Ernst Lohoff, Norbert Trenkle et la grande dévalorisation. Avec Paul Braun sur Radio Zinzine.


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06.2014

Qui porte la responsabilité de la crise financière et économique qui maintient le monde entier en haleine depuis 2008 ? Sont-ce les "banquiers cupides" ou les "États accro à l’endettement" ?
D’après Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, théoriciens allemands du groupe "Krisis", aucune de ces réponses n’est satisfaisante. La cause de la crise est en effet selon eux bien plus profonde. Ils analysent l’énorme gonflement des marchés financiers au cours des trois dernières décennies comme une conséquence de la crise structurelle fondamentale du mode de production capitaliste, dont l’origine remonte aux années 1970. La troisième révolution industrielle qui se met en place alors entraîne une éviction accélérée de la force de travail hors de la production, sapant ainsi les bases de la valorisation du capital au sein de "l’économie réelle".
La crise structurelle de la valorisation du capital n’a pu jusqu’ici être ajournée qu’en ayant massivement recours, par le biais du crédit et de la spéculation, à la capture anticipée de valeur future.
Aujourd’hui, l’accumulation de "capital fictif" trouve ses limites, car les anciennes créances accumulées ne peuvent plus être "honorées".

Conscience radicale et aliénations : Francis Cousin s'entretient avec une étudiante algérienne pour Bhû.


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13.12.2016

La conscience vraie, radicale, enracinée en la communauté de l'être et révolutionnaire est-elle l'apanage d'une aire civilisationnelle particulière ? Comment devons-nous en comprendre l'émergence ?
Francis Cousin discute de ces sujets (et de bien d'autres) avec une étudiante algérienne qui apporte son expérience et ses questions propres à son parcours et à sa culture.

Démocratie : solution ou problème ? Débat entre Etienne Chouard et Francis Cousin pour le groupe Aufhebung !


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24.02.2017

Mais que peuvent bien se dire un démocrate radical, partisant de l'auto-institution du pouvoir par le peuple, et un communiste récusant le politique et appelant à l'insurrection de la communauté de l'être ?
Réponse avec ce débat entre Etienne Chouard et Francis Cousin pendant lequel deux visions du monde se rencontrent, se questionnent et s'entrechoquent.

Le sujet contemporain, le travail abstrait et le temps abstrait. Séminaire d'Anselm Jappe au Collège international de philosophie.


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2017

Le travail abstrait, ou "côté abstrait du travail" (Marx), comme forme sociale, consiste dans la réduction des différents travaux humains à leur seule quantité, mesurée en temps. Ce temps est tout aussi abstrait et vide de contenu que le travail qu'il mesure.
Le temps mathématique et abstrait s’est diffusé à partir de la fin du Moyen Âge, en s'opposant aux formes précédentes de temporalité. Le temps abstrait est devenu la norme du travail entre le XIVe et le XVIIIe siècle. C’est le temps qui compte, non ce qu'on fait dans ce temps. Les objets et les personnes tirent leur "valeur" exclusivement de la quantité de temps de travail qu'ils représentent. La différence entre temps abstrait et temps concret mène à la dichotomie entre richesse concrète et richesse abstraite (donnée par le seul temps abstrait accumulé).
La diminution du temps de travail nécessaire pour chaque marchandise produite comporte-t-elle une redéfinition de la valeur et de l’heure de travail, ou conduit-elle à une "désubstantialisation" de la valeur conduisant à la crise du capitalisme ? Quel est le rapport entre le temps social, le temps individuel et le temps de groupes humains particuliers (sociaux, culturels, ethniques, religieux), et quels conflits peuvent en naître ? Existe-t-il un antagonisme entre les différentes temporalités à l’intérieur de la sphère capitaliste (gagner du temps dans la production versus perdre du temps dans la sphère "affective", domestique – une distribution des tâches qui est souvent liée au gender) ?
Quels sont les effets du temps abstrait sur nos vies quotidiennes ? Le thème de l'accélération constitue-t-il le lien entre l'analyse théorique et les conséquences immédiates du temps abstrait ? Peut-on parler d'une radicalisation du conflit entre les besoins du vivant et ce qu'impose la valorisation abstraite ?
L'arrière-plan théorique du séminaire est constitué par la "critique de la valeur", un courant de critique sociale basée sur une relecture originelle de l’œuvre de Marx. Elle fut élaborée notamment par Robert Kurz en Allemagne et Moishe Postone aux États-Unis.

La crise et la théorie critique de la valeur. Avec Robert Kurz et Norbert Trenkle à la Haute Ecole des arts du Rhin à Strasbourg.


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06.02.2003

D'abord un constat : les courants anti-capitalistes, pour la plupart issus de la gauche ou du marxisme traditionnel, ont tous échoué à produire une théorie permettant de comprendre les multiples crises économiques que nous avons traversées.
Robert Kurz et Norbert Trenkle proposent, à partir d'une lecture approfondie du premier chapitre du Capital de Marx, de constituer une nouvelle approche critique des formes engendrées par le capitalisme, "abstraction réelle" que nous avons tous intégrés et mettons en pratique, où que nous nous situions dans le procès de production.
Ce n'est qu'en adoptant un point de vue surplombant que nous pourrons ensuite chercher une issue qui ne s'inscrive pas directement dans les règles du jeu fixées par les rapports sociaux capitalistes.

De l'Ancien Régime des physiocrates aux Cent-Jours : l'émergence du capitalisme français (1774-1815). Avec Armel Campagne à Paris.


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16.05.2015

L'Ancien Régime n'était guère capitaliste. Appropriation monarchico-féodale du (sur)labeur paysan, rapports de production non-déterminés "objectivement" et contraints structurellement ; rentes "démographiques" non-capitalistes, barrières internes, douanes intérieures, non-libéralisation commerciale, droits d'usages, communaux, marchés fragmentés, monopoles royaux, corporations, artisanat précapitaliste, "industries d'Ancien Régime" de luxe et/ou d’exportation… Autant d'indices d’une "synthèse sociale" (Sohn-Rethel) non-capitaliste.
La crise financière de l'Ancien Régime, néanmoins, conduit une "secte d’économistes" (Voltaire) s'intitulant physiocrates, régulièrement au pouvoir sous Louis XVI, à promouvoir l’importation du "modèle anglais" des rapports de production agro-commerciaux (capitalistes, en l'occurrence), avec au programme des enclosures massives, une concentration foncière au profit de "capitalistes agraires", l'abolition des droits d'usages paysans... ; ainsi que l'abolition des barrières internes, douanes intérieures, régulations commerciales (entraînant même, une fois appliquée, une "guerre des farines" en 1775 !), monopoles royaux, corporations... L'ensemble devant être imposé d'une main de fer sous l'égide d'un absolutisme royal devenu "despotisme éclairé".
La révolution française réalise, sous l'égide d'une centralisation étatique "absolutiste" enfin réalisée, une partie importante du programme "proto-capitaliste" des physiocrates (interdisant, de plus, grèves, syndicats et autres résistances), tandis que Napoléon "l'exporte" militairement dans l'Europe entière...
S'agit-il de l'émergence du capitalisme français proprement dit, ou plutôt du début d'un processus (incertain, violent, non-nécessaire) d'émergence du capitalisme français ?

Pour en finir avec la dictature de la valeur. Avec Anselm Jappe au festival de la CNT à Montreuil.


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26.06.2016

Familier des auteurs de l’École de Francfort, Anselm Jappe tente dans ses écrits de renouveler la théorie critique par une nouvelle lecture de l’œuvre de Karl Marx, au sein du courant de la "critique de la valeur" (la "Wertkritik" en Allemagne) dont le principal théoricien est Robert Kurz (1943-2012).
Cette critique, qu'il présente ici, est élaborée depuis 1986/87 dans les revues allemandes Krisis et Exit !. Le courant de la critique de la valeur propose un renouvellement de la théorie critique de la domination fétichiste du travail, de la marchandise, de la valeur sur la vie, la société et la nature.
Cette critique recoupe certains aspects des oeuvres de Jean-Marie Vincent en France et Moishe Postone aux États-Unis.

Ce que l'argent ne saurait acheter : les limites morales du marché. Avec Michael Sandel, Jean-Pierre Dupuy et Jean-Baptiste de Foucauld au Collège des Bernardins.


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22.11.2014

Michael Sandel, au travers de nombreux exemples, entend nous montrer comment les marchés sont devenus une composante omniprésente de notre vie : qu'il soit question des voies rapides payantes des autoroutes, des marchés noirs chinois de tickets de rendez-vous médicaux, des reventes à la sauvette de billets de concert, d'achats de bébés, de rachats par des spéculateurs d'assurances sur la vie prises par les malades atteints du SIDA... il est évident qu'une seule et même tendance est à l'œuvre.
S'opposant aux économistes pour qui l'argent ne serait qu'un instrument de transaction moralement neutre et aussi avantageux pour le vendeur que pour l'acheteur, Sandel prouve qu'il affecte au contraire, et parfois corrompt, tout ce qu'il touche.
Si le marché n'est pas un mal en soi, la marchandisation effrénée de certains biens auparavant non soumis à ses lois est d'autant plus dommageable que nous nous abstenons le plus souvent de nous demander quelles valeurs devraient être sauvegardées et pourquoi : s'il est acceptable ou non que des élèves soient rémunérés pour apprendre à lire, que les pays riches puissent acheter les "droits de pollution" des pays pauvres, que des chasses payantes au rhinocéros noir ou au morse soient organisées pour préserver ces espèces de l'extinction, etc.
Michael Sandel est également accompagné de Jean-Pierre Dupuy et Jean-Baptiste de Foucauld durant cette conférence de lancement de la parution en français de son dernier ouvrage.