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L'anthropologie dogmatique est au coeur de la pensée du juriste Pierre Legendre. Cette grille de lecture lui permet d'explorer la profonde interconnexion entre le droit et la vie humaine, sans cantonner le droit à un ensemble de règles abstraites, mais comme étant intrinsèquement lié aux structures fondamentales de la société et à la condition humaine. En effet, "le droit romain est le support de notre modernité" et sa compréhension est essentielle pour saisir les grandes inventions institutionnelles telles que l'État ou le contrat.
D'où l'importance des célébrations culturelles, telles que la musique et le théâtre, dans la formation des institutions, auxquelles Pierre Legendre nous invite à porter une attention toute particulière. Car nous n'avons jamais vu vu gouverner une société sans célébration, sans musique, ni théâtre ! Ainsi, la fonction mythologique, aujourd'hui portée par les artistes, joue un rôle crucial dans la compréhension et la transmission des normes qui régissent nos sociétés.
En revisitant ces concepts, Pierre Legendre invite à une réflexion sur la manière dont le droit, en tant que science du vivant, façonne les dynamiques culturelles et sociales.


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Comment le droit occidental, résultat d'une longue et lente sédimentation langagière dans une civilisation du signe et du texte peut-il s'accommoder d'une révolution numérique en passe de nous faire basculer dans une civilisation du signal numérique asémantique mais calculable, une civilisation de l'algorithme ? Comment la fonction anthropologique du droit - si "faire de chacun de nous un homo juridicus est la manière occidentale de lier ensemble les dimensions biologique et symbolique constitutives de l'être humain" (Alain Supiot) - peut-elle coexister avec une perspective cybernétique selon laquelle la dimension biologique comme la dimension symbolique de l'existence humaine ne seraient plus appréhendées que comme de purs flux de données quantifiables ?
Le droit et les algorithmes de l'univers numérique présupposent, génèrent et promeuvent des rapports au monde, des régimes de vérité ou d'opérationalité, des formes de légitimité ou d'a-référentialité qui s'opposent trait pour trait.
Il n'est pas inutile d'y insister à l'heure où l'acclimatation des individus aux appareils numériques connectés se transforme en phénomène d'addiction de masse permettant la récolte ubiquitaire et continue des moindres phéromones numériques proliférant de leurs comportements d'une part, et où, d’autre part, la rationalité algorithmique - ou l’abandon des ambitions de la raison moderne (causale, interprétative), au profit du calcul et de l'optimisation (corrélations, induction) – qui semble sur le point de coloniser l'ensemble des secteurs d'activité et de gouvernement, y compris les secteurs de la police (police prédictive) et de la justice (justice prédictive).


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Stéphane Dion, député libéral de Saint-Laurent-et-Cartierville, et Mathieu Bock-Côté, sociologue et chroniqueur, répondent à la question posée par le Comité Régional des Jeunes du Parti Québécois de la Capitale-Nationale, en collaboration avec le Parti Québécois de l'Université Laval : le modèle multiculturel canadien peut-il satisfaire le particularisme québécois ?
S'en suit un débat inévitable pour deux visions radicalement différentes de la nation, du peuple et des conditions d'accueil et d'intégration des ressortissants étrangers.