Le travail au XXIe siècle. Avec Alain Supiot à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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10.12.2019

Il y a cent ans, l'Organisation Internationale du Travail se donnait pour mission de soutenir les efforts des pays voulant améliorer le sort des travailleurs et d'éviter que ces efforts ne les désavantagent vis-à-vis des pays qui s'en abstiennent. En 1944, la déclaration de Philadelphie préconisait que "tous les programmes d'action et mesures d'ordre économique et financier" soient de nature "à favoriser et non à entraver […] le droit [de tous les êtres humains] de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales". Si ces missions n'ont rien perdu de leur valeur ni de leur actualité, les conditions dans lesquelles elles s'exercent ont profondément changé.
C’est ce qu'abordere Alain Supiot en éclairant d'abord les défis communs à l'ensemble de la planète (écologie, révolution informatique et normes juridiques) en les analysant ensuite au prisme de la diversité des expériences et des cultures, celles des vieux pays industriels comme celles des pays émergents.

La démocratie, malade du marché. Avec Alain Supiot à la Maison Franco-Japonaise de Tokyo.


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03.06.2019

La démocratie est née d'une pratique plutôt rare, consistant pour les membres d'une société donnée, à former des "assemblées de parole", pour s'accorder sur les règles qui s'imposeront à tous.
Cette construction est sapée par l'analyse économique du droit, qui assimile la démocratie à un "marché des idées". Dès lors, la sphère du marché absorbe celle du politique (marché électoral) et celle du sacré (marché des religions), et la figure du citoyen s'estompe au profit de celle du consommateur...

Le travail n'est pas une marchandise. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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22.05.2019

Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd’hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail.
Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au XXIe siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail – c'est-à-dire à l'accomplissement d'une œuvre.

Parlons travail : 1919, naissance du BIT. Avec Alain Supiot sur France Inter.


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08.07.2019

Par deux fois, à l'issue de chacune des deux guerres mondiales, un sursaut s'est produit dans les consciences. En 1919, en parallèle avec la Société des Nations, est créée à Genève une Organisation Internationale du Travail. Sans justice sociale, affirme-t-elle, pas de paix durable.
L'OIT est la seule institution du système des lendemains de la Première Guerre à avoir survécu à la Deuxième. Exilée outre-Atlantique entre 1940 et 1945, elle publie, dès le printemps 1944, avant même la création de l'ONU, une Déclaration de Philadelphie qui reprend les questions posées à sa création. Qu'est-ce qu'un régime de travail réellement humain ? Et comment peut-il s'établir à travers le monde si telle ou telle nation ne veut pas le prendre en compte ?
A l'époque du travail taylorisé, le périmètre des régulations possibles portait surtout sur le montant des salaires, le temps de travail, les accidents du travail on encore les libertés syndicales. A notre époque, les terrains qui nécessitent intervention sont beaucoup plus mouvants. Après la révolution cybernétique et numérique, la main d'œuvre devient cerveau d'œuvre : on attend que, réagissant aux multiples signaux qui lui sont envoyés, elle atteigne des objectifs chiffrés. Nous sommes au temps de la gouvernance par les nombres. Et aussi du Marché total qui engage les individus dans une compétition sans fin.
Le travailleur en réseau de l'ère numérique n'a souvent d'autre ressource que de se mettre sous la protection du plus fort en s'assurant des services du plus faible. Hommage et servage. Ce n'est pas que nous  soyons retournés au Moyen Age mais les structures féodales reviennent en force.
Le droit du travail est plus que jamais nécessaire pour conjurer la puissance mortifère de l'anarcho-capitalisme.

Émission "La Marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

La mondialisation est-elle intelligible ? Avec Alain Supiot et Stéphane Rozès sur France Culture.


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25.02.2017

Dans De L'Esprit des lois, Montesquieu défendait l'idée que la dépendance par le commerce entraîne l'adoucissement des mœurs, et réciproquement. Or, il semble bien que cette promesse a été trahie. Jamais les nations n'ont été aussi interdépendantes économiquement et financièrement, jamais il n'y a eu une globalisation aussi active, notamment sur le plan marchand, et pourtant, dans le même temps, les peuples aspirent de plus en plus à se séparer humainement, à faire sécession. Des tensions surgissent presque partout entre liens économiques et liens humains, entre marchés et démocraties, et d'aucuns veulent même construire des murs de séparation là où il n'y en a jamais eu.
Mais que se passe-t-il donc ? Comment comprendre ce qui a effectivement lieu ? Qu’est-ce qui tourmente le lien entre les parties et le tout ? Les sciences sociales peuvent-elles nous aider, grâce à une sorte de paradoxe, à déchiffrer ce qui nous est souvent présenté sous la forme de tableaux de chiffres ?

Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Du savoir à la connaissance de la pauvreté. Avec Alain Supiot et Martine Le Corre à l'Institut de France.


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04.06.2018

Deux conceptions opposées de la pauvreté continuent de structurer la manière dont nous approchons ce phénomène : celle qui y voit un fléau social, dont on peut combattre les effets mais pas les causes ; et celle qui y voit la manifestation d'une injustice sociale qu'il faut combattre à sa racine.
N'oublions pas aussi que ces conceptions sont imposées aux pauvres eux-mêmes, et qu'ils ne s'y reconnaissent pas forcément. En procédant de la sorte, nous les condamnons à croire qu'ils n'ont ni expérience, ni pensée.
Alors comment pourrions-nous profiter de leur expérience pour apprendre de la pauvreté ? Comment un partage commun des connaissances peut-il nous faire grandir ? Arriverons-nous à sortir du paternalisme et à faire cesser la connaissance institutionnelle violente ?

La justice sociale internationale. Avec Alain Supiot pour la Fondation Hugot du Collège de France.


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01.01.2019

La justice sociale internationale est un domaine immense qu'il est utile de revisiter car il se présente aujourd'hui sous un jour paradoxal. D'un côté, en effet, la question de la justice sociale retrouve une brûlante actualité à l'échelle internationale, avec l'affaissement de la capacité des États à assurer le bien-être de leur population et l'explosion des inégalités de revenus. Mais dans le même temps, la question de la justice sociale a disparu des priorités politiques, tant à l'échelon des gouvernements que de l'Union européenne ou des institutions internationales.
Les ambitions dans ce domaine sont réduites à la lutte contre l'extrême pauvreté, objet de plans conduits notamment sous l'égide de la Banque mondiale dans le sillage des désastres économiques et sociaux causés par les plans d'ajustement structurels imposés par le FMI ou la Troïka. Évaluer de tels plans et programmes de restructuration à l'aune de la justice sociale supposerait toutefois d'admettre que la valeur normative de celle-ci soit unanimement reconnue. Or, quoique de nombreuses Constitutions continuent de s'y référer, la justice sociale a été dénoncée comme un "mirage" par les théoriciens du nouvel ordre économique international instauré depuis le tournant ultralibéral des années 80.
Est-ce à dire que, liée à un certain état de l'histoire, la justice sociale aurait aujourd'hui perdu de sa pertinence ? Ou bien, au contraire, doit-on considérer que le mirage est celui du règne de la catallaxie, c'est-à-dire celui d'un "ordre engendré par l'ajustement mutuel de nombreuses économies individuelles sur un marché" (Hayek) ?

Figures juridiques de la démocratie économique. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2017

Quels sont les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie ? Comment la démocratie pose-t-elle la règle de la répartition des richesses ? Comment le droit social peut-il être ancré dans une représentation partagée de la justice ? Quels sont les dispositifs qui ont pu exprimer l'idée de démocratie économique à l'âge industriel ? Et comment cette démocratie économique a-t-elle finalement reflué sous l'effet du tournant néolibéral ?
Après avoir montré les effets du recul du gouvernement par les lois et la résurgence de nouvelles figures de l'allégeance au sein de l'ordre juridique, le juriste Alain Supiot entend mener une réflexion sur le concept, l'histoire et la pratique de la démocratie économique entendue comme l'ancrage du droit social dans une représentation partagée de la justice.
Car le problème principal qui se pose aujourd'hui est de ré-encastrer (Karl Polanyi) les marchés dans la société et de cesser de réduire la vie humaine à la vie économique, et la vie économique à l'économie de marché...