50 ans de guerre de l'information. Avec Christian Harbulot pour l'Ecole de guerre économique.


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2025

La guerre de l'information par le contenu est peu étudiée dans le monde académique ainsi que -malheureusement- dans l'appareil d'Etat.
C'est la raison pour laquelle Christian Harbulot, expert international en intelligence économique et directeur de l'Ecole de Guerre Economique, nous propose cette série d'émissions, démarche pédagogique visant à faire naître une réelle culture civile du combat par l'information.

Une série d'émission animée par Nicolas Moinet.

Critique de la communication : de l'échange symbolique à l'intelligence artificielle. Avec Baptiste Rappin, Eric Martin et Maxime Ouellet pour le Collectif Société.


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01.05.2024

Dans un contexte marqué par l'émergence accélérée de nouvelles intelligences artificielles dites génératives ayant la prétention de se substituer au langage et à la cognition humaine, il devient urgent de réfléchir aux impacts de ces transformations sur les sociétés contemporaines. En effet, alors que le fondement des sociétés repose historiquement sur des médiations symboliques permettant de donner un sens aux pratiques sociales, de même que sur des institutions politiques qui, dans la modernité, avaient pour ambition de permettre une action réflexive des sociétés sur elles-mêmes, l'avènement de dispositifs de communication automatisée semble concrétiser une transformation sociale profonde dans la mesure où l'ensemble des médiations symboliques et politiques sont en voie d'être remplacées par une nouvelle forme de régulation systémique ou cybernétique qu'on peut également qualifier de décisionnelle-opérationnelle.
Lorsque le symbolique est subsumé par la communication informatique, le code se substitue au langage, la rationalité algorithmique remplace la raison critique et la liberté est réduite à un processus d'adaptation. On assiste ainsi à la montée en puissance de systèmes automatisés et autonomisés monopolisés par de gigantesques oligopoles numériques qui ont la prétention de prendre en charge des actes et des facultés cognitives autrefois réputées être le propre des sujets humains. Cette transformation vient menacer aussi bien l'autonomie individuelle que la capacité des sociétés à s'auto-instituer et à déterminer leurs finalités, un processus déjà entamé depuis la révolution industrielle, mais qui vient aujourd'hui se parachever.
Les réponses les plus courantes s'avèrent insatisfaisantes et incomplètes, qu'il s'agisse par exemple en termes de politiques publiques, qui cherchent à stimuler l'innovation tout en prétendant baliser leurs effets délétères; ou encore le discours "éthique" libéral, toujours articulé a posteriori, c'est-à-dire sans questionner la production et le développement de la nouvelle régulation systémique/cybernétique elle-même.
Face à la rapidité et au déferlement de ces processus disruptifs il devient nécessaire de réfléchir en amont à partir d'une théorisation puisant dans les sciences sociales plutôt que de se limiter au seul discours portant sur les impacts localisés sur telle ou telle pratique. Or, celles-ci se sont fragmentées, se concentrant sur une série d'objets particuliers, sans plus jamais poster la question des finalités sociales du point de vue de la société comprise comme totalité synthétique. La fragmentation des enjeux empêche le développement d'une analyse historique, dialectique, synthétique, et donc critique sur les enjeux généraux et fondamentaux entourant ces questions.

Le droit : science du vivant. Avec Pierre Legendre à l'Université Laval.


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03.03.1987

L'anthropologie dogmatique est au coeur de la pensée du juriste Pierre Legendre. Cette grille de lecture lui permet d'explorer la profonde interconnexion entre le droit et la vie humaine, sans cantonner le droit à un ensemble de règles abstraites, mais comme étant intrinsèquement lié aux structures fondamentales de la société et à la condition humaine. En effet, "le droit romain est le support de notre modernité" et sa compréhension est essentielle pour saisir les grandes inventions institutionnelles telles que l'État ou le contrat.
D'où l'importance des célébrations culturelles, telles que la musique et le théâtre, dans la formation des institutions, auxquelles Pierre Legendre nous invite à porter une attention toute particulière. Car nous n'avons jamais vu vu gouverner une société sans célébration, sans musique, ni théâtre ! Ainsi, la fonction mythologique, aujourd'hui portée par les artistes, joue un rôle crucial dans la compréhension et la transmission des normes qui régissent nos sociétés.
En revisitant ces concepts, Pierre Legendre invite à une réflexion sur la manière dont le droit, en tant que science du vivant, façonne les dynamiques culturelles et sociales.

Le mythe de l'entrepreneur : défaire l'imaginaire de la Silicon Valley. Avec Anthony Galluzzo sur Fréquence Paris Plurielle.


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01.2023

Elon Musk et Jeff Bezos aujourd'hui, Steve Jobs et Bill Gates hier, Thomas Edison et Andrew Carnegie un siècle plus tôt... De nombreuses célébrités entrepreneuriales peuplent nos imaginaires. Ces grands hommes seraient des créateurs partis de rien, des visionnaires capables d'imaginer des innovations révolutionnaires, des génies aux capacités hors du commun.
Régulièrement, un même miracle semble se produire : un être d'exception pénètre un marché et le révolutionne. Il y provoque la création destructrice et bouleverse un ordre que l'on croyait immuable. Dans le grand roman de notre économie, les entrepreneurs sont ces héros qui sortent l'humanité de sa torpeur et lui permettent de faire des bonds en avant sur la route du progrès.
Anthony Galluzzo s'attache à défaire cette mythologie, à comprendre ses caractéristiques et ses origines. Il montre en quoi cet imaginaire fantasmatique nous empêche de saisir la dimension fondamentalement systémique de l'économie et contribue à légitimer un ordre politique fondé sur le conservatisme méritocratique, où chaque individu est considéré comme pleinement comptable de ses réussites et de ses échecs.

Émission "Les Oreilles loin du Front".

Défaire le mythe de l'entrepreneur. Avec Anthony Galluzzo pour Lundi matin.


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02.2023

Elon Musk et Jeff Bezos aujourd'hui, Steve Jobs et Bill Gates hier, Thomas Edison et Andrew Carnegie un siècle plus tôt… De nombreuses célébrités entrepreneuriales peuplent nos imaginaires. Ces grands hommes seraient des créateurs partis de rien, des visionnaires capables d'imaginer des innovations révolutionnaires, des génies aux capacités hors du commun.
C'est cette mythologie que vient démolir Anthony Galluzzo dans son excellent Le Mythe de l'entrepreneur, défaire l'imaginaire de la Silicon Valley (Éditions Zones, 2023). Car ce que recouvre toujours la figure sympathique de l'entrepreneur, c’est la brutalité du monde de l'économie et l'antagonisme fondamental qui le traverse.

La dé-réalité, stade suprême du spectacle. Avec Vincent Chapin pour Café Noir.


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10.12.2021

Autant la guerre civile européenne qui s'étend de 1914 à 1945 est une crise du système politique, autant la Grande Récession qui a commencé en 1929 est une crise du système économique, autant la crise commencée en 2020 est une crise mondiale du système informationnel. La science politique, la science économique sont réduites à l’impuissance pour comprendre notre monde.
Les politiques, les secteurs économiques indépendants du système informationnel ont couru derrière la production informationnelle, ont été réduit à réagir, toujours en retard et à bout de souffle. La politique et l'économie ont perdu la maîtrise du temps.
La crise de 2020 est à ce titre aussi structurelle dans l'histoire du monde que l'ouverture des combats de la guerre industrielle en 1914. Le décrire et le comprendre demande de nouveaux concepts, de nouveaux mots, un élargissement de la vision, très loin du bourrage de crâne, des sélections simplistes et de l'économie de l'attention comptée en secondes du système informationnel.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'09 : Présentation de l’auteur
 - 0'03'19 : Présentation du livre
 - 0'06'35 : Kant : Que puis-je savoir?
 - 0'15'06 : Kant : Qui suis-je?
 - 0'17'43 : Kant : Que m’est-il permis d’espérer?
 - 0'19'27 : Géopolitique : Qu’est ce que le monde libre?
 - 0'27'33 : Géopolitique : Qu’est ce que la politique?
 - 0'32'36 : Que signifie le dédoublement dans une perspective traditionnelle?
 - 0'36'03 : Conclusion

Un entretien mené par Gilbert Dawed.

Outrance du pouvoir, pouvoir à outrance. Avec Christian Salmon sur France Culture.


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15.10.2020

La crise du coronavirus a largement remis en cause la crédibilité de nos gouvernants. Dans l'annonce récente du Président Macron et sa mise en scène, c'est la crédibilité du régime présidentiel qui se joue. Comment peut-on encore légitimer les décisions politiques et donc le pouvoir ?
Pour Christian Salmon, nous sommes rentrés dans l’ère de la Tyrannie des Bouffons, titre de son ouvrage publié aux éditions Les Liens qui Libèrent – un ouvrage qui revient sur les ressorts du "pouvoir grotesque" et ses mécaniques.
À l'heure où les sondages confirment un discrédit croissant dû aux mensonges répétés concernant l'état de l'épidémie, comment continuer à gouverner ? Par quels mécanismes accepte-t-on ce que les gouvernants nous racontent et comment ce "pouvoir grotesque" est-il devenu un rouage essentiel de la souveraineté ?

Émission "L'Invité des Matins", animée par Guillaume Erner.

Du storytelling à l'ère du clash. Avec Christian Salmon à la Librairie Kleber.


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06.04.2019

Un ouragan emporte nos sociétés hyperconnectées et hypermédiatisées. Le vent a tourné, nous l'éprouvons tous fortement. L'époque n’est plus tout à fait, ou seulement, à la manipulation et au formatage des esprits, comme encore au milieu des années 2000, quand régnait sur le discours médiatico-politique le storytelling.
L'explosion du Web, l'éclosion des premiers réseaux sociaux créaient l'environnement favorable à la production et à la diffusion d'histoires. Or, de même que l'inflation ruine la confiance dans la monnaie, l'inflation des stories a érodé la confiance dans les récits. Le triomphe de l'art de raconter des histoires, mis au service des acteurs politiques, aura entraîné, de manière fulgurante, le discrédit de la parole publique. Cette défiance est aujourd'hui revendiquée par les hommes politiques eux-mêmes.
Dans le brouhaha des réseaux et la brutalisation des échanges, la story n'est plus la clé pour se distinguer. La conquête de l'attention, comme celle du pouvoir, passe désormais par l'affrontement, la rupture, la casse des "vérités". Désormais, viralité et rivalité vont de pair, virulence et violence, clash et guerre des récits.
Fini le storytelling ? Bienvenue dans l'ère du clash !