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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Aujourd'hui, quels sont les bouleversements démographiques et technologiques qui agitent notre monde ? La dynamique politique de fragmentation-centralisation permet-elle de comprendre la trajectoire de la modernité ? Vit-on à l'ombre de la potentielle singularité technologique ?
À travers une analyse historique et prospective, les intervenants dissèquent l'évolution des États, des monarchies médiévales aux régimes modernes, en passant par les mécanismes de pouvoir et les défis démographiques. Ils interrogent l'impact des technologies sur la liberté, la natalité et l'avenir des civilisations - notamment occidentale.
Entre projections futuristes et critiques acerbes du présent, une invitation à repenser les fondements de nos sociétés en explorant la décentralisation comme remède aux excès de la centralisation, les modèles politiques alternatifs (comme les network states), ou encore les dilemmes éthiques de l'accélération technologique.


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Historien spécialiste de l'époque moderne, Sanjay Subrahmanyam développe une approche qui interroge les logiques impériales à travers les circulations transrégionales et déconstruit les grands récits civilisationnels et leurs usages politiques.
Dans une perspective d'histoire longue et connectée, il explicite la construction des récits civilisationnels et impériaux, soulignant les contradictions inhérentes à leurs mobilisations contemporaines alors que ces récits ont souvent pour effet de produire des logiques de repli identitaire qui, parfois, redéfinissent les rapports de force internationaux.


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Dans un monde traversé par le chaos, comment garder sa clarté d'esprit et suivre les principes qui ont présidé à l'avènement de la civilisation européenne ?
Figure italienne du nationalisme révolutionnaire, Gabriele Adinolfi propose une lecture du déclin contemporain à travers les prismes de la tradition immémoriale et du combat politique le plus immédiat, synthèse qu'il a autrefois qualifiée d' "évoléninisme".
Une constat radical qui pousse à réfléchir sur ce que signifie tenir debout — intellectuellement, moralement, politiquement — lorsque tout semble s'effondrer autour de soi.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.


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L'hellénisme et le christianisme se disputent l'âme de l'Occident depuis deux mille ans. Une lutte féconde, mais jamais achevée, puisqu'elle oppose deux idées contraires : d'un côté la primauté de la raison gréco-romaine, de l'autre la primauté de la révélation judéo-chrétienne. La Cité des hommes contre la Cité de Dieu, selon le point de vue chrétien. Le Moyen Âge nous apparaît comme le triomphe du christianisme, et la Renaissance comme celui de l'hellénisme.
En analysant les entrelacements historiques de ces deux courants qui irriguent notre civilisation, nous pourrons savoir qui nous sommes, d’où nous venons et où nous pouvons aller.


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Le progrès technico-scientifique en Occident est incomparable à celui de toutes les autres grandes civilisations. Pourquoi ce processus historique s'est-il déroulé uniquement à l'ouest de cette péninsule eurasiatique et guère avant le XVIe ? Les explications génétiques, religieuses, culturelles, environnementales ou décoloniales sont toutes insuffisantes ou idéologiques.
David Cosandey, dans une œuvre monumentale et peu connue, avance une thèse originale et qui met en lumière les phases historiques de polycentrisme géopolitique, génératrices de créativité, opposées à celles des grands empires unificateurs qui paralysent les sociétés.
L'approche est particulièrement stimulante, autant par ce qu'elle permet de penser que par les multiples questions qu'elle soulève quant à la dynamique de l'histoire humaine, la nature du progrès qui s'en dégage, les futurs souhaitables et l'avenir incertain qui nous attend.


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Dans la rhétorique du choc des civilisations qui servait hier à justifier la mal nommée "guerre contre le terrorisme" et aujourd'hui la répression génocidaire à Gaza, un concept se trouve depuis une quarantaine d'années mobilisé : celui de la "civilisation judéo-chrétienne". Ce contre-sens historique est porté aujourd'hui en étendard par les droites extrêmes et les extrêmes droites occidentales, de Bruno Retailleau jusqu'à Benyamin Nétanyahou.
À quoi renvoie au juste ce concept ? Que signifie cette appropriation récente par la culture européenne et nord-américaine de la judéité, après une histoire pluriséculaire de pogroms anti-juifs sur le Vieux continent ? Quels en sont les mécanismes ? Et contre quels nouveaux ennemis de l’Occident ce doublon est-il mobilisé ?
- 0'00'00 : étrange histoire, étrange géographie
- 0'07'37 : anti-judaïsme
- 0'14'14 : antisémitisme
- 0'18'30 : nazisme
- 0'21'58 : une invention orientale
- 0'24'22 : sionisme, nationalismes
- 0'31'09 : moment Eichmann
- 0'36'44 : l'Europe se restaure une innocence
- 0'41'48 : "Innocence ontologique"
- 0'48'36 : colonialisme
- 0'55'56 : monde Arabe
- 1'03'38 : sionisme chrétien
- 1'08'25 : diaspora
- 1'13'40 : et l'extrême droite ?
Émission "HorizonsXXI", animée par Sarra Grira.


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L'universalisme est aujourd'hui l'aspect le plus contesté de l'héritage des Lumières. Pour les uns, il désigne un idéal d'émancipation par la raison, d'égalité entre tous les êtres humains. Pour les autres, à l'inverse, il incarne une forme d'impérialisme culturel et de refus des différences.
Pour sortir des caricatures, il faut revenir au XVIIIe siècle. On voit que les Lumières n'ont pas développé un universalisme univoque. Elles ont plutôt développé trois langages concurrents de l'universel. Le premier est juridique et cosmopolite, il pose l'égalité abstraite des individus. Le second est historique : il réfléchit aux conditions de développement de la "civilisation". Le troisième, enfin, est critique. Il s'enracine dans des situations de domination et prône l'affranchissement. Ses trois langages ne cessent de dialoguer et d'interférer, jusqu'à ce que la Révolution française les redéploye sur un plan plus ouvertement politique : celui de la citoyenneté.
L'héritage des Lumières, bien compris, se situe là : dans la possibilité d'effectuer un retour réflexif sur les origines conflictuelles de l'universalisme moderne.