2012

Les Cahiers de prison d'Antonio Gramsci contiennent des passages d'une grande actualité consacrés aux crises du capitalisme. Dans les sociétés modernes, les crises économiques ont rarement des effets politiques immédiats. Elles sont le plus souvent amorties par ce que Gramsci appelle les "tranchées" et "fortifications" de la société civile et de l'Etat.
Entre les structures et les superstructures se trouve un ensemble de médiations, qui les conduisent à former un "bloc historique", et qui empêchent qu'un effondrement de l'économie se traduise par un effondrement correspondant du système politique.
C'est seulement lorsque les crises deviennent "organiques", c'est-à-dire qu'elles se transforment en crises du bloc historique lui-même, qu'elles contaminent toutes les sphères sociales : économie, politique, culture, morale, sexualité… Gramsci qualifie ces crises de "crise d'hégémonie" ou de "crise de l'Etat dans son ensemble".
Elles se caractérisent notamment par leur longue durée, et par le fait qu'aucune des classes antagonistes ne dispose d'assez de réserves matérielles et symboliques pour imposer aux autres une nouvelle hégémonie. S'ensuit un "équilibre catastrophique des forces", dont le césarisme – par exemple fasciste – est l'une des issues possibles.
La crise économique déclenchée en 2008 par l'effondrement des marchés financiers a-t-elle donné lieu à une crise d'hégémonie au sens de Gramsci ?

La situation de la classe laborieuse en France. Avec Antoine Vatan pour les Amis de la Liberté.


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19.06.2025

"Ça ne peut plus durer" entend-on partout dans la bouche de ceux qui travaillent. Mais de quoi s'agit-il ? Ce qui ne peut plus durer, en fait, c'est bien le capitalisme. Ce mode de production qui a conquis l'ensemble de la production planétaire au XIXe siècle est à bout de souffle aujourd'hui. 
En se développant ainsi, le capitalisme a créé, du même coup, des liens entre tous les prolétaires. La bourgeoisie utilise ces liens pour augmenter le taux d'exploitation, en se servant notamment du discours xénophobe. Or, si les travailleurs arrivaient enfin à prendre réellement conscience de ces liens, à analyser le fonctionnement de l'exploitation dont ils sont victimes de la part de la classe dominante, alors une autre organisation de la société pourrait être imaginée...

Qu'est-ce que la critique ? Avec Grégoire Chamayou pour le séminaire Pensées critiques contemporaines.


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23.05.2012

Trivialement, faire une critique, c'est formuler un jugement négatif, expliquer un avis divergent, dire pourquoi l'on n'est pas d’accord. Au sens le plus immédiat, les pensées critiques, ce sont celles qui, d'une manière ou d'une autre, se montrent contestataires de l'ordre existant.
Mais, au-delà de l'étiquette, il n'est pas sûr que l'on dispose aujourd'hui d'un concept commun de ce en quoi la "critique" en question pourrait consister. A y regarder de plus près, il apparaît même que ce vocable recouvre des démarches que presque tout oppose au plan épistémologique. Alors que par exemple, pour certains courants issus de l'Ecole de Francfort, la théorie critique débouche sur la tâche de reconstruire de grands édifices moraux normatifs, Judith Butler insiste au contraire, dans le sillage de Foucault, sur la suspension des catégories du jugement comme condition même du maintien d'une attitude authentiquement critique. La critique semble alors prise dans une alternative quant à sa méthode et à son devenir : soit d'être réduite au statut de moment négatif, nécessaire mais transitoire, précédant la refondation d'une doctrine positive, soit d'être conservée, mais sous la simple forme d'une attitude ou d'une exigence subjective.
Il y a cependant, dans la longue histoire du concept de critique, une autre voie, esquissée par Marx, qui évite ce double écueil : la critique ni comme étape vers la refondation d'une doctrine morale, ni comme forme inquiète de subjectivité, mais comme médiation stratégique entre travail théorique et lutte politique. Pour saisir l'originalité de cette redéfinition, toujours actuelle, de la critique, il faut revenir sur le déplacement que Marx a fait subir à cette notion, en replaçant celle-ci dans son histoire philosophique.

Le Capital de Marx. Avec Antoine Vatan pour le Café marxiste.


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2025

Docteur en économie, agrégé de sciences économiques et sociales et professeur à l'université Paris-Nanterre, Antoine Vatan a publié en 2022 La Situation de la classe laborieuse en France (Éditions Delga), dans lequel il étudie, statistiques à l'appui, les conditions générales du capitalisme, au stade impérialiste, en France, et ses conséquences sur les conditions de vie des travailleurs mais aussi les potentialités révolutionnaires objectives liées à cette situation.
Ce long entretien forme une sorte d'introduction au Capital de Karl Marx. Objectif : mieux comprendre les principaux concepts et résultats de cet ouvrage majeur, toujours d'actualité pour comprendre le monde et le transformer. En effet : les notions de "taux d’exploitation" ou de "baisse tendancielle du taux de profit", comme bien d'autres, demeurent tout à fait opérantes, à la condition d'être rigoureusement précisées, ce qu'Antoine Vatan s'emploie à faire ici avec clarté.

1. Karl Marx avait raison
 - 0'00'55 : Parcours d'Antoine Vatan jusqu'à Marx
 - 0'05'27 : La situation des travailleurs en France
 - 0'08'12 : La baisse tendancielle du taux de profit
 - 0'15'02 : Les prédictions de Marx se sont réalisées
 - 0'21'32 : Le marxisme, seule théorie des crises
 - 0'32'17 : Contradictions fondamentales du capital
 - 0'41'17 : L'actualité du Capital de Marx

2. La méthode Karl Marx
 - 0'00'32 : La démarche théorique de Marx
 - 0'04'45 : Critique de l'idéologie bourgeoise
 - 0'08'01 : Marx : idéologue ou scientifique ?
 - 0'15'22 : Le matérialisme dialectique
 - 0'21'22 : Le matérialisme historique
 - 0'24'48 : Le marxisme : un économicisme ?
 - 0'33'02 : Marx a-t-il une vision morale ?

 3. Qu'est-ce que le Capital ?
 - 0'00'31 : Le Capital = un patrimoine ? (Piketty)
 - 0'07'37 : L'analyse de la marchandise
 - 0'10'17 : Qu'est-ce que la valeur chez Marx ?
 - 0'15'39 : La valeur : une substance ? (Lordon)
 - 0'20'03 : Transformation de l'argent en capital
 - 0'29'56 : Les indépendants : des prolétaires ?
 - 0'35'23 : Dépasser Marx ?

4. Le procès de production capitaliste
 - 0'00'20 : Travail non payé et taux d'exploitation
 - 0'06'05 : Plus-value absolue et relative
 - 0'12'31 : L'armée de réserve du Capital
 - 0'19'21 : L'accumulation primitive
 - 0'28'28 : La circulation du Capital (livre 2)
 - 0'38'39 : Différence profit / profit moyen
 - 0'41'54 : Baisse du taux de profit (équations)
 - 0'49'57 : Intérêt et rente foncière (livre 3)

5. Keynes et les néoclassiques
 - 0'00'22 : Marx VS les classiques (Smith, Ricardo, etc.)
 - 0'08'46 : Marx VS le malthusianisme
 - 0'14'15 : Marx VS les néo-classiques (Hayek, Friedman, etc.)
 - 0'22'45 : Marx VS keynésianisme (Sismondi, Keynes, etc.)
 - 0'32'52 : Le protectionnisme est-il progressiste ?
 - 0'40'45 : Néolibéralisme ou capitalisme ?

Crise, croissance, résilience : la Suisse dans l'échiquier global. Avec Olivier Delamarche au Cercle Rousseau.


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31.10.2024

Analyste économique et financier réputé pour ses prises de positions hétérodoxes, Olivier Delamarche décrypte la place de la Suisse dans le contexte économique mondial, avec un regard unique sur les enjeux financiers globaux.

L'économie russe ne s'est pas effondrée, mais la nôtre va mal ! Avec Jacques Sapir pour Elucid.


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09.2024

Économiste, spécialiste des questions monétaires et de la mondialisation, Jacques Sapir est très critique de l'euro, une monnaie qui a fait la preuve de son échec. Il explique notamment en quoi le protectionnisme est la voie la plus logique vers un système économique fonctionnel, assurant notre sécurité et notre pouvoir d'achat.
Dans ce contexte de crise géopolitique, et de sanctions généralisées contre la Russie, Jacques Sapir démontre l'échec de l'Occident en déclin économique, face au reste de monde qui résiste encore et rabat les cartes.

Un entretien mené par Olivier Berruyer.

La propagande au service de la guerre et d'une économie détraquée. Avec Olivier Berruyer pour Elucid.


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05.2024

Actuaire et statisticien de métier, Olivier Berruyer contribue à mener un réel travail de contre-propagande après la crise de 2008 via ses analyses économiques sur son blog dès 2011. Après des années à analyser les propagandes en tout genre, il fonde le média indépendant Élucid.
L'occasion de dresser un large panorama des manipulations médiatiques, politiques et économiques qui déforment l'actualité quotidiennement, et poussent les citoyens à consentir à des absurdités dangereuses.

Vers la grande révolte. Avec Laurent Ozon pour le Cercle Aristote.


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11.04.2023

Les possibilités concrètes de l'usage de nos libertés les plus fondamentales semblent s'amenuir un peu plus chaque jour, induisant un sentiment de dépossession qui va grandissant dans la population.
Intellectuel de sensibilité écologiste, ancien homme politique et chef d'entreprise, Laurent Ozon revient sur les derniers épisodes du mouvement social en cours. Quelle sera l'étape suivante ? Aura-t-elle lieu ? Le contexte permettra-t-il de voir émerger une individualité organique de grande taille qui tiendra tête au pouvoir en place ?