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Sociologue spécialisé dans l'analyse des relations privées et de la famille, Gérard Neyrand est l'auteur notamment de Critique de la pensée positive : Heureux à tout prix ? (ed. Erès, 2024) et L'amour individualiste (ed. Erès, 2018).
Il montre ici que "la pensée positive" est en réalité une idéologie par et pour le néolibéralisme : loin d'être inoffensive, elle contribue à hyper-responsabiliser les individus et les éloigner des structures collectives et solidaires au profit d'un bonheur factice, qui bien souvent ne conduit qu'à la culpabilité.
Un entretien mené par Carla Costantini.


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Des millions de Français pratiquent le yoga. Des centaines de millions de par le monde. Confidentielle, quasi secrète il y a un siècle, la pratique du yoga a conquis la planète. Associé au XXe siècle aux mouvements hippies ou New Age, elle est désormais au centre du grand marché du bien-être et de la santé naturelle. Sa progression semble infinie. Pendant le récent confinement, le mot "yoga" était dans les cinq premiers des recherches Google. Alors : pourquoi le yoga "explose" aujourd'hui ? Culte du corps ou retour du spirituel ?
Aujourd’hui souvent associé aux prouesses de souplesse sur les réseaux sociaux, aux postures acrobatiques, aux jeunes femmes en legging, au secteur fourre-tout du développement personnel, et même à la performance en entreprise, le yoga de notre époque semble bien différent de celui de l'Inde Ancienne.
Accident de parcours ou évolution profonde ? Phénomène de mode ou changement durable dans l'approche de soi-même ? Episode souhaitable ou dangereux ? Y'aurait-il d'un côté un yoga ancien et authentique et de l'autre une pratique contemporaine, centrée sur le corps ? Que reste-t-il des textes historiques dans la pratique moderne ? Que dire de la thèse de l'appropriation culturelle du yoga ?
Voilà quelques grandes questions qui seront abordées ici et qui permettent d'interroger le yoga moderne, la pratique et son cadre, en essayant de mieux contextualiser certaines grandes controverses.


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Héritée des Grecs, puis remise à l'ordre du jour par des philosophes contemporains comme Pierre Hadot (1922-2010) et Michel Foucault (1926-1984), l'idée que tout être humain ait à prendre soin de lui-même est devenue centrale aujourd'hui, en témoigne la pensée américaine du "care".
Mais que signifie "prendre soin de soi-même" ? Retrouver le calme, se sentir en sécurité, redécouvrir son corps, développer sa créativité et pourquoi pas renouer avec le sacré ?
Le but du travail de Françoise Bonardel est de donner une assise philosophique, psychologique et spirituelle à ce besoin de "soin". Elle nous rappelle que ce soin à soi-même était déjà présent dans la philosophie antique et elle nous dresse le développement de la notion jusqu'à l’époque moderne en se demandant aussi si cet intérêt à soi ne cache pas finalement un égoïsme voire une forme de dandysme.
Françoise Bonardel ouvre enfin la question du soin de soi à la dimension religieuse et sacrée ; pour les mystiques cette expression de soin de soi-même revient à inscrire son devenir dans un processus de transformation et de maturation jusqu'à une ouverture vers la splendeur du Grand Soi.


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Et si la collapsologie, développée entre autres par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, au lieu de penser un effondrement du capitalisme, permettait plutôt d'en imaginer la survie après l’effondrement ?
C'est la thèse critique que nous propose Benoît Bohy-Bunel en décortiquant, à partir des acquis théoriques de la critique de la valeur, les trois ouvrages Comment tout peut s'effondrer, Une autre fin du monde est possible et L'entraide, une autre loi de la jungle.
Au lieu de mettre en avant des techniques pour bien vivre la crise qui se profile devant nous et se préparer à la fin du monde, un vrai travail de critique social devrait au contraire chercher à dénoncer la fin du monde quotidienne et pouuser à s'en sortir.


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Plus que jamais la question du bien-être est au cœur de nos vies et de nos préoccupations : mais quel rôle lui donne-t-on vraiment dans nos vies personnelles, professionnelles et plus largement dans notre société ?
Le sociologue Alain Ehrenberg nous propose une réflexion nous invitant à saisir le grand bouleversement de l'individualisme comme une condition de l'entrée dans la société actuelle, posant alors la valeur de l'autonomie comme un horizon d'attente commun.
Une conférence organisée par l'Institut de recherches cliniques de Montréal qui s'inscrit dans le cadre de la série de conférences en éthique de la santé 2021 : "Bien-être, santé et épanouissement humain".


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La souffrance psychique et la santé mentale semblent être l'horizon de l'individualisme contemporain, comme le paradis et l'enfer étaient celui du Moyen Âge. Pourquoi et en quel sens ce couple d'expressions est-il devenu l'un des principaux points de repère de "la société de l'homme-individu" (Louis Dumont) ?
Partant des incertitudes de la psychiatrie et plus généralement de la psychopathologie, Alain Ehrenberg soulève ensuite les questions posées par la notion de santé mentale, dont l'usage est aussi transversal que son objet est mal identifié, et propose une démarche d'ensemble pour y répondre.
Une conférence qui s'est tenue lors de la 2e rencontre du Département de Promotion de la Santé Mentale et de Prévention.


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La modernité avait prétendu faire de l'homme un dieu, indépendant de toute transcendance à laquelle il aurait à rendre des comptes.
De manière apparemment concurrente, nous assistons depuis quelques décennies à l'émergence d'une nouvelle tendance, selon laquelle l'homme ne détiendrait aucune primauté sur le reste des vivants.
À ces deux idéologies qui la prennent en étau, quelle réponse l'anthropologie chrétienne, socle fondateur de notre civilisation, apporte-t-elle ?


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Qu'est-ce que le développement personnel ? Est-il un simple symptôme de nos sociétés individualistes ? L'expression d'une quête de sens ? Ou bien peut-il constituer un véritable outil de connaissance et d'amélioration de soi ?
Le Précepteur Charles Robin nous fait part de ses réflexions sur ce sujet très à la mode depuis quelques années.