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En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.
Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.


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Comment la foi s'accommode-t-elle de la vérité historique et de la raison ? Quelle interprétation faire des textes sacrés ? De l'invention de Dieu à la modernité, quelle place peut avoir la religion et la croyance dans notre société moderne?Faire entrer la bible dans l'histoire et redonner toute sa place à la révélation à l'ère de la raison : voici les deux quêtes auxquelles s'attellent Jean-Luc Marion et Thomas Römer.
Émission "L'Invité(e) des Matins", animée par Guillaume Erner.


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Pouvons-nous approcher philosophiquement l'essence du christianisme ? Celui-ci nous est accessible par son noyau existentiel, tel qu'il est vécu dans la foi, l'espérance et la charité : il nous faut donc déchiffrer l'essence du christianisme au cœur de l'existence chrétienne. Or avec les Épîtres de saint Paul, nous avons un accès originaire et privilégié à une telle expérience fondamentale, car chez lui, cette expérience religieuse s'accompagne de sa première explicitation.
Et c'est clairement parce qu'ils ont redécouvert l'importance de cet événement fondamental, que depuis deux siècles, les philosophes n'ont cessé de dialoguer avec Paul : Kierkegaard, Nietzsche, Wittgenstein, Heidegger, Arendt, Jonas, Ricoeur, Agamben, et d’autres. L'objet des travaux d'Olivier Boulnois est de reprendre ce dialogue, en traversant les différentes interprétations philosophiques, faites tantôt de percées fulgurantes, tantôt de récupérations, de caricatures et de malentendus, pour nous approcher du véritable Paul : un juif du premier siècle qui croit en Jésus Messie (Christos).
En déchiffrant les Epîtres de Paul au plus près des textes, pouvons-nous aujourd'hui nous rendre sensibles à l'impact authentique et révolutionnaire de sa pensée ?
Une série de conférences prononcée depuis la chaire de métaphysique Étienne Gilson.
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À travers un dialogue aussi rigoureux que nuancé, Claude Timmerman et Youssef Hindi confrontent leurs analyses respectives sur la figure de Yahvé, questionnant son rôle et sa légitimité dans la tradition monothéiste : représente-t-il une usurpation ou un dévoiement de l'idée originelle de Dieu ?
Claude Timmerman, dans son ouvrage Judéo-christianisme – Travestissement historique et contre-sens idéologique (Éditions Kontre Kulture), propose une lecture critique de la notion de judéo-christianisme. Il y démontre comment cette construction récente, loin de refléter une continuité spirituelle, constitue selon lui une falsification historique et une confusion des doctrines.
Face à lui, Youssef Hindi, auteur de Occident et Islam – Tome II : Le paradoxe théologique du judaïsme (Éditions Sigest), développe une thèse radicale sur l'origine et l'évolution du monothéisme biblique. Il y soutient que la figure de Yahvé, loin d'incarner le Dieu universel, serait le produit d'un processus historique d'exclusion et de particularisme, ayant profondément influencé la vision occidentale du divin.
L'occasion d'aborder un débat rarement abordé dans l'espace public, croisant les regards historiques, théologiques et philosophiques, dans une perspective critique visant à revisiter les fondements religieux et théologiques de l'Occident.


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La critique biblique, selon Claude Tresmontant, doit être une étude scientifique de la Bible hébraïque, libérée de tout présupposé métaphysique.
S'inscrivant dans la lignée de Richard Simon, fondateur de l'exégèse moderne, Tresmontant défend l'idée que les Évangiles ont été écrits à l'origine en hébreu, dans un milieu judéen lettré, bien avant leur traduction en grec. Il observe que les traducteurs ont respecté la structure hébraïque, comme cela avait déjà été le cas pour la Septante. Cela implique l'existence d'un lexique hébreu-grec traditionnel. En étudiant la syntaxe grecque des Évangiles, il démontre que leur sens réel ne peut être saisi qu'en identifiant les mots hébreux sous-jacents.
Grâce à sa maîtrise des langues bibliques, Tresmontant rétablit une lecture fidèle des textes. Il soutient que les Évangiles ont été rédigés avant 70, date de la chute du Temple, absente des textes alors qu'elle aurait été évoquée si elle avait déjà eu lieu.
Ses travaux révisent profondément la datation et l'interprétation des Évangiles en les replaçant dans leur contexte hébraïque originel.
Émission "Les mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.


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L'origine du désir ne se situe pas dans le sujet ni dans l'objet désiré, mais avant tout dans le désir d'un second sujet perçu comme modèle.
C'est la thèse du grand penseur des rapports entre violence et sacré, l'anthropologue René Girard, qui nous expose ici la logique du désir mimétique telle qu'elle se révèle dans les grands textes littéraires et religieux.
Une théorie aux conséquences importantes, puisqu'elle se trouve au fondement de toutes les sociétés humaines. Pour le meilleur et pour le pire…
Un entretien mené par Patrick Perquy.


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Depuis David Ben Gourion, Israël a toujours revendiqué sa filiation directe avec l'Israël des temps bibliques. Quoi qu'on pense de la légitimité de cette filiation, le modèle biblique détermine dans une large mesure les projets d'Israël et son comportement à l'égard de ses voisins. De fait, les Gazaouis sont traités comme le furent les Amalécites selon la Bible, avec l'encouragement de Netanyahou.
Par conséquent, toute critique sérieuse d'Israël doit commencer par une analyse sans concession de l'idéologie suprémaciste de la Bible hébraïque.


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"La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l'exigence que formule son bonheur réel", écrivait Karl Marx en 1843. Depuis, communisme et christianisme semblent incompatibles.
C'est oublier que la doctrine communisme s'est en partie inspirée du christianisme social et que l'un des premiers théoriciens communistes importants, Etienne Cabet voyait dans le communisme la réalisation des principes chrétiens. Christianisme et communisme pourraient-ils faire bon ménage ?
A partir du Nouveau Testament, mais aussi des écrits des pionniers du communisme, le journaliste et écrivain Kévin Boucaud-Victoire revient sur les liens entre deux doctrines qui ne s'opposent moins qu'on ne pourrait le croire.