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Philosophe et maître de conférences à l'université de technologie de Belfort-Montbéliard, Mathieu Triclot se demande si on peut trouver dans la cybernétique américaine des ressources critiques pour penser le moment contemporain, entre autres en termes d'intelligence artificielle.
Après avoir définit la première cybernétique, il se demande ce que veut dire l'information pour les premiers cybernéticiens, étudie les préceptes pour une politique de l'information chez Wiener et termine en cartographiant les politiques cybernétiques.


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De Carnot à Clausius, la thermodynamique s'est d'abord développée à partir de deux principes fondamentaux. Avec Boltzman, et Gibbs, elle devient la mécanique statistique avant qu'en 1922, Alfred Lotka pressente l'existence d'un troisième principe.
A partir de 1960, Ilya Prigogine jette les bases de la thermodynamique hors équilibre : les phénomènes d'auto-organisation y apparaissent comme des processus de transition de phase. En 1987, Per Bak et ses collaborateurs introduisent le concept de criticalité auto-organisée. Enfin, en 2003, un biophysicien, Rodercik Dewar, propose une démonstration statistique du troisième principe qui sera ensuite reprise sous des formes plus rigoureuses.
Clausius considérait l'Univers comme fermé et isolé. La thermodynamique nous dit qu'il doit alors tendre vers un équilibre d'entropie maximale. La découverte de l'expansion de l'Univers nous montre que l'Univers évolue et l'on sait aujourd'hui que cette expansion s'accélère. L'Univers est donc hors équilibre : il s'auto-organise.
Ces acquis nous permettent d'interpréter l'évolution comme des cycles de Carnot autour d'un point critique, conduisant ainsi à l'idée que, sur Terre, la vie a pu s'organiser autour du point critique de l'eau.


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Les lois de la thermodynamique permettent-elles d'expliquer les comportements, en apparence erratiques, de l'économie ? "Oui" répond François Roddier ! L'astrophysicien ajoute de la lumière dans l'escalier noir de l'incompréhension et nous permet ainsi de nous élever.
En effet, découvrir les principes de la thermodynamique, c'est comprendre, avec les cycles de la vie, pourquoi l'eau bout dans une casserole chauffée et pourquoi l'économie libérale est secouée de crises cycliques, notamment financières.
A partir de cette compréhension, il est alors possible d'inventer des réponses qui peuvent contrebalancer les effets dévastateurs de ces crises.


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L'astrophysicien François Roddier adresse un message aux générations actuelles et futures : l'Histoire montre que chaque fois qu'une société est en crise, elle cherche des coupables et désigne des boucs émissaires. Sachons désigner le vrai coupable : les lois de la mécanique statistique contre lesquelles nous sommes individuellement impuissants.
Howard Bloom parle d'un principe de Lucifer sans savoir qu'il s’agit des principes fondamentaux de la thermodynamique. Nos souffrances sont dues à l'entropie liée à notre méconnaissance des lois de l'univers. Lorsque ces lois seront universellement reconnues et comprises, cette entropie aura été évacuée. L'humanité sera enfin capable de prendre en charge son destin et d'atténuer ses souffrances.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'13'07 : Les lois de la thermodynamique
- 0'37'10 : L'évolution de l'Univers
- 0'47'52 : L'évolution darwinienne
- 0'59'32 : L'évolution de l'humanité
- 1'23'11 : Questions




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Auteur d'un Traité Néoréactionnaire, NIMH nous introduit à la philosophie NRx ainsi qu'au cadre de pensée accelerationniste. Il y développe, à partir des sciences et de la philosophie, une nouvelle épistémologie et en déduit les implications politiques qui en découlent.
Une vision du monde extrêmement percutante.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'04'06 : L'accélérationisme et actualité USA
- 0'08'12 : Présentation du livre
- 0'11'42 : Être et vérité
- 0'24'00 : L'entropie et le progrès
- 0'37'17 : Sens/direction de la Vie
- 0'39'40 : Peux ton hiérarchiser les cultures ?
- 0'46'15 : Le rôle de l'Art et du Beau
- 0'54'18 : Le Bien/bon et le Mal
- 1'03'34 : La valeur du christianisme
- 1'12'39 : Le Technotragique
- 1'23'41 : Dieu / Vérité / Absolu
- 1'31'47 : Transformation politique
- 1'41'11 : Les vertus des idées libérales
- 1'54'27 : A propos des libertariens/Anarcap
- 2'01'04 : Comment échapper à la Cathédrale ?
- 2'10'06 : Jerusalem
- 2'12'03 : Les questions du public
- 2'20'13 : Conclusion


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Autant la guerre civile européenne qui s'étend de 1914 à 1945 est une crise du système politique, autant la Grande Récession qui a commencé en 1929 est une crise du système économique, autant la crise commencée en 2020 est une crise mondiale du système informationnel. La science politique, la science économique sont réduites à l’impuissance pour comprendre notre monde.
Les politiques, les secteurs économiques indépendants du système informationnel ont couru derrière la production informationnelle, ont été réduit à réagir, toujours en retard et à bout de souffle. La politique et l'économie ont perdu la maîtrise du temps.
La crise de 2020 est à ce titre aussi structurelle dans l'histoire du monde que l'ouverture des combats de la guerre industrielle en 1914. Le décrire et le comprendre demande de nouveaux concepts, de nouveaux mots, un élargissement de la vision, très loin du bourrage de crâne, des sélections simplistes et de l'économie de l'attention comptée en secondes du système informationnel.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'09 : Présentation de l’auteur
- 0'03'19 : Présentation du livre
- 0'06'35 : Kant : Que puis-je savoir?
- 0'15'06 : Kant : Qui suis-je?
- 0'17'43 : Kant : Que m’est-il permis d’espérer?
- 0'19'27 : Géopolitique : Qu’est ce que le monde libre?
- 0'27'33 : Géopolitique : Qu’est ce que la politique?
- 0'32'36 : Que signifie le dédoublement dans une perspective traditionnelle?
- 0'36'03 : Conclusion
Un entretien mené par Gilbert Dawed.


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L'industrie serait-elle la liaison médiatrice qui assemble les opposés dans la nouvelle civilisation industrielle ? Ou une nouvelle orientation remplacerait-elle la dialectique, comprise comme logique formelle, par une nouvelle raison fondée sur les arts mécaniques ? Maxime Ouellet, dans un premier temps, s'appuie sur ces deux hypothèses pour analyser l'émergence de l'intelligence artificielle au XXe siècle. Cette nouvelle ère de résulte d'une triple révolution : managériale, cybernétique et néolibérale, qui est au fondement de l'actuel passage d'un capitalisme d'organisation vers un capitalisme tantôt nommé cybernétique ou de plateforme. Au plan sociologique, ces transformations donnent lieu à une nouvelle forme algorithmique de régulation de la pratique sociale reposant sur l'automatisation de la connaissance.
Au moyen de la méthode dialectique de déduction sociale des catégories de la pratique, les nouvelles théories postmodernes, comme celles des acteurs-réseaux ou du nouveau matérialisme, consistent en l'expression théorique acritique de cette nouvelle forme de régulation sociale. Les implications épistémologiques, politiques et économiques de la régulation algorithmique sont alors présentées à travers l'exemple de la stratégie québécoise de développement de l'intelligence artificielle axée sur les partenariats entres les universités et les acteurs dominants du capitalisme de plateforme.
Dans un second temps, c'est à partir, notamment, de Michel Freitag, Cornelius Castoriadis et Eric Sadin, qu'Eric Martin s'intéresse à la prolifération des discours "éthiques" et des "éthiciens" en intelligence artificielle, dans l'université et dans l'espace public, qui prétendent baliser le développement technoscientifique au moyen de principes devant prémunir contre ses dérives. Or, cette éthique apparaît plutôt comme un sous-produit de la mise en place d'un mode de reproduction opérationnel-décisionnel. Le développement technoscientifique autonomisé produit "en face" de lui (Freitag) un ensemble de droits ou principes transcendantaux ou formels, notamment à partir de théories issues de la philosophie politique libérale, avec la prétention que ces balises pourront encadrer une puissance fondée sur l'illimitation qui viendra au contraire les dissoudre, quand ce n'est pas déjà fait. Ici, l’éthique libérale et formelle apparaîtra comme la forme contemporaine de la "misère de la philosophie" (Marx).
Est plutôt proposé de lier les considérations éthiques à une démarche politique globale visant à la réinstitution des conditions pédagogiques et politiques permettant d'aller à contre-courant du mouvement de robotisation du jugement et de dissolution de l'espace public politique permettant l'auto-institution de la société plutôt que la domination systémique. Cette démarche doit elle même s'appuyer sur une conversion cognitive reconnaissant notre dépendance envers certaines conditions ontologiques qui, bien qu'étant le résultat d'un développement marqué par la contingence, sont essentielles au maintien dans l'existence du monde et appellent une forme d'autolimitation, alors que la rationalité technoscientifique systémique est précisément fondée sur l'émancipation et l'autonomisation de la production et du faire à l'égard de toute reconnaissance de cette dépendance ontologique.
Une conférence organisée par le Collectif Société.


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Le fait qui s'impose à tous au XXIè siècle est l'ère Anthropocène comme menace fondamentale contre la vie et l'humanité – cette menace consistant avant tout en une augmentation dans la biosphère des taux d'entropie thermodynamique, d'entropie biologique et d'entropie informationnelle.
Les différentes interventions s'attachent aux questions des rapports entre ce qui est en fait et ce qui est en droit, la différence entre les deux, qu'il faut faire, fondant aussi bien le champ scientifique que le champ juridique. Il est aussi tenté de spécifier les conséquences qu'il conviendrait d'en tirer en ce qui concerne l'avenir de l'économie, du travail et des coopérations internationales dans l'ère Anthropocène.
1. Bernard Stiegler - Eléments de réponse à António Guterres et Greta Thunberg
2. Alain Supiot - Entre globalisation et repliements identitaires : quel ordre juridique pour la mondialisation ?
3. Giuseppe Longo - Mécaniques de la nature, ou comment on a désarticulé les écosystèmes. Pistes pour une autre compréhension
4. Ana Soto - La prolétarisation de la pensée biologique
Des contributions qui sont données dans le cadre des "Entretiens du nouveau monde industriel".