Les Allemands et leur monnaie : l'obsession d'une vertu. Avec Johann Chapoutot sur France Culture.


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16.01.2016

Les Allemands n'ont-ils pas sacralisée la monnaie dont ils se servent – au temps du deutschemark comme maintenant au temps de l'euro ? La vertu monétaire est généralement posée comme une passion germanique qui ne souffrirait pas qu'on y fasse la moindre entorse. La protection de la devise nationale est ainsi installée, Outre-Rhin, au cœur des réflexes collectifs et vouée à peser constamment sur les relations extérieures.
Par exemple, on peut trouver dans l'extrême inflation qui est survenue en Allemagne dans les années d'après la Grande guerre et qui a ruiné des millions de familles, un cataclysme qui a dépassé de beaucoup la seule chronique monétaire. Cet événement sans équivalent explique en effet, en profondeur et par contraste, les réflexes de si grande portée civique qui, un quart de siècle plus tard, ont fait du deutschemark, apparu en 1948, l'objet d'une révérence généralisée dans la République fédérale. Il explique que, quand le mark, après la chute du Mur, a laissé place à l'euro, non sans hésitations, turbulences et répugnances, ait été conféré à la monnaie nouvelle un statut tout particulier, par rapport aux autres nations qui l'ont adoptée.
La monnaie est conçue en Allemagne comme bien plus qu'un instrument économique et commercial : comme une sorte de totem, de fétiche sacré sur lequel est chargée de veiller, hors de la portée du gouvernement et du Parlement, une institution échappant à tous les risques de faiblesse envers n'importe quelle influence extérieure, ouverte ou dissimulée, qui viserait d'autres buts que la lutte contre l'inflation.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Métamorphoses de la ville. Avec Pierre Le Vigan pour le Cercle Aristote.


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27.10.2020

Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre dans des villes. Mais sont-elles encore des villes ? L'immense majorité des urbains vit en fait en banlieues ou dans le périurbain. Tandis que la France tue ses villes moyennes, celles de la "France périphérique", le monde devient un immense bidonville. Ces villes hyper-modernes et hypertrophiées connaissent une croissance sans fin. L'artificialisation des sols se développe sans autre fin que d'arriver à la totalité. Cette croissance sans limites mène à des catastrophes.
Comment en est-on arrivé là ? Y a-t-il d'autres solutions ? La relocalisation des villes dans leur contexte historique est-elle possible ?
L'urbaniste et essayiste Pierre Le Vigan nous introduit aux enjeux les plus actuels de l'urbanisme.

Julius Evola, un phare au milieu des ruines. Avec Jean-Marc Vivenza sur Méridien Zéro.


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05.2020

Julius Evola : un penseur 100 fois cité (même par Emmanuel Macron !), 100 fois incompris.
Jean-Marc Vivenza se porte volontaire pour nous guider dans cette oeuvre foisonnante, afin que nous puissions prendre la mesure des traits spécifiques d'une pensée si singulière.

Émission "La Méridienne", animée par Wilsdrof et Arnaud Naudin.

Sortir de notre impuissance politique. Avec Geoffroy de Lagasnerie sur RT France.


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10.09.2020

Parce que, depuis plusieurs décennies maintenant, la gauche ne cesse de stagner, de régresser, de perdre les combats qu'elle engage, il est nécessaire d'interroger nos stratégies, nos modes de pensée et nos manières de lutter.
À quelles conditions les forces progressistes peuvent-elles redevenir puissantes politiquement ?

Émission "Interdit d'interdire", animée par Frédéric Taddeï.

Le socialisme mitterrandien ou l'invention du néolibéralisme d'Etat (1981-1986). Avec Rémy Herrera au séminaire "Marx au XXIème siècle" à la Sorbonne.


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30.09.2020

Retraçant l'histoire des résistances populaires de ces quarante dernières années, Rémy Herrera explique en détails comment le socialisme mitterrandien a introduit le néolibéralisme en France avant d'aborder la période macronienne en tant que dénouement logique de ce processus.
Car ce sont bien les classes populaires au sens large qui entrent aujourd'hui en résistance contre le capitalisme transnational de ce début du XXIe siècle.
Nous sommes à la veille d'un mouvement de contestation beaucoup plus profond dont nous commençons seulement à prendre la mesure.

Theodor W. Adorno et l'individu. Avec Claire Pagès aux Rencontres philosophiques de Monaco.


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21.06.2020

Cette leçon de philosophie entend déployer la pensée d'un philosophe majeur du XXe siècle à partir d'un sujet central à son oeuvre. Ce philosophe, il s'agit de Theodor W. Adorno, chef de fil de l'École de Francfort dont la théorie critique sociale s'interesse de près au statut de l'individu contemporain.
Un problème plus que jamais actuel, et pour la compréhension dulequel un détour par Adorno est plus que recommandé !

Les rébellions paysannes sous l'ancien régime. Avec Jean Nicolas et José Bové sur France Culture.


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27.09.2003

José Bové, le rebelle paysan alter mondialiste, serait-il l'héritier de Jacquou le Croquant ? Les ruraux, et parmi eux les agriculteurs, occupent depuis longtemps une place de choix dans les émotions populaires de la société française.
Jean Nicolas, historien, a étudié leur rôle dans les rébellions de l'Ancien Régime. C'est en sa compagnie que nous partons à la recherche des révolutionnaires paysans d'hier et d'aujourd'hui...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

La France en Afrique 1520-2020, vérités et mensonges. Avec Jean-Paul Gourevitch au Cercle Aristote.


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14.09.2020

Quel est le bilan de cinq siècles de présence de la France en Afrique ? La France du XXIe siècle en fait-elle trop ou pas assez pour l'Afrique ? Quelle est aujourd'hui son image auprès des Africains et celle de l'Afrique auprès des Français ?
La présence française en Afrique fait partie des tabous de l'histoire car depuis les indépendances, aucun pays d'Afrique francophone subsaharienne n'a connu la paix civile totale ou une croissance soutenue, alors que cette Afrique ne manque ni de richesses ni d'atouts.
La France et l'Afrique ont un avenir commun et c'est pourquoi Jean-Paul Gourevitch s'efforce de rétablir une histoire largement travestie en nous invitant à bousculer les tabous et à changer de paradigme pour l'examiner en toute connaissance de cause.

Moment catholique ou nouvelle contre-culture ? Avec Jean-Luc Marion et Jean-Pierre Denis au Collège des Bernardins.


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06.06.2018

Dans son récent ouvrage Brève apologie pour un moment catholique, l'académicien et philosophe Jean-Luc Marion considère avec un regard profond et original que les catholiques "ne cessent d'apporter à la communauté nationale dans son ensemble. Et dans tous les domaines : la solidarité, l'éducation, le civisme, le sens des responsabilités, la fidélité aux engagements privés et publics, etc.".
Selon Jean-Pierre Denis, l'Eglise "mainstream" n'a cessé de se tromper dans son rapport avec la culture depuis des décennies : le christianisme n'est plus au centre mais en marge et il y restera. Rejetant le terme de "moment catholique", il affirme que c'est la condition même de la foi que d'être à la marge et propose de revenir sur ce malentendu.
Des positions différentes qui peuvent aussi se révéler complémentaires et nous permettent de mieux comprendre la place et le rôle des chrétiens dans la société française contemporaine.

Un débat modéré par Louis Manaranche, responsable de l'Observatoire de la modernité.

Face à l'homme blanc. Avec James Baldwin sur France Culture.


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06.1975

Du roman en partie autobiographique, Go Tell It on the Mountain, paru en 1953, à Harlem Quartet, son dernier roman quelque peu apaisé, en passant par le théâtre, les multiples essais polémiques et politiques en faveur de l'émancipation des Noirs aux États-Unis, La prochaine fois, le feu, paru en 1962 et dont l'effet fut celui d'une bombe, l'oeuvre de James Baldwin lui valut une notoriété mondiale. Celle-ci, polymorphe et inquiète, fut longtemps oblitérée par le personnage qui hantait le Saint-Germain-des Prés de la fin des années 40 et le militant, ex-pasteur, d'une pauvre famille de Harlem qui haranguait si bien les foules.
Aujourd'hui que les cendres brûlantes ont recouvert les mouvements pacifistes ou violents des Noirs américains des années 60, il est temps de redécouvrir l'œuvre dans toute sa richesse et ses ambivalences. La révolte violente d'un Richard Wright, par exemple, est compensée par les paroles d'amour et d'apaisement de James Baldwin, sous l’œil, évidemment, du FBI. Car Baldwin est l'homme par excellence de l'entre-deux, de l'exil, et il ne pouvait sans doute jamais tout à fait réconcilier en lui le Noir et le Blanc, le féminin et le masculin, la pulsion érotique et la demande de l'impossible amour qui abolirait toute frontière, l'Amérique et l'Europe, New York et Paris, et à la fin de sa vie, Saint-Paul-de Vence où il tentait de guérir de ses blessures et de son pessimisme et où il mourut d'un cancer en 1987.
Noir ou américain, c'est en tant qu'écrivain que James Baldwin voulait être connu et reconnu, et c'est ainsi qu'il faut avant tout le lire et l'écouter.

Un entretien mené par Éric Laurent.

Retour sur la Biélorussie. Avec Romain Bessonnet pour le Cercle Aristote.


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10.2020

Le 9 août dernier, une fraction importante des Biélorusses sont descendus dans les rues pour dénoncer la réélection jugée "frauduleuse" du président Alexandre Loukachenko, à la tête du pays depuis 26 ans. Comment en est-on arrivé là ?
Spécialiste du monde russe et de l'espace post-soviétique, Romain Bessonnet revient sur la situation actuelle en Biélorussie affaire de nous permettre d'en saisir les enjeux réels.

Chaos économique, blanchiment bancaire ? Avec Gaël Giraud sur ThinkerView.


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25.09.2020

Alors que la finance occupe une place toujours croissante de notre économie, est-il possible de la réguler et de financer une réindustrialisation verte ? Emmanuel Macron aura-t-il la capacité de conduire cette véritable transition écologique ?
Nouvelle économie des communs, fragilité et instabilité du système financier, dérive illibérale du gouvernement, question religieuse, laïcité et écologie : l'économiste et prêtre jésuite Gaël Giraud nous offre un panorama de la situation actuelle dans un discours clair et didactique.